le journal de Fanette

Les banques ne prêtent pas aux Français, mais les Français peuvent prêter à l’Etat

juin 29, 2009 · 8 commentaires

Pas si facile pour nous d’emprunter, mais l’état, qui n’a plus d’argent, emprunte.

Tout bête. Et moi, si je veux faire pareil?

Et ça se réunit, en costume, sérieux comme des Ministres, pour débattre des modalités, définir des priorités, trouver des pistes…

Et ça ne trouve pas de solution, mais ça va en trouver, des lapins sortent bien des chapeaux.

La « feuille de route est claire », a assuré François Fillon. Les dépenses d’investissement devront dessiner notre vision de la France de l’après-crise. «Il ne faut faire aucun contresens. Il ne s’agit pas d’une solution miracle à nos difficultés budgétaires. La dette publique devrait atteindre 77 % du PIB cette année. Bon, je fais un contresens si je compare le PIB à mes revenus et si je me demande si une banque me laisse m’endetter de 77 % de mes revenus annuels ?

(C’est une abstraction intellectuelle ; j’ai une mentalité médiévale ; je n’emprunte rien, ça me fait peur).

Quoiqu’il en soit, tout ça c’est du flou, du pipeau, du vent. On en parle on en parle, puis on va planquer le sujet sous le tapis et nous ressortir un de ces jours alors que tout sera décidé en fonction des fameuses priorités stratégiques, de le feuille de route, et de notre vision de la France de l’Après crise.

ça va se réunir avec partenaires sociaux, chacun va y aller de son baratin convenu, certains trouveront qu’ils ont obtenus des consensus prometteurs et se diront satisfaits et ça fera les titres des journaux de droite, d’autres raleront que les mesures sont décevantes et que le gouvernement fait rien que des conneries, et ça fera les titres des journaux de gauche. L’emprunt passera, le soleil se lèvera, le soleil se couchera, le soleil se hatera vers son lieu et c’est là qu’il se lèvera, vers l’endroit où coulent les fleuves, c’est par là qu’ils continueront de couler. Tous les fleuves vont à la mer, et la mer n’est pas remplie.

Comme disait ma grand mère, il vaut mieux être riche et en bonne santé que pauvre et malade.

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le post qui n’a aucun intérêt

juin 26, 2009 · 14 commentaires

Michael Jackson est mort. Je ne l’aimais pas spécialement. Mais alors du coup, comme tout le monde en parle, ça m’intrigue et j’ai envie d’écouter. Sauf que les sites vont être surchargés. Pfff.

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Tombée d’un pont à La Bourboule…

juin 21, 2009 · 6 commentaires

La Bourboule. La Bourboule !!!  J’ai passé là-bas pas mal de vacances. Ça fait rigoler quand j’en parle. Certains vont à Bali, d’autres à Marrakech, d’aucuns sur la Côte, et pis ben y en a qui se retrouvent à La Bourboule.

D’ailleurs j’ironise, mais c’est super La Bourboule. On y trouve de délicieux bonbons à la myrtille, et des tartes aux myrtilles, aussi, partout. La Bourboule : son parc Fenestre, les petits trains, le téléférique vers Charlannes, les pitizanes qui te font faire le tour du parc. Et au fond du parc le guignol. Que je regardais par les interstices des toiles. Les ruisseaux. La Dordogne. Les ponts aux couleurs de glaces, on peut les voir tous les uns derrière les autres, enjambant le riant cours d’eau, quand on se met sur le plus haut, celui qui est en face du marché (où l’on achète du super bon jambon de pays) (et du fromage pas dégueu non plus). Justement, les ponts.

Parlons-en. Je lis ça dans la Montagne (j’avais un peu cherché, je googlise La Bourboule ponctuellement :  nostalgie).

Émilie, avait 24 ans le jour des faits. Le 24 août 2004, à La Bourboule, elle s’est accoudée à une balustrade du pont « Fenestre », l’un des cinq ouvrages qui enjambent la Dordogne dans la traversée de la cité thermale. Mais la rambarde a lâché, la jeune femme est tombée. Elle a été grièvement blessée à une jambe.

Et ça me fait tilt, car les ponts, je me suis souvent appuyée dessus ! Les travaux ont été fait en 1992 – aaaaaaah, j’y suis allée en 1993 !!!

Bon, enfin je ne vais pas malgré mon titre que je me permets de trouver sympa, vous parler de ce qui ne m’est pas arrivé, mais de ce qui se passe au procès, dixit La Montagne, vu que je n’y étais pas.

C’est assez intéressant.

Sont traduits en justice trois hommes :  l’actuel maire de La Bourboule, le gérant d’une société fabriquant des rambardes, et  un artisan maçon aujourd’hui à la retraite, plus la ville de La Bourboule (la pauvre ! et je ne vous ai pas parlé des Thermes et de l’eau chaude horrible qu’il fallait boire – beurk), personne morale.

Que dit le maçon : eh bien, ça lui a semblé un peu fragile, comme rambarde, mais on lui a dit que s’il voulait le boulot, il fallait fermer sa gueule… Ça fait film américain, enquête menée par Dustin Hoffman, non? Si si, imagine que ce soit la structure métallique d’un gratte ciel, ça le fait plus, mais c’est le même esprit. Les Puissances De L’Argent Font Taire Le Malheureux Exécutant.

Que dit le gérant de la société qui fabrique les rambardes? C’est pas lui, c’est la ville qui a choisi. Les rambardes ne peuvent supporter qu’une poussée de 60 kg? Alors que la norme en impose 150 ? Ah ben ouais, mais “dans le cahier des charges, rien de spécifique n’était précisé”. Là, c’est L’Homme Aliéné Par L’Appat Du Gain. L’Argent c’est le Mal.

Que dit le maire? Ah ben lui, il n’était que conseiller municipal, il ne sait pas comment ça s’est fait. En 2001 il avait bien fait constaté la dégradation des rambardes mais cela qui a cédé paraissait intacte, la fourbe. Là, c’est l’Elu Local Abruti ? Vénal ? Accablé par le Destin?

Pour le substitut du procureur, Vanina Lepaul, « l’intérêt de chacun des prévenus l’a emporté sur l’intérêt général : tout le monde savait, personne n’a rien fait ». Elle requiert des peines d’amendes allant de 5.000 à 30.000 euros. La plus élevée vise la commune, coupable aux yeux du ministère public d’avoir différé les travaux de sécurité, pour une question de budget et de réputation : « L’image de la ville aurait été atteinte, en pleine période touristique »

Voilà une histoire très actuelle, mais, à dire vrai, éternelle. Tout le monde sait, personne ne fait rien. Cela ne concerne pas que le pont Fenestre. ça nous concerne tous. Jusqu’à ce qu’il y ait une victime. On regarde ailleurs. Pourtant, il n’est pas toujours facile de révéler des choses : on semble parfois, quand on est sincère, animé d’intentions diffamantes.

À des niveaux beaucoup moins dramatiques par leurs conséquences, il n’est par exemple pas du tout facile de montrer les erreurs de collègues, voire leurs négligences – je parle d’expérience… Aussi ce genre de cas me semble doublement dramatique : l’intérêt des particuliers cause un accident grave (sous le Pont Fenestre coule la Dordogne rocailleuse) – mais la complexité des rapports humains a peut-être empêché la vérité d’éclater… Je ne suis peut-être pas claire : il arrive qu’en révélant quelque chose, vous ne soyez pas cru, si vous n’avez pas, si je puis dire, l’autorité pour que vos paroles soient entendues. Voilà pourquoi ce fait divers, banal en soi, m’a frappé…

Bon, et encore un peu de La Bourboule : en face du Pont, la source Fenestre, une eau glacée et ferrugineuse, on fait la queue pour descendre le petit escalier malcommode qui mène à la fontaine où une dame en blouse prend votre gobelet et vous le rend plein… Artisanal. Je me demande si ça s’est un peu modernisé – je ne l’espère pas, ça serait dommage…

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Yaroslav Gorbanevky expose ce week end à Paris dans le quatorzième

juin 12, 2009 · 8 commentaires

Yaroslav Gorbanevsky est peintre. A Paris. Une amie me contacte pour m’avertir de l’expo, et m’envoie un visuel pour me convaincre de m’y rendre.

J’ouvre le document et je tombe en arrêt devant cette reproduction.

Paysage d'août au soleil, Yaroslav Gorbanevsky

Paysage d’août au soleil, Yaroslav Gorbanevsky

Ce qui est naturellement une façon de parler, vu que j’étais déjà assise. En fait, j’ai simplement passé mon mercredi à cliquer sur Microsoft Office Picture Manager pour remettre la reproduction sous les yeux. J’ai fini par l’enregistrer en fond d’écran, pour ne plus cliquer. Du coup, je laissais le PC se mettre en veille, et j’ai écrit sur papier, pour garder le tableau sous les yeux. Après je l’ai imprimé, mais c’était moche. Finalement, je me suis demandé si ça ne vaudrait pas le coup de suborner Pierre-Henri pour qu’il m’achète la toile – tout bêtement. En effet, ce peintre fait une expo ce week end.

Pourquoi la regardais-je? Eh bien, pour comprendre pourquoi j’avais envie de la regarder. Je croyais que l’art moderne, c’était soit des salles vides, soit des tags, (bon, les tags c’était sympa, hein), soit des ronds et des carrés, sauf qu’il faut impérativement s’appeler Kandinsky (et là, on peut noter qu’un peintre qui s’appelle Gorbanevsky est déjà bien outillé pour peindre des ronds et des carrés – d’où son mérite immense de s’en abstenir), soit des trucs encore plus fous et qui me plongent dans la perplexité, des cuillères tordues enfoncées dans des pommes et des coussins de canapé et qui s’appellent “perception de proximité aléatoire” ou ” systématique du néant’.
Remarquez, j’aime bien les titres (que je viens d’inventer). Ce sont les oeuvres qui me posent souvent problème.

Mais des gens qui peignent des champs ! J’ai été stupéfaite que certains osent. Peut-être que certains peintres n’ont pas peur d’évoquer les sentiments que l’on peut avoir, en été, dans un chemin, entouré de l’ombre fraîche des arbres? Je ne saurais l’affirmer. Est-il encore seulement possible de ressentir de tels sentiments? N’est-on pas seulement sensé brûler des voitures, dézinguer du Sarko (ou Christine Albanel, un plaisir qui, au fil du temps, s’émousse, et pourtant ! vite, une autre Ministre de la Culture, s’iouplé qu’on rigole, celle-là fatigue) ou acheter des biens de consommation qui vont nous rendre si heureux (quoique un peu moins maintenant, c’est la crise).

La perplexité m’envahit. Allez, je vous laisse, je mets en place une stratégie pour circonvenir Pierre-Henri. Si vous aussi vous n’en croyez pas vos yeux, n’hésitez pas à vous rendre ce week end à la journée portes ouvertes à laquelle Yaroslav Gorbanevsky participe, qui sait si vous aussi ne vous sentirez pas envahi d’une douceur étrange à la vue de ces paysages et de ces natures mortes, issues d’une autre dimension… On s’y verra peut-être.

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Pierre-Henri : le cas de l’apéritif sur la terrasse

juin 9, 2009 · 20 commentaires

C’est pas le tout de procéder à des raccourcis pseudo culturels abusifs et de fouiller les coins obscurs des bibliothéques parisiennes, mais je sens que je vais perdre de vue l’un des deux objectifs que je m’étais antérieurement fixés – il faut se fixer des objectifs, sinon on n’arrive à rien.

L’un était : pourquoi il faut quitter Pierre-Henri. On dira : c’est perso. Et je dirais : certes, mais ce qu’il y a de bien, c’est que si j’ai envie d’en parler je le fais et picétou. Car, en effet, pourquoi quitter Pierre-Henri?

L’autre était, en fait, plus ou moins inverse : pourquoi sortir avec Pierre-Henri, ou, plus généralement, doit-on ou ne doit-on pas profiter des opportunités sentimentales qui s’offrent à vous, dans toute leur complexité? Ou, en d’autres termes, pourquoi sort-on avec quelqu’un? On fera ça plus tard, je crains que certains ne suivent pas. Même moi, je sens que je me perds.

Revenons au premier mouton.
Pourquoi faut-il quitter Pierre-Henri? (cette question ne concerne que moi, mais je suis sûre que des tas de gens se feront une joie ineffable de participer).
J’ai tenté la réflexion analytique. Mais ce n’était pas mon jour.
Je préfère la réflexion pas analytique, quelquechose de plus inductif, qui nous mènera benoîtement à une conclusion.

Soit un week end avec Pierre-Henri.

Chez des amis.

Notons d’abord que la vie de Pierre-Henri regorge d’amis ; c’est fou ; il y a sa famille, les amis de sa famille (de ses parents, de ses tantes, de son oncle, de ses cousines, de ses cousins), puis les amis des amis des susdits.
Notons ensuite que la plupart d’entre eux ont des maisons à la campagne.
Ou des bateaux, mais j’ai été complètement ferme sur ce sujet : je ne mettrais jamais un pied sur un truc qui flotte sur de l’eau. Donc le bateau est exclu. La mer aussi, sauf s’il pleut. Je veux dire, aller m’allonger sur une plage est un truc que j’abhorre. Marcher mélancoliquement sur une plage sous la pluie, d’accord, mais je préfère boire un thé.
Toutefois, dans son stock d’amis, une quantité non négligeable a une maison dans les 100 km autour de Paris. Dans une première analyse, on peut dire que c’est bien. La campagne française est si jolie.

Mettons nous ensuite d’accord sur le terme maison. Ce n’est pas la petite maison pour la maman le papa et les pitinenfants. Non, ils ont une conception plus étendue de la maison. Dans un premier temps, je n’ai pas vu le piège. On rentrait dans ladite maison par un porche mollement ceint de chevrefeuille ; une allée de dalles entourées d’herbe menait à un garage, qui pouvait accueillir trois voitures (mais qu’est-ce que trois voitures, quand on a des amis et un super boulot, hein?) ; j’ai cru que le garage était la maison. Ah ah ah. Ma pauvre fille. Ben non, c’était le garage, plus quelques chambres au cas où. Pour la cas pas où , le normal, il y avait la maison. Une cuisine grande comme un salon, une salle à manger séparée du salon par une dénivellation, des couloirs, des escaliers : j’avais une impression de déjà vu : normal, ça faisait film des années soixante, un peu la maison dans Hibernatus, les petites villas ou James Bond est accueillis par des hôtes entourés de dames, ou celle du Limier (en moins anglais).
Bon, bon, me suis-je dit, et j’ai ajouté en moi-même : ne jette pas la pierre au riche, point de jalousie en ton coeur, si ça se trouve son coeur est grand, d’ailleurs il t’accueille, il y a des fleurs, des arbres, la forêt, c’est le partage des richesses. Why not. En plus il a vachement travaillé, alors que toi tu glandouille au boulot sur ton blog : alors ça va hein, de culpabiliser les gens namého.
Quand on arrive, je prends un douche d’une heure, à cause de la salle de bain (chez moi, je prends la douche les bras le long du corps, sinon je me cogne dans les mur ou je fais tomber le rideau de douche et après ça met de l’eau partout dans la salle de bain). Je fais des effets de serviette dans la salle de bain, je profite, quoi. Bon, eux, ils n’ont pas de radiateur pour faire chauffer la serviette et le tapis de bain, donc chez moi j’ai quand même le luxe des pieds chauds au sortir de la douche (si, si, un luxe).
Après, on a un peu de temps, on teste le lit.
Il est bien.
Après on reprend une douche.
Après on descend demander si on peut mettre la table ou donner un coup de main mais non t’es con il y a quelqu’un prendre l’apéritif.
J’adore l’apéritif.
Sur la terrasse.
Sur la table en tek.
Je fais des plans d’avenir pour calculer combien de temps je dois travailler pour avoir, pas nécessairement la maison, mais au moins la partie terrasse, table en tek et pot de fleurs.
ça sent la campagne.
On n’entend pas les voitures.
Autour de la table en tek, sur les chaises en tek, les fesses posées sur de super jolis petits coussins comme dans les magasines de déco, à côté d’un parasol fermé mais qui serait très chic s’il était ouvert, n’en doutons pas, nous avons :
Louis, Jean-Frédéric (dit Fred, car on est cool), Pierre-Henri, Astrid, Marie-Elisabeth, Coralie et Fanette.
Un choix d’alcool nous est proposé. Bon, moi je bois du vin blanc, ou alors parfois des mojitos.
Nous devisons.
Jean-Frédéric souhaite faire l’acquisition d’un appartement, les prix ayant baissés dernièrement. La conversation porte donc sur l’immoblier et la crise. Je renonce à en donner la teneur intégrale, comme c’est très ennuyeux, j’écoute à moitié et je siffle mon vin blanc à toute vitesse en zyeutant les pot de fleurs en tek, nettement plus intéressants que la conversation. L’idée, c’est l’appart de Marie-Elisabeth a perdu de sa valeur, mais elle s’en fout, mais bon quand même ; on sent une pointe d’amertume dans sa voix. Elle donne des exemples, combien elle l’a acheté, l’emprunt, combien elle remboruse, tout ça. Le tout très vite. Elle ne s’y retrouve pas, quoi. Je pourrais, à ce stade, dire “ben c’est la crise, hein” mais je m’abstiens, mon humour n’étant pas toujours bien perçu (NB : c’est à dire qu’ils pensent que je n’en ai pas, alors que je dégouline litttéralement d’humour). Donc je regarde mon pot de fleur en tek. Astrid  est propriétaire du sien, sa grand mère le lui a offert, ce qui est chouette, des grand-mères comme ça.  Jean-Frédéric reprend la main et expose son plan d’acquisition de biens immobiliers, lui il est ravi car la crise ça l’arrange. Il explique. Il fait un discours sur le thème “en vrai cépalacrise, c’est une période de restructuration nécessaire, on ajuste et ça repart, il faut savoir utiliser cette période”. Astrid prend un air indéfinissable et lui dit que c’est mal de profiter. Jean-Frédéric se marre. Marie-Elisabeth fait remarquer à Astrid que quand Louis a racheté un certain bien immobilier, elle n’a pas fait tant de remarques, alors que c’était aussi un peu abusé. Louis descend de sa hauteur pour dire que c’était une bonne affaire, point final. Je regarde Pierre-Henri, si c’est ça tout le repas ça promet. Pierre-Henri, qui ne saurait même pas acheter une voiture en faisant une affaire (et surtout le raconter pendant une demi-heure), garde un silence intéressé et courtois d’invité qui participe à la conversation. Marie-Elisabeth fait observer que l’argent circule et qu’il change de main c’est normal. Bon. On mange?
Non. La conversation passe ensuite sur les investissements ; en fait, c’est la même, sauf que c’est Marie -Elisabeth qui achète. C’est son métier. ça doit être fascinant.
Désespérée, je regarde autour de moi : c’est joli pourtant. De l’herbe bien tondue, des fleurs ; une haie. Plus loin, la forêt. S’ils se taisaient, on entendrait les oiseaux. Voilà qu’ils parlent de politique. Pierre-Henri, qui plane complètement, me regarde en souriant. Il a la tête du type qui passe un bonne soirée avec sa copine et ses potes. Damned. Damned. J’essaie de me connecter au sujet, mais je n’y parviens pas. Ils me gonflent avec leurs remarques intelligentes de gens qui savent, leur supériorité. Bon, à dire le vrai, Coralie est assez sympa, mais ça ne compense pas. Quand j’étais enfant, je voulais faire Arsène Lupin. Je me demande si ce n’est pas le moment de commencer. Qu’est-ce qu’il peut y avoir de sympa à voler ici? Est-ce que je pourrais le planquer dans le coffre de la voiture? Arsène Lupin a toujours des plans ingénieux, je sens que je serai faible en ingéniosité, surtout après le vin blanc. Non, ma chère, il faut voir les choses en face : c’est un tout. La terrasse et l’apéritif avec la conversation et les convives. Ou alors on change de Pierre-Henri, on en prend un plus… ou moins… plus ou moins quoi?  Il va falloir que je redéfinisse les standards fissa. Je suis floue sur mes exigences. Je pense à Lui (un autre, dont je suis amoureuse mais il m’a jeté, enfin pas, mais si un peu quand même). Je repense à Faustine. Qu’est-ce que je fais, je me lève, je quitte la table et je dis qu’à mon âge, j’ai le droit de rêver à une histoire d’amour sans apéro CAC 40? Pierre-Henri me sourit toujours. Mon Dieu. Mon Dieu. Il est trop gentil, préservez moi, il faut que j’apprenne à dire non à mon coeur d’artichaut, merde.

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La honte de Daouda Fofana

juin 3, 2009 · 6 commentaires

Voilà un blog qu’il faut lire tout de suite, pour comprendre comment une trentaine de personne peut être impliquée dans l’assassinat sauvage d’un innocent ; ou comment 26 personnes n’ont rien fait pour intervenir.

Car les journaux parlent de l’affaire, mais il n’y a pas de mots assez forts pour dire ce que l’on peut ressentir. Comment une telle chose est-elle possible? Nous devrions tous nous être arrêté de respirer, et être assis par terre sous le choc. Le métro aurait du s’arrêter de rouler, les feux rouges auraient du s’éteindre. Certaines, les intelligents savent que l’horreur est fréquente dans le monde, mais on suffoque toujours à se retrouver en face. Du moins est-ce mon cas. A part des gros titres secrètement ravis de récupérer la manne de l’horreur, rien n’a été dit.

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Zohra Boudaghya est morte lundi dernier à Ceuta

juin 1, 2009 · 7 commentaires

Qui est-ce? C’est une femme de 53 ans, marocaine, une femme ordinaire, ou extraordinaire? Comme des centaines d’autres femmes et d’hommes, elle fait tous les jours la route entre le Maroc et l’Espagne, à pied. Comment ça à pied? Oui, à pied, car l’enclave espagnole de Ceuta se situe en Afrique du Nord, et possède une frontière terrestre avec le Maroc. Et pourquoi fait-elle ça? Zohra Boudaghya travaillait comme portefaix pour faire vivre sa famille. Chaque jour, des centaines de personnes, essentiellement des femmes, chargées comme des animaux de traits, passent à pied la frontière entre le Maroc et l’Espagne. Chaque jour elles portent des centaines de kilos de marchandises achetées en Espagne qui passent ainsi au Maroc. Ces marchandises, les porteurs les répartissent sur tout leur corps, de façon à rentabiliser au maximum chaque voyage. Ensuite, ils les revendent à des intermédiaires, ou eux mêmes, dans les souks marocains. Ils essayent de faire deux voyages par jour pour gagner un maximum d’argent.

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Robert Pattinson, t’aimé ou ne t’aimé-je pas?

mai 29, 2009 · 15 commentaires

JE CROIS QUE J’AI TROUVE LE SUCCESSEUR DE BRAD PITT DANS MON COEUR.

Ah, ça c’est une nouvelle qu’elle est bonne, hein?

Alors je vous situe.

D’abord il y avait Brad. Et certains disaient : mais voyons, Fanette, mais il n’est pas si terrible? Bé enfin? Ou alors ils disaient : ah non mais alors vraiment ça me fait peine de voir des filles comme ça (un mot désagréable) qui pensent qu’à des mecs comme Brad Pitt, c’est super nul et tout, t’as pas honte?

Ai-je honte? Attends, je me livre à une petite introspection rapide histoire de dégrossir le débat… Alors après analyse, j’ai un petit peu honte, c’est vrai c’est pas sérieux. Il y a des sujets plus importants que les garçons. Si, si. Mais les garçons c’est quand même drôlement sympa, hein…

D’ailleurs ça me rappelle que prochainement je vais parler d’un truc sérieux :  un de mes cinéastes préférés, dont personne ne parle, dont je répare ça prochainement, Nikita Mikhalkhov. (J’en parle maintenant, c’est pour faire teaser)(comme ça vous cherchez sur Internet, ça prépare le débat).

Donc, tout ça pour dire, j’ai un peu honte. Je rougis.

Mais peu.

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Little Sarko sur le Grand Net

mai 25, 2009 · 6 commentaires

Nicolas Sarkozy a actualisé sa page Facebook ! Comme c’est mignon. Tout décontracté, tout fun, tout amoureux de Carla. Un président proche du peuple. Un homme comme nous, quoi.

Voyons un peu de quoi il retourne. La nouvelle page comporte une photo de Nicolas souriant, bronzé, heureux. Pas guindé, non non, cool relax. Que ça fait du bien de le voir comme ça.

Le petit message culturel, sur les derniers bouquins lus par le Président ; toujours pas La Princesse de Clèves, mais du culturel (et puis Maupassant, dis donc, bravo, j’aime bien, mais alors c’est pas gai pour un mois de mai, enfin je dis ça, la culture, il n’y a pas de mois). ça fait un peu j’ai fait mes devoirs, ouf, je peux partir en ouikende : “j’actualise mon profil avant le jeudi de l’Ascension avec mes dernières lectures : “Pierre et Jean” de Maupassant et “Le Lièvre de Patagonie” de Claude Lanzmann. Dernièrement, j’ai aussi vu l’inoubliable film “Les Feux de la Rampe” de Charlie Chaplin”.

Les feux de la rampe, OK, mais est-ce que quelqu’un peut lui parler d’Un Roi à New York?

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J’ai rencontré Carla Bruni !!!

mai 21, 2009 · 12 commentaires

Alors, tout de suite, ce n’est pas vrai, je n’ai pas rencontré Carla Bruni. C’est juste pour faire cliquer. Ce “je” n’est pas personnel, je me mets, toute frissonnante d’émotion, à la place des 5 lectrices de Femme Actuelle à qui l’inénarrable chance de rencontrer notre fabuleuse première dame a été offerte.

Mais j’ai été très, très intéressée par la rencontre. Bon, pas au point d’acheter Femme Actuelle (n’exagérons rien, mais je vais aller chez le dentiste, je crois, bientôt ; attention, nul mépris dans mes propos, je n’achète aucun journal, je les lis à la bibliothèque, mais je ne sais pas s’ils ont Femme Actuelle).

(Oui, à la bibliothèque, une forme de téléchargement légal, un truc du siècle dernier : tu ramènes chez toi et tu utilises ; c’est très artisanal mais c’est légal ; Paris est pourri de bibliothèques municipales ; pas très web 2.0, convenons-en, c’est mon petit côté XXème siècle).

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