Hier soir, je suis allée au café.
Imprévu. Je me devais de retourner chez Tim, mais Ben, Sandrine et Lui ont insisté. En fait, j’avais déjà résisté le 14 à une Saint Valentin foireuse, soit une sortie au restaurant avec Ben, Sandrine et Lui, ce qui m’aurait mise, si vous voulez, face à Ben. Il semble que Sandrine ait des velléités de marieuse en ce moment. Truc qui m’agace.
Au sortir du boulot, après maints SMS insistants, nous allons dans un café pas très loin. Il ne m’est pas très difficile d’être prise dans l’ambiance : en fait, chaque fois que je suis un peu froide et distante, ce qui fut le cas hier, Lui se montre charmant et plein d’attentions, insistant, persuasif, délicieux. La fois suivante, il m’ignore. Je commence à en avoir marre ; je me sens un peu nulle.
Il est difficile de relater ce genre de moments. Nous parlons beaucoup, nous rions, on se raconte des films, des bouquins, des trucs du boulot. Sandrine nous fait rire avec des histoires de sa boîte, au centre de Paris. Le café est rempli de gens qui parlent. Les lumières sont dorées, chaleureuses, enveloppantes. Dehors, les rues, voitures, la nuit.
Très vite il est huit heures, puis huit heures trente, et il faut se séparer, il faudrait du moins. Je n’ai plus envie de partir, je me sens fatiguée, tiraillée entre des situations contradictoires. OK, si l’on fait abstraction de tout ce qui cloche, je passe de bons moments avec Tim. Mais au final, c’est un asocial. Il ne veut voir personne (pas envie, crevé, pffff…) et de toute façon il saoulerait tout le monde avec ses prises de tête. Je ne dis rien, moi, ce qui lui fait peut-être croire que j’apprécie, ou que je suis d’accord avec lui, mais c’est uniquement parce que je n’ai aucune vélléité de le changer. ça me passera avant qu’il n’évolue. C’est peut-être une erreur. Si je le rendais fréquentable… Mais je ne crois pas qu’on puisse le rendre fréquentable. C’est un enfant gâté.
Du coup je suis tiraillée entre ces amis-là, d’autres, dont je ne parle pas, mais il faudrait peut-être, mais ça ferait trop de gens, enfin des gens avec qui je passe de bons moments à rigoler ou discuter, et ce Tim bloquant et pas sortable.
Ben me propose de passer chez lui, on mangerait un truc, on regarderait un film. Je refuse ; je reste vague sur ma soirée, ils savent que je suis avec quelqu’un mais je suis peu précise, ils ne savent pas ce que je fais ce soir. Ces non-dits nous séparent, alors que je voudrais bien ne pas être séparée. Mais si je leur dis que je rejoins Tim, ils vont se lancer dans des conseils, laisse tomber, c’est foireux, dont je ne veux pas.
Donc je ne dis rien et je m’en vais avec une impression d’arrachement, désagréable. Je suis irritée après Tim. Le trajet pour aller chez lui est long et plein de cahots. Je suis fatiguée, j’ai mal aux pieds. J’arrive dans sa chambre, je me précipité pour aérer, il râle qu’il a froid, je râle aussi, il dit qu’est-ce que je foutais, j’ai envie de partir, mais reprendre le métro???? Il est plus de neuf heures, je suis crevée, je viens de passer une heure dans les transports en commun.
Je suis dans un chambre de bonne au sixième, bordélique, avec un ado attardé de vingt-et-un ans, et pour le rejoindre j’ai quitté des gens avec qui je m’amuse. J’ai un flash, mais envie de dormir.
Je me déshabille, après avoir écarté les trucs qui jonchent le sol (livres, revues, CD, chaussettes, chaussures), je m’allonge sur le matelas. Tim grogne des trucs du genre que je viens juste pour dormir. J’ai une flambée d’exaspération. Je me visualise me levant, me rhabillant, quittant la chambre. Mais le sommeil me prend. Il es trop tôt. On ne dort pas à neuf heures. Enfin, moi, j’aimerai dormir à neuf heures, mais je n’y arrive jamais.
Du coup, à quatre heures, je me réveille, énervée, avec la petite veilleuse, dans ma tête, qui me signale l’insomnie. J’ai chaud, je transpire, et le corps endormi de Tim à mes côtés me tape sur le système. Je me lève, me rhabille dans le noir, avec la désagréable sensation de coller, je cherche mes affaires avec la lumière de mon portable et je m’en vais.
Il fait super froid dehors, je grelotte, en fait j’ai encore envie de dormir, même si je sais que je ne dormirai pas, et je descend les escaliers avec des jambes raides comme celles d’une vieille marionnette qui quitte le grenier où elle moisit depuis un siècle. En bas ça va mieux, mais j’ai un vertige en tournant sur le trottoir. Faim, soif, envie de dormir, énervée. Je pars en marchant à grands pas dans la nuit. Marcher dans Paris la nuit, j’adore. Mon thermostat intérieur est déréglé, je gelais, mais après quelques centaines de mètres j’ai trop chaud.
Je marche en fureur jusque Saint Lazare, là je prends un métro, il est 5 heures et quart et j’arrive chez moi vingt minutes après. Douche, café. Aucune envie d’aller bosser, mais bon. Je repars à 7 heures et demie. Je n’ai pensé à rien, rien prévu, sauf que ce soir je reviens ici, chez moi, je range, et je dors.

27 réponses jusqu'à présent ↓
Didou // février 19, 2008 à 8:33 |
Je comprends ce double tiraillement. L’impression de n’être en aucun cas là où tu devrais être, où tu voudrais être. Devoir choisir entre deux choses qui sont naturelles et agréables…
Et c’est le fait même de choisir qui fait tout foirer et qui te donne des scrupules, des regrets.
Pas facile à gérer. Mais petit à petit le Choix va devenir de plus en plus évident. Je te le souhaite en tout cas.
AuReLiTiLyenne // février 19, 2008 à 8:43 |
Ce tiraillement il est sacrément embêtant, mais à un moment donné, tout se décante presque automatiquement…
chrisos // février 19, 2008 à 8:54 |
oups, ça sent la fin!
CECILE // février 19, 2008 à 9:22 |
Ce sera peut-être plus clair après une bonne nuit de sommeil
Tietie007 // février 19, 2008 à 10:08 |
Bonne journée, Fanette !
vero de Bordeaux // février 19, 2008 à 10:16 |
C’est si bien décrit comme toujours…
Cette impression de “n’appartenir à rien” , je l’ai connue des fois… J’avais la réponse au fond de moi, mais je ne voulais pas renoncer à mon rêve… celui qui restait inaccessible …
Jusqu’au jour où j’ai tapé un grand coup là-dedans… pour avancer, enfin…
Tu as Tim d’un côté, Ben qui tenterait bien sa chance de l’autre… c’est celui du milieu qui bloque la situation…
Je te sens en “attente”… Je suppose que dormir est le remède pour le moment… surtout après une si courte nuit…
T’es pas dans une position facile, ma belle…
Mais je pense que tout va bouger très vite…
Ou alors je te “connais” mal…
Bisous.
véro
Laure // février 19, 2008 à 10:31 |
Marcher en fureur jusqu’à Saint-Lazare…
Marcher la nuit dans Paris, ça me fait toujours peur. Jusqu’à sursauter quand je croise un quidam promenant son chien.
Mais la colère, c’est un très bon remède pour ne plus avoir peur des gens la nuit !
Pour le moment, on dirait bien que c’est Sandrine qui gêne. Difficile de savoir quoi faire quand il y a trop de paramètres en jeu !
J’ai plus qu’à te souhaiter bon courage (et bonne chance).
Julie // février 19, 2008 à 10:46 |
le mot à placer le plus de fois c’était vélléités?
sinon, je sens que la bulle Tim a ou va éclater….
yoyo le seul le vrai // février 19, 2008 à 10:59 |
“…grogne des trucs du genre que je viens juste pour dormir…” Ca c’est de la balle !!! Et il n’a pas tord!!!!
La princesse // février 19, 2008 à 11:14 |
Tu racontes vraiment bien ce que tu ressens…Tu y verras surement plus clair après une bonne nuit.
Tim t’a peut être sentie “acquise”, ce qui a enlevé une bonne magie de la bulle enchantée ?
La princesse // février 19, 2008 à 11:15 |
humm un bonne part de la magie, je voulais dire..
Fremen // février 19, 2008 à 11:39 |
Ca me rappelle une virée nocturne dans Paris, il y a si longtemps. Ballade transie (de sentiments) depuis la rue du Faubourg Poissonière jusqu’aux environs du Parc Monceau, et une déambulation ethérée vers la Seine…
Sur le coup, ça m’avait paru terrifiant (pas le fait de se ballader seul dans la nuit parisienne, mais plutôt l’insomnie qui prend le pas sur le sommeil) les émotions sens dessus dessous, cette sensation cauchemardesque de ne pas savoir aimer, ou de ne pas se sentir aimer, ou un mélange des deux…
Peut être que ce “mal être” t’inspire tes plus belles pages… En tout cas, ça sonne si vrai, si juste, il y a quelque chose de cristallin dans ton phrasé. Limpide.
Bonne journée Fanette
Fremen // février 19, 2008 à 11:42 |
se sentir “aimé” et pas aimer !
Mais quel âne ce Frem
BIDILOVE // février 19, 2008 à 11:46 |
une bise a hugues dont j’adore les dessins!
lea // février 19, 2008 à 12:46 |
marcher dans les rues la nuit, c’est bien !!! On se sent seul, on se sent dans un autre monde.
Flannie // février 19, 2008 à 1:03 |
Si je peux me permettre d’ajouter mon petit grain de sel, ça me rappelle une situation passée et quelqu’un en particulier, celui que j’appelle Mr Transition. J’ai mis du temps à me demander pourquoi je m’embêtais tellement à aller chez lui à presque contre coeur pour ensuite rentrer chez moi au milieu de la nuit…
J’espère que tu vas dormir comme un bébé (qui ne fait pas ses dents !) ce soir
LilyN // février 19, 2008 à 1:39 |
Vrrrrrrrrrr….. Atterissage en vue!
C’est drôle, tu savais depuis le début que cette issue était prévisible. Presque même, attendue.
Pourtant, la colère et l’énervement sont là. Tsss, tsss, faut pas. Juste tourner la page. Et avancer.
Filaplomb // février 19, 2008 à 2:26 |
Je ne comprend pas pourquoi tu en viens à faire des choses que tu ne désires pas faire. Enfin, on le fait tous mais de le lire, c’est étrange.
Il est évident que tu ne fais pas les choix qui te conviennet !
Gondolfo // février 19, 2008 à 3:03 |
Thermostat intérieur … j’adore
Mashenka // février 19, 2008 à 3:11 |
Oh, je connais cet étourdissement qui te prend lorsque tu te retrouves dans une rue, seule après être partie plus ou moins impulsivement…
!
Courage, et repose-toi bien
Norzem // février 19, 2008 à 5:04 |
Une fois l’appart’ bien rangé, un bon repas bien chaud et une bonne nuit de sommeil, tu y verras déjà plus clair. Enfin, je l’espère..
la nuit ne porte t-elle pas conseil?
Courage Fanette.
sarmentanne // février 19, 2008 à 6:14 |
il t’a appelée quand il s’est réveillé et qu’il s’est aperçu de ton absence?
Nunuche // février 19, 2008 à 6:33 |
mmmh… ce Tim en vaut-il vraiment la peine?
alyssa // février 19, 2008 à 8:10 |
J’avais juste un petit message pour toi :
http://alyssa-foxter.blogspot.com/2008/02/6-trucs-que-je-dois-raconter-sur-moi.html
Style and the City - Paris // février 19, 2008 à 9:25 |
Ma pauvre Fanette.
je pense que ce genre d’évènement, même si on voudrait s’en passer sont nécessaires à vivre pour tout simplement aprécier les autres.
Le bonheur ne peut exister snas le malheur, les bons moments sans les mauvais, les bonnes décisions sans les mauvaise.
suis tes intuitions : u n’as pas de compte à rendre aux gens qui sont sensé t’apprécier.
car ta liberté est une condition de ton acceptation.
je te remercie pour ton gentil commentaire et vais ta^cher de ne pas te décevoir.
Pour les prochaine scène, compte quand même 2 semaines car il y a la fashion week à partir de dimanche, et je vais être au taquet.
merci merci
tu es adorable à lire.
Kamel LAHMADI
street style romancer in Paris
christine // février 21, 2008 à 12:42 |
Parfois on ne sait pas quoi faire … on hésite… Tu décris bien ça.
marigaz // février 22, 2008 à 10:22 |
Une nuit de me… ! c’est propice à la mélancolie quitter l’appart à l’aube … insomnie … bon, je vais à la suite !