le journal de Fanette

Entries from mars 2008

Amylee et le sport (les deux n’ayant aucun rapport, encore qu’Amylee fait peut-être du sport mais il n’est pas question de ça).

mars 31, 2008 · 30 Comments

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D’abord je voudrais commencer en faisant de la pub pour Amylee de Trender, car j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Or, justement, elle expose le week end prochain à Paris, du 4 au 6 avril, rue Montorgueil à Paris. Je suis sûre que son vernissage sera sympa, allez-y, si vous êtes sur Paris, et voilà.

Un exemple des créations d’Amylee (vous aurez des explications plus techniques sur son site, moi je regarde, c’est tout).

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Et en suivant, parce que je ne veux pas faire un autre billet qui risquera de faire passer celui-là à la deuxième place, un point honteux sur ma pratique sportive.

Oui parce que je vous raconte que je fais du sport et tout le monde me dit que c’est bien, mais il faut être honnête : j’ai des hauts et des bas.

Alors là j’ai un bas, mais je remonte.

Et pourquoi un bas? A cause de Pâques. Le week-end de Pâques, chez ma tante, puis chez mon père, eh bien ça m’a épuisé. J’ai tellement mangé que je n’avais pas le courage de sauter du lit le matin, telle la gazelle bondissante, pour remuer mes fesses. Rien du tout. Je m’extirpais péniblement de mes draps sur les dix heures, pour descendre boire un café au lait EN TREMPANT DU CAMEMBERT DEDANS, si, avec du beurre en dessous du camembert. J’ai même essayé avec du bleu. Les vacances ça m’a toute déglingué.

Après chez papa, moins caloriques, les repas, mais tout de même.

Résultats, j’ai repris la semaine cassée.

J’avais plus de forces.

Et c’est là où c’est génial.

Je ne vais pas dire que en deux jours j’ai tout récupéré, non, mais voilà. Plusieurs personnes dans leurs comm ont l’air de dire qu’elles n’ont pas le temps ou qu’elles ont la flemme.

Et c’est là où je dis, moi, que si tu te dis, je jour où tu te sens molle, que tu vas faire 100 pompes, tu te décourages toute seule. Il ne faut pas. Mais comme un peu c’est mieux que rien, il vaut mieux en faire un tout petit peu, 5 minutes, même si ce n’est pas suffisant, et persévérer. Pour que ça devienne une habitude et continuer en augmentant.

Au bout d’un moment, ça revient. J’ai donc été assez nulle depuis mardi dernier, mais je récupère.

Et quand j’ai recommencé en automne, j’ai mis un temps fou avant de progresser : j’étais épuisée tout de suite, donc, paresseuse, je ne faisais que 10 à 15 mouvements.

Mais peu à peu j’ai augmenté.

Donc voilà, je voulais dire ça : si on part avec des ambitieux démesurées, on se décourage. Si on part avec de toutes petites ambitions, c’est plus abordable, et il suffit de ne pas se décourager.

Voilà.

Et c’est important de comprendre ça. Ne pas se mettre des trucs terribles sur le dos, qu’on ne peut pas faire, et ensuite on se décourage, et on se dit qu’on est nulle, et ça ne fait pas avancer le schmilblick. Je veux dire, ça n’est pas valable que pour le sport.

C’est peut-être de la philosophie de rien du tout, mais c’est vrai.

Allez, encore une création d’Amylee pour la route, et zou.

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Categories: Ma vie quotidienne

J’ai un nouveau portable

mars 31, 2008 · 35 Comments

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J’avais un portable. J’en ai eu un tard. Il me vient de mon oncle Guillaume, qui m’a passé, il y a trois ans, un portable qu’il avait acheté deux ans avant, et qui était déjà démodé à l’époque. Entre temps, Guillame, comme tout mâle qui se respecte, a été saisi par la manie du portable.

Mon père a toujours eu un portable, depuis très longtemps, depuis toujours, et quand la mode a commencé à se répandre en France, il y a une douzaine d’année, et que tout le monde s’est mis à en avoir, il n’avait que mépris pour ces puceaux du portable qui en avaient pour frimer alors que lui en avait professionnellement besoin. J’étais tout à fait d’accord avec lui et n’en ayant pas professionnellement besoin, je méprisais moi aussi le portable, alors que tout le monde autour de moi avaitt un potable, je résistai.

Et puis Guillaume m’en a donné un il y a trois ans.

Quand mon père l’a vu, il la regardé avec horreur, en me demandant combien je l’avais payé. Je lui ai dit qu’on me l’avait donné. Il s’est détendu.

En novice du portable, je croyais que le portable était pratique pour (ne riez pas ) téléphoner. Et avec le mien on pouvait émettre ou recevoir des appels. Normalement, c’est le but du portable.

Quand j’ai eu mon portable il y a trois ans, je l’ai tripoté dans tous les sens pour les menus, et tout ça. Les trucs ça va jamais comme je veux, j’ouvre le journal d’appel au lieu de l’agenda, j’appelle Ben au lieu d’appeler Gaël, je coupe, Ben me rappelle en me demandant pourquoi je veux le joindre.

ça, c’est les grands jours. Sinon, en général, j’oublie de le charger : donc je l’ai, mais il n’a plus de batterie.

Quand je le charge, je l’oublie sur la prise électrique : donc il est chargé, mais à la maison.

Parfois je l’oublie à la maison pas chargé, il s’éteint complètement et je ne retrouve plus le code pin.

En outre, mon portable fait rire tout le monde. Je rappelle sévèrement aux gens qu’un portable sert à téléphoner, et qu’avec le mien, justement, je téléphone. Mais ça devient de plus en plus dur à dire. Même question crédibilité au boulot, ça craint. Marc n’a jamais vu mon portable.

A part ça, avez-vous déjà été au restaurant avec des gens, et il y a un moment où tout le monde se tait et tripote son portable, attends là je regarde mes messages, attends j’envoie un SMS, on est ensemble mais avant, il faut qu’on tripote genre la terre entière veut m’appeler je leur dis que je suis au resto, mais qu’est-ce que ça peut leur foutre, si tu réponds pas ils te rappelleront.

Quoique non. Les gens se sentent vexés si vous leur envoyez pas un petit SMS “T’inkiète pa je fé pipi “. Tout le monde se surveille. Heureusement j’ai une réput’ de malpolie du portable et de handicapé du SMS. Je trouve super l’idée que les gens ne sachent pas ce que je fais et où je suis. Enfin relativement. J’envoie 40 SMS par jour à Gaël, mais c’est Gaël. S’il ne répond pas je me vexe. Mais c’est Gaël.

Mon ancien portable avait fait de nombreuses chutes, et il était de cette marque merveilleuse du nord qui fabrique des portables démontables, comme une autre marque d’un autre nord, qui fait des jouets pour enfants. Mon portable tombait, il explosait, le clavier, le plastique qui protège les touches en dessous, la pile, le cache pile, le corps de l’appareil, et hop, je reprenais tout, crac crac pouf réparé. Dernièrement, il n’avait plus de cache-pile, et il se démontait dans mon sac alors j’avais mis du scotch pour le faire tenir.

Indépendamment de ça, je n’aime pas l’argent, enfin j’aime beaucoup en recevoir mais je n’aime pas en dépenser. J’ai une méthode qui consiste à faire des enveloppes et à les remplir avec des sommes d’argent prédéfinies. Je prends l’enveloppe et je finis la semaine. Pour Pâques, je me suis fait une enveloppe Pâques, et chez mon père, j’ai sorti, je ne sais plus pourquoi, mon portable réparé avec du scotch et mon enveloppe. Je cherchais un truc dans mon sac (un beau sac, je précise, mode, qui m’a coûté des sous, et d’une marque qu’on lit dans des blogs, c’est pour dire que je fais des trucs bien aussi).

Nous étions chez mon père, qui est directeur de tructruc et il y avait sa femme, responsable de quelque chose, toujours entre deux ou trois avions, Madrid le lundi, Frankfort le mardi, Milan le mercredi, etc, et elle fait tout ça en laissant derrière elle des effluves envoûtantes d’un parfum qui pue quand je le mets sur moi. Il y avait des amis à eux. Des gens directeurs, responsables, avec des 4×4, des télés A&P, des plaques chauffantes de science fiction (je ne saurais vous en parler, mais ils font de ces trucs pour faire la cuisine maintenant … Tout ça pour faire réchauffer des surgelés au micro-onde.. Quand ma belle-mère, je dis ça avec respect, fait à manger, ça n’a rien à voir avec Marie-Rose, malgré tout le matériel,on se demande comment Marie-Rose prépare son repas avec sa plaque gaz, quoiqu’elle va changer).

Bref. Mon sac sur les genoux, je pose mon portable à côté de moi, mon portable scotché, qui ne fait pas de photo, ni de vidéo, et je sors mon enveloppe déchirée avec mon argent que je n’avais pas eu le temps de mettre dans mon porte monnaie (c’est bête mais je n’ai jamais d’argent dans mon porte monnaie, je n’ai jamais la patience de le sortir de l’enveloppe). En plus l’enveloppe était usagée, j’avais pris la première qui passait sur mon bureau.

Il y a eu un blanc. Tout le monde a regardé mon portable, mon enveloppe usagée déchirée et puis mon père. Je comprends toujours en retard, donc j’ai dit :

- Ben, pourquoi vous regardez mon portable? Il téléphone, vous savez.

Puis je me suis visualisée dans le superbe salon de mon papa directeur avec sa femme responsable, les autres gens tous directeurs et responsables, les 4×4 dehors, les télé A&P dans les villas, et j’ai compris que je n’étais pas dans le ton. J’ai rougi.

Sa femme a soupiré. Des effluves de parfum ont flotté jusqu’à moi.

Papa a dit : Fanette, tu es insortable.

J’ai sorti mon porte monnaie joli et je leur ai montré, pour pas qu’ils pensent que je préférais les enveloppes usagées, et je leur ai expliqué que je ne pensais pas toujours à sortir l’argent de l’enveloppe. J’ai voulu leur expliquer mon rapport aux distributeurs de billets, mais Papa m’a coupé, en me disant : demain, je t’achète un portable.

Les yeux de sa femme ont un peu dit que j’avais “réussi”, mais je m’abstiens de tout commentaire, mon père a cinq enfants dont deux à elle, ça crispe, peut-être.

Le lendemain il m’a acheté mon portable. Il fait des photos en faisant un bruit spécial appareil, on peut écouter de la musique, on peut se connecter à internet mais pas très bien, on fait des films avec le sons, il y a des jeux, un organiser, j’ai pas encore tout vu.

On peut même téléphoner avec.

Mais l’autre fonctionne toujours. Je vais le garder. Je m’y suis attachée.

Edit : What is A&P? une erreur, en fait, je voulais masquer le nom de la marque mais c’est tout raté. La marque, c’est la lettre d’après le A et celle d’avant le P.

Categories: Ma vie quotidienne

Trucs incohérents

mars 29, 2008 · 24 Comments

Je ne l’ai pas dit, mais en dépit du fait que je sois une fille très sérieuse, il existe au fond de moi… je ne sais quoi, mais qui me pousse à aimer des trucs dont j’ai honte.

Le camembert dans le café, par exemple (mais café pas sucré).

La lampe extraterrestre.

Bon.

Alors aujourd’hui, que c’est week-end, je m’en vais partager avec mes quelques lecteurs l’un de mes plaisir délicats et honteux, mais sincère.

Tu sais, ou pas, que c’est bientôt l’eurovision.

Enfin en mai. L’eurovision, c’est quand même le truc tellement ring’ et pourri, que même au quatorzième degré je ne parviens pas à regarder.

Je m’excuse du caractère abrupt de ce jugement auprès de tous les fans de l’eurovision.

J’aimerais retrouver toutes les video des chansons horribles des eurovisions passées, mais je n’ai aucun courage.

Et là, une amie m’a envoyé ce lien, et depuis hier soir j’ai visionné ça et je me tords de rire.

La chanson de l’eurovision espagnole.

Je suis fan.

J’adore.

Mais alors, carrément.

On est peu de choses, finalement.

Le verbe tocar signifie toucher, mais aussi jouer d’un instrument. Donc, à la fin, le type dit:
“Si tu veux, tu m’appelles et je te la (joue)touche en direct - et la chanson aussi.”
(ça fait partie de la catégorie énervante des “jeux de mots intraduisibles”, catégorie que professionnellement je déteste.)

Je mets les paroles, pour la subtilité de la compréhension (il y a un contenu fouillé, quand même).

¡Perrea! ¡Perrea!

El chikichiki mola mogollón
Lo bailan en la China y tambien en Alcorcón

Dale chikichiki a esa morenita
Que el chikichiki la pone muy tontita

Lo baila Jose Luis, lo baila Hugo Chávez,
Lo baila Mariano, mi amor ya tu sabes.

Lo bailan los bródel, lo baila mi hermano
Lo baila mi mulata con las bragas en la mano

Y el chikichiki se baila así
Uno: el brikindans
Dos: el crusaíto
Tres: el maiquelyason
Cuatro: el robocop

Baila el chikichiki baila el chikichiki
Lo bailan los jevis y también los friquis

Lo bailan en la cárcel, lo bailan en la escuela,
Lo baila mi madre y también mi abuela.

Lo canta el tigre-puma con su traje a rayas,
Y Juan Carlos le dice ¿por qué no te callas?

En el velatorio del Padre Damián
Pusieron chikichiki y el muerto echó a bailar

Danse, danse, danse !

El chikichiki se baila así
Uno: el breikindans
Dos: el crusaíto
Tres: el maiquelyason
Cuatro: el robocop

Selon la chanson, Juan-Carlos dit “Pourquoi tu ne te tais pas?”allusion à un couac diplomatique récent, on s’en fout, mais je mets le lien pour les curieux.

Vive la culture.

Edit pour Didou et pas seulement :

Perrea! Perrea!

le chikichiki est cool, trop cool
ça se danse en Chine et à aussi à Alcorcón

Passe le chikichiki à cette petite brune
ça va la rendre dingue
Jose Luis le danse, Hugo Chavez le danse,
Mariano ( droite tendance extrême) le danse, ça tu le sais mon amour

Les Brother le dansent, mon frère le danse
Ma mulata le danse la culotte à la main
Et le chikichiki se danse comme ça:
Un : brikindans (break dance)
Deux : crusaíto
Trois: maiquelyason (Michael Jackson)
Quatre: Robocop

Danse le chikichiki, danse le chikichiki
Les heavies le dansent et aussi les friquis (Freakies)

ça se danse en prison, ça se danse à l’école
ma mère le danse, ma grand mère le danse

Le tigre-puma le danse avec son costume rayé,
Et Juan-Carlos dit : pourquoi tu la fermes pas?

Lors de la levée du corps du Père Damien

Ils l’ont mis et le mort s’est mis à danser.

Danse, danse, danse!

Et le chikichiki se danse comme ça:
Un : brikindans (break dance)
Deux : crusaíto
Trois: maiquelyason (Michael Jackson)
Quatre: Robocop

La chanson est irrévérencieuse, et ils parlent d’en changer les paroles, du fait que la version originale se moque de trop de trucs…

Ma traduction est à l’arrache, hein…

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Ophélie

mars 27, 2008 · 22 Comments

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La question du jour : quel est le rapport entre cette illustration et le post d’aujourd’hui?

Résumé de l’épisode précédent : Fanette, étudiante débarquée de province, sympathise avec un groupe de jeunes gens farfelus. Mais, après les examens, le groupe peine à se reformer. Fanette discute avec Ophélie.

- Tu vois souvent Laurent? venait juste de me demander Ophélie.

Et il y avait une lueur dans ses yeux, que je décidai d’ignorer. Non, elle ne faisait que poser la question, peut-être s’était-elle sentie un peu mise de côté? la pauvre - et en plus elle avait raté ses examens.

- Euh, parfois, enfin depuis les exams je l’ai vu deux fois.

- Hm, fit Ophélie d’un air lourd de signification. En tout cas, méfie-toi de Leena.

Après cette conversation, je me dis que notre groupe était foutu, mais je décidai de ne pas me laisser abattre. J’avais passé une trop bonne année. Je voulais repasser une autre super année ; pas question de me laisser abattre par des considérations contingentes -merde. Ophélie était probablement vexée par son échec, et il ne fallait pas laisser ce genre de sentiments nous séparer. Je téléphonai deux ou trois fois à Ophélie, pourtant abbatue, et tentai d’être follement guillerette avec elle.

Mirabelle m’appela deux ou trois jours après, en me demandant si Ophélie lui faisait la gueule. En effet, elle avait tenté d’avoir plusieurs conversations téléphoniques avec elle, en vain, Ophélie était fatiguée, malade,pressée - impossible à atteindre par des mots. “Elle est super mal, dis-je, d’un air dégagé, en essayant aussi de prendre des airs mystérieux et avertis. “Il faut lui laisser un peu de temps. “Je commençais à mieux maîtriser la terminologie. Il fallait emplyer des mots lourds de sens et toujours laisser entendre que les gens éprouvaient des sentiments très lourds et très encombrants. très douloureux aussi. On pouvait forcer facile sur le dramatique. Mais Mirabelle était encore trop pharisienne ; elle appelait un chat un chat. Quelle horreur.

- Ben, elle a rien foutu, me dit-elle. Après elle s’étonne qu’elle se plante. Elle va pas faire la gueule aux autres parce qu’elle fout rien?

- Mais si, elle a travaillé, dis-je, je me sentais obligée de défendre Ophélie. Elle avait un si poétique appartement.

- Arrête !!! rigola Mirabelle. Bon, enfin moi je m’en fous. On se fait une bouffe chez Auré?

(je n’ai pas parlé d’Auré, je ne peux pas parler de tout le monde).

Va pour la bouffe chez Auré ; Ophélie vint, drapée dans sa douleur. Il y avait Philippe; qui fut charmant avec elle. Les affaires reprenaient. A la fin de la soirée, Ophélie parlait presque avec animation ; l’ambiance des jours passés revenaient.

Mais il y eut les vacances ; je partis pour mon pélérinage marathon familial annuel ; faire le tour de ma famille, version longue, me prenait deux mois. Mais la rentrée finit par arriver, et je revins à Paris.

Début septembre, donc. Les débuts d’années sont toujours fouillis. On cherche ses cours, ses heures, son emploi du temps, les TD sont remplis, on en trouve d’autres, les salles de cours s’annihilent, reparaissent ailleurs, etc.

D’ailleurs, transformée par mes vacances, je me sentais moins proches des autres. Que je revis aux inscriptions. Nous nous lançâmes des “Salut!!!”, ” ça va???” accompagnés de bisous assez hypocrites. Je me souvenais avec une mélancolie rageuse de l’année précédente ; qu’elles fassent la gueule, si elles voulaient, après tout.

Mais j’étais à côté de la plaque.

Mirabelle entamait une triomphante deuxième année. Avec Auré : moins triomphante, mais en deuxième année. Avec Leena : moins triomphante aussi. Avec moi : vexée de mon médiocre score.

Ophélie ne pouvait pas nous laisser tomber. On aurait pu la croire jalouse. Alors que pas du tout.

Il y eut diverses invitations, réinvitations, soirées pétillants (l’oncle d’Ophélie produisait, fort opportunément, un petit vin qui n’avait pas l’appellation, mais que l’on appelait joyeusement “Pétillant de Touraine” ; ça pétillait violemment; j’en ai gardé un souvenir plus qu’ému ; le pétillant nature; le pétillant cassis, et le pétillant mûre, on a même tenté le pétillant avec tous les fonds d’alcool, c’était affreux et imbuvable, mais on l’a bu, comme des cons, avant de s’entasser, pour d’obscures raisons, à 7 dans une deux chevaux conduite par un garçon à qui on venait de retirer le permis de conduite ; je n’ai pas un souvenir net de la soirée, comme si j’avais eu un bandeau sur les yeux tout le temps ; mais la deux chevaux roulait très lentement, et on n’a pas été loin , et il était tard, il n’y avait pas de circulation ; on a été du 15 ème au 7 ème - en se perdant, je crois - et ne poussant des hurlements de veaux en passant devant le dôme des Invalides - je dis ça tant qu’il est encore à peu près licite de picoler).

Bref, j’étais contente. J’avais retrouvé mes copains. Tout était super.

To be continued.

PS n’ayant rien à voir avec la choucroute :

Aujourd’hui, j’ai vu tous d’un coup les stats monter dans l’après midi, et des gens venir d’un site que je ne connaissais pas, Epidémik. J’y suis couru, et ils critiquaient le blog de Fanette, dans les comm d’un post sur un autre blog. Je n’ai pas eu le temps de tout lire bien en détail, c’est deuxième degré donc j’ai pas tout saisi mais marrant. Résultat ils ont fait monter mes stats. C’est merveilleux. Cette note est nulle parce que j’ai encore picolé et que je suis appelé par des amis pour voir un film alors que je leur casse les pieds à poster. Alors j’y vais. (Mais ce soir, je n’ai pas mangé de fromage, je tiens à le préciser).

N’oubliez pas de répondre à la question du jour. Il n’y a rien à gagner.

Categories: le feuilleton du jeudi
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Suite et fin

mars 26, 2008 · 29 Comments

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Ceci est une photo de Jean-Michel Caradec. Aurais-je eu tort de ne jamais avoir été amoureuse de lui?

Je n’ai pas grand chose à raconter sur la suite du repas, hein… On est passé à table un peu tard, vu le grand moment super important qu’on venait de vire, avec dialogue, interrogation, etc.

A table on a réattaqué sur Rollier. L’idée, c’est de bien dire que si un monsieur riche comme M. Rollier demande à Christian de lui faire son bassin à poisson rouge, c’est que Christian a tellement de talent dans la fabrication de bassin à poissons.

Donc tout le monde intervient tour à tour et y va d’un petit compliment, mais bien tourné, hein, pas ouais t’es le meilleur, ça fait fayot.

L’un évoque un autre bassin à poissons rouges qu’il a vu chez quelqu’un et qui était tellement pas terrible qu’il a aussitôt pensé à celui de Christian et il s’est dit que vraiment ceux de Christian ils étaient mieux.

Un autre raconte l’anecdote d’un qui croyait, le fat, qu’il pouvait faire sans savoir, un bassin à poisson rouge. Ben il a pas réussi. Son ciment était sableux. Il a mis du plastoc, mais c’est pas bien le plastoc. Sa tactique était toc.

Bon, je te le fais pas, moi je perds le fil, je suis au vin rouge et j’écoute plus trop. Etiennette parle d’une jeune fille qui n’a mis que des voilages colorés dans son salon et qui le regrette. Carine ne fera pas cette erreur, hein, Carine?

Voilà. L’entrée c’était charcuterie variées et salades. (repas “sans façon”).

Le plat filet mignon de porc aux petits légumes, avec un petit gratin de patate sur le côté parce les légumes ça remplit pas. Et le filet mignon, je ne t’explique pas la sauce. Crémée. Je ne peux pas résister. Je sais, c’est mal, mais je sauce avec du pain.

Après, fromage. Alors moi le fromage :

  1. je bois du vin rouge quand j’en mange chez Marie-Rose
  2. (lisez pas ça va être horrible, je vais dire des gros mots) je mets du beurre sur le pain, le fromage sur le beurre qui est sur le pain et je sauce mon assiette. Mal élevé ET calorique. Mais bon. Cette semaine : courgettes.

Et après, il y a avait une tatin avec de la crème, pour faire glisser.

J’ai dignement aidé Montane à débarrasser, mais je me sentais comme une baleine avec une pierre dans le ventre, puis je suis allée m’affaler dans le lit.

La déco ça tue.

A part ça, personne ne m’a indiqué le lien pour Anne Vanderlove, pour la chanson sur l’amour c’est comme du pain perdu, mais quelques uns d’entre vous ont tilté sur la colline aux coralines, alors que je ne l’avais mentionnée qu’en passant.

ça m’a rendu mélancolique.

J’ai cherché les paroles sur Internet.

Je suis sûre que vous ne connaissez pas, mais c’est tout tonton Fred, ça (c’est quand même un prof).

La colline aux coralines

Deux petites flaques
Un oiseau qui boîte
Sur le chemin
Donnons-nous la main
Sautons la barrière
Dans les fougères
Cherchons les pleurs
De l’accroche coeur

De Caroline à Madeline
Christophe ou Lison
Sur la colline aux coralines
Chante cette chanson

Si les paroles
Sont un peu folles
C’est que les enfants
Inventent tout le temps
Chassent l’autruche
A cache-cache elle truche
Quatre moutons
Fument sur le balcon

De Caroline à Madeline
Christophe ou Lison
Sur la colline aux coralines
Chante cette chanson

Changeons le ronde
Une seconde
Ça fera pas de mal
Au règne animal
C’est la baleine
Qui fera la laine
Et le chasseur
Qui aura peur

De Caroline à Madeline
Christophe ou Lison
Sur la colline aux coralines
Chante cette chanson

Le joueur de flûte
A fait la culbute
Son pantalon
N’a plus de fond
La nuit qui tombe
Fait grandir les ombres
Il faut rentrer
Maman va s’inquiéter

Et Caroline et Madeline
Christophe ou Lison
Sur la colline aux coralines
Se séparent en chanson

Je vais pleurer.

http://pagesperso-orange.fr/www.jeanmichelcaradec.com/discographie/mapetitefilledereve4.htm

Bou-ou-ouh.

Categories: La famille de fanette · Ma vie quotidienne
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Apéro déco chez Marie-Rose

mars 25, 2008 · 23 Comments

Alors donc, apéro chez Marie-Rose.

Il y a le mari de Marie-Rose, mon oncle Fred. Fred est cool, mais c’est quand même un prof. Je dis ça parce que c’est le point de vue de beaucoup de gens quand ils parlent de lui. Pas de Guillaume, qui est son meilleur pote, pour Guillaume Fred c’est Fredo, mais pour les autres c’est un prof.

Marie-Rose a fait fort en épousant un prof, un prof ça pense (encore que Fred ne fasse pas que penser) et ça lit. C’est une preuve d’une certaine originalité de Marie-Rose. Moi, j’ai toujours eu l’impression que Marie-Rose avait épousé le meilleur ami de son frère parce que de toute façon ils ne se quittaient pas, alors…

En tant que prof, Fred a des lubies : il va à des expos, il s’intéresse à des trucs écolo, il a une voiture pourrie, il est barbu et porte des pantalons en velours côtelés. Il écoute Joan Baez. Et Anne Vanderlove (est-ce que quelqu’un qui me lit sait où je peux trouver une chanson dont les paroles disent à peu près “L’amour, c’est comme du pain perdu, un peu de miel cache misère, est-ce que tu mens suis-je sincère… - j’écoutais le vinyl chez lui car ils avaient gardé un tourne disque, mais maintenant ils ont tout bazardé, alors macache ; cette chanson me faisait pleurer). Jean-Michel Caradec. Personne ne connaît. La colline aux coralines. Bref.

D’ailleurs, Fred a une fille vétérinaire : c’est quand même un prof, tout le monde sait que les enfants des profs font des études.

Fred est super gentil avec Marie-Rose, il l’aide. Il vient lui demander ce qu’il doit faire, elle lui dit, il l’embrasse et il part faire ce qu’elle a dit. ça énerve Montane, qu’il embrasse tout le temps sa mère. Moi je trouve ça mignon. Incongru, certes, mais mignon. De toute façon, quand je suis chez eux, je ne trouve plus rien de parisien en moi.

Depuis 5 ans, Fred est super autonome et met la table avant qu’on lui demande. Avant, il fallait tout le temps le pousser, il ne voit pas passer le temps, perdu dans ses trucs (c’est quand même un prof). Montane débarquait fulminante dans son bureau à sept heures dix : “Eh ben la table?

- Déjà? murmurait Fred, ahuri et déconcerté par l’étrange propension du temps à passer vite. Et il se levait pour aller mettre la table.

Mais depuis quelque temps, Fred est plus sensible au passage du temps, et il met la table plus tôt.

On avait sorti les apéro. Montane me montrait un petit gilet qu’elle s’était trouvé, et ma foi, grande, fine, avec ses cheveux fluides, son jean flare et son gilet elle était super belle. Je disais à son fiancé avec qui elle vit : “Mais elle est canon ma cousine !!!” et son fiancé, qui, bien que pas prof, partage nombre de caractéristique de son beau-père, a souri, s’est levé pour l’embrasser.

Et là on sonne, et c’est Etiennette, Christian son mari et leur fille aînée, Carine.

Carine a raté le bac, elle a fait un bac pro force de vente mais là elle est enceinte et elle vit avec le père qui est réparateur de frigo.

Carine est jolie, blonde, avec un visage doux et des yeux un peu ronds, genre veau ou vache, elle sourit tout le temps et elle est fière de son mari car réparateur de frigo c’est un métier d’avenir. Elle est maquillée, et très mode.

Tout le monde s’embrasse et on dit aaaah oooohh la laaaaaa à la femme enceinte, on a un petit compte rendu sur cet état intéressant. Mais Carine n’est pas fatiguée, elle n’a pas de nausée, elle n’a jamais été aussi bien, dans la famille ce sont des gens solides, pas des fragiles gnangnan. Etiennette nous rassure de toute façon elle est là pour sa fille, elle s’occupe d’elle, elle est présente c’est important d’être présente dans ses moments-là, tout le monde n’est pas comme ma mère qui s’est tirée à Paris quand elle était enceinte que personne savait où elle était et - je la coupe et je lui dis que de toute façon ma mère enceinte, elle avait une super pêche, elle n’avait besoin de personne la veille de ma naissance elle jouait au tennis (j’invente). Je suis légèrement plus sèche qu’à l’ordinaire, ça coupe le sifflet à Etiennette et Carine s’écrie tout d’un coup (avec un à propos surprenant, et donc très vraisemblablement involontaire) :

- Oh lala !!!

Elle a vu les rideaux.

Enfin le tissu des rideaux. Posé sur un tabouret avec les reste des trouvailles parisiennes de Montane, au fond de la pièce.

L’atmosphère se détend, tout le monde se lève, joyeux brouhaha, Marie-Rose dit ah non d’abord on boit un coup sinon ça va hein et tout le monde se rassoit. Pendant qu’elle sert le coup (picon bière ou pastis, mais vin blanc pour moi, le picon bière c’est traitre et je déteste le pastis), je précise le contexte : Carine s’installe aussi, elle est donc concurrente de Montane en j’installe ma maison.

Tout le monde a son verre et on boit un peu. On parle du temps. Oui, une fois qu’on a épuisé le sujet grossesse, et comme on se réserve pour la déco, il ne reste que le temps.

Il a plu, et il y a eu divers évènements lié au climat à différents endroits. Une rivière a débordé un peu quelque part, etc, une vieille dame est morte dans sa maison, mais on lui avait déjà suggéré de partir elle a pas voulu, donc c’est quand même un peu de sa faute, si elle avait voulu aller en maison de retraite ce ne serait pas arrivé, ensuite on nuance sur les maisons de retraite, il y a du pour, il y a du contre, on cite des anecdotes, enfin des trucs, on parle, on parle, le débat fait rage et dévie sur les gens qui ne se soignent pas, puis sur Christian qui ne veut pas aller chez le médecin pour son genou.

Tout à trac, Carine se tourne vers moi et me dit :” ça va, Paris?”

Elle me dit ça à chaque fois. Et je lui réponds (comme à chaque fois) : “Oui”.

Là, elle rajoute : ” Tu as toujours aimé Paris.”

Et je réponds derechef : “Oui”.

Carine continue, faisant preuve d’un stupéfiant esprit d’analyse : “C’est comme ça, c’est ton truc la ville.”

J’acquiesce derechef. Elle continue :” Moi, j’aimerai pas.”

Voilà du scoop. Elle me le dit à chaque fois.
“D’abord (elle rigole), Marc i s’rait pas d’accord!!! Et puis je serais trop loin de ma mère.

- Ah, dis-je (elle me l’a déjà dit trois ou quatre fois ; elle a peut-être peur que je l’emmène de force?)

- Et moi, conclut-elle, sans ma mère, je sais pas faire.

- Ah ouais, dis-je. ça aussi, c’est pas du scoop.

- Oh, je suis désolée, ajoute-t-elle. Comment, mais comment fait-elle pour me dire les mêmes choses à chaque fois?
Et là, je tourne la tête, croise le regard de Montane morte de rire (intérieurement) et je pouffe. Même Montane fait une tête, mais je sais qu’elle aime bien Carine, même si elle sait que je la trouve con (elle aussi elle la trouve con, mais elle l’aime bien). Montane se lève et dit, pour faire diversion :

-Bon alors écoutez moi j’en ai marre, je vous montre.

Aaaaaah tout le monde est content, se lève, je veux dire les femmes, car Christian, lui, se rapproche de Fred et ils se mettent à parler de trucs, de garage je crois. Christian, en général, parle de garage, de jardin, de bricolage et de construction de trucs genre terrasses ou bassins décoratifs pour mettre des poissons rouges. C’est son hobby du samedi, il va installer des bassins de poissons rouges chez les gens. Il se fait payer, je veux dire.

Les femmes, donc, se lèvent et vont regarder les trucs achetés par Montane.

Là, je devrais couper parce que c’est long mais on va dire que je fais du teasing alors je te montre, en gros. Ou que je fais du cliffhanger (??? du crochet? de l’accroche? du pic à glace?).

Montane n’a pas ramené de canapé, pas pratique dans le train, sans compter qu’elle a eu un dilemme violent à l’achat donc rien n’est décidé.

Elle a essentiellement ramené du tissu. Mais elle va revenir à Paris, source de toute modernitude, parce quelle a été emballée parce qu’elle a vu. M’est avis que la Carine va y faire un tour aussi, parce que je ne la vois pas se laisser coiffer au poteau par Montane. D’accord, Montane a fait des études scientifiques, mais oh. Peut-être elles vont venir ensemble? Et tout ça c’est parce que ma présence leur rend Paris concevable. Ces gens, qu’est-ce que je leur bouleverse la vie (je ne blague pas, hein).

Alors, question lampes. d’abord, il y a longtemps, j’avais lu sur le blog de la méchante une idée déco que j’avais trouvé sublime et qui m’avait fait penser à ma copine Ophélie. Les lampes japonaises en papiers accessoirisées. J’en avais parlé à Montane. Et comme, en tant que parisienne, j’exerce localement une sorte d’autorité, Montane avait remâché l’idée des lampes en papiers pour son entrée et le couloir de l’étage.

Donc Montane montra les lampes japonaises et expliqua à Etiennette ce qu’elle avait l’intention de faire. Laquelle idée ne remporta pas du tout l’adhésion d’Etiennette, et Carine commenta que les lampes en papier Naaaaaan ça faisait années 70 et cheap, c’est fini, là, on est au XXIème siècle on ne fait plus ça. Montane conserva un courtois silence, pendant que je m’abstenais de regards venimeux, ce qui me demanda beaucoup d’efforts. San Francisco, où êtes-vous? Enfin bon.

Une photo de lampe japonaises, mais c’est pour le principe. Montane a des idées d’accessoirisation, mais je ne dis plus rien, je suis trop diktat dans mes idées.

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Alors après, on est allé chez un suédois au nord (remarquez, c’est cohérent pour un suédois).

Et là, bien que j’ai retenu mon enthousiasme pour un certain abat-jour, Montane en tomba amoureuse aussi.

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Surtout le petit Toizo. J’aime les petits Noizo. Les fleurs aussi. Chacun son point faible. J’aime aussi le violet… Bon, j’arrête. Et les ronds. (des ronds roses sur un fond violet.. Mais je n’oblige personne). Montane, elle, aime le brodé. Voilà.

Moi j’ai eu aussi un faible pour cette lampe, on dirait un extraterrestre. Elle me fait penser à une nouvelle de Philip Dick, au fond de l’espace chante le Wu, mais c’est personnel.

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Mais Montane n’a pas aimé. Heureusement, sinon je me serai demandé si le Wu (ou le wub?) n’avait pas eu raison d’elle.

Après, les tissus.

Moi j’aime ça, par exemple (ça va être joli chez moi quand je meublerai).

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Mais bon, point trop n’en faut aussi, hein, sinon ça fatigue. Mais avec la lampe extra terrestre en chevet, on est d’accord.

Bon alors les tissus de Montane, je hante le web pour trouver des exemples, mais rien. Elle a choisi des rideaux prune. Et un papier peint crème. Classique. Montane est une classique. (Moi aussi, en fait).

Etiennette n’aime pas le prune, mais c’est anecdotique. Carine trouve ça pas mal, mais Etiennette proteste : ça fait penser au canapé de la tante Louise. Qué canapé de la tante Louise? fait Carine. mais enfin, le très moche. Elle ne dit pas ça pour Montane, le tissu n’a rien à voir, mais c’est par association d’idée. Mais le très moche où? demande Carine. Tout était assez moche chez la tante Louise. Le très moche de la salle sur le côté quand on entrait. Ah oui, fait Carine. Un peu. Mais quand même pas trop. Si, dit Etiennette, c’est l’effet que ça lui fait. Christian vient demander si les gens qui l’on contacté pour le bassin, tu sais, chez qui il a été ce week-end, c’est le beau-frère ou le genre à Rollier? Un débat secondaire s’ensuit. Rollier? Non? Si. Rollier est un entrepreneur local très riche. Mais pourquoi ils font pas faire le bassin à poisson rouge par un professionnel? C’est pas que le travail de Christian soit pas pro, mais bon. Débat sur le ciment et certaines mésaventures de Christian, d’où il ressort qu’il perd parfois de l’argent sur ses bacs, et donc en fait il ferait cela presque pour la gloire, ou le bonheur de l’humanité. Je me ressers un coup de vin blanc, avec de la mûre (le premier, je l’ai pris au cassis :c’est pour comparer). Autant picoler, tout a l’air plus gai. Apparemment, quand on ne respecte pas des proportions, le ciment ne tient pas. Mais pourquoi je suis là? Pourquoi j’écoute la partie construction, moi? je m’en fous des bassins à poissons rouges, moi. Je suis là pour le tissu et la déco intérieure. c’est qu’il y a eu un mouvement, tout le monde est revenu s’asseoir, Montane montre ses hésitations canapesques.

Là, je plaide un peu coupable. Je dois me taire quand je parle avec ma cousine (c’est pas facile, parce qu’elle parle très peu). J’ai un problème avec les canapés : je ne les aime pas . Je ne sais pas pourquoi. J’aime être dedans, notez, de préférence allongée, et y dormir. Mais je n’aime pas voir un canapé. J’ai du passer mon esprit critique anti canapé à Montane, car lors de notre visite parisienne, elle s’est révélée déçue du canapé.

Donc, bien qu’elle n’ait rien acheté, elle s’interroge. Quel canapé acheter?

Montane a craqué d’abord pour ce style.

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ou ce style :

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voire ça :

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Un silence lourd de scepticisme accueille ces photos. “Un canapé sans dossier et sans accoudoir? dit Etiennette, poliment réprobatrice. (les Parisiens sont vraiment tarés, quand même).

- C’est une méridienne, dit vivement Marie-Rose, qui ne le sait que depuis quinze jours. Je suis fière d’elle, elle l’avait casé tout bien pour casser Etiennette.

- Il faut évidemment l’accessoiriser avec des coussins, dit Montane, qui a appris le mot accessoiriser il y a quinze jours aussi.

- Oui, souffle Etiennette qui ne quitte pas des yeux l’aberrant meuble. Avant de conclure : on dirait le divan de tante Louise.

J’aurais payé cher pour voir la maison de tante Louise, finalement.

Du coup, dans son interrogation sur le concept de canapé, Montane sort encore des photos :

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Ce canapé rassure Etiennette, car pourvu de dossier ou d’accoudoir.

Mais celui-là :

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l’inquiéte. Elle menace Montane de ne jamais venir chez elle. Et veut-elle faire de la peine à sa mère avec des meubles invraisemblables? Marie-Rose, quoique partageant le scepticisme d’Etiennette relatif au canapé, affirme son désir de voir sa fille meubler sa maison comme elle l’entend. Elle prend la photo d’une méridienne et l’examine. Je me ressers du vin blanc sans rien, parce que je m’ennuyais. Impossible de ne pas boire à la campagne. La conversation se poursuit ensuite, loin des marais du choix de canapé de Montane. En effet, Carine “fait construire”. Donc il y a un état de la construction. Christian s’en mêle, et tout le monde se met à parler de ciment. Ou de béton. Heureusement que j’avais mon verre de vin blanc. Quelques anecdotes sur du ciment pas bien. Hou. C’est dangereux de faire construire.

Et là, j’arrête, c’est nul et abrupt mais ce billet est trop long, je dois bosser !!!

Categories: La famille de fanette

Etiennette et Marie-Rose

mars 23, 2008 · 26 Comments

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(Cette image provient tout droit du blog de Spike).

Bon, alors là je fais le post que je voulais faire il y a deux jours, mais on est plus il y a deux jours et je suis en train de me remettre dans le trip.

Pas facile. Bon. Bâtissons le contexte. J’aime contextualiser. C’était un de mes profs qui disait toujours ça.

Ah, oui, avant de contextualiser, pourquoi le chat de Shrödinger?

D’abord, pourquoi pas le chat de Schrödinger ? J’ai déjà dit que j’aimais bien le chat de Schrödinger, même si je ne comprends pas tout.

Ensuite, j’aime bien le dessin que Hugues a fait pour le chat. Donc, je voulais le mettre. Mais je l’ai fait hier, donc je ne le ferais pas.

Et pour ces deux raisons, je me creuse vainement la cervelle depuis deux semaines pour trouver un sujet de post qui puisse avoir un rapport avec le chat de Shrödinger. Je ne trouve pas. Enfin, si j’en ai trouvé un, mais c’est vraiment acrobatique, il faut me suivre.

Le chat de Shrödinger sert à illustrer une théorie qui fait qu’un proton passe par deux trous en même temps. (on ne me chipote pas sur la théorie, s’il vous plait, je ne suis pas physicienne, si vous voulez en savoir plus, Silphi repotasse ses cours, il va peut-être recommencer la recherche, car le grand capital a eu raison de son âme, alors lui il doit savoir).

Eh bien, dans ce post, Fanette, comme le proton, ou comme le chat qui est à la fois mort et vivant avant qu’on ouvre la boîte, Fanette est dans deux états : morte de rire et énervée ; ou bien parisienne et pas parisienne.

Certes, comme argument, c’est léger, mais on s’en fout. Donc, voilà le rapport entre le chat de Schrödinger et ma cousine Montane : l’état de Fanette.

Ok, maintenant on contextualise.

Soit Saint Firmin le village de ma tante et de ma cousine. Et soit Vrignolles la grande ville du coin.

Vu? ça va m’aider de nommer, même si les noms sont fantaisistes.

Bon. Alors là bas, chez Marie-Rose, et aussi chez tata Etiennette, que le démon vienne lui chatouiller les orteils, quand on a un canapé, il est comme ça :

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J’espère ne pas vexer tous les propriétaires de canapé en cuir. Il est par ailleurs confortable (on ne peut pas avoir tous les défauts). (Et j’avoue, je déteste les canapés en cuir).

Les lampes sont comme ça, sinon : (là c’est sans pompons mais il y en a une avec pompons roses chez ma tante, dans la chambre où je dors, c’est tout à fait charmant).

b8a3_1_sbl1.jpgou comme ça :

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Voilà. Et on mange du pied de porc. Bon.

Oui, je sais, tout le monde ne se meuble pas comme ça. Dans les villages, il y a des jeunes (de 40 ans) qu’on sait pas d’où ils viennent, d’au moins des 50 km, et ils habitent dans des maisons qu’ils retapent ou font construire, ils sont gentils d’ailleurs, bien polis, sauf certains qui se prennent pour des parisiens mais on dira pas qui, et ils n’habitent pas des maisons comme ça, d’accord, d’accord, mais moi là je parle des vraies, des tatouées du village que ça fait des siècles qu’elles y habitent et que ceux qui sont là depuis 30 ans c’est des ETRANGERS. Donc, ben, oui, je parle de Marie-Rose et Etiennette.

Mais comme susdit, en Montane, sous ses cheveux longs et son pull Saint James, se dissimule une jeune femme soucieuse de modernité et d’élégance.

D’où le désir de choisir pour sa maison des trucs plus modernes, et d’aller direct à la source de toute modernité (je dis pas hype parce qu’elle ne connaît pas ; si tu connais pas tu n’as pas le concept, si tu n’as pas le concept, tu ne peux nommer des concepts que tu n’as pas): la capitale.

Ou, parce que Vrigolles, c’est joli mais pas in. Et c’est là qu’intervient le post de Spike pour se mettre dans l’ambiance (à son corps défendant), Spike évoque LE village français paradigmatique dans son post, le pendant exact de Paris, usant d’un procédé humoristique reconnu, mais qui, hier (Hier? j’ai perdu le fil, quand je quitte Paris je sais plus ou j’en suis), trouva en moi un écho fasciné. Voilà, c’est pas compliqué, Montane habite le Quiou. Tu lis le post de Spike et tu es dedans, en plein, DANS le concept.

Et le samedi, elle va à la ville (enfin pas tous les samedi, on a dit Montane aime pas les villes, il y a des gens et pas de chevaux ; mais elle est obligée parfois). Et elle fait les magasins.

Le magasin phare de Vrignolles a longtemps été “Les nouvelles galeries”, qui n’ont de nouvelles que le nom, et qui ressemblaient jusqu’à il y a quatre ans à un magasin des années cinquante, avec un lino crème par terre, des vêtements pour plus de cinquante ans et une cage d’ascenseur en fer forgé (c’était ce qu’il y avait de mieux dans le magasin : la cage d’ascenseur).

Et puis alors il y a quatre ans, pouh, coup de folie, changement de propriétaire et les Nouvelles Galeries sont assez mode. (Ils ont gardé la cage d’ascenseur).

Etiennette s’y habille, car Etiennette est à la pointe de la modernité, localement s’entend, et y emmène ses filles pour leur montrer la vie. Et, régulièrement, elle achète des trucs super modernes (vêtments et meubles/déco) et elle invite Marie-Rose, et elle montre ce qu’elle a acheté.

Atttention, elle ne fait rien d’aussi ringard que dire, tiens, je t’invite à manger jeudi soir pour te montrer ma nouvelle table à café, naaaan, attention, mais elle invite et oh ah hein oh ben ça c’est dingue les nouveaux chevets sont dans le salon, dis donc. Pas eu le temps de les monter, tata?

Et moi, chaaaque fois que j’y vais, je me tape une visite chez tata, et on regarde avec admiration la dernière trouvaille, avec commentaires admiratifs, suggestions d’utilisation et dérivages du sujet sur des thèmes voisins. Bon. Je te raconte pas la soirée. Mais il faut y aller, Marie-Rose est polie, c’est une sorte de coutume entre dames là-bas, elles s’invitent et elles se montrent leurs trucs de déco.

Bon, moi j’habite un placard, donc je ne montre rien à personne, mais on fait comme ça à Paris aussi, j’ai vu chez mon oncle bienfaisant qui m’invite de temps en temps parce que je suis la fille de Véro et que bon, c’est pas de ma faute et en plus je suis polie, sa femme fait pareil, mais d’un air plus smart, mais le fond reste le même.

-OOOOOOOh, fait une dame, mais c’est nouveau, ça?

- Uiiii, fait ma tante, j’ai fait un tour à la galerie Brochant-Latour, il ont des choses délicieuses.

Bref. Eh bien, en Montane couve donc une rebelle, pire : une snob. Montane a décidé d’être plus moderne que tata Etiennette, et pour coiffer au poteau les nouvelles galeries, elle a donc été à Paris.

C’était un sale coup, quand même. Etiennette a du blêmir. On pense bien que j’en ai été ravie. Paris, ça voulait dire taper tout de suite haut, quoi. D’un côté, Montane n’avait pas droit à l’erreur, mais Montane a son petit caractère, et elle sait que de temps en temps, il faut cesser d’argumenter, ou de convaincre, et écraser.

Et donc, vendredi soir, c’était apéro chez Marie-Rose, que Montane montre ses achats…

Mais là je suis chez papa, j’ai plus le temps d’écrire.

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Les chaussures végétariennes

mars 21, 2008 · 20 Comments

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(Cette image n’a RIEN A VOIR avec le post ; mais je l’aime bien ; ceux qui veulent la comprendre vont ).

Aujourd’hui il m’arrive des trucs de dingue.

D’abord, ça a commencé hier. Parfois, il y a des aujourd’hui qui commencent hier. En tout cas, moi, ç m’arrive souvent. Hier, je me suis dit qu’aujourd’hui je ferais un post avec le chat de Shrödinger. Je dis pourquoi après.

Mais entre temps, le soir, je tombe sur des infos sur l’histoire de l’acteur, voir post précédent, et je fais le post précédent, énervée parce que, bon, je ne vais pas en reparler, déjà ça me gonfle de participer à un truc collectif, mais je ne veux pas entendre parler que je suis responsable de mes liens, ça me prend la tête, je politique de l’autruche jusqu’à nouvel ordre, tant que la loi est flou, elle l’est et quand elle ne le sera plus on verra. Je dis je, je ne suis pas concernée mais c’est tout comme. Je m’identifie, je m’implique, je plonge dans la matrice.

Bref.

Bon, donc je me dis (hier) que je vais faire aujourd’hui mon post à propos du chat de Shrödinger (et le poster ce soir).

Sans compter qu’il y a un contexte (relatif au chat de Shrödinger), j’explique. Je parle du chat après.

Le contexte, c’est que c’est Pâques. Qui dit Pâques, dit week end, et je suis chez ma tante Marie-Rose. Enfin pas pour longtemps : je fais marathon, comme d’hab, donc hier je suis partie chez Marie-Rose, et aujourd’hui j’y suis, mais demain je pars chez mon père et sa femme, la dernière, la troisième, ou quatrième ; ça dépend comment on compte (et là on fait comme s’il n’avait pas de maîtresses - les maîtresses on sait jamais trop).

Pourquoi aller chez Marie-Rose? j’explique. Il y a quelque temps, ma cousine et sa maman étaient venues à la capitale pour acheter des trucs (et prévoir d’en acheter d’autres) pour la mariage ou pour l’aménagement de la maison de ma cousine. Car ma cousine n’aime pas les villes, veut vivre à la campagne, avec de la boue partout et de jolis chemins trempés de pluie, mais elle aime le moderne et le à la mode pour dans sa maison. Enfin, à la mode, disons , le pas comme chez maman pas comme chez Etiennette.

Elle est donc revenu dans ses vertes prairies, dégoulinante de modernité, avec du matos parisien, je lui ai dit qu’on disait haïpitude mais elle n’a pas trouvé ça drôle, elle n’a pas compris, quoi. Hype, ça veut rien dire pour elle, mais je l’aime quand même. Quand j’arrive, il faut que je me réadapte, l’humour va moins vite, on est tellement spirituels à Paris.

Donc ça c’était le contexte. Etablir un rapport entre le chat de Shrödinger et les achats de Montane. Et comme j’ai lu ce matin un post à s’effondrer par terre sans plus aucune force musculaire et peut-être même avec relâchement du périnée chez Spike, je m’ai dit, dans ma tête : je vais établir un lien entre le chat de Shrödinger, le Quiou et Montane, ça va être top cool.

Mais j’ai hésité, car je n’ai plus d’appareil photo, on me l’a volé, et je veux mettre des images. Je dois trouver une solution, donc j’en étais à me dire : sépare-je le chat de Shrödinger des achats parisiens de Montane? Et quid du Quiou?

Et en plus j’ai mangé la cuisine de ma tante, donc quand je dis que je me disais ça, il faut comprendre que j’étais allongée sur mon lit, recouvert d’un dessus de lit en pilou, et que des pensées tentaient de se frayer un chemin jusqu’au neurone principal à travers les mottes de graisse animale qui flottaient dans tout mon corps.

Quand je pense que Gazelle m’a fait des exercices pour les genoux.

Et je suis venue sur le PC chez mon oncle, j’ai regardé des trucs sur internet, je suis passée chez Hélène de mon blog de fille et j’ai lu un truc qui m’a pétrifié.

Du coup je lâche tout, le chat de Shrödinger, Montane, sa lampe, les trucs hype, et je raconte.

Trop génial.

Alors donc je suis tranquillou sur le blog d’Hélène, qui dit qu’il y a une promo Etam. Ah, d’accord, me dis-je et je me dis que je vais dire que je suis pas trop intéressée, je fais dans le commentaire constructif.

Et il y a un comm d’une fille, qui dit que sa soeur ne porte que des chaussures végétariennes.

De Dieu, me dis-je.

Point de vue qu’en apparence, je partage avec Hélène, ce qui me rassure, car je sais que je suis fort en retard sur la mode, je lutte je lutte, mais c’est pas toujours facile il faut le dire. Là, je me dis avec un immense dépit que mince, là, le concept de pompes végétariennes m’avait échappé.

Mais en fait non, car Hélène aussi a été surprise, et elle lui a donc demandé de préciser.

Et la lectrice de donner, bonne âme, l’exégèse aux profanes que nous fûmes quelques instants (et je suis hyper fière d’avoir, sur ce point, partagé l’ignorance d’Hélène, ça nous a fugitivement fait un point commun) :

bah oui, pas de viande morte sur les pieds quoi

Alors là. Alors là. Alors là. J’avais jamais pensé aux choses comme ça.

Déjà, c’est toujours intéressant de renouveler les points de vue. Donc là, tout d’un coup, je me suis visualisée avec des vaches au pied. Ou des boeufs (ça va vite, c’est haut ça fait peur!!!!).

Après, je me suis demandé où était le tel d’Ophélie (je ne l’ai pas vue depuis deux ans, mais je repense à elle en ce moment). Parce que j’imagine. Je l’appelle. Je passe la voir.

(Alors là vous devez visualiser la scène avec Marina Fois. C’est exactement elle, exactement).

Donc je - Marina Fois passe chez Ophélie.

Salut? tu vas bien? (avec bisous et intonation nasillarde)

On discute un coup et là je (Marina Fois) case : T’as vu mes chaussures en skai?

Ophélie, horrifiée : en skai?????? (on l’entend penser des chaussures de PAUVRES en plastoc)

Moi (Marina), décontract’ : Ben oui, en skai!!!!Enfin !! (genre ben ouais enfin tout le monde fait ça, mais pas dit, hein, juste contenu dans la voix)

Ophélie (affligée et méprisante) : Mais c’est laid, des chaussures en skai.

Moi (Marina) : Ah euh ho l’autre, eh !!! Elle porte encore des chaussures en viande, eh !!! Mais plus personne fait ça!!! Quand t’es hype, tu te chausses plastoc !!!

Bon faut un peu d’imagination, mais je me suis rire toute seule devant l’écran, avec tout ce gras dans mes veines qui s’infiltrait lentement dans tous les recoins de mon corps.

On est peu de chose.

Sinon, ça m’a consolé des pompes en plastoc à 5 euros que j’ai acheté cet été un jour ou des nu-pieds sont morts à mes pieds dans la rue et où je n’avais pas d’argent sur moi, enfin très peu. Je déteste acheter, et j’ai un problème avec les contingences matérielles, elles me tombent dessus à l’improviste, c’est-à-dire que je m’organise, mais je ne pense jamais que des imprévus peuvent survenir. Là, je n’avais pas prévu que mon nu-pied me lâcherait. Et je me suis acheté une chaussure probablement chinoiseen plastique. Après, j’avais honte quand on me disait : “elles sont super tes petites chaussures!!!” Je murmurais : “euh non, c’est des chaussures en plastique“.

Mais maintenant, j’ai LA PHRASE QUI TUE :

Parce que toi, tu portes encore des chaussures en viande?

Merci, merci, merci Mah Yu.

 

PS : Je ne me moque pas. Je suis émerveillée. C’est la définition de la poésie. Un regard neuf sur des choses anciennes. Respect.

PS 2 : Si j’attente à la vie privée de quelqu’un, il peut me le dire par mail???

PS 3 : je parle du chat demain, mais je mets l’image maintenant.

Categories: Fanette philosophe · Ma vie quotidienne
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Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

mars 20, 2008 · 33 Comments

Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

Bon, je vais pas m’attarder trop sur ce thème, que j’ai déjà abordé samedi, mais mon sang ne fait qu’un tour (et depuis samedi, donc je suis é-pui-sée !) et je veux absolument participer au Google Bombing.

Pourtant je ne suis pas trop fan des opérations de masse : mais cet acteur exagère : il a assigné, non pas seulement Eric de Presse-Citron, mais une vingtaine de bloggeurs pour avoir relayé une info sur leur site.

Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

OK, vie privée, etc. Moi non plus je n’aimerai pas qu’on expose ma vie privée ; mais il croit quoi? Que la terre entière s’intéresse à ce point à ses histoires d’amour? je n’avais jamais entendu parler de ce type, là, il va devenir un petit star du web, mais en mauvaise part, et ça ne me dérangera pas. Si on ne peut plus parler, évoquer, ou faire un lien vers une info, où va-t-on? Encore, si les personnes en question l’avait nominativement attaqué, dénigré, insulté, à bon ou à mauvais escient : j’admets, ce serait blessant… mais il s’agit d’une info sur ses histoires de coeur, de type “ça y est, Fanette a largué Tim” ou “Ben en pince-t-il secrètement pour Fanette?”, où est l’insulte, et s’il ne veut pas que sa vie privée s’étale, non pas même à la une, mais à la dernière page des journaux, il n’a qu’à changer de métier !!! je veux bien admettre que certains acteurs puissent se sentir harcelé, mais là?

Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

En fait, il faut comprendre les choses autrement - ce n’est pas possible. Tout le monde se fout d’Olivier Martinez. Le problème est là : en revanche, on va probablement beaucoup plus parler de lui prochainement : nul doute qu’il soit en train de se faire de la pub.

Dimanche, j’ai écrit un truc à propos d’un acteur français. Je n’ai également fait que relayer et commenter une info. ça n’était pas brillant d’intelligence, le relais d’info n’est pas une opération intellectuelle hautement estimable, mais j’ai lu un truc qui m’a fait rire, et voulu le partager - aussi bête que ça. Si on me demande de le supprimer, je supprime, parce que je ne vais pas me battre pour qu’on m’autorise à ironiser sur les gens. je comprends bien qu’on puisse être blessé ; alors je retire.

Mais Olivier n’a pas demandé à ce que l’info soit retirée. Il veut se faire de la pub. grand bien lui fasse.

Posons nous la question : Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

Pour participer au google bombing (trouvé chez LTZ) :

1 lien sur le mot escroc renvoyant vers la page wikipedia de l’acteur en question :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Olivier_Martinez

1 lien sur le nom de l’acteur, Olivier Martinez, renvoyant vers l’article d’Eric :
http://www.presse-citron.net/?2008/03/18/3187-fuzz-et-assignation-en-justice-et-le-plaignant-est

Mais on pourrait faire un truc plus méchant si besoin.

Si des gens veulent diffuser ma vie sentimentalo-affective sur le Web, ils seront bien gentils.

Ou alors ils parlent de moi et je les attaque pour me faire de la pub…

J’hésite.

Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

Pour le google bombing, j’utilise le lien vers Presse Citron car je crois que ce sera plus efficace : mais il ne faut pas oublier les autres victimes de la bêtise d’Olivier Martinez. Je ne les connais pas tous, mais Silphi en mentionne deux sur son blog : Camille-Fraise et Laurent, pour un site sur son quartier, si j’ai bien compris.

Actuellement, en tapant escroc sur Google, la page Wikipédia d’Olivier Martinez arrive en troisième place. En tapant Olivier Martinez, Presse-Citron est dans la première page.

Olivier Martinez est-il un escroc ou un imbécile?

Edit :

Je viens d’entendre parler de ça. Un blogueur condamné sans même le savoir.

http://www.caledosphere.com/?p=3784

C’est pas avec un google bombing qu’on va s’en sortir. Certains n’ont aucun scrupule.

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Voilà l’été

mars 20, 2008 · 26 Comments

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Résumé de l’épisode précédent : Fanette, étudiante débarquée de province, sympathise avec un groupe de jeunes gens farfelus. Mais, après les examens, ils semblent s’évaporer.

Donc, j’errais un peu comme une âme en peine, souhaitant retrouver le rythme de ma vie d’avant, mais il ne revenait pas.

Une semaine, ou dix jours, un peu mous, passèrent. Puis Laurent m’appela, pour un ciné. Puis Philippe, puis Mirabelle. Je proposai à Mirabelle de venir au ciné, ou au café, avec nous. Elle déclina, argumentant qu’elle avait en de me voir, ou Ophélie, ou Leena, ou une autre, mais Laurent non, et pas Philippe. Je fus stupéfaite, moi j’aimais tout le monde, mais pas elle? Euh.. Non, elle trouvait Philippe ennuyeux et Laurent bizarre. Je raccrochai tourneboulée.

Des coups de téléphone recommencèrent à se succéder, d’abord lentement, puis plus fréquemment. Mirabelle m’appela pour me proposer d’aller chez Ophélie. J’allai chez Ophélie, invitée par Mirabelle ; quand j’arrivai, en milieu d’après-midi, pas mal de gens étaient déjà là, ils avaient visiblement déjeuné ensemble, et j’arrivais comme une intruse, ou une étrangère, après. Cela me remplit de perplexité ; ne faisais-je plus partie du groupe? Je partis plus tôt, ce qui me fit encore plus ressentir à quel point j’étais étrangère. En revenant, je m’arrêtai dans un magasin de chaussures ; le fil de mes pensées confuses et perturbées me fit penser qu’un achat de chaussures rendrait mon apparence générale moins ringarde et serait un pas de plus vers mon intégration ou ma réintégration (des mocassins aux chaussures de sport ; et des chaussures de sport aux chaussures à la mode).

Ensuite il y eut les résultats aux examens. J’avais presque toutes mes UVs, mais il fallait en repasser une ou deux en septembre ; Mirabelle, Laurent (qui doublait ou triplait son année), Philippe, Aymeric, Leena les avaient toutes. Pour le reste, c’était plus flou.

Ophélie m’appela le lendemain ou sur lendemain, et je passai chez elle, avec soulagement ; elle était seule. C’était le soir ; de nouveau, les bougies, miroirs, lumières, encens, lampes japonaises, reflets de lumière dorée dans les verres de vin blanc.

Ophélie m’informa de ce qu’elle était “très mal”. A l’époque, je parlais encore un français assez classique, et je ne connaissais pas les expressions elliptiques et imagées de la capitale. Je crus qu’elle avait un problème de santé. Mais non. Elle souffrait dans son âme ; mais elle avait du mal à s’exprimer : l’intensité de la douleur.

Après des silences ombreux et des soupirs, des disques de fado et de musique brésilienne (chez Ophélie j’avais toujours, diablement philistine, un petit carnet et je disais : ” c’est qui, ça?” et je notais les titres que j’allais retrouver à la Fnac), Ophélie me demanda, toute en émotion retenue, si, sincèrement, je pensais que Mirabelle avait vraiment travaillé plus qu’elle ses examens. La question me réduisit premièrement au silence ; était-ce une blague? un piège? y avait-il une deuxième, troisième, ou quatrième degré? Pourtant, un doute pointait dans mon esprit. Complètement abasourdie, je répondais qu’elle s’était enfermée pendant un mois et demi pour réviser ; que je ne pouvais pas juger et comparer leurs quantité et capacité de travail, car tout le monde était différent, mais en tout cas Mirabelle avait donner tous les signes extérieurs du travail.

Ophélie s’agita ; soupira ; voilà, j’avais bien dit les choses : les signes extérieurs du travail ; mais pouvait-on affirmer avec certitude qu’elle avait vraiment travaillé? je lui fis remarquer que, d’une personne qui a l’air de travailler et qui réussit ensuite ses examens, on peut s’autoriser à penser, avec une forte probabilité, qu’elle a en effet travaillé. Ophélie en convint, après un silence.

Son salon ressemblait à un décor de théâtre ; une lampe en lamelles de bambou projetait sur les murs de briques peintes en blanc des reflets rouges ; le vin doré, dans les verres, étincelait ; quelques paillettes sur les tissus orientaux, aux murs, dans la pénombre, palpitaient de tout petits points dorés. Je sentais arriver la catastrophe, mais je regardais les murs, le sol, le canapé, pour regarder ailleurs.

Mais pouvait-on affirmer qu’Ophélie n’avait pas assez travaillé? Pouvait-on comparer les résultats aux examens de Mirabelle et d’Ophélie, et en tirer des conclusions? Mirabelle n’était-elle pas, finalement, une bonne petite élève sérieuse qui avait bien appris ses leçons, et donc plu aux profs, quand l’indépendance d’esprit et la largeur de vue d’Ophélie leur avait déplu? Avec un soupir, Ophélie m’avoua sa déception : les profs étaient toujours les mêmes ; ils préféraient toujours les esprits scolaires aux esprits plus murs ; sa prof de français de première le lui avait dit : elle n’avait pas un esprit scolaire.

J’étais bien convaincue de ce qu’Ophélie n’avait pas un esprit scolaire. Moi même, regardant à l’intérieur de moi, je devais bien admettre que j’étais aussi de ces esprits furieusement scolaires qui apprennent leurs leçons pour la savoir, et utilisent, avec un manque total d’originalité, ces connaissances acquises pour les examens, en le saupoudrant d’idées lues ça et là. Je suggérai à Ophélie d’apprendre plus ses leçons pour septembre, dans le style le plus ondoyant et le plus détaché possible, comme si réussir ses examens n’était que la plus infime petite part de nos fascinantes existences, une concession à la mesquinerie du monde. D’un geste gracieux, Ophélie renvoya le problème à sa place : “Bien sûr, dit-elle. Ce n’est pas le problème.”

Le problème, était, en effet, que Mirabelle, petite fille joufflue et bien élevée, avait réussi ses examens, comme une bonne petite élève sérieuse, alors que l’ondoyante, musicale, théâtrale et artiste Ophélie s’était lamentablement vautré. Elle se refusait à admettre qu’elle n’avait rien fait, pas étudié, pas appris, et c’est quelque chose qui m’a toujours surpris : certains étudiants tiennent les études en un tel mépris qu’ils se croiraient insultés à l’idée de devoir apprendre une leçon, opération trop mesquine pour leurs intelligences supérieures ; il semble pourtant logique et simple de postuler que les profs font des cours, et contrôlent leur apprentissage par des examens ; mais ces élèves utilisent plutôt la fac comme un révélateur de leur intelligence : un lieu où il ne faut pas apprendre, quelle horreur, mais réfléchir - le cerveau vide.

Ophélie était aux prises avec un sentiment que j’ai ensuite retrouvé chez nombre d’étudiants : la jalousie intellectuelle, et curieusement c’est l’une des pires qui soit. On peut être jaloux du physique d’une personne, quand une beauté ou un charme indubitable s’étale devant nous, et je le comprend bien. Mais la jalousie intellectuelle semble cent fois plus mesquine : devant l’évidence d’une réussite scolaire ou universitaire, on oppose facilement le conformisme à l’esprit libre, et n’importe quel crétin se plait à justifier son échec par sa supériorité d’esprit, supposée odieuse au correcteur mesquin, argument irréfutable : son charme et sa puissance viennent de son paradoxe et de son illogisme même ;  l’effet goéland, pourrait-on dire : “Exilé comme un prince au milieu des huées, ses ailes de géant l’empêchent de marcher“: j’ai raté l’examen parce que je suis trop intelligent, emballé c’est pesé, les profs c’est tous des cons.

Je n’osai pas croire à cette stupidité de la part d’Ophélie ; mais si, il fallait le croire. Et ce n’était pas tout. Après avoir réglé le problème de Mirabelle, elle passa à moi :

- Il paraît que tu es allé au cinéma avec Laurent?

- Oui.

- Tu sais que tu as vexée Barbico?

Ophélie se lança dans une analyse détaillée des sentiments de Barbico, c’est-à-dire Leena, et m’assura que j’allais avoir des problèmes avec elle ; je ne voyais pas très bien lesquels. Nous étions en termes très froids, je ne voyais pas comment cela pouvait se dégrader. D’ailleurs je m’en moquais. Je le dis à Ophélie, qui, en prenant des airs mystérieux, m’assura que Leena connaissait “très bien” Laurent et qu’il fallait “se méfier”. Mais se méfier de quoi? c’est ce que je ne pus deviner. Je dis à Ophélie que Laurent avait souvent l’air agacé par Leena ; pas du tout, me dit Ophélie ; c’était beaucoup plus compliqué que ça. Laurent avait fait des confidences à Ophélie (ce qui me surprit) ; Laurent était un être fragile, blessé, difficile à comprendre (on comprenait cependant qu’Ophélie avait réussi à percer les arcanes de la compréhension de l’être profond de Laurent, grâce, probablement, à la supériorité intellectuelle qui lui avait tant fait obstacle dans sa réussite aux examens) ; le lien qui l’attachait à Leena ne serait pas facile à rompre. Eh bien, tant pis, dis-je à Ophélie, je le vois toujours sans elle, alors il peut la voir d’une côté et moi de l’autre, avec Philippe ou Arnaud, je m’en fous.

- Et tu le vois souvent, alors? demanda Ophélie. Rêvai-je ou y avait-il une passion inquisitrice larvée dans sa question?

(c’est trop long, j’arrête, la semaine prochaine la suite).

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