Et ils dansèrent joue contre joue….

Barack et Michelle Obama dansent joue contre joue, c’est beau.

Oui, si, je trouve ça beau. C’est un couple, et mine de rien, le gars a tout de même réussi à se faire élire deux fois président des Etats-Unis. Performance remarquable. Et il n’y serait peut être arrivé sans elle, qui bosse aussi – et sans ses filles non plus. Avec son petit look élégant à l’américaine, avec sa façon d’être là, Michelle y est tout de même pour beaucoup dans l’image d’Obama, le couple uni, l’épouse impeccable, les petites jeunes filles bien élevées, la famille idéale.
 
 

Donc, la petite danse joue contre joue, c’est bien vu. Pas très présidentiel, car, si l’on réfléchit deux secondes, que diable la vue d’un couple présidentiel peut nous faire, à nous, Français ? C’est mélanger le glam et la politique, ce qui est aberrant. Et pourtant, bien qu’aberrant, cela se pratique, ô combien. Et qu’est-ce que cela peut faire, à un Américain ? Là, je ne me rends plus compte.

L’Américain moyen est peut être tout heureux de constater qu’il a un vrai beau couple hétérosexuel à la tête de son pays. Une sorte de garantie de l’ordre rassurant que doivent avoir les choses. C’est une sorte de très ancien message, aussi peu démocratique que possible, mais si humain, je suppose : l’identification du prince et du pays. Celui qui dirige est le pays qu’il dirige. Quand Arthur est blessé, tout tourne de travers dans son royaume et les Chevaliers doivent trouver le Graal pour guérir le roi et le royaume.

Si Barack fait danser Michelle, alors leur couple est beau et fonctionne heureusement. Si leur couple est beau et fonctionne heureusement, alors le pays fonctionnera aussi bien qu’eux. Et tout ira pour le mieux dans le plus américain des monde.

Oh, mais que fais-je ? Dans une minute, je vais déplorer que d’aussi archaïques ficelles marketing nous soient servies sans broncher ni sourciller par médias anciens et modernes. Ce n’était pas dans mes intentions, je voulais être tout glam.  Disons seulement que la danse était bien venue, une façon de remercier sa co-équipière dans l’histoire et à la face du monde, avec la petite glam touch en plus.
 
 

Combien de fois fera-t-on mourir Delarue ?

C’est bien simple, je n’ose plus passer sur Yahoo. Toutes les semaines, dirait-on, une nouvelle news calamito-répugnante sort sur ce pauvre garçon, à la mémoire duquel rien n’est épargné. Cette semaine, il semble que le sujet soit du type message d’outre-tombe.

La semaine dernière, nous avions l’enfant cachée. Avant encore, nous avions les interrogations du papa, et la conversion (ou non ; je n’ai pas très bien saisi) à l’Islam, le tout sur fond de conflit entre la veuve et la famille. D’un classique ! C’était Dallas, pour de bon.

Il faut dire que Delarue était un bon client. Il y a eu le couplet sur le surdoué, le prodige ; puis, pour faire contrepoids, l’inévitable « descente aux enfers ». Décrire une vie selon ce shéma dialectique permet de lui donner du relief, une dramatisation qui la rend plus intéressante. Le surdoué, tel Icare, ne tardera pas à choir du haut du ciel ; sinon à quoi bon monter, hein ?

En tout cas, depuis trois semaines, le niveau baisse ; les turpitudes familiales n’étaient pas très élégantes, mais le message d’outre tombe est vraiment téléphoné. Je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse faire ça à un mort.

On me dira : mais où as-tu lu ça ? Change de lecture ! Et c’est bien là que le bas blesse. J’ai lu ça sur yahoo, alors que j’accédais à mes mails. Or, depuis pas mal de temps, je m’attire pas mal de remarques relatives à mon mail. Comment puis-je utiliser encore Yahoo ? Comment ? Et ceci, de la part de personnes dont je crains qu’elles ne perdent tout respect pour moi en constatant qu’envers et contre tous je m’accroche à mon vieux mail.
Décidée à ne pas me laisser influencer par le snobisme geek de certains, j’ai décidé de m’accrocher à Yahoo ; la position ne me semble pas sans noblesse. Seulement, voilà. En arrivant sur la page d’accueil, je ne peux échapper aux turpitudes delaruesiennes.

Dès lors, que faire ? J’en appelle aux gens de chez Yahoo, pourriez-vous vous abstenir de mettre en Une des News aussi frelatées ? Est-ce qu’on pourrait trouver chez vous, je ne dirais pas de l’élégance – soyons lucide – mais de la décence ? Delarue pourrait-il enfin dormir en paix ? Merci, hein. Je n’ai pas envie de changer d’adresse mail, moi.

Lendemain d’élections

Evidemment, je ne parlerai pas de Marine Le Pen, ça me démoralise trop, je ne veux même pas en entendre parler, j l’ignore, d’autres personnes font ça très bien.
Non, moi, mon gros sujet de réjouissance, c’est que Sarko s’est pris une pelle. On avait beau s’en douter – et on est bien d’accord, que, comme disait brel, « il y a la manière », et lui il ne l’a pas, et avec Hollande, nos vies n’en seront pas transformées. Sauf, bien entendu, si on s’appelle Françoise Hardy ou Liliane B. Mais il n’y en a pas dans ma famille.

On avait beau s’en douter, certains n’y croyaient pas. Ils sont de droite dans ma famille, par principe, parce que c’est comme ça, ou parce que les socialisses c’est des méchants, responsables de tous les maux de la France (tous, tous)(même si la droite est au gourvenement depuis 2002, c’est la gauche qui a tout fait mal, il faudrait que je note certaines réflexions).

Ils n’y croyaient pas, et pour certains, ils trouvent que Sarko, même s’il n’a pas trop la manière, il se donne du mal. Parfois, on a un peu l’impression qu’ils vont lui envoyer des chocolats pour le remercier de tout ce travail qu’il fait à l’élysée. Ils me font penser aux militants qui disent sans rigoler que sans lui, c’est le chaos qui va s’installer.

Eh bien, ce matin (j’ai passé deux trois coups de fils inquisiteurs) (en parlant d’autre chose), c’était tristesse et désolation. Pas les chars russes, non, mais la fin de la France, la dégringolade économique, la crise, des étrangers partout partout, l’Islam, les valeurs de la France piétinées, bref, la fin du monde.

Ça m’a fait de la peine. J’ai tenté de raisonner. Tante Marie Hélène tremble, dans son 106 m2 vue sur Seine. Elle tremble au premier degré, elle est persuadée qu’elle va mourir des impots. Sera-t-elle obligée de vendre sa maison de Touraine ? J’y ai dit que non, mais elle a un doute. J’ai tenté de faire remarquer que même avec Mitterrand (haï tout particulièrement), personne la lui avait prise, sa maison de Touraine, voyons. Mais là c’est pire ! C’est la crise ! Ils vont vendre nos maisons pour donner aux banques ! Bon. J’ai pas bien tout compris la cohérence. Mais j’ai pouffé, je dois dire. C’est pas charitable envers une dame qui m’invite à deguster des tartes au citron super bonnes. Je vais lui rapporter des chocolats pour apaiser ma conscience la prochaine fois.

Mon oncle Guillaume faisait la gueule aussi. Il exècre tout ce qui est socialiste, sauf le mari de ma tante Marie-Rose, qui a une sorte de dérogation (il est prof, selon mon oncle, à qui les idées reçues ne font pas peur) (et il est con, toujours selon mon oncle, mais bon, on l’aime bien quand même). Sa détestation des socialistes se borne à relater les frasques politico-administratives des élus locaux de gauche. Il a donc soupiré en me disant : Tu es contente, hein ?
- Oui, lui ai-je répondu.
- Faut dire aussi. Il a merdé une semaine ! s’est-il écrié, vibrant. Une semaine ! Il l’a payé 5 ans (ton accablé, force du destin, etc).
- Oh, tout de même. Plus d’une semaine.
- Mais non ! Mais non ! C’est là que tout le monde se trompe ! Et maintenant, on va retomber dans les griffes des Enarques !
Mon oncle n’aime pas les Enarques.

Il m’a fait de la peine.

En revanche, côté copains, c’était plus gai. J’étais chez Faustine (réconciliée avec Brani), avec Hana. On a bu du pétillant de Touriane en poussant des cris de joie. Brani, après plusieurs verres de pétillant, nous a informé avec émotion qu’il retrouvait la France dans ce vote. Le pauvre ne comprend rien du tout, ou alors c’était du 2ème degré (ça m’étonnerait tout de même), avec l’autre à quasi 20, je me demande avec des sueurs froides quelle France il croyait retrouver. C’était aussi une façon d’être aimable. Hana nous a informé que le Français n’était pas raciste. Bon. Elle nous a fait une brillante analyse de ce vote que l’on déteste tant. (celle qu’on peut lire partout, le vote merde, le vote ras le bol, et la frustration légitime de plein de gens, elle pensait à ses parents – d’origine, justement, étrangère – ou amis de ses parents).
On a quand même failli s’engueuler, parce que cette bobo de Faustine, drapée dans une dignité qu’elle sort un fois par an, nous a informé que le racisme c’était mal. Et que les votes FN sont des votes de facho qui devraient tous rougir, etc. On a été obligé de s’en tenir là, tant la conversation menaçait de mener dans le fossé, et en rentrant avec Hana, elle m’a dit qu’entre la xénophobie populaire et le paternalisme pontifiant des bobos, elle ne savait pas ce qui lui donnait le plus envie de vomir.

Il va falloir s’empêcher fort de basculer dans cette vison manichéenne et conne des choses, les gentils contre les méchants. Supporter des grosses têtes qui font faire en plus sirupeux une politique similaire à celle de Sarkozy. Et bien penser au yacht, à la rolex, et au Fouquet’s, pour savoir contre qui, à défaut de pour qui, on vote.

Amour et autres interrogations

Au cours d’une grande discussion avec Hana, je me suis posé plein de questions.

Hana prétend qu’elle tombe amoureuse maintenant, à près de 30 ans, comme quand elle avait 15 ans. Or moi, pas du tout. je tombe amoureuse avec tellement de précaution maintenant que c’est à se demander si je tombe amoureuse.

Mais plus généralement, quand j’étais plus jeune, je m’enamourais de plein de garçons pour des tas de raisons futiles mais formidables. Un regard, une inclinaison de la tête, un sourire. D’un autre côté, si un contre regard, une contre inclinaison, un contre sourire annulait le truc, je me désamourais in petto. Mais ma vie était somme toute papillonnante.

Et puis la raison m’est venue et il me faut une collection de regard, de sourires, d’inclinaison de la tête, de poignets (j’ai un faible pour les poignets – qu’est-ce que ça veut dire ?), de cous, pour que je trouve du charme. Après, j’observe, j’analyse. Des fois, tellement, que l’occasion passe.

Hana pas du tout, me dit-elle. Un regard, elle fond, elle flanche, elle résiste un peu et paf ! C’est la Religieuse partugaise. Résultat, elle est malheureuse comme les pierres (ou comme la Religieuse).

Tout ceci est fort ennuyeux, mais au delà de ça, j’ai l’impression que peu de filles autour de moi sont amoureuses comme quand on avait 15 ans.

Je ne sais absolument pas quoi penser de tout ça.

Suis-je trop matérialiste après avoir été trop folatre ? Hana est-elle une victime de l’amour ? Mes amies ou collègues sont-elles trop intéressées ?

Sexe, adultère et meurtre chez les crevettes – c’est Futura Science qui le dit

Vous imaginez bien que lorsque j’ai lu ça sur le site de Futura Science, mon sang n’a fait qu’un tour. (1)

De quoi s’agit-il ? Ce sont encore des scientifiques qui ont soumis les malheureuses crevettes, qui ne demandaient rien à personne, à d’effroyables expériences. Sachez que la crevette dont il est question dans cette étude s’appelle Lysmata amboinensis, se nourrit des déchets et des parasites accrochés sur les poissons, est un crustacé hermaphrodite simultané, équipé, si je puis dire, d’organes sexuels mâles et femelles.

Ces crevettes peuvent s’accoupler en tant que femelle dans les heures qui suivent la mue de leur exosqulette, puis en tant que mâle ensuite, alors même qu’elles incubent des oeufs. Cependant, la crevette ne peut pas s’autofertiliser, donc elles vivent généralement en couple et sont monogames.

Revenons sur l’étude réalisée par, nous dit-on, des chercheurs de l’Université de Tübingen.

Permettez moi, pour assouplir l’aridité scientifique du sujet, de contextualiser un chouïa l’étude et de donner des noms et des personnalités fictives aux chercheurs de l’Université de Tübingen.

Soit une équipe de trois chercheurs, dans une faculté de science allemande, un peu perdue dans la grissaile d’une grande ville, hérissée d’immeubles soviétiques :

-       Lucy Wong, brillante sino australienne, quadrilingue (chinois, anglais, allemand et espagnol), venue en Allemagne pour étudier la crevette nettoyeuse.

-       Uma Torjman, stagiaire suédoise, bien formée, mais à qui il ne faut pas trop en demander, ici après une sieste de milieu d’après midi.

-       Brad Pitters, ici lors de ses vacances à Punta Cana en 2004. Scientifique, il sait aussi se montrer folâtre et n’a pas son pareil pour obtenir des crédits auprès des autorités adhoc de l’Union Européenne.

Observons ces trois scientifiques dans leur labo où règne une odeur vaguement fétide, parce qu’il faut chauffer l’eau pour les aquariums des crevettes et qu’elles sont des habituées des récifs coralliens. Or, le récif corallien, à ma connaissance, est en eau tiède. Donc, poisson + eau tiédasse, ça fait une odeur de piscine municipale, sans le chlore mais avec les bébêtes.

Uma dit en papillonnant autour de Brad : – Alors, on va répartir des crevettes par groupes ?

Brad rétorque doctement : Oui, Uma ! Nous allions les répartir par groupes de deux, trois et quatre crevettes dans des aquariums.

- Oh ! fait Uma, exprimant une admiration muette.

Lucy Wong lui jette un regard noir. Les airs de sirène palpitante de Uma l’agacent.

- Nous allons, poursuit Brad très pédagogique, et regardant alternativement les deux femmes, leur donner de la nourriture.

- Et les laisser libre de mener un vie de félicité parfaite, s’exclame Uma toute contente en battant des mains (ou quasi). Les Suédoises sont proches de la nature.

Deuxième regard noir de Lucy.

L’expérience, qui va durer 42 jours, commence.

Le jour, tout se passe bien. Les crevettes restent tranquillement assises dans les aquariums, en s’ignorant mutuellement, méditant, dans une sorte de béatitude parfaite. Mais la nuit, ah, la nuit ! Les inoffensifs crustacés révèlent alors, aux yeux de nos trois chercheurs bouleversés, une part insoupçonnable d’eux mêmes. Ils se métamorphosent alors, à la lumière des lampes infra rouge, en tueurs cannibales féroces.

- Les crevettes deviennent comme folles et chassent un individu isolé jusqu’à le tuer, dit Lucy à Brad, le matin du premier meurtre.

- Et le lendemain matin, constate avec horreur Uma, ils dévorent l’individu tué durant la nuit.

- Les salauds, s’exclame Brad (il se demande si « salopes » ne serait pas plus appropriées, mais il a un doute, vu la connotation sexuo-politique du mot, et puis, peut-on traiter une crevette de salope ?)

Ces agressions meurtrières ont toujours lieu juste après la mue de l’exosquelette, moment durant lesquels les crustacés sont particulièrement vulnérables. C’est une honte de profiter de ces moments d’extrême vulnérabilité.

- Il n’y a rien d’humains chez ces foutues crevettes, s’écrie Uma avec horreur.

- Dans les réservoirs de quatre individus, observe Lucy Wong qui ne se laisse pas dominer par les sentiments, la crevette qui mue en premier est éliminée en premier. La plus grande du trio restant s’attaque ensuite à la plus petite, qui est éliminée en second.

- Ce sont des meurtres cannibales ! commente Uma, outrée.

- Ils ont lieu jusqu’à ce qu’il ne reste plus qu’un seul couple, qui peut alors mener une vie tranquille et ordinaire de crevette nettoyeuse.

Notre équipe de chercheur s’interroge : quelle explication donner à ce comportement cruel, et à cette monogamie tueuse, si l’on peut dire ? C’est Lucy qui trouve la réponse, pendant que Brad et Uma ont disparu dans un débarras à côté du labo, sous prétexte que le désordre n’était plus supportable et qu’il fallait le ranger. Lucy, qui a autre chose à faire que de s’enfermer dans les débarras, écrit dans son rapport :

« Lorsqu’elles sont en groupe de plus de deux, les crevettes s’accouplent un peu dans le désordre et la compétition sexuelle absorbe leur temps et leur énergie, ainsi que la compétition alimentaire ; la survie du groupe est donc menacée. En revanche, quand les crevettes sont en couple, la compétition sexuelle disparait, le couple collabore harmonieusement à la recherche de nourriture et dispose de tout le temps et l’énergie nécessaire pour s’occuper de la descendance. »

Mais attention : même quand il y a largement assez de nourriture pour tout le monde, les crevettes s’entretuent selon ce shéma ; les meurtres entre crevettes n’ont donc rien à voir avec la quantité de ressources alimentaires, il s’agit vraiment d’un mode de vie en couple. Les crevettes sont programmées pour vivre dans la monogamie la plus féroce, si l’on peut dire.

Le lendemain, Uma disparu. Vraiment disparu. Personne ne l’a vu dans la résidence étudiante, et elle ne vient plus au labo.

- C’est bizarre qu’il n’y ait aucune trace d’elle, dit Brad.

- Elle s’est peut-être fait dévorer, dit Lucy facétieuse.

- Ah ah, très drôle, dit Brad, d’humeur légère. Par les crevettes ?

- Non, comme une crevette, dit Lucy. Ils pouffent.

- Bon, dit Brad. Si on retournait maintenant à notre collaboration tranquille et harmonieuse à deux ?

- Tu l’as dit, fait Lucy.

 

 

(1) Il n’a fait qu’un tour il y a deux mois, mais j’ai oublié de le publier ici.

Le mec sympa

Je n’avais pas trop d’idées pour le titre, hein, je ne sais s’il correspond au thème.

Figurez vous que j’ai décidé (et j’espère m’y tenir) de lire à nouveau des blogs. Et au hasard des liens, je tombe sur ce blog, un célibat au goût de Nutella, et un post dans lequel il faut dire en son âme et conscience, à supposer qu’on en aie, si on préfère sortir avec un mec mieux que soi ou un mec lamba, standard, physiquement moins bien.

Question étrange, mais pas tant que ça. En fait, il y a longtemps, j’ai eu une vague début de commencement de quelque chose avec un type que je trouvais super beau, rencontré à trois fètes de suite chez des copines (que j’ai plus ou moins perdu de vue maintenant). Le type était un inconnu (mais un bel inconnu) à la première fête ; un type déjà vu, à la seconde ; et on a discuté ; à la troisième, il est venu vers moi, et on a parlé, et il est visible que, non pas je lui plaisais, ce n’est pas ainsi que je décrirai le truc, mais il avait décidé qu’on sortirait ensemble.

Voilà ce qui s’est passé ; j’étais venue avec une copine sympa mais pas futfut qui me l’a joué « oh putain le mec trop canon t’as trop de bol » (et d’une) ; j’étais amoureuse de mon pote Gaël (qui est un petit con) (mais j’étais quand même amoureuse, je me demandais du reste pourquoi et je me le demande toujours, ceci est une autre histoire) (et de deux) ; l’assurance de ce type m’a illico donné des boutons et envie de gerber, il était clair qu’il était dans une logique où « je n’avais rien à lui refuser » (si je puis dire) parce qu’il était trop mignon ; et il l’était  ; et pas moi ; je ne me déprécie pas, je suis très bien une fois maquillée et habillée convenablement (ce qui est loin d’être toujours le cas), mais je n’ai pas un charme ni un physique à tomber à la renverse, soyons lucide.

Bref, ce type super mignon m’a fait horreur dès le début, surtout avec la fille qui roulait des yeux et disait « ah nan mais attends quoi mais nan mais arrête là tu peux pas faire ça » – je me demandais quelle mouche m’avait piqué d’aller avec elle. Enfin la mouche était connue, elle avait une voiture, et pas moi. Ça m’apprendrait.

Le type a d’abord été plein d’esprit et hyper attentionné tout en me racontant sa vie fascinante, puis, comme je l’a envoyé paître, une sorte de doute existentiel lui est venu et il s’est mis à s’intéresser à moi, ma vie, mon oeuvre. Ça semblait si téléphoné que plus il me parlait de moi, plus j’avais envie de le baffer. Son assurance, sa maîtrise du discours, sa gentillesse, tout sonnait faux et archi faux.

Or, la copine en question, celle avec qui je suis venue n’en a jamais démordu : je me suis dégonflé devant lui, justement, elle était convaincue que si j’avais eu cette attitude systématiquement décourageante, c’était que je le trouvais trop beau pour moi. Et moi, je trouvais qu’un mec comme ça, trop parfait, c’était forcément un type qui allait me diriger et me dire tout ce que je devais faire. Il avait commencé à s’intéresser à mon choix d’étude (quel objectif poursuis-tu en allant à Paris ? – je m’étais même demandé si mon oncle ou ma tante ne l’avaient pas payé pour que je fasse des études à 100 km de chez eux plutôt que de aprtir à la capitale).

Bref, c’est ça mon image des mecs trop beaux. C’est le seul que j’ai rencontré de ce genre. Tous les autres garçons que je vois, pour moi, LA règle, LE critère, c’est qu’ils soient sympas. Je ne sais pas comment je pourrais définir sympa. Mais si je ne case pas le mec dans une certaine forme de sympa, c’est cuit. Sauf Pierre-Henri, mais finalement, Pierre-Henri a été sympa – contre toute attente. (ou j’avais des préjugés… peut-être).

 

Donc il faut que le mec soit sympa, une forme de cool attitude, aimer la musique (mais pas le fan grave hystérique avec des goûts trop marqués), aimer la bouffe, pas d’horaires (mais un peu quand même, hein). Je vois ça dans les gestes, la démarche, le regard, la façon de s’adresser aux gens… Difficile à expliquer.

Il engage un tueur à gages et se met d’accord pour porter la culpabilité du meurtre préparé sur… un chat

Ça s’est passé à Pontoon Beach, Illinois, et ça n’aurait pu se passer nulle part ailleurs. NON, ça n’est pas un scénario de Tarentino ni de Robert Rodriguez. Quoique…?

Le lieu où se déroule cette histoire hallucinante, chers lecteurs, c’est bien évidemment les Etats-Unis. Et, une fois de plus, il nous permet de vérifier l’assertion a priori déconcertante d’Oscar Wilde lorsque, sortant d’un thé chez sa tante au bras de son meilleur ami de l’époque, il s’écria : Ce n’est pas l’art qui imite la vie, c’est la vie qui imite l’art. Ce à quoi nous pourrions ajouter dans un soupir : et elle l’imite bien mal.
L’art auquel nous pensons en l’occurence, c’est celui des thrillers américains ; si tant est, dira-t-on, qu’il s’agisse d’art, et l’on peut en effet en discuter, mais ultérieurement, car pour l’heure, l’urgence est à la relation de cette délicieuse histoire. On rêve à ce que Robert Rodriguez et Quentin Tarentino pourraient tirer d’une histoire aussi aberrante et délicatement sordide.
Qu’on en juge. L’histoire commence pourtant classiquement. Un filou scélérat fomente l’enlevèment, le vol et le meurtre d’un particulier pécunieux, qui se trouve être l’amant de sa femme.
Rien que de classique. On n’est pas perdu. Les ennuis de notre tueur commencent en fait, à son insu, parce qu’il sollicite l’aide de l’un de ses ami pour mettre son forfait à exécution. Le tueur à gages est un homme qu’il connait depuis des années et en qui il peut avoir toute confiance : en liberté conditionnelle, a été jugé coupable de meurtre au second degré et d’agression sexuelle.
Le tueur potentiel expose donc son plan à l’ex-détenu : une fois la victime sous contrôle, le tueur la fera entrer dans un jacuzzi, puis l’électrocutera en jetant dans l’eau une radio, après quoi il jettera le chat dans la baignoire pour faire croire à un accident.
Mais ce que l’infâme ignore,…

Lire la suite sur l’excellent blog de Gwendal Perrin.