le journal de Fanette

Etiennette et Marie-Rose

mars 23, 2008 · 26 commentaires

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(Cette image provient tout droit du blog de Spike).

Bon, alors là je fais le post que je voulais faire il y a deux jours, mais on est plus il y a deux jours et je suis en train de me remettre dans le trip.

Pas facile. Bon. Bâtissons le contexte. J’aime contextualiser. C’était un de mes profs qui disait toujours ça.

Ah, oui, avant de contextualiser, pourquoi le chat de Shrödinger?

D’abord, pourquoi pas le chat de Schrödinger ? J’ai déjà dit que j’aimais bien le chat de Schrödinger, même si je ne comprends pas tout.

Ensuite, j’aime bien le dessin que Hugues a fait pour le chat. Donc, je voulais le mettre. Mais je l’ai fait hier, donc je ne le ferais pas.

Et pour ces deux raisons, je me creuse vainement la cervelle depuis deux semaines pour trouver un sujet de post qui puisse avoir un rapport avec le chat de Shrödinger. Je ne trouve pas. Enfin, si j’en ai trouvé un, mais c’est vraiment acrobatique, il faut me suivre.

Le chat de Shrödinger sert à illustrer une théorie qui fait qu’un proton passe par deux trous en même temps. (on ne me chipote pas sur la théorie, s’il vous plait, je ne suis pas physicienne, si vous voulez en savoir plus, Silphi repotasse ses cours, il va peut-être recommencer la recherche, car le grand capital a eu raison de son âme, alors lui il doit savoir).

Eh bien, dans ce post, Fanette, comme le proton, ou comme le chat qui est à la fois mort et vivant avant qu’on ouvre la boîte, Fanette est dans deux états : morte de rire et énervée ; ou bien parisienne et pas parisienne.

Certes, comme argument, c’est léger, mais on s’en fout. Donc, voilà le rapport entre le chat de Schrödinger et ma cousine Montane : l’état de Fanette.

Ok, maintenant on contextualise.

Soit Saint Firmin le village de ma tante et de ma cousine. Et soit Vrignolles la grande ville du coin.

Vu? ça va m’aider de nommer, même si les noms sont fantaisistes.

Bon. Alors là bas, chez Marie-Rose, et aussi chez tata Etiennette, que le démon vienne lui chatouiller les orteils, quand on a un canapé, il est comme ça :

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J’espère ne pas vexer tous les propriétaires de canapé en cuir. Il est par ailleurs confortable (on ne peut pas avoir tous les défauts). (Et j’avoue, je déteste les canapés en cuir).

Les lampes sont comme ça, sinon : (là c’est sans pompons mais il y en a une avec pompons roses chez ma tante, dans la chambre où je dors, c’est tout à fait charmant).

b8a3_1_sbl1.jpgou comme ça :

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Voilà. Et on mange du pied de porc. Bon.

Oui, je sais, tout le monde ne se meuble pas comme ça. Dans les villages, il y a des jeunes (de 40 ans) qu’on sait pas d’où ils viennent, d’au moins des 50 km, et ils habitent dans des maisons qu’ils retapent ou font construire, ils sont gentils d’ailleurs, bien polis, sauf certains qui se prennent pour des parisiens mais on dira pas qui, et ils n’habitent pas des maisons comme ça, d’accord, d’accord, mais moi là je parle des vraies, des tatouées du village que ça fait des siècles qu’elles y habitent et que ceux qui sont là depuis 30 ans c’est des ETRANGERS. Donc, ben, oui, je parle de Marie-Rose et Etiennette.

Mais comme susdit, en Montane, sous ses cheveux longs et son pull Saint James, se dissimule une jeune femme soucieuse de modernité et d’élégance.

D’où le désir de choisir pour sa maison des trucs plus modernes, et d’aller direct à la source de toute modernité (je dis pas hype parce qu’elle ne connaît pas ; si tu connais pas tu n’as pas le concept, si tu n’as pas le concept, tu ne peux nommer des concepts que tu n’as pas): la capitale.

Ou, parce que Vrigolles, c’est joli mais pas in. Et c’est là qu’intervient le post de Spike pour se mettre dans l’ambiance (à son corps défendant), Spike évoque LE village français paradigmatique dans son post, le pendant exact de Paris, usant d’un procédé humoristique reconnu, mais qui, hier (Hier? j’ai perdu le fil, quand je quitte Paris je sais plus ou j’en suis), trouva en moi un écho fasciné. Voilà, c’est pas compliqué, Montane habite le Quiou. Tu lis le post de Spike et tu es dedans, en plein, DANS le concept.

Et le samedi, elle va à la ville (enfin pas tous les samedi, on a dit Montane aime pas les villes, il y a des gens et pas de chevaux ; mais elle est obligée parfois). Et elle fait les magasins.

Le magasin phare de Vrignolles a longtemps été “Les nouvelles galeries”, qui n’ont de nouvelles que le nom, et qui ressemblaient jusqu’à il y a quatre ans à un magasin des années cinquante, avec un lino crème par terre, des vêtements pour plus de cinquante ans et une cage d’ascenseur en fer forgé (c’était ce qu’il y avait de mieux dans le magasin : la cage d’ascenseur).

Et puis alors il y a quatre ans, pouh, coup de folie, changement de propriétaire et les Nouvelles Galeries sont assez mode. (Ils ont gardé la cage d’ascenseur).

Etiennette s’y habille, car Etiennette est à la pointe de la modernité, localement s’entend, et y emmène ses filles pour leur montrer la vie. Et, régulièrement, elle achète des trucs super modernes (vêtments et meubles/déco) et elle invite Marie-Rose, et elle montre ce qu’elle a acheté.

Atttention, elle ne fait rien d’aussi ringard que dire, tiens, je t’invite à manger jeudi soir pour te montrer ma nouvelle table à café, naaaan, attention, mais elle invite et oh ah hein oh ben ça c’est dingue les nouveaux chevets sont dans le salon, dis donc. Pas eu le temps de les monter, tata?

Et moi, chaaaque fois que j’y vais, je me tape une visite chez tata, et on regarde avec admiration la dernière trouvaille, avec commentaires admiratifs, suggestions d’utilisation et dérivages du sujet sur des thèmes voisins. Bon. Je te raconte pas la soirée. Mais il faut y aller, Marie-Rose est polie, c’est une sorte de coutume entre dames là-bas, elles s’invitent et elles se montrent leurs trucs de déco.

Bon, moi j’habite un placard, donc je ne montre rien à personne, mais on fait comme ça à Paris aussi, j’ai vu chez mon oncle bienfaisant qui m’invite de temps en temps parce que je suis la fille de Véro et que bon, c’est pas de ma faute et en plus je suis polie, sa femme fait pareil, mais d’un air plus smart, mais le fond reste le même.

-OOOOOOOh, fait une dame, mais c’est nouveau, ça?

- Uiiii, fait ma tante, j’ai fait un tour à la galerie Brochant-Latour, il ont des choses délicieuses.

Bref. Eh bien, en Montane couve donc une rebelle, pire : une snob. Montane a décidé d’être plus moderne que tata Etiennette, et pour coiffer au poteau les nouvelles galeries, elle a donc été à Paris.

C’était un sale coup, quand même. Etiennette a du blêmir. On pense bien que j’en ai été ravie. Paris, ça voulait dire taper tout de suite haut, quoi. D’un côté, Montane n’avait pas droit à l’erreur, mais Montane a son petit caractère, et elle sait que de temps en temps, il faut cesser d’argumenter, ou de convaincre, et écraser.

Et donc, vendredi soir, c’était apéro chez Marie-Rose, que Montane montre ses achats…

Mais là je suis chez papa, j’ai plus le temps d’écrire.

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