le journal de Fanette

Je rêvais d’un autre monde…

février 6, 2008 · 27 commentaires

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… bon, c’est Hugues qui m’a soufflé ce titre …

Côté Tim, on plane toujours mais différent. Vitesse de croisière.

Hier, j’ai réalisé un truc.

Tout d’un coup comme ça, pouf, une illumination.

I was in the subway. Pourquoi je parle anglais? On se demande. ça doit être parce que je suis euphorique.

Et pourquoi suis-je euphorique? Parce que hier, dans le métro, j’ai eu une illumination.

J’étais assise côté vitre, la tête sur la fenêtre et avec les cahots, ma tête cognait sur les vitres, doucement. Je précise ça uniquement pour ceux que les circonstances de l’illumination intéressent. J’essaie de suggérer que les cahots dans le métro génèrent des illuminations.
Donc, moi, assise, métro, cahots et entrain de penser. Je me dis “ah, pff, je vais voir Tim, c’est nul quand même ma relation avec ce type est nulle, on ne fait rien, il faut que j’arrête”.

Et là, la fameuse illumination.

Mais tu crains! me dis-je. Mais tu crains carrément. Voyons, tu n’es jamais contente. ce garçon est sympa, farfelu, loufoque, il te fait voyager sans bouger et tu te plains? Voyons, quel âge as-tu? Vas-y, assume, lance-toi à fond dans le truc et quand tu en auras marre tu arrêteras.

Je me suis souvenue, assez vaguement mais tout de même, de circonstances de ma vie durant lesquelles j’avais à la fois vécu et déploré les situations que je vivais (je me souviens d’une en particulier, que je voudrais bien raconter ici) et cet état d’esprit qui fait à la fois vivre, et déplorer les choses ne permet pas de les apprécier réellement: quand je vis le truc, je me dis que c’est nul, condamné à merder, ou que les problèmes ne vont pas tarder à surgir ; quand les problèmes surgissent, je me dis ” ah, pourtant avant c’était bien, non?” alors que je ne faisais qu’attendre l’échec de l’évènement ; et quand l’évènement est bel et bien achevé, alors il s’installe dans mon souvenir comme une époque merveilleuese et je le regrette.

Ne sois pas si stupide, me suis-je dit. Profite à fond de la relation, objectivement, et pas en la gâchant par des considérations somme toute conventionnelles. Après tout, si je veux être conventionnelle, je peux toujours épouser me taper Pierre-Henri, ou d’autres, en cherchant un peu. Un commentateur m’avait suggéré le bermuda, le polo lacoste et les cinq enfants, avec Pierre-Henri : là, rien à dire, j’ai tout bon, non? Mais je trouverai probablement le bermuda trop bermuda, le polo trop lacoste, les mocassins trop ring’, rien n’est jamais parfait. Il y a le yacht, mais le problème du yacht, c’est ce qui va autour et dedans.

Pour rester dans une ambiance maritime, je peux aussi essayer le pêcheur breton ou corse ; mais il n’est pas certain que j’ai mes chances. D’ailleurs, il n’y a pas de métro en Bretagne, ni en Corse, donc ça va pas non plus.

Pour l’instant, l’homme idéal pour moi c’est Gaël, mais je me dispute toujours avec lui et je l’ai déjà planté dans des cafés, les larmes aux yeus de rage et d’exaspération tant il m’énervait. Donc ça va pas non plus.

Après il y a Lui, mais il y a un truc avec Lui, et même plusieurs, l’un des trucs s’appelant Sandrine.

Donc pour l’instant, pourquoi pas Tim? je n’arrive même pas à concevoir mon homme idéal, alors rabattons-nous sur des hommes pas idéaux mais tout de même bien agréables.

Si tant est que Tim soit un homme, mais n’ergotons pas.

Du coup, après mon illumination j’étais toute gaîte, comme ça peut m’arriver. Je faisais des petits bonds. Les oiseaux chantaient. Je me demande si des petits lapins et des petits écureuils et de nombreuses petites bêtes charmantes et par ailleurs plus fréquemment rencontrées dans des forêts de dessins animées ne gambadaient pas partout dans les couloirs du métro, ainsi que dans les escaliers du l’immeuble pourtant assez lugubrement IIIème République de Tim. Je suis montée gaiement au sixième étage et nous avons gaiement fait l’amour. Il est extrêmement agréable de faire l’amour de bonne humeur. J’ai bien dormi. Je me suis douchée dans la douche cradoc en me disant de ne pas faire ma bourgeoise maniaque et que si j’étais partie dans l’Himalaya chercher les souterrains creusés par des extra-terrestres, comme je voulais le faire à 12 ans (à 12 ans, j’étais très branchée extra-terrestre et je lisais des bouquins qui disaient qu’en fait les extraterrestres étaient déjà là mais planqués, soient sous l’eau, sous au Pertuis Nanty en Bretagne, soit dans les Andes, soir dans l’Himamalya, ou sinon au milieu du désert de Gobi ou du Taklamakan, dans des endroits sympa montagneux glacés et dangereux comme là où Indiana Jones va chercher un truc dans le premier Indiana Jones) - eh bien j’aurais pas eu de douches car l’Himalaya est mal pourvu en douche, donc si on veut vivre des aventures on fait une croix sur la douche, ce que fait Indiana Jones, donc moi, je peux quand même me doucher donc je vis des aventures avec un minimum de confort, en plus je peux retourner au boulot le lendemain. Si on y réfléchit, c’est donc une occasion inespérée de vivre des heures insolites avec un minimum d’efforts.

Dans la bonne humeur la plus totale, je suis donc allé travailler ce matin, euphorique.

Donc là, je plane sereinement. Je suis arrivée au boulot en flottant et en souriant, réconciliée avec la vie. D’une humeur merveilleuse, avec tous mes merveilleux collègues, je m’attaque avec bonheur au rattrapage de mon retard, avec une sorte d’efficacité joyeuse.

Be cool…

Catégories : Fanette philosophe · Ma vie quotidienne · Tim
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