le journal de Fanette

Entrée de février 2008

Fanette Austen

février 29, 2008 · 39 commentaires

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Comme me l’a demandé Véro, je vais parler de Jane Austen, et plus précisément de son roman Emma, parce que je l’ai lu il y a peu et donc il est frais dans mon esprit.

Bon, pour la présentation spatio-temporelle, allez ailleurs : on s’en fout d’où elle est, qui elle est et ce que faisaient ses parents. Ce n’est intéressant qu’anecdotiquement. Un grand écrivain n’est pas grand par ses origines.

Quel est l’intérêt de lire Jane Austen? Jane Austen plonge en direct dans le coeur de ses héroïnes ; sans complaisance, avec un humour anglais et dévastateur, avec une subtile tendresse aussi, et un sens ironique des conventions sociales, elle monte des intrigues, échafaude des plans, bouleverse les espérances de ses héroïnes, le tout sur un fond de campagne anglaise et de petits pluies fines (avec le thé quand on rentre – thé préparé par de zélés domestiques, on n’est pas des pauvres).

Donc, déjà, on peut lire ses livres pour la campagne anglaise ; quand on le referme, on n’est pas mouillé et on n’a pas froid aux pieds ni la goutte au nez ; on peut retourner travailler demain, tout ça.

Après, Jane Austen nous montre que ses héroïnes, c’est nous et c’est moi, et vous aussi. Toutes ses héroïnes veulent se trouver un mec ; sauf Emma, qui se la joue, mais qui en crève d’envie quand même. Ses héroïnes sont progressistes, bourrées de bons sentiments, mais un peu nounouilles quand même, et Jane le sait, et nous aussi, et on peut aussi se regarder et se dire que si, on est un peu comme ça – non, quand même – mais un peu quand même, si, hein, soyons honnête. Ce sont des bobo du début du dix-neuvième siècle.

Emma : Emma est presque insupportable ; elle a un papa hyper agaçant, gnangnan, qui emmerde tout le monde avec ses obsessions relatives à la santé et à l’alimentation. Mais Emma aime bien son papa (c’est le dix-neuvième siècle). Elle supporte avec une politesse pas toujours exempte d’agacement ses ennuyeuses remarques. Jamais elle ne dit, par exemple : “P**** il fait ch*** ce vieux c****”. Jamais. Mais Jane Austen, qu’un tel vocabulaire aurait probablement choqué, nous fait tout de même bien sentir que le papa, hein, euh, bon. Mais bon il est gentil le papa, le fond est bon.

La soeur d’Emma ne pense qu’à ses enfants. Elle en parle tout le temps, elle est dévouée à leur cause. On sent bien qu’Emma que Jane qu’Emma est un petit peu agacée et qu’elle ne communie pas à fond à fond dans les joies de la maternité. Comme de nos jours, la maternité est super bien vue et nulle part Jane Austen ne remet en cause l’institution de La Bonne Mère Qui S’Occupe Super Bien De Ses Enfants. Mais on perçoit un agacement discret, une subtile critique.

Mais le plus génial, ce sont les idées sociales d’Emma ; Emma est une fille bien; nous sommes tous égaux ; tous ; même elle est l’égale d’une obscure orpheline devenue sa protégée. Et, comme son égale, elle veut son bonheur, et, naturellement, comme tout bobo digne de ce nom (par exemple comme l’Arche de Zoé) elle sait de quelle façon apporter le bonheur à l’obscure orpheline. Le bonheur, c’est de vivre comme Emma, dans le milieu d’Emma : car Emma n’est pas progressiste au point de descendre de son milieu social vers d’autres, plus bas ; tolérante, Emma, ouverte d’esprit, mais tout de même. Elle empêche donc le mariage de l’obscure orpheline avec un brave fermier, un peu trop brave et un peu trop fermier ; l’orpheline, pour être heureuse, doit aspirer à l’élévation sociale. Qu’adviendra-t-il??? Hahaha, lisez Emma.

Vous la trouvez rasoir? Pimbêche? Oui – mais pas que. Elle a aussi envie d’amour, Emma, bien qu’elle s’en défende ; et envie d’avoir des amis ;  et pour avoir des amis, il faut rencontrer des gens, prendre des bûches et des claques; et elle s’en prend. Toute confise dans sa supériorité, enfermée dans ses sentiments, elle essaie de surnager dans la vie et ce n’est pas si facile…

Jane Austen a une écriture à la fois incisive, impérieuse, et riche. J’ai le sentiment qu’on se sait jamais trop où elle nous emmène (enfin maintenant que j’ai lu pleinde livres d’elle, si, je vois où elle nous emmène).

Au final, j’ai une question : Cette Emma manipulée par l’auteur me rappelle une autre Emma, française, tout aussi manipulée et ridiculisée, pourrait-on dire, par son auteur, en quête désespérée d’amour, mais pour qui les choses finissent plutôt mal. Il s’agit d’Emma Bovary. Je me demande si Flaubert avait lu Jane Austen.

Bon, Véro, maintenant tu cours à la bibliothèque et tu lis Emma.

Ah oui, là  j’ai pas le courage des liens, j’ai plein de boulot mais la plupart de ses oeuvres ont été adaptées. Il y a un film Emma, et Raisons et Sentiments et Orgueil et Préjugés. raisons et Sentiments j’ai un doute…. mais tout le monde sait faire une recherche Google.

Catégories : Fanette philosophe

Le feuilleton du jeudi : où Fanette parle de Franck et des groupes d’amis

février 28, 2008 · 35 commentaires

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(Image n’ayant qu’un vague rapport avec le sujet ; il s’agit d’une illustration d’un roman de Lovecraft ; si un jour vous êtes en forme et que vous voulez être terrifié : lisez Lovecraft, surtout les histoires de Ch’thulhu – je dis ça je dis rien).

Résumé de l’épisode précédent : Fanette, étudiante débarquée de province, sympathise avec un groupe de jeunes gens farfelus. Parmi eux, Arnaud, Laurent, Leena.

Et Franck.

Franck n’était pas étudiant, mais informaticien et passionné de musique. Il était très ami avec Laurent, la première année, mais ne prêtait guère attention à la petite étudiante que j’étais (mocassins et veste bleu marine ; dans le courant de l’année j’ai récupéré une parka de Montane, ma cousine, et décidé d’aller en cours avec des chaussures de sport). Assis avec Laurent au café, ils parlaient de trucs qui me passaient totalement au dessus de la tête et, dans le meilleur des cas, Franck me saluait, le plus souvent m’ignorait. C’est une situation que j’ai souvent rencontré avec des mecs : ils ne s’intéressent pas aux filles en tant que telles. Bien qu’il n’ait pas beaucoup de sympathie pour Leena, elle était moins invisible que moi. Cette situation me mortifiait beaucoup, mais je ne savais pas comment y remédier. J’ai trouvé la solution beaucoup plus tard, en fait. C’est une question, si je puis dire, de marketing personnel.

Pourtant, moi, j’aimais bien Franck, en fait il faisait partie du groupe, et comme j’aimais bien le groupe, on ne pouvait pas en détacher Franck. Il était en quelque sorte le technicien. Un peu plus vieux que nous, il avait déjà plus vécu et voyagé, ce que je trouvais fascinant (Leena était à moitié mexicaine, et lui avait voyagé aux Etats-Unis, en Suisse et en Inde, dans son enfance et après). Dans la conversation, il pouvait dire : “Oui, j’ai déjà vu ça à Bombay” – ce qui avait une autre touche que “il paraît qu’ils font ça aux Etats-Unis.

Après venait Aymeric. Lui aussi faisait partie de la bande mais je ne l’aimais pas : avec Philippe et Arnaud, parfois avec Laurent, ils buvaient énormément, au café où chez eux, et parfois semblaient n’accorder d’importance à rien d’autre qu’à cela. Philippe était loufoque, Arnaud aussi, mais Aymeric pas du tout, il était hyper sérieux, même son physique me répugnait, curieusement, et c’est à cause de lui que j’ai changé de look, en le regardant je voyais en quelque sorte mon pendant masculin. Il portait des jeans, mais à part cela, toujours des chaussures en cuir noir, à lacets, une chemise, une cravate et une veste. Il étudiait, allait en cours et en bibliothèque, puis allait rejoindre les autres et buvait. Il n’était pas farfelu, et ne prônait que le travail et l’étude. De temps en temps la présence des autres le dégelait un peu, mais trop peu.

Restaient Arnaud et Philippe.

J’ai parlé des questionnaires d’Arnaud, mais il avait une autre caractéristique : il lisait beaucoup de livres fantastiques (fan des princes d’Ambres, et surtout de Lovecraft, le seul auteur qui m’ait mise en panique en pleine journée) et prétendait toujours être un loup garou ou un démon, parfois un extra-terrestre. Les autres essayaient de le piéger, mais il avait réponse à tout, et s’en tirait systématiquement.

Restait Philippe. Philippe était plus classique : il étudiait assez sérieusement, lisait beaucoup et de tout, écoutait de la musique, ne possédait aucune excentricité particulière, mais tout le monde l’aimait beaucoup, moi y compris.

Au fur et à mesure que l’année avançait, nous passions de plus en plus de temps ensemble. D’abord à la fac, dans les couloirs, puis au café, au cinéma, puis chez l’un ou l’autre. Avec Leena, Astrid, dont je parlerai, Hélène, Sophie. Peu importe ce que nous faisions, parler, rire, boire, jouer, l’important était la relation qui nous liait et qui était extraordinaire : nous étions comme une bande de frères et de soeurs, nous nous consolions, nous nous prenions dans les bras des autres, comme si nous n’étions qu’une seule entité protéiforme. Quelqu’un ou quelqu’un était amoureu(se), nous en parlions longuement en nous interrogeant sur les motivations des uns, des autres, et les possibilités d’évolution. Quand l’un ou l’une sortait vraiment avec un autre, extérieur au groupe, nous suivions cela de près avec une sorte de curiosité finalement très indiscrète, et nous parlions pendant des heures de tel ou telle, comme s’il était un objet d’étude.

Naturellement, les choses évoluèrent, se transformèrent et se gatèrent, mais il y eut un moment où ce fut merveilleux pour moi : je m’étais démultipliée en une dizaine de personnes, j’avais accès à leurs vies, leurs pensées, ils avaient des parcours et des histoires totalement différents des miens, ils se moquaient totalement de ma mère, de mon père, et de mon histoire, je n’étais plus la fille de Véronique, ou la fille de Jean, prise dans les filets irritants de l’histoire d’autres personnes, et prisonnière de ces filets : j’étais moi-même, absolument sans passé, absolument libre, absolument nouvelle, comme si le passé, d’un coup de baguette, avait disparu.

Je suis persuadée que les groupes de jeunes fonctionnent tous de la même façon ; que cette façon nouvelle et enivrante d’être soi-même est celle de tous les groupes, terroristes, résistants en France, ou autre. Je m’explique mal : on s’étonne parfois du courage des résistants : je suis convaincue, maintenant, qu’ils se retrouvèrent dans ce genre de situation, exaltante : le poids des parents disparaissait, et une amitié folle les liait, d’où ces souvenirs, ces associations, et le rapport très particulier qui leur reste avec ces années et ces gens, même si parfois les amis de jeunesse se transforment complètement, deviennent de vieux cons : mais ces années enchantées pèsent sur eux. De même, des révolutionnaires comme le Che, ou les jeunes des Farc, ou probablement même les terroristes islamistes, vivent quelque chose de semblable : après le carcan, vécu diversement, de la cellule familiale, la découverte de l’amitié d’un groupe peut-être dévastatrice pour la personnalité, et constituer des amitiés à la fois solides et manipulatrices. Il y a peut-être aussi de cela, avec l’impact d’une personnalité malfaisante, dans les sectes qui se suicident collectivement.
Car, entre nous, dans le groupe, il y avait une sorte de dilution de chacun d’entre nous. Je ne pensais pas à moi, ou peu, je pensais aux autres, très souvent, et les autres pensaient à moi. C’est difficile à expliquer ; cela peut même avoir l’air effrayant. C’était comme si je m’étais mise à aimer d’une sorte d’amour chaste et asexué, non pas une, non pas deux personnes, mais un groupe de dix personnes, à peu près. Le simple fait de se retrouver ensemble provoquait le déclic : nous étions ensemble, nous étions bien.

Une énergie folle coulait dans mes veines à ce moment ; je me sentais vivante, comme jamais. C’était formidable. Je révisais avec facilité. J’étais heureuse, très heureuse, la vie me semblait belle et formidable.

Bon, rassurez-vous, ça ne s’est pas fini en suicide collectif. Personne n’est mort.

Alors là, une question me taraude : suis-je la seule à avoir vécu un truc comme ça? Je pense que c’est quelque chose que les jeunes éprouvent, peut-être que c’est comme ça qu’on passe à l’âge adulte. Est-ce que ça vous dit quelque chose, ou pas, ce genre d’état d’esprit?

Catégories : Des amis · le feuilleton du jeudi
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Les hommes

février 27, 2008 · 54 commentaires

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Je me pose des questions sur les hommes. Des questions existentielles. Ciel.

Les hommes sont pénibles, ça on le sait, je peux vous faire la listes de tous leurs affreux défauts, énervants. Mais bon, il faut faire avec. On peut faire sans aussi, remarquez, c’est un choix que je respecte – mais pas le mien. Donc les hommes.

Est-ce que les hommes sont contents d’être des hommes? je m’explique. Par exemple pour les femmes, on doit en théorie être jolies, arrangées, avec du maquillage, des jolies robes, tout ça. Bon, moi ça m’emmerde mais dans l’absolu je suis pour, sauf que je suis paresseuse, mais je n’ai pas de problème avec cette image là, un peu sexy, pas trop, jolie, arrangée, ça me va. Quand je suis en forme, que j’ai du temps et tout ça, j’essaie. Certes c’est l’image de la femme, elle est réductrice, alors là je ne vais pas faire un cours de sociologie, je n’y connais rien, en plus si ça tombe le lecteur donneur de leçon de chez Blog de vie Grenadine va débarquer et donner des cours à tout le monde. Mais toute image est réductrice. Il y a le bébé parfait, l’élève parfait, etc, et on essaie à tort de courir derrière des stéréotypes, et certains peuvent en être blessé, de ne pas coller au stéréotype, très blessés.

Donc moi je suis plutôt contente d’être une femme, et d’être soumise à un stéréotype qui dit que je dois être jolie. L’expérience m’a appris que contrairement à ce qu’on croit c’est facile, quelques fringues basiques, un peu de maquillage, se sentir contente et on sourit, ça le fait (NB : quand on se sent contente et qu’on sourit, on sourit mieux que si on fait juste une inflexion des lèvres). Avec un stéréotype comme ça, on repère vite les cons, ceux qui vous prennent pour une idiote et on peut s’en détourner, histoire de perdre moins de temps.

Mais les stéréotypes masculins? Quels sont-ils? Riche ? 4×4? moto? muscles? pas pleurer? Est-ce que ces stéréotypes plaîsent aux hommes?

Pleins de filles sur les blog de filles disent que les filles se tirent dans les pattes ; je ne dis pas non, de temps en temps on perçoit des rancoeurs et jalousies, mais chez les mecs, c’est pas mieux, je trouve même ça pire. Les stéréotypes masculins sont lourds, et les mecs ne sont pas forcément mieux lotis que nous sous ce rapport. Serait-ce là l’origine de l’agressivité des hommes? Enfin de certains?

Mais je me trompe peut-être. En plus je ne suis pas très fortes sur les stéréotypes masculins. J’aime les garçons gentils, calins et fraternels. Oui, moi, le motard tatoué, euh… Enfin s’il a une passion avouée pour Audrey Hepburn, Proust et Jane Austen, OK, mais c’est assez rare chez les motards tatoués.

Remarquez, je dis ça, je ne connais aucun motard, tatoué ou pas. Si ça tombe ils lisent tous Proust à leurs heures perdues, et là, je sombre dans le super stéréotype de l’horreur. Pardon à tous les motards tatoués et romantiques. Tiens ça me fait penser à une scène des Blues Brothers… bref.

Bref ; mettons les cons de côté. Le problème, c’est que le con masculin est plus agressif que la conne féminine ; quant à savoir s’il est plus nuisible, vu qu’on ne s’adresse pas aux mêmes populations, on ne le saura jamais.

Bon, venons en à un cas d’école. Chez Gaël, que je fréquente plus en ce moment (mais lui aussi, il a eu une copine et tout ça, plouf plouf, donc on est re-amis d’amour qu’on s’aime comme des frères et soeurs – enfin, parfois plus), il y a du bricolage à faire, genre une étagère de livre qui s’est cassé la g… du mur dernièrement.

Dernièrement, ça fait un petit mois et je lui demande quand il va la remettre. Je m’en fous c’est pas chez moi mais les livres sont par terre dans le couloir en vrac.

Toujours gracieux, mon ami d’amour me fait remarquer que si j’avais été une vraie femme, j’aurais pu les ramasser, et les mettre en tas. Ranger. Les femmes rangent, normalement. Dit-il.

Oh !!!!!!

(vous voyez, c’est pour ça qu’on finit toujours par se disputer ; en plus il le fait un peu exprès).

Le con. Je commence à enrager toute seule en face de lui sur la table de la cuisine (j’avais, moi, femme, fait un poulet basquaise, excellent, en plus, une inspiration subite, avec un petit vin de pays de l’Ardèche, on était tout contents de bonne humeur). Il me regarde en souriant, bientôt il va compter combien, de temps je mets avant de craquer.

Et les hommes? hein? que je lui dis. les hommes bricolent, quand ils sont des hommes, ils prennent des perceuses dans leurs mains, c’est un symbole phallique en plus, et ils font des trous et ils remettent les étagères, et je lui lance, d’exaspération, un torchon à travers la figure.

En plus je m’en fous de son étagère c’est pas chez moi. Qu’il reste dans son b…

- C’est du sexisme, me dit Gaël.

- ça va, hein. (moi).

- Pourquoi c’est pas toi qui remettrais l’étagère et moi qui rangerais les livres?

- Range les livres !!!! m’écrié-je. Vas -y. Après, file moi une perceuse et je fais des trous dans le mur.

- C’est chez mon père, hein, fait Gaël, un peu inquiet. N’empêche que tu es sexiste. je ne vois pas pourquoi, parce que je suis un homme, je devrais remettre l’étagère.

- C’est chez toi.

- Ah, là, d’accord. mais je suis nul en bricolage.

-Il y a des femmes qui bricolent, dis-je.

- Pas toi, fait Gaël.

Je lui relance un autre torchon.

- J’ai fait le poulet basquaise.

- Et c’est tant mieux, parce que moi ç’aurait été dégueulasse.

- Tu exagères.Tu fais des quiches excellentes.

- Putain la logique féminine, murmure Gaël d’un air accablé.

- Quoi, la logique féminine?

- Tu réfléchis à ce que tu dis? je fais des quiches bien donc, je dois faire des poulets basquaises bien. Quel rapport?

- Tu m’énerves. Quand tu veux, tu peux. Pour la cuisine, mais ça marche pour tout.

- Toi aussi. Je suis sûre que si tu essayais, tu remettrais très bien cette étagère en place.

Bon, là j’arrête, parce qu’on s’est engueulé. Gaël veut toujours avoir le dernier mot, et il utilise tous les moyens : la mauvaise foi (masculine, on connaît, il est champion du monde), le coq-à-l’âne, le charme, le silence, l’ironie, tout.

Et j’en ai marre de devoir toujours discuter avec lui comme si on faisait un débat, il faut toujours réfléchir à ce qu’on dit, sinon il me coince, on ne peut pas juste parler léger.

Crétin. Je le déteste.

Bref. Revenons à notre sujet. Le mien, enfin, ça y est, je suis énervée.

Donc, stéréotype masculin, bricolage, gros bras, gros zizi, un problème ou pas messieurs, pour vous?

Quel con ce Gaël.

Catégories : Fanette philosophe
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Les soirées nulles

février 26, 2008 · 27 commentaires

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Il y a deux types de soirées dans ma vie : les “vraies” soirées et les soirées nunuches de Fanette.

Problème : je fantasme sur les “vraies”, mais ça marche pas, et je m’éclate avec les nunuches, mais j’ai honte, mais moins maintenant depuis que j’ai lu ça.

Les vraies soirées. J’ai une copine extra cool qui vit dans le 18ème et ne vit qu’à la nuit tombée. Elle s’habille en noir, avec des cheveux roux et un maquillage super (elle doit y passer tous ses cinq à sept), elle a des bottes et des pantalons moulants, des petits tops super et des blousons extra courts, et elle SORT.

Elle a des “plans” pour entrer dans des boîtes. C’est dû au fait qu’elle “connaît plein de monde”. Quand elle arrive devant un endroit où il y a la queue, et pleins de gens énervés dehors elle crie au type de l’entrée “Hey, Gégé (ou Momo, ou Lulu), tu me laasses passer?” et Gégé ou Lulu ou Momo s’exécute sans moufter, il a l’air de trouver ça normal, je suis en faisant des petits sourires d’excuses.

Je veux être comme elle et j’essaie au max de lui courir après mais, hm, ça marche pas trop. J’ai pas le look, j’essaie, mais pas. Quand je m’habille hype, j’ai l’air habillée n’importe comment. Le mieux, c’est la robe noire, ça passe partout mais quand elle me présente elle dit : j’adore Fanette, elle est tellement nature. (Imaginez ça ; ça me casse totalement mon délire, j’essaie de faire mode et sophistiquée, et elle : Tellement Nature - pourtant j’ai pas de poils et je me maquille, alors? ).

Moi je ne veux pas être nature. J’essaie de lancer que moi aussi je fais des trucs presque trash avec mon copain Gaël, donc j’essaie de me dire que je suis trash, à fond à fond ; mais ça ne prend pas : je n’ai pas l’air trash, et dans ces fêtes je suis tellement stressée que je ne bois pas, donc on ne me voit jamais en train de faire des folies. Je ne danse ni toute nue, ni même habillée court, j’ai peur qu’on voit les parties de mon corps que tout de même je ne montre pas à toutes sortes de gens ; je ne flirte pas en dansant – euh, j’aime pas, je trouve ça vulgaire et ça me met mal à l’aise. Au bout d’un moment la musique est trop forte, je transpire, ça sent la clope, maintenant ça sent la transpiration ou des odeurs bizarres, les gens ont des yeux drôles, etc.

Je me dis toujours que je suis allée à la mauvaise soirée : moi, quand je suis là, je vois des gens qui font des scènes, des disputes que je trouve sordides, des mecs qui mettent leur main dans la culotte des filles dans les couloirs d’une façon pas hype, vraiment trash, voire vraiment glauque et du coup j’ose même pas aller faire pipi.

Pourtant je ne désespère pas, je sors de temps en temps avec ma copine, j’attends la révélation du trash, mais ça ne vient pas.

Mes soirées Fanette nunuche :

Je vais chez Gaël, on boit du Gamay quand on n’a pas de sous, ou du Chablis ou du Croze-Hermitage (quand on a des sous), on joue au Trivial Poursuit (il sait que c’est mon jeu préféré) et après aux Lapins Crétins (là c’est moi qui lui fait plaisir, on rit comme des idiots, on se dit qu’on s’aime et que personne ne s’aime comme nous sauf nous, après je reste sur le canapé à dormir et le matin je me réveille sous une couverture qu’il a mis sur moi.

Pas trash.

Après le lendemain on décongèle des croissants au beurre et on les mange. Trash zéro. Parfois il y a même de la confiture. C’est bon.

Pff. On vomit pas. Parfois on fait des trucs, mais il ne met même pas la main dans la culotte devant tout le monde.

Je vais chez Coco on mange comme des vaches et elle nous sort le genièvre de Houlle (je ne le boit pas, mais j’adore le moment où on sort le genièvre). On rit pour tout, son mari râle, on s’amuse.

On va au Chinois avec Val et Astrid, on boit du Gamay, je dis que c’est bon, elles me disent ah, naaaan, quand même, on retrouve Denis le frère de Astrid dans un bar à bière en sous-sol, avec d’autres gens, on parle, on dit des conneries, après on va dormir chez quelqu’un.

Oui, j’ai une copine qui s’appelle Astrid. Il en faut.

Parfois quelqu’un organise une fête, un repas, on mange des spaghettis avec une tarte aux pommes surgelée en dessert, après certains dansent, moi je discute furieusement avec quelqu’un jusque trois heures du matin, dans un couloir, on se raconte nos vies et ça devient mon meilleur pote après quand on arrête tout le monde est parti, et on va dormir dans des lits qu’on trouve (ou sur le clic clac – et à deux de sexes différents et on ne fait RIEN et parfois le mec est pédé mais parfois pas – donc je dors avec des mecs et il ne se passe rien – parfois).

On va dans un bar quelque part, avec quelqu’un qui connait LE bar du coin mode tendance avec ambiance (de mon point de vue, deux catégories, les bruyants, et ceux où on peut parler) et on boit en parlant jusque pas d’heures. Après soit on va chez quelqu’un (souvent je dors pas chez moi le week-end), soit je rentre à pied (déjà fait, c’est crevant), soit taxi (début de mois).

Pour me sentir bien il me faut une personne que j’aime bien avec moi, après j’affronte l’inconnu. Donc je suis toujours entouré d’amis ou de copains et ça casse tout le trash potentiel du truc.

Pire : je bois presque toujours trois ou quatre verre d’eau avant de me coucher quand j’ai bu. ça fait prévoyant et tout, mais j’ai horreur des lendemains pourris.

J’ai honte d’être aussi pas hype, mon rêve est d’être une noceuse qui fait la fête jusqu’au bout de la nuit dans des ambiances glauques. Mais j’y arrive pas…

Catégories : Ma vie quotidienne
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Isabelle

février 25, 2008 · 36 commentaires

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Il y a des histoires au boulot, et c’est super chouette. Maintenant que je suis là depuis plus longtemps, je vois ça plus clairement. Les histoires au boulot, franchement, c’est Dallas, Balzac et Vicki Baum.

Au boulot, la personne dont je me sens le plus proche est Viviane, parce que nous partageons le même rapport avec la boîte, pour des raisons différentes : une sorte de distance intérieure (et nous sommes les deux plus récemment arrivées, elle deux mois après moi).

Après nous avons Isabelle, celle avec qui je fais les soldes (parfois). Je suis assez copine avec Isabelle.  Elle est secrétaire, tendance assistante.

Moi je suis, disons, responsable de projet. Il y a aussi d’autres responsables de projets, comme Anne, par exemple, ou Nina.

Diva est le bras droit de Marc, elle gère la société quand il n’est pas là. Marc a un frère et il travaille aussi un peu dans la société de son frère, donc le suivi global est assuré par  Diva.

Parfois c’est Diva qui va chez le frère et Marc reste là. (A ce niveau-là c’est parfois fouillis).

Isabelle est secrétaire, un peu assistante de Diva.  Imbue de ses fonctions. Elle se prend pour quelqu’un de très important. Elle me trouve sympa parce que je lui ai dit qu’elle était un peu l’âme de la société. Je ne sais pas pourquoi je lui ai sorti ça, une impulsion, et en plus j’étais ironique, j’ai parlé sans réfléchir et je me suis dit oh mon Dieu, elle va s’apercevoir voir que je me moque un peu et….

Mais non elle n’a rien perçu, et depuis j’ai un peu honte, car elle m’adore. Ma remarque lui a fait hyper plaisir (la pauvre).

Or, le pire c’est qu’elle n’est pas l’âme de la société, ou alors si, mais elle a une certaine influence sur tout le monde, donc c’est bon d’être copine avec elle. Résultat : alors que je me fichais d’elle, enfin limite, disons, elle m’aime beaucoup et ça me fait plein de petits avantages, donc j’ai honte, je culpabilise, et du coup je suis sympa avec elle.

Isabelle possède trois sujets de conversations principaux : son cul (trop gros, et qui la désespère), ses cheveux (elle les teint en blond platine) et son appart (elle achète). Son cul : il est trop gros / moins gros/ elle en a marre. Ses cheveux : elle va faire la teinture, a fait la teinture, ou va changer de teinture. Son troisième sujet de conversation est son appartement. Elle achète, avec son copain. Et elle s’interroge : est-ce qu’elle se marie? Maintenant ou plus tard? Et elle n’aura qu’en enfant. C’est sûr. Les enfants ça fait grossir et ça abime les seins.

Les rapports de Viviane et Isabelle sont complexes. Isabelle m’a annexé dès mon arrivée, en m’entourant d’une grande gentillesse mielleuse. Quand Viviane est arrivée, j’ai sympathisé avec elle, de façon beaucoup plus intime qu’avec Isabelle, qui a du se snetir menacée.

Isabelle respecte Viviane, mais avec prudence. D’abord, Viviane est noire. Mais Isabelle n’a rien contre les noirs : après tout, ils sont nés comme ça.  Tout de même, Viviane a une maîtrise d’anglais. Les sentiments d’Isabelle envers la maîtrise d’anglais de Viviane sont ambigus. Une maîtrise d’anglais, c’est respectable. Mais ça ne sert à rien. Isabelle, elle, a fait un truc utile : un bac G, je crois, puis un truc de secrétariat. Elle a appris la sténo. ça ne sert à rien, précise-t-elle, mais c’est formateur. Elle a travaillé dans des tas de boîtes. Elle est très fière de ses compétences sur Word. Sur Excel, rien. On ne parle pas du reste. Elle a fait des stages d’organisation. Pas Viviane. Isabelle tient à ce qu’il soit bien clair que Viviane est, certes, diplômé, mais d’un truc qui ne sert à rien, alors qu’elle, Isabelle, n’est pas aussi diplômée, mais a fait des trucs qui servent. Du reste, on a engagé Viviane comme standardiste. Standardiste. Pas secrétaire. Standardiste parce que vraiment Isabelle ne pouvait plus tout faire et en plus répondre au tél. Viviane est presque l’assistante d’Isabelle, en regardant bien. Viviane le savait quand on l’a engagé. On l’a pris avec maîtrise d’anglais parce qu’elle était noire. Une Française, on ne l’aurait pas pris avec maîtrise d’anglais. Diva s’est dit que quitte à engager quelqu’un, autant qu’il soit diplômé. Mais une noire diplômée sera moins exigeante qu’une blanche diplômée. Tout bénef. En plus, la boîte a un avantage fiscal, mais je ne sais plus pourquoi.

Isabelle garde cependant un scepticisme prudent. Bien que Viviane soit noire, elle pourrait s’avérer compétente (voire ambitieuse  : on ne peut être sûre de rien). Si tel était le cas, ses compétences pourraient excéder celles d’Isabelle.  Isabelle reste tranquille du côté de Diva (elles partagent le même avis sur Viviane, dont on espère qu’elle saura rester à sa place) ; mais tout de même prudente envers Viviane (au cas où). Une prudence tous azimuts : devant Marc et Diva, seule en leur présence, elle émet des réserves courtoises, mais perceptibles, sur la limitation de le confiance que l’on peut accorder à Viviane. Elle y va doucement, car si nul ne peut soupçonner Diva de sympathie pour Viviane, Marc a un faible pour elle, visiblement. Devant les responsables de projets, qui semblent tous sourdement pro-Viviane, on peut même se demander si certains ne préfèreraient pas que Viviane remplace Isabelle (et pourtant elle est noire), Isabelle a une attitude beaucoup plus paternaliste (mais intérieurement amère). Devant moi, inexplicablement, elle se laisse aller, ce qui est d’autant plus surprenant qu’elle sait que je suis amie avec Viviane. Mais moi ce n’est pas pareil. Elle a raison, ce n’est pas pareil. Je ne sais pas pourquoi, mais moi ce n’est jamais pareil. J’attire mystérieusement la sympathie des gens, je ne sais pas pourquoi.

La semaine dernière, Isabelle m’a dit à propos de Viviane :

- C’est bien qu’on ait quelqu’un comme elle, quand même.

Je tapais un truc et je lui ai dit machinalement : “Oui, le téléphone c’était lourd pour toi.

C’est la formule consacrée : le téléphone était “lourd pour Isabelle, donc on a engagé Viviane”. Je dis ça tout le temps, ça m’évite de réfléchir.

- Oui mais elle est noire, a dit Isabelle. C’est bien d’avoir une noire.

Je l’ai regardé, sans trop voir le truc.

- ça fait moderne, m’a dit Isabelle. ça fait ouvert d’esprit, tu vois. Et puis les noirs, c’est mieux que les rebeu.

(Elle parlait en baissant la voix parce que l’une des responsables s’appelle Samia).

Catégories : Boulot

Le chat de Shrödinger

février 24, 2008 · 19 commentaires

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Après l’ambiance un peu légère de samedi, je voudrais finir le week-end en élevant tout de suite le débat et parler du chat de Schrödinger.

Qu’est-ce que le chat de Schrödinger? Et pourquoi je me préoccupe de trucs comme ça?

En fait, je n’en sais rien. C’est lié à la science fiction, mais c’est tellement vieux que je ne sais plus quand j’ai entendu parler de ce fichu chat. Disons que je lisais des bouquins sur les photons et la mécanique quantique, sans y comprendre grand chose (mais avec admiration pour ceux qui comprennent). Et là j’ai entendu parler du chat.

Je n’ai fait aucune étude scientifique, donc je vais expliquer ça comme je peux parce que je trouve ça vraiment génial. Les premiers types qui ont étudié la lumière (dont Newton, fréquemment assis sous un pommier, dit-on, de façon à recevoir des pommes sur la tête et à en déduire la théorie de la gravitation universelle) ont pensé que la lumière était une particule. Imaginez des tas de petites particules dorées se précipitant dans l’air en voletant.

Ensuite, d’autres types on dit que non, la lumière était une onde. Là, je vous suggère d’imaginer des petites vaguelettes toutes jolies, dorées aussi, que se précipitent aussi dans l’air.

Elles ne sont pas obligatoirement jolies, mais comme j’aime la lumière, je préfère penser à de mignonnes particules plutôt qu’à des moches particules vulgaires et banales.

Voilà. Deux théories : il faut les départager. Nous en étions là dans les années 20-30.

Imaginons une boîte fermée dans laquelle les scientifiques (ils sont trop, trop forts ; vous pouvez donner au scientifique l’allure de Brad Pitt ; ou de Patrick Bruel ; ou d’un autre ; visualisez vous, vous êtes Audrey Hepburn ou quelqu’un d’autre et avec votre fiancé scientifique vous faites une expérience ; c’est beau) ne laissent passer qu’un seul photon. Ne nous soucions pas des détails techniques. C’est des scientifiques, ils sont super forts, ils arrivent à attraper les photons et à les enfermer dans une cage.

Donc le photon est dans sa cage. Plein d’énergie. On va le faire sortir. Il devra traverser une boîte et aller impressionner un écran. Sauf qu’au milieu de la boîte il y a une cloison percée de deux trous. Deux (2).

Vous inclinez votre tête sur l’épaule de Brad/Patrick/un autre et vous lui dites avec enthousiasme (car vous êtes scientifique donc ça vous enthousiasme) :

- Quand je pense qu’on va enfin savoir si la lumière est une onde ou une particule !!!

Et Brad/Patrick/un autre vous embrasse sans pouvoir trouver une parole tellement il est ému.

Il est scientifique aussi, donc la nature corpusculaire ou ondulatoire de la lumière, ça l’interpelle.

Donc on va lâcher le photon, qui est une particule. Comme il y a deux trous, le photon va passer par l’un ou par l’autre pour aller toucher l’écran (dire chat et revenir) .

Ou alors on s’est trompé, on va voir une jolie onde dorée qui va se propager par vagues concentriques et passer par les deux petits trous.

(Jamais ils n’envisagent le cas où le photon sort, ne passe par aucun orifice et revient dormir dans sa cage).

Ayé, on lâche le photon.

Brad/Patrick/un autre et vous/Audrey Hepburn/une autre regardent de tous leurs yeux chacun un orifice. Ils voient le photon sortir en furie et chacun d’entre eux le voit passer par l’orifice qu’il regarde.

Non.

Si.

Un seul photon, mais il passe par deux orifices en même temps.

Trop deg’. Tout ça pour ça. Vos mains se séparent. Vos coeurs se dérobent. Vos genoux tremblent. Quoi? Un truc qui passe par deux endroits en même temps? Pas possible.

Ben si. C’est la physique quantique. Le monde est compliqué. Comme les relations humaines.

Mais bon votre couple résiste, vous /Audrey Hepburn et Brad/Patrick/un autre. Vous consacrez votre vie à l’étude du photon.

Et vous vous rendez compte (je raccourcis) que le photon passe la où on le regarde. C’est l’observation qui créé le comportement du photon. Jusqu’à ce qu’on l’ait observé, le photon est passé par les deux orifices.

Schrödinger est un scientifique allemand des années 30 qui a inventé une expérience imaginaire (je dis ça pour les amoureux des chats) pour permette à des gens comme moi de comprendre et de m’émerveiller devant la complexité des choses.

On met donc par la pensée un chat dans une boîte avec un dispositif aléatoire destiné à le tuer, mais à un moment indéterminable. Donc le chat est dans sa boîte, et il va peut-être mourir, ou pas. Au bout de cinq minutes, pour savoir s’il est mort ou pas, il faut ouvrir la boîte. En attendant qu’elle soit ouverte, le chat est à la fois mort et vivant.

Voilà. C’est ce qui me plonge dans le ravissement. Pourtant j’aime les chats, mais on peut prendre si vous voulez pour l’expérience un tyrannausaurus rex, comme c’est une expérience de pensée, on s’en fout.

De même que le photon est passé par les deux orifices en même temps, le chat est à la fois mort et vivant. Moi, le chat mort et vivant (et non pas mort-vivant, rien à voir), ça me le fait grave.

C’est pour ça que j’aime quand même la SF, même si je n’en lis plus. Et c’est pour ça que j’aime le chat de Shrödinger.

Catégories : Trucs incohérents

Le beurre et Brad Pitt

février 23, 2008 · 26 commentaires

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Le 17 janvier, j’ai posté un billet sur Brad Pitt. Ce billet a reçu 48 commentaires.

Hier, le  22 février, j’ai posté sur le beurre. Ce billet a reçu 51 commentaires, et je sens qu’il en recevra un ou deux de plus aujourd’hui.

Qu’est-ce à dire? Le beurre a plus de succès que Brad Pitt?

Pour les lecteurs égarés ici ce samedi, un débat : une tartine de beurre ou Brad Pitt?

Certains sont peut-être en train de trouver que les sujets deviennent glissants, ce qui est normal, vu qu’on parle d’un corps gras, tout de même.

Mais, tout de même, je reste déconcertée.

L’image est extraite de Meet Joe Black. Brad Pitt ne prend pas de tartines, mais du café. Mais s’il mangeait une tartine, il aurait probablement une expression voisine.

Catégories : Fanette philosophe
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J’aime le beurre (aucune connotation de quelque ordre que ce soit, je dis ça pour les cinéphiles).

février 22, 2008 · 55 commentaires

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Je me demande si tout le monde n’en a pas marre de mes histoires sur mes amours ou amitiés. Pourquoi je suis partie là-dedans? C’est venu tout seul. Bon, ça reviendra, mais plus tard.

Il faut que je reparle du boulot.Mais là j’ai un autre truc à dire. Pareil, que je voulais dire depuis longtemps.

Par où je commence? (Il y a plusieurs versions dans le truc).

Bon, brut, c’est le plus simple, sinon je vais finasser et on n’en finira pas.

J’aime le beurre. J’aime le beurre.

Concluez-en que je ne mange pas que du pied de porc.

Bon, alors voilà, je veux parler du beurre.

Le beurre c’est bon.

C’est gras. Et le gras c’est bon.

Aaaaaahhhhh. Je me sens bien d’avoir dit ça.

Comprenez-moi bien. Je suis partisane d’une alimentation équilibrée, autant que faire se peut. Je ne dis pas qu’il faille impérativement manger du beurre matin midi et soir. Je ne dis pas qu’il faille tout revenir au beurre, c’est plus subtil que ça.

Je dis que dans la vie il y a des trucs bons, et que c’est bien qu’il y ait des trucs bons. Et les trucs bons on doit les manger. Parce que c’est bon et que ça fait plaisir.

Bon, après, nous vivons dans une société plutôt sédentaire, et l’on pratique peu d’exercices physiques, donc tout ce qui est gras ne doit pas se consommer en surabondance, ce serait idiot. D’ailleurs, je n’aime pas quand un plat est trop gras.

Le truc, que ce soit pour le beurre ou le pied de porc, c’est que tout est une question de mesure et de contexte.

Je m’explique. En même temps je vous raconte ma vie, merveilleuse, et mes habitudes alimentaires, si tant est que j’en ai.

Parfois, le matin, je prends un petit dej. En fait, j’essaie, mais parfois j’ai du mal. Question petit dèj, j’ai l’esprit hyper large. Comme je l’ai dit dans un tag, je peux manger n’importe quoi n’importe quand (quand on me voit c’est affreux). (quoique je n’aime pas les frites froides)

Donc, parfois j’ai envie de porridge, j’adore ça, il faut que je dise comment je le prépare. Parfois de céréales comme les enfants. Parfois de fruits. Mais aussi, parfois de beurre.

Du pain, du beurre et de la confiture.

Le bonheur. Techniquement, c’est meilleur que le Nutella (qui se consomme, pour moi, à la petite cuillère et sans pain, quelle horreur le pain avec le Nutella).

Autre possibilité : les oeufs au plat. Le matin ou à midi ou le soir ou à quatre heures ou à trois heures du matin.

Mais les oeufs au plat ne se conçoivent pas sans tartines de beurre. Le jaune bien coulant sur la tartine de beurre sur la baguette……….

Autre possibilité, plus moderne. La tartine de beurre et de abbaskaviar que vous pouvez acheter dans la nord de Paris dans un magazin de meubles suédois dont je tairais le nom (à part la pâte à tartiner à la noisette, d’ailleurs je suis OK pour une palette, je ne cite pas de marques enfin j’essaie).

Vous pouvez essayer la tartine de beurre et de abbaskaviar avec l’oeuf au plat, moi j’adore mais c’est spécial.

Après, plus traditionnel : la tartine de beurre dans la soupe (le soir, c’est mieux).

La tartine de beurre avec la salade verte : là, on ne cherche pas à comprendre mais j’en suis folle.

Nous avons aussi : le beurre sur le petit beurre.

Le beurre dans les coquillettes jambon. Totalement régressif, oui, mais ça, cherchez pas, au resto bernique, c’est seulement à la maison.

Passons au beurre cuit.

Je ne m’étendrais pas sur la sole meunière, seulement au restaurant, et en plus c’est hors de prix, snif.

Faire revenir les viandes dans le beurre leur donne un bon goût mais on peut obtenir un résultat très plaisant avec très peu de beurre. Il faut surveiller. Le beurre cuit brûle vite, et puis, comment dire, même si c’est bon, une viande grillée c’est bon aussi, donc je trouve que manger gras et risquer de brûler son beurre (oui, moi, quand je cuisine, je lis en même temps, donc souvent ça crame) pour un truc qui n’est pas meilleur, seulement différent, ça ne vaut pas le coup.

Je dirais même que si l’on ne fait pas revenir dans le beurre, mais avec une bonne poêle en teflon, on concentre quand même les sucs sur le fond de la poêle, en tout cas moi, quand je suis chez ma belle-mère et que j’utilise sa poêle en teflon, j’y arrive, quand on déglace on récupère la saveur, donc on n’est pas obligé de mettre du beurre pour ajouter de la saveur.

Voilà, donc j’aime le beurre, surtout cru, j’en mange régulièrement, en quantité que je suppose raisonnable, parce que je ne compte pas, mais je n’aime pas l’ostracisme dont souffre les graisses.

Car le beurre c’est bon.

Et l’huile d’olive aussi.

Mais bon, là je parlais du beurre.

EDIT : Le premier commentaire met le doigt sur un énorme problème, en effet : demi sel ou doux?????

Alors.

Moi j’aime les deux.

Si. C’est comme thé ou café, c’est thé et café.

Je précise que pain beurre salé confiture c’est bon aussi. Juste que, parfois, je n’ai plus de beurre salé ou doux, alors je fais avec ce que j’ai.

Et avec du beurre salé on peut faire un truc merveilleux, merveilleux, merveilleux……

(On peut aussi le faire en mettant du beurre doux et du sel mais c’est pas pareil ).

Le pâte à caramel au beurre salé.

J’ai trouvé le truc sur le blog de Pascale Weeks. Elle donne deux recettes : une pâte à tartiner au beurre salé et une sauce au beurre salé.

Moi je tripouille un peu, je mélange tout un peu à lure lure, que du bon, vous noterez, que du comme y faut pas : du beurre, du sucre, de la crème.

Mais bon, je répète, et pas parce que je suis nutritionniste. Le beurre, c’est bon, le gras, c’est bon, mais une tomate à la croqu’au sel, aussi. (ou des radis). La grande question, c’est : pourquoi oppose-t-on d’une façon un peu primaire certains aliments à d’autres? Bon, j’en parlerai une autre fois, c’est un autre trip, je suis pas dedans.

(Radis- beurre, c’est bien aussi!!!!!!)

Re- Edit : Alors, vous, le beurre, c’est quoi? Salé ou doux? Et avec quel aliment? Vautrons-nous dans le gras (mais le bon gras) !!!!! Que les crypto-gourmands se révèlent !!!!

Catégories : Ma vie quotidienne
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les questionnaires sexo-amoureux d’Arnaud, Leena, et les autres

février 21, 2008 · 22 commentaires

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Résumé de l’épisode précédent : Fanette, étudiante débarquée de province, sympathise avec un groupe de jeunes gens farfelus. Parmi eux, Arnaud, Laurent, Leena.

Les questionnaires sexo-amoureux d’Arnaud étaient géniaux. Toutes les filles se battaient pour les faire. Je me demande où il allait les chercher. Il en inventait un ou deux par jour. Rétrospectivement, et au vu de certaines lectures de mon petit frère, je pense qu’il avait du être un grand fan de Picsou Magazine ou Mickey Parade dans son jeune temps.

Dans certains cas, il fallait choisir des chiffres, et les associer mentalement à des garçons de la bande. Ensuite, il posait des questions, du genre : est-ce que tu coucherais avec le 12? est-ce que tu ferais une pipe au 37? etc.

Ensuite, quand il avait obtenu toutes les réponses, il appliquait une méthode de calcul, et te sortait le résultat.

- Alors. Tu coucherais avec Philippe. Tu te marierais avec Aymeric. Tu ferais une pipe à Arnaud. Tu serais éternellement amie avec Laurent.

Nous n’étions jamais contente des résultats, et il y avait des débats enflammés. Parfois, quelqu’un partait, me semble-t-il, vexé. Je n’ai jamais compris qu’on se vexe, car, si j’adorais l’ambiance, je ne faisais très attention, ni à ce que je disais, ni à ce que les autres disaient.

A la suite d’une discussion, Arnaud, pour corroborer les résultats de l’un de ses questionnaires, en appliquait un autre à la demandeuse ou au demandeur, dont les résultats étaient généralement totalement invraisemblables par rapport au premier, et de nouveaux débats se lançaient. Au bout d’une heure ou deux, tout le monde commençait à en avoir marre, et de petits groupes se formaient, des filles partaient faire les boutiques, les garçons mettaient au point des soirées bières, ou bien deux d’entre nous s’asseyaient dans un coin pour discuter passionnément de politique, sexe ou sentiments.

Ce n’était pas les seules personnes que je fréquentais à l’époque, mais c’était de loin les plus amusants.

Leena semblait ne pas aimer cette ambiance, elle passait son temps à déplorer notre manque de maturité, tour à tour plus proche de l’un ou l’autre garçon. La fille avec qui j’avais sympathisé pendant les inscriptions venait de loin en loin, de plus en plus glauque, de plus en plus sombre, s’enfonçantdans une sorte d’état dépressif dont elle ne parlait qu’à Laurent, dans de longs tête à tête. Elle se nommait Cathie et ne parlait à personne, sauf un peu à moi. Elle était grande, mince, pâle, rousse et s’habillait en noir.

Leena était blonde, jolie et sophistiquée. Je ne me rendais pas très bien compte qu’elle ne m’aimait pas, je ne suis pas très sensible aux sentiments des autres, en général. Elle me fascinait littéralement, et m’a, en définitive, beaucoup influencé. Elle allait chez le coiffeur, se maquillait tous les jours et s’habillait avec beaucoup de soin. Elle me lançaient des remarques très désagréables sur ma façon de m’habiller, remarques qui se firent de plus en plus vexantes au fil de l’année, puisque, les estimant parfaitement méritées, je ne protestais pas. Un jour, Laurent se fâcha, et curieusement, je compris beaucoup de choses.

Je ne sais plus ce que m’avait dit Leena, je ne faisais pas très attention. Mais Laurent la coupa en lui répliquant qu’au moins j’étais nature. Leena s’énerva, et après quelques répliques elle se lança dans un grand discours que Laurent écota avec ironie, mais moi avec intérêt.

Leena avait une conception de la féminité, et je ne la qualifierai pas, car le truc le plus surprenant pour moi était qu’elle en ait une. Je ne m’étais jamais, jamais posé de questions sur la féminité ou mon rôle ou image de femme. Je me levais le matin, enfilais des vêtements propres et sortais. Pour Leena, la femme avait un rôle de femme à jouer. Pour cela, il fallait d’abord se vêtir avec soin, se coiffer, s’habiller. En l’écoutant je réalisais à quel point elle se donnait du mal, à quel point cette attitude était aussi anti-naturelle que possible, aussi travaillée, et, d’une certaine façon, aussi admirable. Elle avait un avis et une idée précise sur tout, un peu comme Hélène de mon blog de fille, qui sait comment telle ou telle doit ou peut se maquiller les yeux, ou Sonia, dont les conseils beauté me révèlent un monde de complexité (la technique du mille-feuille, je ne m’en suis pas remise. Je vais appliquer. Demain. Enfin, dès que j’aurai le matériel). Elle utilisait tel shampooing pour des raisons précises, et telle crème. Elle se maquillait suivant un plan et une logique. Il y avait le rouge à lèvres pour aller en cours, celui des examens (en vertu d’une théorie liant l’image de soi et la réussite à l’examen), celui des rendez-vous, celui des grands soirs. Pareil pour les fringues et même les dessous. Il lui fallait se sentir à la hauteur de l’image qu’elle se faisait de ce qu’elle devait être, et seule un effort et une quasi-ascèse quotidienne lui permettait d’y parvenir.

C’était totalement nouveau pour moi ; comme je l’ai dit, je ne m’occupais absolument pas de moi, l’idée ne m’en était même jamais venue. Les crèmes hydratantes, pour moi déjà un haut degré de subtilité dans le soin du corps, s’adressaient à des femmes à la peau sèche, et ne m’étant jamais interrogée sur le nature de ma peau, je n’en avais pas. Mon seul vague produit de beauté était une crème grasse pour les mains.

Leena était agacée qu’une fille comme moi, les cheveux dans la figure (propres), habillée comme un sac, en pantalon, avec des chaussures de sport et des gros pulls, puisse finalement plaire autant (il s’agissait d’amitié) qu’une fille sophistiquée et obsédée par son image qu’elle. Laurent, avec la délicate subtilité des garçons, je ne fais de dessin à personne, lui suggéra de chercher ailleurs des individus de sexes masculins plus susceptibles de céder à son charme ; en fait, à une station de métro, se trouvait une fac assez à droite, disons, et il lui suggéra abruptement de s’y rendre, voir si elle aurait plus de succès. Beaucoup de sentiments passèrent sur le visage de Leena ; le soir, chez moi (l’esprit de l’escalier), je compris brutalement qu’elle était probablement amoureuse de Laurent, qu’elle se donnait tout ce mal pour lui, et qu’il venait de lui dire qu’il n’en avait rien à foutre, non pas d’elle, mais du mal qu’elle se donnait, ce qui, n’est-ce pas, est toujours agréable (mais je pense qu’il n’y avait pas de méchanceté dans la remarque de Laurent ; mais comme les hommes et les femmes sont destinés à ne pas se comprendre, elle avait probablement pris en pleine figure ce qu’il lui avait dit ; rassurez-vous bonne gens, Leena était de la race des battantes, elle eut peut-être de la peine, mais ne lâcha pas le morceau).

Je trouvai Leena fascinante et touchante. C’était une très belle fille, pénible, arrogante, mais jolie et agréable à regarder. Je découvris en une après-midi plusieurs choses, certaines très positives :

  • tout d’abord, que moi aussi je pouvais devenir une très jolie fille, à condition de me livrer aux mêmes efforts que Leena (il n’était pas certain que j’en aie envie)
  • ensuite, que sous son assurance et sa froideur, se cachait finalement une fille angoissée qui cherchait à plaire (positif pour moi)
  • que je devais apprendre plein de choses dans le domaine de la beauté
  • que Laurent m’aimait bien
  • que les mecs sont des salauds indélicats avec les filles
  • que les études, c’était formidable : on travaillait, et ça marchait, alors que les rapports humains c’était compliqué, on travaillait, et ça ne marchait pas.

To be continued. J’ai plus le temps.

Catégories : Des amis · le feuilleton du jeudi
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Où Fanette se sent lamentable, et ne peut s’en prendre qu’à elle-même

février 20, 2008 · 23 commentaires

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Hier, Pierre-Henri appelle. Dingue.

Il veut me voir. Pas moi. Il insiste. je maintiens. Il finit par lâcher le morceau.

Il sait que je suis avec Tim en ce moment, il veut m’avertir charitablement de ce que le Tim est pénible (immature et possessif) et que toutes ces petites copines le quittent. Tim est spécial, pas pour moi, me dit-il. Je lui demande d’où il le connait? C’est idiot : Val, Fab, et la cousine de Pierre-Henri sont copines. Tim s’est vanté de sa conquête. Le con.

Je suis dévorée de curiosité, Tim est spécial? Il assassine certaines personnes? Il se transforme le soir en loup-garou? quoi?

Il est très immature, me dit Pierre-Henri, très jaloux, et très possessifs, très passionné. Il ajoute qu’il a beaucoup de charme, apparemment, mais que sa dernière copine l’a larguée avec perte et fracas; mieux vaut s’en tenir à l’écart. (Merci, très cher).

Au passage, il essaie de s’informer sur la nature exacte de mes relations avec Tim (il est con ou quoi?). Au moment où, agacée, je vais lui dire que ce n’est qu’une passade, j’ai un éclair de lucidité (de temps en temps ça m’arrive) et je réalise que je dois être totalement opaque : si les infos vont de Tim à PH, elles pourront aussi aller PH à Tim ; je pense tout d’un coup à une amie pas vue depuis longtemps, et qui s’est créé une exécrable réputation en exposant avec la plus ingénue simplicité ses sentiments et sa vie amoureuse ; soyons simple : si Paul est amoureux de Anne et couche dans l’intervalle avec Brigitte, il souffre et c’est beau. Si Brigitte et amoureuse de Laurent, et couche dans l’intervalle avec Paul, il faut vraiment qu’elle fasse ça dans un certain milieu pour que tout le monde trouve ça normal : dans le Loire et Cher ou dans les Hauts de Seine, Brigitte sera désignée par un vocable malsonnant et insultant que je m’abstiendrai d’utiliser ; quelque chose me dit que dans les familles de PH et de Tim, la perception de la femme reste assez classique : fille soeur mère épouse ou alors un mot malsonnant.

D’ailleurs, à part mon bavardage, pourquoi diable instruirai-je cette triple buse de Pierre-Henri sur la nature de mes sentiments pour Tim? je l’envoie au contraire promener, en lui disant que tout cela ne le regarde pas, et qu’ il me casse les pieds.

Je raccroche démoralisée.

Le bon côté : j’envisage Tim très différemment.

Le mauvais : je suis arrivée au stade qui m’inquiétait, c’est-à-dire que j’ai fait une connerie, je le savais, maintenant il faut que j’assume et que je vire Tim. La pensée que ce jeune idiot raconte à tout va Dieu sait quoi sur moi me donne envie de vomir.

Mais bon, je ne reste pas longtemps sur cette pensée ; je savais que je faisais une connerie. C’était tout de même une connerie très agréable.

Je dois cependant faire face à l’idée qu’on peut faire une agréable connerie et payer de désagréables conséquences après.

Je dois méditer un truc pour résoudre le problème. J’ai froid mais je me lève pour mettre Breakfast at Tiffany’s à la télé pendant que je réfléchis.

Primo : me changer les idées (parce que je vais avoir envie de revoir Tim, demain, il y a risque; tant que je sens le Mustela en pensant à lui, c’est que je suis encore sous le charme).

Pour me changer les idées, j’ai Sandrine, Coco, Viviane, Gaël, et d’autres dont je n’ai pas parlé. Pour des raisons diverses, il faut que je me change plus les idées, et je songe à rappeler plusieurs personnes. Il faut que je m’occupe, sinon je vais ressasser. Et ressasser : pas bon.

ça me hante et voilà, je me connecte en cata le soir et je vais sur MSN et je laisse plusieurs messages avant d’aller me coucher.

N’importe quoi. Je regrette presque tout de suite. Je me maudis. On arrête avec l’impulsivité.

Il doit être minuit quand je m’endors.

Ce qu’il a de bien avec moi, c’est que quand je fais des conneries, je les fais toutes. Mais toutes. Là, je vais me retrouver aux prises avec des ex débiles de merde qui vont me faire ch… Mais là, au moins, je serais tellement dans la m… que je devrais arrêter de délirer et faire des trucs sérieux.

Catégories : Mes amours · Tim
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