le journal de Fanette

Entrée de décembre 2007

Bonne année !!!!

décembre 31, 2007 · 39 commentaires

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Ce coup-ci, je fais court.

Bonne Année !!!

Facile, non?

J’ajoute juste que le truc le plus sympa pour moi cette année c’est mon blog. Pourquoi? parce que c’est inattendu. Il m’est arrivé des trucs, mais mon blog est une surprise. Certes, c’est moi et pas une autre qui ai décidé de le faire, mais la surprise ce sont les commentaires et le divertissement que cela m’apporte : je suis accro.

Donc, mon meilleur souvenir de cette année, c’est vous. Parce que je ne m’y attendais pas.

Je mets une photo ambiance Noël parce que ben oui, moi j’aime bien les ambiances de Noël. Noël c’est jusqu’aux Rois.

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Esprit de Noël

décembre 29, 2007 · 14 commentaires

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Cette fois, je vais faire court.( c’est raté)

Encore une fois, en lisant les commentaires et d’autres blogs, je me suis rendue compte que ce que j’écris est orienté dans une curieuse direction, comme si je me plaignais, ce qui est très intéressant parce que je me suis demandé si je ne me plaignais pas, pour le coup.

Mon Noël, en dépit de certains membres de ma famille, a été excellent : je suis allée chez ma tante qui m’a, comme elle l’a toujours fait, bien accueilli, et si d’autres membres de la famille ont eu moins de délicatesses, ces personnes sont très peu proches de moi dans les faits (même ma tante Etiennette, bien que soeur de ma mère, je ne l’avais vu que quelques heures cet été, et l’année dernière, en février, lors d’un repas).

J’ai donc passé un très bon Noël : peut-être que ces personnes me blessent plus que je ne me laissent le croire, mais j’y suis habituée.

Pour certaines personnes, Noël est une période difficile. Pour moi, c’est un peu agaçant d’avoir autant de contraintes et d’allées et venues en peu de temps, mais c’est une bonne période. Grâce aux ramifications de mes familles, des deux côtés, je trouve toujours chez qui aller, et cela se passe toujours bien.

Pour moi c’est avant tout une fête familiale, c’est-à-dire qu’elle implique des retrouvailles de gens que l’on voit peu MAIS que l’on aimerait voir plus, des rencontres transgénérationnels, et des repas. Le côté bouffe, c’est un peu trop, mais il faut s’organiser : j’ai mangé comme quatre chez Marie-Rose, j’ai congelé ce que j’ai rapporté (mais mon congélateur n’est pas terrible, il va falloir que je le mange dans le mois), et j’ai entamé un régime de légumes (le seul moyen de me nettoyer après ces agapes) depuis mercredi. Manger des soupes m’a permis de réaliser des économies (j’ai du me payer le train pour aller chez Marie-Rose) et de me sentir toute fraîche, car ce week-end rebelote : je vais chez ma belle-mère, pour un “deuxième Noël”, ma belle-mère étant la femme de mon père qui m’a élevé et que j’appelle maman comme mes deux frères et soeurs.

Je note que peu de gens parlent de leur argent sur les blogs, c’est vrai que ce n’est pas fascinant. Moi, j’ai de la chance, dans la mesure où mon studio sur Paris ne me coûte rien… Un logement pour rien, c’est une vraie chance… Il se trouve que ce studio appartient à un cousin, assez vieux, qui ne veut pas le louer parce qu’il a peur des locataires, et Guillaume l’a convaincu de me le laisser, en plus exposant qu’il s’abimerait plus s’il était vide. Le bol. L’avantage d’une famille à ramifications multiples, et aussi, de la “protection” patriarcale de Guillaume, car tout le monde de la famille n’aurait pas obtenu ça (d’où des jalousies). Je dois ça à mon statut de “la pauvre, avec sa mère” et au fait que Guillaume fait pour moi ce qu’il n’a pas pu faire pour ma mère (il était trop jeune et sans le sou, mais il se sentait déjà une âme de patriarche, et voilà). C’est là aussi où Guillaume envoie ch promener certains, en leur disant :”et qu’est-ce qu’elle en foutrait, ta gamine, du studio à Paris, hein? Elle fait ses études à Nantes !” ce qui ne supprime pas les jalousies mais les rend muettes ; voilà comment je suis une sorte d’OVNI envié dans les chaumières familiales. Du coup, je suis une privilégiée, pas seulement aux yeux de certains dans ma famille, mais même à Paris.

Voilà pourquoi je ne peux pas ne pas “aimer” mon oncle Guillaume, quoique je sois en train de me demander comment faire pour discuter avec lui de sa petite phrase malheureuse, on n’est pas douée pour la dialogue dans la famille.

Voilà pourquoi je ne peux pas cracher sur la famille, malgré Etiennette et la quantité faramineuse d’idiots qu’elle comporte : je me rends compte que ma position “en marge” me permet de bénéficier de nombreux avantages sans les inconvénients.

Pendant longtemps j’ai fantasmé sur avoir un père, une mère, et deux ou trois frères et soeurs, comme les autres. Certains avaient l’air de s’éclater. J’ai accepté l’évidence : je ne saurais JAMAIS ce que c’est, jamais, même si c’est bien (des gens de familles nombreuses me parlent de leurs frères et soeurs et ça me fascine) ou affreux (pour d’autres, c’est horreur, jamousie, un parent qui préfère le frère, ou la soeur, ou qui n’est pas là).

Je suis une sorte de coucou, je vis chez les autres, chez une multitude d’autres, et ça se passe bien même si je rêve (encore) de savoir ce que c’est une famille (la mienne ressemble à un réseau). J’en rêve, mais je n’en souffre plus.

Où suis-je chez moi? Même mon studio n’est pas chez moi ; avant, je ne me sentais chez moi nulle part ; depuis un an ou un peu plus, je me sens chez moi partout.

Donc, ce soir, enfin en fin d’aprèm, direction la banlieue ouest, RER A, chez ma belle-mère et son mouveau mari, un monsieur charmant et bien élevé qui m’a dit il y a trois ans qu’avec moi il était tranquille, pas de conflits rien alors qu’avec mon frère et ma soeur, les “vrais” enfants de ma belle-mère, ça avait parfois été chaud. Et même avec ses enfants.

Pourtant ça aurait pu être chaud, mais ça ne l’a pas été. Même encore maintenant, je perçois chez mon frère et ma soeur des tensions qui me font de la peine pour eux.

Curieusement, pendant les années où je me sentais abandonnée, où j’ai été malheureuse, et où je me réfugiais dans l’univers des chevaux, j’ai souffert et je me suis traîné dans la souffrance, je VOULAIS être malheureuse personne ne m’aime tout le monde s’en fout et puis quand j’ai passé mon bac et commencé à Paris mes études, pof, je suis devenue une autre : amis, sorties, rigolades, et depuis tout va bien.

Les autres ont eu des vies plus classiques, études bacs, écoles, avec des tensions familiales auxquelles j’ai échappées puisque je ne voulais voir personne, et que Guillaume se faisait une joie de m’accueillir dans le giron de sa famille, en expliquant aux autres que j’étais très bien chez lui et que je voulais y rester, et maintenant je m’éclate, alors que les autres sont “engoncés” dans leur famille.

Comme j’avais l’intention de l’expliquer dans unvieux billet, je suis celle qui m’en sort le mieux, ou l’une de celles, et c’est marrant, quelle chance me protège?

Ou alors, un jour, tout va me retomber dessus….

Je parlais des sous : mon salaire n’est pas terrible, mon boulot me plaît mais il va falloir que ça s’améliore, mais ma vie est cool (quoique avec plus d’argent ce serait mieux).

Encore un billet long, c’est pas vrai. En plus, informe.

Bon, l’idée c’est que j’aime bien Noël, quoi. Noël pour moi c’est comme le bonhomme de neige que j’ai mis en haut. Mignon et culcul.

Joyeux re-Noël, ben oui, j’y retourne, là, et lundi soir je suis invitée à deux fêtes, je ne sais pas ce que je vais faire, c’est un peu le bazar, car je ne suis tentée par aucune des deux.

PS : CV rapide : Jusque 13 ans j’ai vécu chez mon père et ma belle-mère, puis une période floue, puis après chez Guillaume mon oncle, en accord avec mes parents puisque je ne voulais plus quitter les chevaux, puis à 18 ans je suis partie étudiante à Paris, quelques mois chez ma belle-mère puis dans un studio appartenant à mon père qu’il a vendu depuis, bref on s’en fout, mais je suis restée sur Paris depuis, avec allées et venues pour les vacances chez oncle/cousins/père/belle-mère/un peu tout ce qui venait/séjours linguistiques. Mère aussi, tiens.

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Buzz Laure Manaudou

décembre 28, 2007 · 21 commentaires

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Je suppose que tout le monde est au courant du buzz de Laure Manaudou, vu l’ampleur incroyable que ça a pris.

Laure Manaudou a un petit ami, pour lequel elle a même fait des folies, irréfléchies, mais sympathiques, selon l’angle sous lequel on voit la chose (évidemment, question gestion de carrière, elle a merdé, mais la gestion de carrière, à son âge… Elle a 21 ans… Déjà, moi, penser à ma gestion de carrière, si tant est que j’aie une carrière, à supporter ma Diva chérie en espérant en tirer un avantage professionnel, genre CV moins merdeux, et en sachant que je risque surtout de me faire… avoir, disons, comme tout un chacun… – et, quand je le vois, Lui, avec ses yeux, remarquez c’est mieux qu’il ait des yeux, vous noterez que je ne parle plus de Lui, mais j’y pense – quand je le vois lui, j’ai du mal à me concentrer sur ma p%/&in de “gestion de carrière”) – bref, bref, je digresse, bref Laure Mauaudou était amoureuse et elle a rejoint un club italien, où ça c’est pas très bien passé, probablement parce qu’elle était un peu chouchouté genre petit génie dans son club français avec son entraineur à muscles, piercing et cheveux longs (je l’aimais bien, on aurait dit qu’il revenait tout le temps de Hawai, Miami Beach, Tahiti, enfin des endroits où il y a la mer, des vagues et où on fume, dès qu’il apparaissait on entendait la mer et ça sentait le pèt’ – mon avis).

Je me reprends, concentre-toi (Viviane est absente aujourd’hui, enfin pour toute la semaine, en fait et elle me manque – donc je pense à elle – donc je me marre, je crois même que je vais lui acheter un cadeau parce qu’une collègue qui t’ensoleille la vie comme ça, c’est trop génial).

J’ai un truc à dire sur Laure Manaudou, zut, j’irai au bout ! Donc, quittage d’entraîneur, allage en Italie, avec petit ami, disputage avec petit ami.

A part mon copain Gaël, et c’est uniquement parce que c’est mon copain, car il est con et macho, et Lui, parce qu’il est, ah… et qu’il des yeux, ah…, et deux ou trois copains, les hommes sont tous des salauds, on ne peut rien attendre d’eux.

Laure, tu as merdé ! Apprends la méfiance !

Qu’est-ce qu’il a fait, le petit copain crétin, il a pris un film, il l’a filé, élégamment, à la championne italienne, ce que j’ai pas capté mais ça me prend le chou de chercher, c’est si le petit ami (Luca) et la nageuse italienne (Quelquechose Pélégrini) couchent ensemble, d’ailleurs oui, sûrement, entre deux brasses, ce qui ne porte probablement pas à conséquence. Pour eux. Remarquez, moi et Gaël… Mais on est copains, on peut se consoler, ou se distraire.

Le film (on y arrive) concerne apparemment leurs ébats amoureux. Moi, je ne me filme pas dans ses cas-là, je sais que ça semble à la mode, mais bon, j’aime assez l’intimité et l’exclusivité. Laure est sûrement plus moderne, et donc on la voit en train de faire des trucs que la décence et mon éducation m’interdisent d’évoquer précisément, vu qu’en général on n’utilise pas un vocabulaire poétique et élégant pour désigner ces activités ; oui, parce que j’aime assez, dans l’ensemble, les trucs poétiques et élégants, quoique le trash me fasse rire. Cependant, comme tout un chacun, j’ai eu l’occasion de pratiquer des activités similaires à celles de Laure, quoique plus discrètement, et je détesterais qu’on me voit en train de faire ça.

Bon, au final ma question est la suivante : Laure fait des trucs que, non pas tout le monde fait, quoiqu’on en dise, parce qu’il y a des tas de gens à qui la sexualité brute fait peur, qui s’en foutent (on a aussi le droit de s’en foutre, si je vous me passez l’expression, bien sûr – oui, c’est pas léger, mais bon) ou qui n’en ont jamais eu l’idée/l’occasion, mais enfin des trucs que la morale ne réprouve plus (la morale a tellement d’autres trucs à réprouver – d’ailleurs elle est faible, la morale, je trouve qu’elle devrait se bouger un peu), ça ne fait de mal à personne, elle s’éclate, elle est amoureuse et il y a des tas de films pornos qui font pire.

Alors pourquoi tout le monde se jette sur les images? Au fond, c’est quoi? De l’humiliation? Du voyeurisme? Les images, je les ai pas vues, parce que moi, les trucs comme ça, ça me fait peur. Le faire – je dis pas, mais le voir m’angoisse. Et le regarder parce qu’on le montre encore plus.

Pourquoi tout le monde ragrde? Je ne comprends pas – ça doit faire partie de mon éducation médiévale.

Cela étant, je voudrais saluer Laure Manaudou. Je me demande ce qu’elle ressent, peut-être ça la fait marrer? peut-être en a-t-elle pleuré, peut-être a-t-elle été blessée, au moins par l’intention, écoeurante, de son petit copain? Même si elle est cool au point d’être indifférente qu’on la voit nue, l’intention de blesser, située, dans ce cas-là, si bas, est blessante, non? Pourtant, elle a raison de faire ce qu’elle veut avec ses petits copains, elle participe peut-être à la vraie libéralisation du sexe, parce qu’il n’est pas si libéraliser que ça, le sexe, de nos jours… Il est deplus en plus sale et choquant, on n’ose même plus parler de tendresse, pour certains (bon, pas tout le monde) dire qu’on est nouillement amoureux (il y en a) ça paraît cruche, alors que si vous dîtes, tiens, j’ai rendez-vous ce soir avec Pierre, il va me s…er (vous mettez ce que vous voulez dans les points), au cinéma, habillé en loup garou avec des chaïnes et un marteau, c’est cool, fun, djeuns. vas-y Laure, éclate-toi, les autres c’est que des jaloux !

Quoiqu’il en soit, j’ai une idée de buzz. Imaginez, mais c’est juste pour rigoler, qu’un monsieur actuellement en Egypte filme sa coupine actuelle en train de…. – mettez ce que vous voulez dans les points. Ils font ce qu’ils veulent, naturellement, et dans le sens qui leur paraît approprié, dans le respect total de la liberté de l’autre. Je ne regarderais pas la video, je vous ai dit, ça me fait peur, mais ça changerait, non? ça ferait moderne. Et je rigolerai bien.

Qu’est-ce qui choque le plus : Laure Manaudou et sa turlute ou les SDF dans le froid?

On sait tous ce qui choque le plus. Et nous ne faisons rien. N’est-ce pas?

Catégories : Les bonnes idées de la semaine · Trucs incohérents
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Au boulot

décembre 27, 2007 · 21 commentaires

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Hier, je me suis demandé si j’étais la seule à avoir des Etiennette dans ma famille. J’ai eu peu de réponses. Dois-je en conclure que oui?

J’ai passé une excellente journée hier, et compris des trucs – je suis encore trop naïve. Marc, le boss, est là aujourd’hui mais hier, il n’était pas là. Il l’avait dit. Je suis venue, mais je n’ai pas bossé du tout (c’était excellent). La Diva est arrivée à 11 heures 30, en disant qu’elle avait été malade et qu’elle venait tout de même. Tu parles, Charles ! Elle s’est tirée vers quatre heures. Ce matin, elle l’a dit à Marc, à mi-voix, je l’ai entendu lui dire ça comme je montais à L’Etage Des Chefs. Et Marc lui a dit : “c’est pas grave, tu sais, un 26 décembre…” Qu’elle ne vienne pas un 26 décembre, c’est excusable – mais pas nous, nous, il faut qu’on soit là.

Donc, quand on est chef, on a des droits que les autres n’ont pas. Oui, vous le saviez, vous, mais moi j’ai été élevé que le chef a plus de responsabilité, pas plus de droits. Le chef doit être plus parfait, quoi. Mais j’ai eu une éducation médiévale.

Logique : quand on est pas chef, on a moins de droits, tous les actes pèsent plus lourds, donc attention, gaffe à tes fesses (ça, je savais).

Donc sois poli et n’hésite pas, rajoutes en, caresse ton chef dans le sens du poil.

Mon chef avait l’air sympa, d’ailleurs il l’est, c’est-à-dire qu’il est souriant, agréable, dynamique : ce qui est une bonne chose; mais cela ne dissimule pas, finalement, qu’il est aussi peu estimable que la Diva : elle, comme elle est vite odieuse, on la voit venir. Lui, moins. Encore que : la Diva a été charmante avec moi pendant cinq mois, avant de devenir odieuse. Lui va peut-être faire pareil. Je m’y prépare, cela m’évitera de rester bêtement désemparée quand il me dira son premier truc désagréable.

Dans une boîte, l’important ce sont les apparences. Voilà ce que j’ai fait ce matin (j’ai honte? Pas – mais je me sens drôle). J’ai envoyé un mail à Marc, avec un gros boulot que l’on me presse de faire depuis un petit dix jours, et que j’ai fini, mais je le garde sous le coude, parce que la spécialité de la Diva c’est de tout faire refaire, genre en fait il fallait le présenter autrement, modifier la mise en page, non autre chose. Je suis monté le lui dire, à lui, et elle, je lui dis à elle, c’est ma chef, mais devant lui…. Comme ça elle limite ses remarques, et lui il voit mon travail, tel quel, sinon elle lui dit qu’elle a “revu” ce que j’ai fait… Bon je peux pas toujours faire ça, mais là j’ai pu, avec le petit désordre des fêtes.

Il a été super impressionné et content. Et elle elle a du le suivre dans son enthousiasme, mais ce n’était pas de gaieté de coeur. Donc, rendre le 27 décembre un boulot achevé le 21, et qui devait être fini pour le 30, ou le 29, c’est tout bon. ça fait “je bosse”. Il était un peu paternaliste dans ses félicitations, mais c’est la première fois que quelqu’un est content de mon travail.

Donc : vous commencez par dire que c’est un ENORME travail et que pfff c’est pas facile.

Vous le faites fissa et vous vous relisez, vous peaufinez, tout en disant que Pffff.

En fait c’est du copier-coller internet, mais vous modifiez les structures des phrases, et l’ordre des parties, la présentation (heureusement qu’en fac, j’ai eu des profs maniaques du plan).

Vous rajoutez des trucs funs, des animations, comme ils sont tous nuls dans la boîte en petits machins funs, ça le fait.

Et voilà.

Deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne pour en arriver là.

J’ai un peu honte quand même. J’espère qu’ils vont rester contents jusqu’à la fin de la semaine.

Et vous c’est pareil dans votre boulot? Vous avez aussi l’impression que parfois il suffit de pipeauter – ou, du moins, faire un truc qui pour vous est facile mais qui impressionne les autres (répondez anonymement je ne dirais rien)?

Je dis bien parfois. Si je pouvais toujours faire ça…

Catégories : Boulot
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Retour à Paris

décembre 26, 2007 · 14 commentaires

19_22_6-winter-frost_web.jpgMardi midi, repas, concocté par Marie-Rose chez Guillaume. Guillaume, le chef de famille, hein. Guillaume et sa femme de ménage, Loli, ont tout arrangé question place (il y a un truc entre Guillaume et Loli, qui déteste cordialement Marie-Rose, et vice versa ; je les soupçonne d’être amants, mais ce qui est bizarre, c’est que Loli disparaît, et d’un air pas du tout contraint, dès que Marie-Rose ou Montane surgit ; en fait je ne connais pas Loli ; j’ai juste assusté à une scène mardi).

Voilà, digression : j’ai trop de chose à dire !

En fait mardi midi, avec Montane on est retournée aux écuries, puis je suis allée chez Guillaume, tandisqu’elle rentrait chez elle.

Je veux dire, j’avais pas mis un pied chez mon oncle depuis mon arrivée, sauf en groupe; je sentais que cela faisait comme si je lui faisais la gueule. C’était bien le cas. Je suis rancunière. Mais lucide. Guillaume a toujours été correct, et même plus que correct parce que je me sens en famille chez lui et Marie-Rose, avec moi. Donc, je monte les trois marches qui mènent à la cuisine/salle principale salon, je frappe. Guillaume et Loli sont dedans, ils mettent le couvert. Loli, jean, bottes, pull, fichu, un visage noble, beau et ironique, m’ouvre en me disant : “Tiens ! la Parisienne!”

“Ah!” me dit Guillaume. “Bonjour. Joyeux Noël.”

Joyeux Noël ,dis-je. Et je reste là plantée, entrain de me débarasser de mes couches de vêtments, avant de me dire que tant qu’à faire, je vais mettre la table avec eux.

Quand Guillaume et Loli se parlent, ils se tutoient et le font avec une familiarité plein de sous-entendus. Loli demande où se mettra Marie-Rose, qu’elle appelle ironiquement “ta soeur”, ou madame Humbert (son nom d’épouse). Ils se sont servi du champagne et du foie gras, et m’en offrent – il est 11h30. Je décline. Je demande à Loli ce qu’elle a fait pour le réveillon. Sa fille l’a invitée, me dit-elle, et après elle va chez son fils. Le silence de Guillaume a presque un sens; Loli fait la vaisselle en disant : “Monsieur Guillaume Guyon dans sa famille, Madame Dolores Hernandez dans la sienne”.

Guillaume sort, et je dis à Loli qui essuie des gouttes d’eau imaginaires sur le plan de travail, c’est vrai on ne t’a jamais invité à Noël mais depuis le temps tu fais partie de la famille.

Loli se marre. “Que va ! j’ai mes enfants.”

Elle s’en va ensuite, après m’avoir embrassé et fêté un Joyeux Noël.

Guillaume revient peu après son départ. Je l’aide à mettre en place le foie gras, puis à chauffer les plats au four ; c’est lui qui le prépare. La familiarité revient entre nous.

Tout le monde arrive vers une heure et demie. Rebouffe.

Cool. Malgré les idiots, c’est vraiment un bon moment, et surtout, bien que l’on soit axé sur la mangeaille, d’abord on ne l’est pas sur les cadeaux en tant que tels, et ensuite le repas est traditionnel, Marie-Rose a tout fait, avec Montane ou son mari ou Guillaume, je veux dire que c’est authentique et moi, j’aime ça.

A cinq heures, Montane me ramène chez sa mère, je prends mon sac que je remplis en hâte et direction la gare.

Le train est un endroit hors du temps, mais quand je me retrouve sur le quai de la gare, puis en train de marcher vers le métro j’ai un vertige ; je change de monde. Là, je redevient progressivement mon moi de Paris. Là-bas, même si c’est beau, je ne suis pas moi : il faut d’abord que j’écarte la vision de moi que les autres ont, et qui m’écrase, sans que je sache pourquoi. Ensuite il faut que j’écarte le passé, mon adolescence, même si c’était bien, c’est fini, mais là-bas elle me colle à la peau. Là-bas, en plus, je suis un élément du groupe, ici je suis indépendante.

Un autre truc que je ne comprends pas : prenons ma tante Etiennette. Tout se passe comme si elle avait chez elle un livre sur les règles de la vie : l’âge auquel on se marie, celui auquel on a des enfants, l’heure à laquelle on se couche le soir, le menu du dimanche midi. Pour elle, la vie semble codifiée, et elle est très choquée et perturbée si on ne suit pas le code. Elle ne se dit pas : tiens, voilà quelqu’un qui ne vit pas comme moi. Elle semble se dire : mais on ne peut pas faire ça !

Difficile à expliquer ; je n’ai pas suivi toute sa conversation, mais elle a évoqué les enfants de ses voisins ; le fils de ses voisins a 19 ans ; un samedi, il est sorti, vers 19 heures, et rentré chez ses parents vers 23 heures ; elle a parlé longuement pur expliquer qu’il n’est pas normal qu’un jeune homme rentre si tôt un samedi soir. Le samedi soir quand on a 19 ans, on sort jusque tard, deux heures je suppose. C’est obligatoire ; elle en a développé toute une théorie comme quoi les enfants de ses voisins étaient frustrés. Ma cousine Vanessa lui a dit qu’il était peut-être allé chez son copain pour bricoler l’ordi en panne, et donc revenu pas très tard. Pas normal pour ma tante : le samedi soir, on ne va pas dépanner les ordi des copains : on sort. C’est fait pour ça les samedis soir. C’est cosmique. Il y a eu un petit débat, certains n’étant pas d’accord avec elle, sur le thème du samedi soir, de ce que l’on fait le samedi soir, et est-ce que on peut réparer l’ordinateur d’un copain le samedi soir (pour ma tante, un ordinateur se répare le lundi matin, ou si l’on travaille, le lundi soir, après le boulot). Que l’on puisse débattre d’un point aussi insignifiant me stupéfie, mais aussi que pour ma tante et pour d’autres personnes, les conventions sociales aillent aussi loin. J’ai pris l’exemple du samedi soir, mais j’aurais pu en prendre un autre : par exemple, ma tante Etiennette ne peut concevoir faire des courses après six heures et demie du soir. On fait ses courses entre neuf heures et demi et onze heures le matin, ou quatre heures et six heures et demie le soir. C’est cosmique aussi. Il ne s’agit pas d’habitudes qu’elle s’impose, mais de règles : je donne cet exemple parce qu’il y a deux ans, j’étais en week-end chez Guillaume, et tout d’un coup le samedi à six heures 20 j’ai réalisé que j’avais dit que j’allais faire de la tapenade à l’apéro et que je n’étais pas sortie acheter des olives, donc j’y suis allée avec Montane et Etiennette a passé une heure à s’ébaudir de mes moeurs parisiennes et débauchées : sortir à six heures 25 pour aller faire des courses ; avait-on jamais vu ça?

Est-ce que c’est seulement chez ces gens ou il y en a d’autres comme ça? (je ne connais qu’eux pour être comme ça).

Catégories : Ma vie quotidienne

Fêtes d’hiver

décembre 25, 2007 · 10 commentaires

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Dans mon dernier message, un truc bizarre s’est passé.

La fin n’a pas été enregistrée ; j’ai donc réécrit la fin, mais à nouveau elle n’a pas été enregistrée.

Deux fois de suite, j’expliquais que Noël chez Marie-Rose allait être bien, et deux fois de suite, je n’ai pu le faire, laissant le message avec une conclusion orientée sur Guillaume, ce qui m’a occasionné des commentaires sympa mais pas du tout en relation avec mes sentiments réels sur Guillaume et Marie-Rose : encore une fois, décalage entre ce que je veux dire et ce que je dis !

Donc, je vais essayer, à tout hasard, de mettre des liens au cas où les lecteurs voudraient comprendre, pour qu’ils retournent sur les articles précédents. Sinon, tant pis. Ces commentaires décalés sont étranges, parce qu’ils me donnent des idées, ou me font voir les choses autrement… Il faudrait faire un message rien que là dessus.

Mais là, quelques mots sur mon début de séjour.

Arrivée samedi, fin d’après-midi. Temps beurk, gris, froid,sombre, humide.

Montane venue me chercher à la gare dans sa voiture pourrie.

Ma cousine Montane : grande, sportive, nature, cheveux longs et fins qu’elle attache mais ils se détachent sans cesses et volètent autour de sa figure : éternelle décoiffée ; longues mains fortes et un peu rouges, habituées au travail dans le froid (écuyère et vétérinaire) ; sourire, toujours, et peu de mots. On voit quand même qu’elle est contente de me voir. Et contente que je dorme chez sa mère.

Je monte dans la voiture, je pose des questions, ses réponses souriantes sont laconiques malgré ses efforts ; elle me demande de parler de Paris, elle m’écoute avec une stupéfaction amusée.

Routes de campagnes émouvantes, arbres dénudés, solitude, on se sent proche du monde, du vrai monde, j’ai toujours les larmes aux yeux et le coeur exalté à la campagne (et après quatre jours je m’emmerde… ).

Arrivée chez ma tante. Maison de village avec chemin sur le côté, déjà pris par voiture des parents, donc Montane se gare devant la maison, volets fermés, secrète, muette ; on descend, elle prend ma valise (j’ai l’impression d’être un hôte de marque), ouvre la porte ; la maison de ma tante : petite entrée carrée, escaliers en face, une porte à gauche : salon, une porte à droite : autre couloir, cuisine à droite toute, salle à manger plus loin.

Vous connaissez la chanson de Renaud : la mère à Titi? Ben chez Marie-Rose, c’est un peu le style. Pour accrocher les clefs, c’est un machin avec des cornes de cerfs (en plastoc) : des fausses, en plus, alors qu’ils sont chasseurs – enfin, non, pas eux, sacrilège. Enfin il y a des chasseurs dans le coin et dans la famille, et des dix-cors dans tous les coins (sur tous les murs).

Son salon, c’est un canapé marronasse (je dis ça avec amour) et des fauteuils affreux, avec une sorte de broderie, marrons sur fond vert foncé, et des repose-tête au crochet fait par une amie. Au mur il y a des photos de campagne, vous savez, un peu brillantes.

Ce que je préfère, c’est une étagère intégrée au mur, avec deux portes à croisillons en bois ; dedans, toutes sortes de bibelots d’un kitch fascinant : des dauphins, des poissons, une danseuse en procelaine, des bergers espagnols. Et des articles de journaux sur des courses gagnées par des chevaux entrainés par Guillaume, un peu le héros de ma tante (son frère, quoi !).

Des lampes partout, avec des petits machins qui pendouillent, genre pompons, et quelques unes plus modernes, l’ensemble dépourvu de toute unité, mais Marie-Rose s’en fout.

Venue de l’extérieur froid et gris, j’avance dans cette chaleur rouge, kitch et pelucheuse ; Marie-Rose me prend dans ses bras, puis son mari Fred (pantalon de velours côtelé, pull informe, barbe : baba cool après l’heure). Avec eux pour Noël il y a des Allemands gigantesques, que je connais un peu : en fait Marie-Rose fait gîte rural depuis des lustres, et ces Allemands sont des habitués que j’ai déjà croisés chez elle ou chez Guillaume : ils sont quatre, parents et enfants, tous gigantesques, et sympas : Albrecht, Judith, Barbara, Günther . Le copain de Montane, Didier, est là aussi : lui, je suis amoureuse, mais il est trop gentil, et totalement amoureux de Montane. Charmant, des yeux de porcelaine translucide, le crane rasé, jean et pull Saint James, poli, serviable. Plus les chiens, inévitables, qui s’agitent partout.

Inévitable apéritif, repas copieux, exposé du programme des fêtes ; repas tous les jours, naturellement : demain midi chez Guillaume, pas le choix mais bon, demain soir chez une cousine, lundi midi chez Etiennette, ma tante (une autre tante ; ma mère a deux frères et deux soeurs : dans l’ordre : Marie-Rose,Guillaume, Etiennette, ma mère, Jean-Louis – qui habite en Alsace et qu’on voit rarement). Lundi soir chez Marie-Rose, le réveillon, mardi midi chez Guillaume (mais c’est Marie-Rose qui s’y colle). Je repars le mardi en fin d’aprèm. Avec des conserves.

On dirait que le temps ne passe plus ou que je suis retournée en arrière ; envolé Paris, les 16 m2, ma salle de bains au murs humides, les courants d’air de la fenêtre et mon quotidien habituel. Cléo? Lui? Marc? Rien de tout cela n’existe ! Je suis dans le monde de mes seize ans, et rien n’a changé.

Dimanche je me lève tard : Montane n’a pas osé me réveiller, mais elle m’attendait : on discute un peu pendant que je bois le café, mais il faut aller chez Guillaume. Chez Guillaume, plein de monde, il m’invite à dormir en me faisant remarquer que Marie-Rose a “bien assez de travail”. Je dis que non, Montane dit que c’est super que je sois là, chez eux, Guillaume ne dit rien. Son regard flotte sur moi ; ai-je dit que j’étais rancunière?

Repas (foie gras en entrée; rouelle au four-pomme de terre – fromages-tarte au pommes- café-goutte). On rentre, à pied, vers quatre heures, chez Marie-Rose. Montane va soigner un cheval, revient vers cinq heures. M’emmène voir sa maison, car elle s’installe avec Didier. Emprunt, tout ça, mais il y a des travaux à faire. On regarde la maison dans le noir, j’ai un peu de mal à suivre : le terrain est vaste, mais bordélique, la maison grande, mais sale et vieillote. Montane me montre ses plans, ses projets. Sur le très long terme, parce que vétérinaire, ça va, mais Didier est employé, et il n’aime pas son job; et l’élevage des chevaux, c’est pas le moyen de devenir milliardaire. Je veux dire, on ne commence pas de zéro. Pour l’instant, elle est employé par Guillaume et il est radin.

Le repas chez la cousine qui veut que je lui parle de ma mère et qui répète à l’envie que c’est super bizarre que je n’ai pas de nouvelles – pénible, mais Montane la muette s’enflamme et explique que tous les enfants et les parents n’ont pas toujours des rapports simples et que c’est comme ça – Montane qui parle surpend tellement tout le monde que la cousine, avec ses enfants grandis dans des jolies petites cases qui suivent le jeu de l’oie de la vie (ils en sont aux cases mariages et grossesse, je leur souhaiterais presque des trucs – non, je ne peux pas vouloir des trucs pas cools à des bébés même pas nés, quoique déjà les pauvres, les parents qu’ils vont se taper c’est assez de malheur – Noël, Noël). Quoiqu’il en soit la cousine exaspérante se tait.

Lundi, aujourd’hui je me suis levé assez tôt, pas envie de dormir, je descends dans la cuisine ou je trouve Montane et nous partons ensemble soigner fissa les chevaux. Pour le coup, j’ai 14 ans ! Sauf qu’à 14 ans, elle ne conduisait pas, on nous menait en voiture. Sa petite voiture, récupérée de sa mère, est pourrie, et glacée, autour des écuries on gadouille dans la boue mais c’est bon de retrouver sa jeunesse. Je l’aide, nous ne parlons pas mais on bosse et une familiarité nous rassemble; tandis que je nettoie, je me demande ce que je fais à Paris, finalement…?

On prend des chevaux pour une balade éclair, on se retrouve dehors, dans la campagne grise et pâle, j’ai les doigts gelés, dans des gants trop grands. Silence, respiration des chevaux, arbres, champs, j’ai les larmes aux yeux, Montane qui est toute contente découvre que je pleure et me regarde avec stupéfaction, sans comprendre. Je me reprends et j’essaie de lui expliquer que ça me rappelle quand on était jeune, et ce que je ne lui dis pas c’est qu’à l’époque, je voulais passer le reste de ma vie là, avec Guillaume, Marie-Rose, dans cette partie de ma famille, qui me semblait douée de toutes les qualités. Puis les choses ont évoluées autrement et maintenant, loin de toutes mes familles (côté de ma mère, côté de mon père, côté de ma belle-mère qui m’a élevé), j’essaie d’organiser MA vie, mais la nostalgie c’est dur quand ça vous prend.

Bref. On rentre, Montane me ramène chez elle.

Chez Etiennette : RAS, il faudrait que je fasse un article sur ces gens, pas ma tante spécialement, mais cette catégorie de personnes, ceux qui ont des vies qu’ils essaient, dirait-on, d’avoir aussi plates que celle du voisin, tout en surveillant férocement le voisin pour vérifier qu’il fait tout comme cela doit être fait (il y a des règles cosmiques sur la façon dont on doit vivre). Naturellement, au milieu du repas, ma tante : Et tu as des nouvelles de ta mère? (Ouiiii, tata, là elle doit être sur une plage à Bali en train de boire du champagne – il y en a qui ont de la chance, hein, et même pas des qui bossent tout le temps, non des feignantes qui ont choisi la voie de la facilité).

Donc, là, la courbe ascendante de mon séjour à la campagne, ayant atteint son sommet, redescend. Boum. Vivement mardi soir qu’on se barre, hein? Vive Paris, ses 16 m2 et l’humidité de la salle de bain.

Lundi soir : réveillon ( 20 personnes dans le salon et la salle à manger de Marie-Rose, qui a fait une longue table en en rapprochant plusieurs). Je bosse avec Montane et Marie-Rose : préparation des canapés, des verres, etc. Pleins de gens sont là, peu importe qui, entre autres ceux qui me demandent des nouvelles de ma mère (on ne me laissera pas l’oublier, hien? – c’est eux, qui ont un problème avec elle, la tricheuse, ni moi ni elle n’en avons).

Entre Montane, son Didier aux petits soins, Marie-Rose et son prof de SVT de mari, Guillaume, anguleux mais sympa tout va bien ; les autres devraient tous être bannis. Je me demande (en écrivant je réponds à la question) s’ils ne sont pas jaloux- ils le sont : la fille de Véronique est à Paris, elle travaille, ça lui plaît, tout cela n’est pas normal, ou pas juste. Ils cherchent la petite bête, et comme ils sont bêtes, je les vois venir à dix kilomètres et ne leur offre aucune satisfaction : mon appart est sublime, mon job merveilleux, je n’ai pas une minute à moi, ma vie est trop géniale. Vive moi, vive Paris. Ben oui, quand j’avais 15 ans et qu’ils me voyaient ils pouvaient m’enfermer dans une pitié rassurante : la fille de Véronique est malheureuse, c’est normal, la pauvre : elle n’a pas eu beaucoup de stabilité dans la vie. Mais maintenant ça gâche tout : l’adolescente mal dans sa peau est devenue une jeune femme qui s’habille bien et que bosse dans la grande ville, quelqu’un qu’on ne peut plus enfermer dans les eaux tièdes et écoeurantes de la pitié. ça les énerve, ces cons.

Au moins, je sais pourquoi je ne suis pas restée là-bas.

Mais bon, Marie-Rose est formidable. Montane aussi. Après le plat, pendant que j’aide Montane et sa mère à débarrasser, Fred, qui ne sait pas parler plus que sa fille, me demande si ça va. Je lui dis que ça va, de toute façon quand bien même j’agoniserai, je le ferais en riant pour leur casser les pieds. Fred me presse l’épaule et grommelle : Te bile pas, ça n’a pas d’importance.

Non, enfin si. A Paris je suis légère comme une bulle, quand je dis “ma mère” cela ne signifie rien. Ici, mes parents (absents) pèsent sur moi comme une tâche qu’on ne me laissera pas oublier.

La fille d’Etiennette, assise à côté de moi, sur le canapé : “ça te fait pas drôle d’être la seule sans tes parents à Noël?”

Moi : Non, mais toi, ça te gêne, dis donc.

Vanessa : Ah bin oui quoi tu sais moi sans ma mère je peux pas.

Moi : Mais ça te fait pas drôle toi de rien pouvoir faire sans elle?

Vanessa : Bin c’est ma mère quoi.

Fin de la conversation, sinon j’aurais été méchante sur la mère, c’est-à-dire que se taper Etiennette pour mère -  il en faut, remarquez.

Catégories : La famille de fanette

Noël

décembre 22, 2007 · 12 commentaires

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Aucune originalité, et quand vais-je pouvoir parler du sport en salle que j’ai commencé à cause de So’, et qui me fait à la fois souffrir et rire?

Je pars aujourd’hui pour Noël.

Où vais-je? J’ai le choix, en théorie, mais chaque année des impossibilités me dirigent dans l’une ou l’autre direction. Ma mère est dans le Pacifique avec un monsieur à chéquier, mon père est en Autriche, je crois, avec son ultime épouse : toujours très en forme dans les premières années après les mariages ; il m’a envoyé un chèque avant de partir ; je suis ravie ; il y en a que ça gêne (moi pas). J’aime quand même bien mon père, et son absence m’arrange : Noël avec la dernière épouse, ah non.

Le choix m’amène chez Marie-Rose, je dis bien chez Marie-Rose et pas Guillaume ; sa petite phrase m’est restée dans le coeur et j’ai préféré loger chez ma tante. Je suisd’ailleurs très injuste, voici pourquoi : à chaque fois, il y a débat : Marie-Rose et Guillaume m’invitent, et je choisis toujours Guillaume, sûre, de toute façon, d’y croiser Marie-Rose qui passe ses journées chez son frère, ou quasi. J’ai été beaucoup moins souvent chez Marie-Rose, et toujours, plus par politesse que par envie réelle. Car j’aime la maison de Guillaume, je l’aime, c’est ma maison, me semble-t-il, j’y ai mes racines. L’histoire de cette maison est compliquée ; je la dirai aussi ; la petite phrase de mon oncle a tout bouleversé.

Je me dis que j’ai été punie : j’ai un jour commencé à écrire un message sur ma chance ; je trouve que j’ai toujours de la chance : tout tourne toujours bien pour moi, mais il y a une nuance à apporter, légère et difficile à exposer peut-être. Je ne dois pas outrepasser certaines règles, et l’égoïsme en est une. j’ai toujours préféré Guillaume à cause de sa maison, et ce n’est pas correct envers Marie-Rose – il faut en convenir. Plusieurs fois déjà je m’étais dit : je devrais tout de même aller chez elle aussi, quand même, je sais que ça lui ferait plaisir – et, non, je ne le fais pas. Et, là, mon destin me rend la maison de Guillaume odieuse. Si je ne m’y étais pas sentie aussi à l’aise, si j’avais conservé plus de réserve, si j’avais été chez marie-Rose plus souvent, il ne se serait pas senti ce droit d’être désagréable, je lui aurais été plus étrangère, il aurait été plus mesuré dans le choix de ses mots, j’en suis persuadée.

Catégories : Ma vie quotidienne

Un comble !

décembre 21, 2007 · 13 commentaires

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Je voulais vous raconter mon pot de Noël mais plus tard.

Justement au pot il m’est arrivé un truc – qui n’arrive qu’à moi, c’est sûr.

J’étais à mon bureau, finalisant une ultime tâche non sans précipitation, motivée par le sentiment qui allait être le mien quand je pourrais arriver au bout de ma To-do liste des deux jours, histoire de bien commencer mon week-end par un vendredi quasi off, à ne trop rien faire, sauf devant la Diva.

Le pot était à 17 heures, il était 16 heures 20 ou un truc dans ce goût-là. Absorbée que j’étais, je ne voyais ni n’entendais rien.

Tout d’un coup, je sens un coup de froid et j’entends un “salut” d’une voix agréable et aimable. Tirée brutalment de mes pensées, je lève la tête et vois devant mon bureau, à l’entrée de l’open space, une jeune fille blonde, fine, assez élégante, cheveux bouclés autour d’un visage frais, ouvert, souriant, aimable. Genre j’ai 15 ans, j’aime mon papa et ma maman et je veux des Diddle pour Noël. Je la regarde bêtement, la goutte au nez (froid, chaud, rhume), en me demandant ce qu’elle fout là, et elle me dit : “Euh… il n’y a personne dans le bureau, là..(celui de Lui et de Benjamin l’Anodin). Vous savez pas où ils sont?”

Moi (faut pas me tirer de ma concentration) : Euh… Non… euh… pourquoi?

La charmante : “Ben, je suis sa copine, je.. il m’a dit de passer, je crois c’est euh ici qu’il y a un pot? Elle est là Cléo?”

Viviane, bureau en face de moi, imperturbable : Ah mais je crois qu’ils sont partis acheter des trucs.

Moi, toujours aussi vive : Des trucs? Quels trucs?

Viviane, toujours imperturbable : Eh bien, pour le pot.

Moi, entamant la descente vers le monde réel : Ah, oui. Oui. Pour le pot.

Viviane me fait coucou de la main, morte de rire, je fais Pfff je bosse hein moi.

Entre temps je COMPRENDS.

Je regarde la blondinette. Je prends un air “aahh?”et je dis :

- Ah vous êtes sa copine?

- Ouiii.”Elle sourit d’un air radieux (radieux, j’insiste).” Enfin sa fiancée, quoi.

Moi, ahurie, m’essuyant le nez qui fuit : “Ah mais vous êtes fiancés?

Elle prend un air pensif. “oui… enfin oui.”

(Je note l’air pensif ; je n’arive pas à l’interpréter)

La fille me regarde. “Elle est là?

Moi, au top : Qui?

La fille, patiente : Cléo.

Moi : Ah ! Oui, je crois.

Viviane, toujours imperturbable : Euh, elle est sortie avec eux je crois pour acheter les trucs du pot.

Moi : Ah ! j’avais pas vu.

La fille, morte de rire : Pourtant, ils doivent passer devant vous pour sortir.

Viviane : Ah mais quand elle est concentrée vous savez.

Moi : Moi je me concentre pour bosser – il y en a.

Viviane, tout d’un coup délirante : Ah mais je sais mais mwa tou sais je twavaille pas moi je wéponds au téléphone.

(Pour capter l’humour, précisons que Viviane est camerounaise d’origine).

On se marre toutes les trois comme des bossues. Je sens le fou rire venir. Je me reprends.

La fille : Bon, je sors. Je vous laisse.

Moi : Non mais vous n’allez pas sortir? Il fait froid!

La fille : Mais je vais marcher. Ils doivent être au Fr*npr*x.

Moi : Mais non mais restez. C’est Noël, quoi.

La fille : ?

Moi : On ne met pas les gens dehors le soir de Noël. (Et je me mouche dans mon kleenex)

Viviane (qui part en live) : ça c’est vwai, on fait pas comme ça dans mon pays, c’est pas bien chez nous on fait pas ça. (Et ce disant elle commence à danser, les bras en l’air et en tournant sur elle-même). Noël ! Noël !

Moi, qui commence à perdre les pédales: Arrête, t’es pas danseuse tu l’a dit, là, tu wéponds au téléphone. En plus t’es française.

Viviane: Mais le té’éphone il sonne pas. (Elle danse)

Les autres du bureau, plus vers le fond, nous regardent vaguement. La fille rigole. Moi je m’écroule en hurlant de rire sur le bureau, Viviane danse en tournant sur elle-même, je pleure de rire. La blonde rit de me voir rire (vous connaissez le principe du fou-rire). Viviane ralentit son rythme, chante plus bas et s’arrête en disant comme pour elle-même, avec un accent à couper au couteau:

- Bon il faut que j’awwêtte, je dois wépondre au té’éphone. Qui sonne pas.

Le tout sans me regarder, exprès, alors que je n’en peux plus, j’ai mal au ventre et mes larmes coulent.

Naturellement, et ça c’est normal, QUI arrive pendant ce temps-là? Lui, la Diva, l’Anodin et une autre voisine dont j’ai pas encore parlé.

Ils arrivent pendant je me retiens pour ne pas faire pipi de rire sur ma chaise, que la blonde rigole aussi, et que Viviane nous regarde d’un air de sérieux imperturbable (limite on crorait que je me fous d’elle, quoi).

Cléo me contemple avec surprise – je ne peux plus parler. Lui sourit, genre qu’est-ce qui se passe? Benjamin se marre. La voisine a un air circonspect. Viviane dit :

- ça lui arrive parfois.

… ce qui n’arrange pas ma situation. Je termine aux toilettes, en hoquetant, et je loupe le début du pot (quand tout le monde sort sa bouffe du frigo riquiqui, pourrave et qui fuit que la direction généreuse a ramené de son ancien studio d’étudiant).

Du coup je fais mon apparition après, genre star (aux yeux rouges).

Le temps de digérer l’info : sa copine est sympa. Alors que j’étais prête à lui griffer la figure jusqu’à l’os avec mes ongles préalablement taillés en pointe et passés dans du gros sel.

Pas de bol.

Catégories : Ma vie quotidienne

Carla Bruni : une tombeuse bien née pour Sarkozy

décembre 20, 2007 · 29 commentaires

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Carla Bruni est d’actu. Moi, je la connais pas plus que ça, Carla Bruni. Elle chante plutôt bien pour un mannequin, ce qui ne veut pas forcément dire grand chose.

Alors c’est peut-être clair pour tout le monde, et je sais que je suis pas au top de l’actu, ça m’emm…, mais tout de même Carla Bruni, ce n’est pas rien.

Bon, déjà, elle a un passé sentimental chargé : Eric Clapton, Mick Jagger, Donald Trump, Kevin Costner, Vincent Perez, Arno Klarsfeld, Laurent Fabius , Jean-Paul Enthoven, Raphaël Enthoven.

Pour Laurent Fabius, elle dit que c’est rien que des menteries. Bon. On peut la croire, un de moins ça reste correct.

Ensuite elle sait ce qu’elle veut. Alors qu’elle était mariée à Jean-Paul Enthoven, éditeur de notre bien-aimé BHL, elle rencontre son fils. Enfin, je suppose qu’elle ne le rencontre pas qu’une fois, ils apprennent à vachement bien s’apprécier et là, pouf ! incroyable, dis donc, voilà qu’elle tombe amoureuse de lui – le fils, Raphaël. Lui, il était marié, à Justine Levy, la fille de BHL. Et tous les deux ils divorcent et ils ont un enfant. Jean-Paul Enthoven on ne sait pas, enfin moi je ne sais pas comment il a vécu la chose, mais Justine elle a pas aimé – je ne lui jette pas la pierre, notez. Se faire piquer son mari par sa belle-mère, dis donc (une belle-mère qui pourrait être votre grande soeur).

Et maintenant voilà-t-y pas que Sarko l’emmène à Disneyland ! Déjà, j’adore. Le contexte : il s’est tapé un dictateur toute la semaine, le week-end il va se reposer (c’est vrai, un dictateur c’est pas facile : on voudrait vous y voir, là, à s’entendre dire qu’il a même pas évoqué les droits de l’homme et lui il doit rester poli aimable et tout sinon les contrats ils vont lui passer sous le nez, il aura l’air encore plus con, tout ça pour ça), on se dit quand même, peut-être, le Louvre, la renaissance italienne, Fra Angelico, ou alors Orsay, ou Versailles, ou un château renaissance aux abords de Paris, marcher sous les arbres (avec une écharpe et des chaussures mais l’amour tient chaud).

Ben non. Le mec, il va voir Blanche-Neige. La République française fout le camp. La semaine prochaine, il va chez Flunch?

Mais bon c’est pas tout. Dernièrement sur la blogosphère il y avait un petit site marrant dont je n’ai pas le lien, ou un jeu, j’ai pas fait gaffe, enfin un truc genre : “Une copine pour Sarko”.

N’importe quoi. Pour être copine de Sarko, les filles, faut remplir des critères précis. Je t’explique.

1. Une tendance Jet-Set, ou assimilé, grande famille : d’abord une dame corse dont le tonton est maire de Neuilly : petit début, mais il faut bien commencer ; puis une Française, fille d’un Roumain et d’une Espagnole (papa ambassadeur et papi musicien de réputation internationale) : déjà mieux ; d’ailleurs elle est cousine du maire de Madrid ; puis une Française dont les parents sont des artistes italiens (un compositeur d’Opéra et une pianiste). En option, une Colombienne, bien née aussi, qui a étudié en France dans une bonne école avec un ex-ministre pour prof.

2. A part la tendance Jet Set, nous notons une tendance Europe du Sud, méditerranéenne dirions-nous, mais de la bonne rive, entendons-nous bien – avec une option, mais sans plus, vers l’expansion sud-américaine de l’Europe du Sud..

3. Pour finir, nous notons un goût pour la dame instruite, certes, présentant bien, certes, mais de famille riche, je veux dire vraiment riche.

Voilà. Donc sans vouloir être négative, même les jeunes dames bien de la blogosphère ont peu de chance, sauf si une artiste richissime ayant un Président de la IIIème République (il y a en eu beaucoup, et ils ne servaient pas à grand chose : ça fait pas mal de gens), un grand artiste, de préférence un musicien et un homme d’affaire dans son lignage se dissimule derrière son ordi. Si vous remplissez les critères, vous pouvez vous préparer, sur trois quatre ans je dirais, ils ne resteront pas ensemble, Carla Bruni se lassera des ors et fastes républicains.

Catégories : Fanette philosophe · Trucs incohérents
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Tensions au boulot

décembre 19, 2007 · 16 commentaires

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La lecture des commentaires de mon article d’hier m’a plongé dans la perplexité ; certes, je ne voulais pas montrer ma mère sous un angle trop négatif, pour éviter l’avalanche de critiques qui déferle sur elle dès qu’on en parle ordinairement. Du coup, ce que j’ai écrit fait très dramatique, pauvre orpheline, etc. Je dis pas qu’elle n’était pas orpheline, ni pauvre, dans le sens de fauchée ; mais c’est beaucoup plus complexe que ça.

Je constate qu’il est difficile d’écrire, et plus encore de transmettre ses sentiments, ou ses impressions au lecteur. Bon. Sur ce, pour éviter de me relancer dans un débat là dessus, je me tais : je reviendrais là-dessus plus tard.

Au boulot : beaucoup de boulot. La Diva m’emmerde ; depuis l’autre fois, je vais bosser en mode “si tu me dis quoique ce soit je te pète la gueule”. Vous comprenez, j’ai besoin de me programmer ; je n’ai pas l’agressivité naturelle du tout. En revanche, programmée, je fais ça bien.

Du coup, plus rien ; alors que je suis prête à en découdre !

Petit évènement, lundi : descendant des escaliers menant à l’Etage Des Chefs, elle appelle (alors que j’étais encore en pleine digestion de la veille, pas très vive) , sur un ton (car tout est dans le ton) : Fanette!

Bon, le ton, à l’écrit je ne peux pas le faire. Vous imaginez.

Je n’étais guère réceptive ; il me semblait percevoir le gras de la sauce au foie gras glisser lentement de mon foie à mes veines. Je pensais : laitue, batavia, endive, mâche, roquette, feuille de chêne.

Diva, once more : Fanette !

L’info traverse le gras et parvient jusqu’à mon oreille. Je perçois agacement et début d’autoritarisme ; mode danger !Le voyant rouge s’allume. Ne pas me faire marcher sur les pieds. Important. Mais que dire? Elle n’a fait que m’appeler, et en plus je suis fort apathique.

Dans le doute, je réponds, d’autant plus malaimable que je me sens en panne d’inspiration, rapport à tout ce gras qui se fige dans mon cerveau, et que je crains de pas gérer :

- Chloé?

La Diva, en bas des escaliers du bureau, demeure interloquée ; Viviane me regarde. Je les regarde alternativement, sans comprendre. Viviane pouffe, discrète. J’ai du dire une connerie, louper un truc, là.

- Quelque chose ne va pas? demande tout gentiment Chloé, arrivée près de mon bureau.

- Tout va très bien. Vous vouliez?

Et, rien, elle m’a fait suivre un mail d’un client, voix toute sucrée toute gentille, petites fleurs et tout et tout et tout.

Puis elle remonte dans son Etage De Chef.

Je lance à Viviane :

- Pourquoi t’as rigolé?

Et une autre nana du bureau me dit en se marrant, avant que Viviane ait le temps de répondre :

- La vache t’es remontée toi!

- Tu t’es entendue? me demande Viviane.

Je prends un air entendu, mais j’interroge sauvagement Viviane à la pause de midi. Il paraît que mon ton a “remis à sa place” la Diva. Chic ! je suis bien contente. Problème : je ne me suis pas entendue. Normalement j’ai toujours une voix gentille, culcul. On dirait que ça change. Je m’adapte au monde du travail, le vrai.

Je ne sais pas si j’aurais des réponses, mais ça c’est un truc qui m’intéresse : comment gérez-vous les conflits au bureau? Je veux dire, ne pas se faire écraser, tout en restant aimable, c’est pas toujours simple de trouver la nuance. Ou si? Si vous avez des trucs, des expériences, je suis intéressée. Je me demande toujours si je suis la seule pomme. Et aussi, comment passer de pomme à tigre, voire requin (enfin requin c’est l’étape suivante, si je suis sage!).

Catégories : Boulot