le journal de Fanette

Les chaussures végétariennes

mars 21, 2008 · 20 commentaires

schrodinger.jpg

(Cette image n’a RIEN A VOIR avec le post ; mais je l’aime bien ; ceux qui veulent la comprendre vont ).

Aujourd’hui il m’arrive des trucs de dingue.

D’abord, ça a commencé hier. Parfois, il y a des aujourd’hui qui commencent hier. En tout cas, moi, ç m’arrive souvent. Hier, je me suis dit qu’aujourd’hui je ferais un post avec le chat de Shrödinger. Je dis pourquoi après.

Mais entre temps, le soir, je tombe sur des infos sur l’histoire de l’acteur, voir post précédent, et je fais le post précédent, énervée parce que, bon, je ne vais pas en reparler, déjà ça me gonfle de participer à un truc collectif, mais je ne veux pas entendre parler que je suis responsable de mes liens, ça me prend la tête, je politique de l’autruche jusqu’à nouvel ordre, tant que la loi est flou, elle l’est et quand elle ne le sera plus on verra. Je dis je, je ne suis pas concernée mais c’est tout comme. Je m’identifie, je m’implique, je plonge dans la matrice.

Bref.

Bon, donc je me dis (hier) que je vais faire aujourd’hui mon post à propos du chat de Shrödinger (et le poster ce soir).

Sans compter qu’il y a un contexte (relatif au chat de Shrödinger), j’explique. Je parle du chat après.

Le contexte, c’est que c’est Pâques. Qui dit Pâques, dit week end, et je suis chez ma tante Marie-Rose. Enfin pas pour longtemps : je fais marathon, comme d’hab, donc hier je suis partie chez Marie-Rose, et aujourd’hui j’y suis, mais demain je pars chez mon père et sa femme, la dernière, la troisième, ou quatrième ; ça dépend comment on compte (et là on fait comme s’il n’avait pas de maîtresses - les maîtresses on sait jamais trop).

Pourquoi aller chez Marie-Rose? j’explique. Il y a quelque temps, ma cousine et sa maman étaient venues à la capitale pour acheter des trucs (et prévoir d’en acheter d’autres) pour la mariage ou pour l’aménagement de la maison de ma cousine. Car ma cousine n’aime pas les villes, veut vivre à la campagne, avec de la boue partout et de jolis chemins trempés de pluie, mais elle aime le moderne et le à la mode pour dans sa maison. Enfin, à la mode, disons , le pas comme chez maman pas comme chez Etiennette.

Elle est donc revenu dans ses vertes prairies, dégoulinante de modernité, avec du matos parisien, je lui ai dit qu’on disait haïpitude mais elle n’a pas trouvé ça drôle, elle n’a pas compris, quoi. Hype, ça veut rien dire pour elle, mais je l’aime quand même. Quand j’arrive, il faut que je me réadapte, l’humour va moins vite, on est tellement spirituels à Paris.

Donc ça c’était le contexte. Etablir un rapport entre le chat de Shrödinger et les achats de Montane. Et comme j’ai lu ce matin un post à s’effondrer par terre sans plus aucune force musculaire et peut-être même avec relâchement du périnée chez Spike, je m’ai dit, dans ma tête : je vais établir un lien entre le chat de Shrödinger, le Quiou et Montane, ça va être top cool.

Mais j’ai hésité, car je n’ai plus d’appareil photo, on me l’a volé, et je veux mettre des images. Je dois trouver une solution, donc j’en étais à me dire : sépare-je le chat de Shrödinger des achats parisiens de Montane? Et quid du Quiou?

Et en plus j’ai mangé la cuisine de ma tante, donc quand je dis que je me disais ça, il faut comprendre que j’étais allongée sur mon lit, recouvert d’un dessus de lit en pilou, et que des pensées tentaient de se frayer un chemin jusqu’au neurone principal à travers les mottes de graisse animale qui flottaient dans tout mon corps.

Quand je pense que Gazelle m’a fait des exercices pour les genoux.

Et je suis venue sur le PC chez mon oncle, j’ai regardé des trucs sur internet, je suis passée chez Hélène de mon blog de fille et j’ai lu un truc qui m’a pétrifié.

Du coup je lâche tout, le chat de Shrödinger, Montane, sa lampe, les trucs hype, et je raconte.

Trop génial.

Alors donc je suis tranquillou sur le blog d’Hélène, qui dit qu’il y a une promo Etam. Ah, d’accord, me dis-je et je me dis que je vais dire que je suis pas trop intéressée, je fais dans le commentaire constructif.

Et il y a un comm d’une fille, qui dit que sa soeur ne porte que des chaussures végétariennes.

De Dieu, me dis-je.

Point de vue qu’en apparence, je partage avec Hélène, ce qui me rassure, car je sais que je suis fort en retard sur la mode, je lutte je lutte, mais c’est pas toujours facile il faut le dire. Là, je me dis avec un immense dépit que mince, là, le concept de pompes végétariennes m’avait échappé.

Mais en fait non, car Hélène aussi a été surprise, et elle lui a donc demandé de préciser.

Et la lectrice de donner, bonne âme, l’exégèse aux profanes que nous fûmes quelques instants (et je suis hyper fière d’avoir, sur ce point, partagé l’ignorance d’Hélène, ça nous a fugitivement fait un point commun) :

bah oui, pas de viande morte sur les pieds quoi

Alors là. Alors là. Alors là. J’avais jamais pensé aux choses comme ça.

Déjà, c’est toujours intéressant de renouveler les points de vue. Donc là, tout d’un coup, je me suis visualisée avec des vaches au pied. Ou des boeufs (ça va vite, c’est haut ça fait peur!!!!).

Après, je me suis demandé où était le tel d’Ophélie (je ne l’ai pas vue depuis deux ans, mais je repense à elle en ce moment). Parce que j’imagine. Je l’appelle. Je passe la voir.

(Alors là vous devez visualiser la scène avec Marina Fois. C’est exactement elle, exactement).

Donc je - Marina Fois passe chez Ophélie.

Salut? tu vas bien? (avec bisous et intonation nasillarde)

On discute un coup et là je (Marina Fois) case : T’as vu mes chaussures en skai?

Ophélie, horrifiée : en skai?????? (on l’entend penser des chaussures de PAUVRES en plastoc)

Moi (Marina), décontract’ : Ben oui, en skai!!!!Enfin !! (genre ben ouais enfin tout le monde fait ça, mais pas dit, hein, juste contenu dans la voix)

Ophélie (affligée et méprisante) : Mais c’est laid, des chaussures en skai.

Moi (Marina) : Ah euh ho l’autre, eh !!! Elle porte encore des chaussures en viande, eh !!! Mais plus personne fait ça!!! Quand t’es hype, tu te chausses plastoc !!!

Bon faut un peu d’imagination, mais je me suis rire toute seule devant l’écran, avec tout ce gras dans mes veines qui s’infiltrait lentement dans tous les recoins de mon corps.

On est peu de chose.

Sinon, ça m’a consolé des pompes en plastoc à 5 euros que j’ai acheté cet été un jour ou des nu-pieds sont morts à mes pieds dans la rue et où je n’avais pas d’argent sur moi, enfin très peu. Je déteste acheter, et j’ai un problème avec les contingences matérielles, elles me tombent dessus à l’improviste, c’est-à-dire que je m’organise, mais je ne pense jamais que des imprévus peuvent survenir. Là, je n’avais pas prévu que mon nu-pied me lâcherait. Et je me suis acheté une chaussure probablement chinoiseen plastique. Après, j’avais honte quand on me disait : “elles sont super tes petites chaussures!!!” Je murmurais : “euh non, c’est des chaussures en plastique“.

Mais maintenant, j’ai LA PHRASE QUI TUE :

Parce que toi, tu portes encore des chaussures en viande?

Merci, merci, merci Mah Yu.

 

PS : Je ne me moque pas. Je suis émerveillée. C’est la définition de la poésie. Un regard neuf sur des choses anciennes. Respect.

PS 2 : Si j’attente à la vie privée de quelqu’un, il peut me le dire par mail???

PS 3 : je parle du chat demain, mais je mets l’image maintenant.

Catégories : Fanette philosophe · Ma vie quotidienne
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