le journal de Fanette

Entrée de avril 2008

Pierre-Henri au café 2

avril 29, 2008 · 31 commentaires

Bon, alors les évènements ayant déjà eu lieu, je ne peux pas modifier le rendez-vous, je dis ça pour toutes les suggestions que j’ai eu : le Fl*nch, le M*cD* et le kebab.

Mais je songe à un chinois, parce que si je ne suis pas une fan des trois sus-cité, je suis une aficionados des chinois, et j’en connais un super cheap rue Rambuteau….

Quoiqu’il en soit c’est au café que nous sommes allés.

Mais avant, il faut que je fasse une sérieuse mise au point sur Pierre-Henri.

Enfin, dans la mesure de mes moyens. Je veux dire par là que vu la mutabilité de mes humeurs vis-à-vis du personnage, je fais ce que je peux.

Bon, d’abord un point : au début, quand on ne connaît pas les gens, on peut les voir comme des clichés. Donc j’ai présenté Pierre-Henri comme un cliché. La voiture, pas de métro, les lunettes de soleil, la chemise col ouvet ou le polo, la veste. Pompes : chaussures bateau, des S*b*g*, je, euh, je ne connaissais pas la marque, je ne savais pas qu’il y a UNE marque. (Je n’ai pas nécessairement un dent contre les marques, il y en a qui sont vraiment de bonne qualité et bien et chic et tout et puis quand on a des faibles pour les palaces, on ne fait pas sa chipoteuse sur les marques), ou des chaussures de ville sûrement de marques mais il m’a pas dit, j’aime mieux pas savoir, on y va doucement.

Mais après quand on connaît les gens on atteint la limite du cliché.

Il ne fonctionne plus.

Or, Pierre-Henri, bien que monstrueusement maladroit et plouquement riche, n’est pas un mauvais homme.

Il est d’une horrible et enfantine sincérité (et qu’on ne vienne pas me dire que je dois être amoureuse de lui là maintenant tout de suite, je ne le suis pas, ni de Ben, qui est aussi très gentil). Donc, ce con, quand il m’a dit qu’on ne devait pas souvent m’emmener dans des endroits comme ça, eh bien il était content comme un idiot de m’emmener dans un endroit qui me plaît parce qu’il m’aime bien.

Il était content et fier parce qu’il peut faire ça parce qu’il a de l’argent.

Ben oui. C’est con, c’est brut de décoffrage, et j’ai toujours du mal à l’avaler, mais c’est vrai.

J’ai du tomber sur le seul neu-neu bling-bling du coin. Je dois bien avouer qu’il est attendrissant. Donc maintenant il veut me faire faire le tour des palaces parisiens pour que je sois contente (et que je l’aime bien, et que je tombe amoureuse de lui, on le voit venir, mais il faut bien reconnaître que quelqu’un qui se donne du mal pour faire plaisir, n’est pas nécessairement antipathique… En fait, lui, il est juste agaçant comme un Saint-Bernard…).

Bref, on s’est donc retrouvé dans un café. Je me sentais bête, dans la mesure où avec mes copains on va au café ou dans une brasserie, on discute longtemps et tout va bien, on ne se pose pas de questions, on le fait et c’est tout, mais du coup, j’y suis allé en me disant “mais qu’est-ce que je vais faire? De quoi on va parler? De quoi je parle d’habitude?” ce qui n’est pas bon signe.

Je suis arrivée avant lui, et j’ai attendu.

Il n’arrivait pas.

J’ai commencé à être de mauvaise humeur, et toutes mes mauvaises pensées à son égard sont remontées. J’ai commencé à me faire un film. A être de mauvaise humeur.

Et puis il est arrivé. Je faisais la gueule. lui pas. Au bout d’un moment je lui ai dit qu’il était quand même super goujat. Il s’est décomposé, sur le mode “mais qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour lui plaire, cette nana est un monstre.”.

- Tu es en retard, lui ai-je dit.

- Mais non. Tu avais dit 17 heures.

- Non, 16 h 15 – 30.

- Mais non !!! (il avait l’air sincère, j’ai eu un doute).

- Si, ai-je insisté fermement.

Et là il me sort son portable et trifouille dans ses SMS, me montre le SMS, et , oui, il avait raison. 17 heures, c’était écrit.

- Regarde celui que tu m’as envoyé, suggère-t-il.

- J’ai oublié mon portable chez moi, ai-je répondu en essayant de prendre un air dégagé mais en faisant encore plus la gueule, je me sentais nulle et j’ai toujours l’impression que je loupe tout avec lui.

Il s’est marré, et comme je ne me marrais pas du tout, il m’a fait remarquer que si lui se marrait de s’être fait engueuler pour rien, je pouvais me marrer de l’avoir engueulé pour rien.

- Mais je ne t’ai pas engueulé, ai-je protesté, en sentant confusément qu’un peu de mauvaise foi par dessus tout ça ne pouvait pas faire grand mal.

- Oh ! Mais tu ne t’es pas entendue.

- Pas du tout, j’étais juste un peu… bon.

Comme je culpabilisais je me suis jeté à l’eau et je lui ai dit que je m’en voulais et que je me trouvais injuste avec lui. Je lui ai suggérée qu’il arrête d’appeler une emmerdeuse comme moi.

- Mais tu n’es pas une emmerdeuse, m’at-il dit, en me souriant gentiment. Et puis tu sais comment te faire pardonner…

- Oh, la vache, lui ai-je dit, là tu es lourd.

- Mais sincère.

- Mais lourd!!!! Bon qu’est-ce qu’on fait?

- On boit un café, on a dit, non?

On a bu un café en regardant par la vitre. Dehors, il y avait des voitures.

Quand on est parti, il a dit :

- Eh bien, tu m’as emmené dans un café. Mais tu sais, j’avais déjà bu des cafés dans des cafés. Ou des bières, même.

- Des cafés, ai-je précisé, que le monde entier nous envie.

- Mais que le monde entier vienne y boire des coups. C’est juste que j’aime bien le (***), et toi aussi d’ailleurs.

- Heureusement que tu es là pour m’y emmener.

- Sans toi, c’est moins bien. (et avant que j’ai eu le temps de dire ouf, il ajoute : ) je sais : je suis lourd.

Et moi, évidemment : Mais sincère, c’est ça?

Et on rigole.

Il progresse. Il se décontracte. Toujours les mêmes pompes et les chaussures. Mais bon.

Demain, je refais un point sur Lui. (Lui, Lui, pas Pierre-Henri désigné par un pronom de rappel).

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Pierre-Henri au café

avril 28, 2008 · 38 commentaires

Et Pierre-Henri? Que devient-il?

Un petit post rapide pour expliquer ça. Pierre-Henri c’est très bizarre.

Un soir, Pierre-Henri m’a réinvité au bar d’un palace parisien après un bon restau; c’était très agréable. Sauf avec mon père, et c’est extrêmement rare (c’est arrivé deux fois) je ne vais pas dans des palaces. Les prix sont prohibitifs, et puis je me vois mal entrer seule, et pas davantage avec mes amis.

En revanche, j’adore les palaces. Lumières, déco, service, tout.

Donc Pierre-Henri m’emmène.

Bon, c’était très bien, on a bu un verre, j’étais ravie, mais ce qui m’a mojns ravie, c’est en sortant, une petite pharase de Pierre-Henri, dont je n’ai même pas un souvenir clair tant elle m’a retournée.

Il m’a sorti un truc du genre “On t’a pas souvent emmené dans un endroit comme ça, hein?” sur un ton satisfait et supérieur qui m’a complètement perturbée, j’ai cru que j’avais m’évanouir dans la rue. Je suis partie direct sans rien dire, d’ailleurs je ne pouvais pas parler, il m’a suivie, je ne parlais pas, je ne pouvais pas j’avais la bvouche bloquée, de rage, il m’a suivie longtemps avant de rebrousser chemin et ensuite il m’a harcelé au téléphone et SMS.

Il m’a même fait livrer des fleurs, très joiles, mais je les ai donné à ma voisine, une vieille dame, car je ne voulais pas les jeter mais les regarder me donnait envie de vomir. (Depuis ma voisine me fait des sourires et me prend pour une séductrice)

Et un jour il m’attendait à la sortie du boulot et j’ai été obligée de lui parler; je ne voulais pas, mais il m’a suivie, et il a prononcé, devant tout le monde puisque je ne voulais pas le suivre, des phrases très persuasives, dont je ne me souviens pas non plus parce que de le voir m’avait mise en rage et en stress total, mais l’idée c’était qu’il m’avait blessé, qu’il avait été con et qu’il voulait me parler et s’excuser. Je voyais bien qu’il mettait tout le monde de son côté car il s’exprimait de façon sensés et aimable. A la fin il est passé devant nous et il s’est agenouillé dans la rue en disant : “est-ce qu’on a le droit de faire des erreurs?” et, moi qui étais tétanisée de stress, de le voir à genoux et de sentir tout le monde penser “quand même, Fanette,… allez..” (tendance : n’a-t-il pas déjà assez souffert???) je l’ai trouvé si ridicule, brusquement que je suis passée du stress qui tétanise au stress qui fait rire bêtement et j’ai rigolé en le voyant.

Sandrine et Isabelle m’ont dit que je devais lui accorder un entretien. Vous savez les filles qui sont toutes gaites de rabibocher les gens. J’ai fait ma magnanime.

Nous sommes allées à la brasserie d’à-côté. Il m’a dit qu’il était désolé. Moi je me sentais d’humeur très gaie mais je lui ai dit que je n’étais pas un pauvre fille même si je ne fréquentais pas les palaces, que oui j’adorais les beaux restaurants mais que je ne sortirais pas avec lui parce qu’il m’emmenait là et que qu’est-ce qu’il s’imaginait. Il m’a dit que c’était horrible ce que j’imaginais, moi, et qu’il était content de m’emmener là parce que ça me faisait plaisir. J’étais partie dans la rigolade et je lui ai dit qu’avec moi il faisait sa BA, quoi? Et est-ce qu’il irait au café? lui ai-je demandé.

- Ben !! bien sûr !! qu’il m’a dit.

- Tenu !!! On va voir si tu fréquentes le peuple.

Il a fait une tête en me disant que, hein, tout de même. Et on ferait quoi au café?

- On boira un café, lui ai-je dit.

Il faisait la tête de celui qui s’en tire à bon compte.

Donc je lui ai donné rendez-vous dans un café.

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Quand y en a plus, y en a encore.

avril 27, 2008 · 24 commentaires

Ou : Lepenator IV : the third fourth fifth return

Ou : Virez le par la porte, il revient par la fenêtre.

Ou : Achevez-le, il bouge encore.

Dans le premier Terminator, celui dans lequel Arnold joue le méchant, il y a un moment que j’adore : c’est tout à la fin, quand le héros a réussi, assez laborieusement, à se débarasser du méchant, mais tout d’un coup, un bras du robot se remet en route et attrape le petit garçon ou le héros, je ne sais plus. On croit que c’est fini, mais non, il y rebondissement de l’intrigue !!!

Samedi c’était dans les dépêches, Le Pen a répété ses paroles sur les chambres à gaz, pour lesquelles il a déjà été condamné, il le fait exprès ou pas?

Il prétend avoir voulu faire interdire la publication du journal, mais ce n’était pas pour éviter le scandale lié à ses propos, mais parce qu’il n’était pas en couverture

Puis aujourd’hui dimanche, pffout.

Le Pen : pétard mouillé. Même plus ridicule. Sic transit gloria mundi.

Un journaliste s’interroge : Aurait-il voulu faire parler de lui???? Peut-on envisager cette possibilité??? Hein??

Sa fille, selon l’article, ne partage pas la vision de son père… pas folle la guêpe…

Et savez-vous d’où vient la fortune de Le Pen? Un vrai conte de fée : un richissime héritier, essayiste de peu de renom, lui lègue sa fortune : trop cool, non? Pourquoi ça n’arrive qu’aux autres?

On rit? On pleure?

On jette un voile pudique?

On fait semblant d’avoir mal entendu?

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Bienvenue chez la grande vadrouille

avril 24, 2008 · 29 commentaires

Illustration de Hugues Hausman

pouet pouet

Expérience traumatisante l’autre jour ; nous étions chez Ben pour voir un film, il ne nous avait pas dit quoi, et nous a suggéré très fortement la Grande Vadrouille, avec un air fin.

J’ai revu le film avec plaisir, je ne l’avais pas vu depuis 10 ans au moins. Les colères de Louis de Funès, les remarques de Bourvil, j’ai rigolé, et peut-être plus que la première fois, car je l’avais oublié, et je le voyais adulte, très différemment, avec un regard neuf.

Tout de suite après le film, Ben s’est lancé dans un virulente diatribe à propos des Ch’tis ; au final, j’en suis la cause : je lui ai dit, comme je l’ai dit son mon blog, que les Ch’ti allaient battre la Grande vadrouille et insidieusement nous en sommes venus à comparer les films ; et je n’avais plus la Grande Vadrouille en tête lors de nos discussions. Après l’avoir revu, je dois bien avouer qu’il n’y a pas photo : le scénario est infiniment plus complexe, les aventures des héros sont complexes, et, si elles sont invraisemblables, et si les caractères sont outrés, l’outrance n’est pas aberrante : le chef d’orchestre se croit au dessus d’un peintre en bâtiment, et même si le jeu de Louis de Funès outre la chose, son attitude n’a rien que de vraisemblable. Les protestations de Bourvil qui se laisse cependant faire sont aussi très réelles, et on sait bien que dans la vie, dans la plupart des cas, l’homme qui a réussi en impose facilement au travailleur manuel, même si tpous les travailleurs manuels ne sont pas d’aussi bonne composition que Bourvil.

En m’envoyant le dessin, Hugues m’a écrit que les deux films ne devaient pas se comparer, comme nous l’avons fait dans notre discussion, et sans doute a-t-il raison, il est d’ailleurs regrettable que je sois au final si déçue par un film dont j’ai aimé, et même beaucoup, les prémisses, parce que j’ai doré Dany Boon ach’baraque et en ch’ti (que je trouve nettement meilleur que le film). Je ne veux pas dire du mal des Ch’tis, ni de leur acteurs, parce que j’ai ri et ça reste une bonne comédie marrante, mais je veux dire du bien de la Grande Vadrouille.

Ce qui est drôle, c’est que je découvre Louis de Funès : je ne l’aimais pas quand j’étais enfant et ado, il criait tout le temps et je ne voyais pas pourquoi c’était drôle. Peut-être qu’en devenant adulte je me suis rendu compte que ses excès n’en était pas puisqu’il y a des gens qui se comportent comme lui, en fait, ce dont j’ai mis un peu de temps à me rendre compte… Par exemple quand il commence par féléicter son orchestre pour finir par hurler c’était pas mauvais, c’était très mauvais,, sans avoir rézllement formulé de critique conhérente sur leur prestation : j’ai pensé à un de mes chefs, qui ne hurlait certes pas, mais qui faisait mmmm avant de dire… il y a tel truc… mmmm.. et ça, il faudrait le rectifier…Et….mmm c’est quoi ça? pour finir par … non… Non…qu’est-ce que c’est que ça??? Il n’y a rien. Et je repartais en me disant mon dieu mais qu’est-ce qu’il veut? Je me prenais la tête, je relisais, je refortmulais et il disait “Ah, ben voilà”, et ouf !! j’étais soulagée mais la différence entre mes deux productions je n’aurais su la dire. Peut-être que parce que j’ai compris qu’il ne délirait pas tout seul, mais qu’il y avait une vraie dérision dans son humour, peut-être parce que je trouve ses personnages pathétiques comme nous et comme moi, alors maintenant je le trouve drôle.

Et la gentillesse de Bourvil? C’est peut-être elle qui m’a le plus touchée, alors qu’avant je le trouvais niais (donc la Grande vadrouille c’était un peu le duo de l’hystérique et du niais). Il réussit à ne jamais être ridicule ou humilié, il possède une grâce d’autant plus extraordinaire qu’il n’est pas très beau, pas très léger, pas spécialement gracieux, et pourtant il glisse à travers le film avec des sentiments exclusivement positifs et naïfs qui devraient être énervants, mais qui sont mignons… On est Louis de Funès, mais on devrait et on voudrait tous être Bourvil…

Les anglais sont des personnages plans, je crois, destinés à n’être vu que sous un seul angle et sans aucune profondeur, ils sont là pour le ressort commique.

Quelques répliques :

Vous chaussez du combien? Du comme vous.

I risk encore plus. (Le mélange du français et de l’anglais, habituel aujourd’hui, ne l’était pas : c’est ça le problème du comique : un mec fait un truc, et après, quand on le reprend, tout le monde trouve ça ennuyeux, mais il était dans les peremiers à le faire – encore que je ne pense pas qu’il ait été un des premiers à faire ça)

La scène où les allemands dansent avec leurs chaises en groupoe en chantant des cahnts allemands est délirante comme j’aime.

Lorsqu’ils doivent partager un lit : “ça fait partie des horreurs de la guerre.”

La bonne soeur, à l’anglais : “Vous aimez bin tout ce qui est bon? C’est très mauvais!!

Et Paul Préboist, au passage, en train de pêcher : (évidemment dès que Paul Préboist dit quelque chose, ça fait comique) : V’là qui s’arrêtent entre eux, maintenant. ça doit pas aller très fort.

Ben et moi, on a demandé à Constantin s’il connaissait Bourvil et De Funès, et il nous a regardé comme des fous ; il semble que ce soit seulement en France qu’on s’étonne qu’ils puissent être connus ailleurs (oui, ça m’a surpris). Alors on lui a demandé s’il y avait en Roumanie des acteurs comme Bourvil et De Funès, et il nous a dit, toujours froid, mais surpris de notre ignorance : “Oui, bien sûr, il y a Louis de Funès et Bourvil”.

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Amitiés

avril 23, 2008 · 17 commentaires

Photo : Dolarz

Je crois que je vais bientôt faire le choix d’arrêter le feuilleton du jeudi, car cela me devient de plus en plus difficile de me lancer dans ce feuilleton. Trop de souvenirs reviennent, même si je me suis mis en tête d’aller jusqu’au bout, jusqu’au bout de quoi? En fait?

Enfin on verra.

Dernièrement, j’ai évoqué les jeux de rôles parce que c’était une activité très importante pour mes amis, mais au final, à part mes pénibles tentatives pour jouer, cela ne prenait pas tant de temps que cela dans notre vie.

Non, et l’essentiel, ou du moins ce qui devint l’essentiel, c’était tout autre chose.

Récapitulons. L’année précédente, j’avais fait en quelque sorte partie, par hasard, d’un groupe d’amis, qui fonctionnant comme une sorte d’entité tentaculaire dans laquelle je me sentais fort agréablement dissoute. j’avais passé des heures délicieuses à palabrer interminablement et inutilement , un verre à la main, à la lueur des bougies. Ah, jeunesse. Cependant, que d’excellents souvenirs!!

A la fin de cette première année, les examens et les différences de réussite entre membres de ce groupe avaient eu raison de la bonne ambiance des débuts.

Puis, à la rentrée, le tout avec repris, mais différemment ; je m’étais alors rapprochée de deux garçons, Laurent et Philippe, les rôlistes.

Et là, les choses évoluèrent rapidement et étrangement. Comment cela a t-il commencé? Il n’y eut pas un moment précis, mais après plusieurs après-midi ou soirées passées ensemble, à déambuler dans les rues en parlant, il s’avéra que nous étions tout à coup de venu très proches.

Le premier souvenir précis de ce sentiment concerne une balade à pied.

Nous étions au café, et, exceptionnellement, j’y étais resté le soir. Ordinairement, je travaillais le soir, et je quittais tout le monde vers 3 h 30 ou 4 heures pour aller dans mes boîtes de marketing. Ce soir-là, je ne travaillais pas, ce qui, malgré mes obligations étudiantes, me mettait dans un situation de semi vacances bien agréable. Ce devait être en janvier, parce que j’ai l’impression confuse que c’était après Noël, mais il faisait froid, donc janvier et février.

Nous avions parlé au café, traîné, parlé des heures – c’était l’époque où le temps ne comptait pas, il s’étirait à l’infini et parraisait toujours abondant et disponible. De quoi parlions nous? Je ne sais plus. mais ça dura au moins trois heures, ou quatre, et puis le café ferma. Ce n’était pas un café de soir, le quartier, dès 7 heures, perdait toute vie.

Nous sortîmes, et il fallait nous séparer – rentrer chez nous.

Mais, comme nous parlions, nous avons continué, juste un peu, nous finissions la conversation, en nous dirigeant lentement dans la direction du Luxembourg.

Lentement, en marchant, nous avons suivi la rue de vaugirard. Atteint le Luxembourg. Traversé.

Nous finissions toujours la conversation.

Nous étions au RER Luxembourg.

Là, Laurent annonça qu’il partait, vers Bastille.

- On t’accompagne au métro, dit Philippe.

- Pas de métro, dit Laurent. J’ai pas de sous, pas de ticket. Je vais marcher.

S’ensuivit une discussion sur le fait qu’il pouvait frauder.

Laurent avait décidé d’être pauvre et honnête, et de ne pas frauder. (L’honnêteté, comme la pauvreté, était un peu une pose ; il avait des parents tout à fait aisés, et il avait eu une période fraude ; mais là il était dans sa période Abbé Pierre, et fâché avec ses parents ; je lui avais suggéré, avec mon affreux prosaïsme, de travailler ; mais non ; enfin ; quelle absurdité ; gagner de l’argent ; mes amis se drapaient dans des poses et prétendaient ne jamais trouver de travail ; je sais que ça fait sarkozyste, ça me désole tout à fait de dire ça, mais je ne les avais jamais vraiment vu en chercher ; peut-être fallait-il que le travail les agresse ; donc moi j’accumulais, très platement, les boulots d’étudiants, et je fréquentais des gens qui “ne s’en sortaient pas” et qui ” trouvaient rien” car on ne “voulait pas d’étudiants”).

Bref, je n’avais pas d’esprit critique et je les plaignais de tout mon coeur. Revenons à Laurent. Tout seul sans ragent pour prendre le métro. Bou-ouh.

Qu’à cela ne tienne, nous allions l’accompagner.

Droit sur le Panthéon, puis vers Mouffetard, puis le pont au bout de l’île, Bastille.

Nous marchions au hasard, dans la bonne direction mais en suivant les rues approximativement.

Plus le temps passait, plus nous parlions, plus nous étions échauffés et notre discussion fit que nous ne vimes absolument pas la route passer.

Laurent habitait vers Faidherbe Chaligny et nous proposa de monter chez lui.

Nous montâmes.

Il était l’heure de dîner. Laurent avait de l’alimentation une perception personnelle : il mangeait des boites de conserves froides en sandwiches dans des baguettes, parfois arrosées de bières. Il proposait de faire chauffer une boîte. ça sentait la pâtée pour chien. Je suggérais d’acheter des pâtes et de les accomoder au fromage. Hurlement de Laurent : mais c’est cher.

- Arrête, lui dit Philippe, on y va.

Chez l’épicier arabe en bas, nous trouvâmes de quoi faire un repas meilleur. Nous avions tous les deux très peu d’argent sur nous, mais je crois, du pain, des oeufs, du fromages, du vin, du saucisson.

Le repas fut basique mais j’en ai un souvenir merveilleux. L’omelette, j’en garde, ridiculement, le meilleur des souvenirs. A croire que jamais je ne mangeais meilleure omelette.

Le temps passa tout seul, une harmonie totale régnait entre nous trois, nous étions assis, les uns contre les autres, sur le lit dans la chambre de Laurent.

La soirée passa, l’heure du dernier métro, on a regardé un film, après il fallu rentrer, gros souci, l’heure, moi et Philippe habitions dans des directions opposées, ils ne voulaient pas que je rentre seule, c’était loin.

Ce qui est difficile à expliquer, fut le lien impalpable qui nous unissait. Nous ne faisions rien d’autre que parler, et une tendresse de plus en plus grande nous unissait. Cette tendresse avait quelque chose d’abstrait, elle ne reposait sur rien, et pouvait basculer dans de nombreuses directions… mais en ses débuts, elle était là, tout simplement, avec quelque chose de magique.

Je finis par m’endormir assise sur le lit, Philippe voulait me le laisser, mais on s’y installa je ne sais comment, et Laurent par terre.

Bon, je dormis si mal qu’à 5 heures je partis, en me levant je réveillai involontairement Philippe, ensemble nous avons descendu les escaliers, sommes allés au métro, avant de nous séparer à Bastille.

Une soirée/nuit rêvée qui fut le début d’une amitié nouvelle : oui, nous nous connaissions depuis un an, mais tout d’un coup, il y eut une intensité nouvelle dans nos rapports. Nous n’étions plus des amis, nous devenions des frères et soeurs.

Catégories : le feuilleton du jeudi · le feuilleton du jeudi - saison 2

Madonna sauvera-t-elle la terre? ou comment Yahoo nous prend pour des cons

avril 22, 2008 · 49 commentaires

ça a commencé hier.

Non mais avant je dois expliquer un truc.

J’ai lu un jour quelque chose : lorsqu’on diffuse des images de catastrophe et de violence sur un écran, ces images captent plus facilement l’oeil d’un hypothétique spectateur que des images de petits enfants gambadant dans les champs fleuris.

Un de mes amis en concluait très négativement que l’homme est mauvais, mais je crois que c’est tout bête : l’homme a un instinct de conservation très développé, et la peur est un motif de réaction réflexe très puissant.

Enfin quoiqu’il en soit, voilà, j’ai lu ça quelque part il y a longtemps.

Hier, disais-je, ça a commencé.

Je vais sur yahoo, ou yahoomail? je ne sais plus. Et je lis un truc du genre (je ne m’en souviens plus en fait, je ne rappelle pas la formulation exacte) : elle part en vacances et c’est le drame.

Je clique. Oui, c’est nul, je réagis bêtement aux nouvelles catastrophiques. Aurais-je cliqué sur “les vacances du bonheur”?

Je tombe sur une page Yahoovoyage avec un récit totalement insipide de voyage avec photo, le genre de récit qui fait que j’aime les blogs (par contraste, si vous voulez), impersonnel et nul, on a été là, puis là et là, avec des photos pas du tout comme on en prend nous.

Et la cata? me dis-je.

Je suis venue pour une cata.

Je relis.

No cata.

Ben?

Je reouvre Yahoo.

Même texte.

Je reclique. Pas de cata. Je me dis vaguement, tiens, yahoo fait du racolage, bon, j’avais qu’à pas être con. Je passe à autre chose.

Aujourd’hui, sur Yahoo, je lis : Madonna et Justin Timberlake sauveront-ils la terre?

Oui la page que j’ai capturée c’est une autre, plus tardive.

Par ailleurs, Yahoo est tout vert, c’est la jour de la terre, on nous parle d’écologie, et donc le message que me suggère la question, le Yahoo tout vert et le contexte, c’est que Madonna fait une chanson à thème écolo.

Ah, me dis-je. Je ne suis pas du tout une fan de Madonna, enfin je ne déteste pas ce qu’elle fait, mais bon, je ressens une curiosité irrésistible qui me pousse à me renseigner.

J’écoute le clip et je le regarde (je ne mets pas de lien).

Rien a voir avec la terre. Attention : je n’exclus pas de n’avoir rien compris au clip, étant d’une nature plutôt contemplative, et les fans de Madonna peuvent me donner leur exégèse du clip, j’en serais ravie. Disons que j’ai vu une dame qui sautait beaucoup, sur des voitures entre autres, aux côtés d’un jeune homme charmant.

Je reviendrais sur la journée de la Terre, à propos d’autre chose, mais en attendant, que se passe-t-il avec Yahoo?

Leur premières pages me paraissent tout d’un coup accrocheuses, mais accrocheuses par le bas.

Alors : Est-ce que c’est le cas depuis longtemps, mais, distraite comme je suis, je n’ai rien remarqué?

Est-ce qu’ils viennent d’engager un nouveau responsable de la com qui fait dans le trash???

La page d’accueil, quelque temps après, c’était ça, toujours dans le style catastrophe, pour annoncer finalement un repartage sur un poisson introduit dans le lac Victoria et qui a détruit la flore et la faune naturelle du lac, soit-disant pour développer la pêche, mais en fait les revenus générés ne profitent qu’au plus riches ; OK ; et l’autre lien, c’est un film sur l’écologie pour lequel il est loisible de faire de la pub mais de cette façon???

Ou c’est moi, j’y comprend rien? (Mais alors expliquez moi, siouplé!!!)

Mue par la curiosité, je me suis fait les autres pages d’accueil.

RAS, je ne vais pas toutes les mettre là, mais Yahoo Canada fait dans le classique écolo, avec un vieux monsieur à chapeau de paille sur fond de fleur, certes, classique, mais sympathique, et Yahoo angleterre évoque un pas de danse de Bush… les petites Bu’shitt, moi je trouve ça sympa, c’est frais c’est léger on aime tous quand Bush fait une connerie.


Bon alors dites-moi : Yahoo France pète un cable?

Dénonçons les catastrophes, oui, mais outre le fait que mon cerveau n’avait enregistré Yahoo dans la liste des sites qui dénoncent Les Mensonges Qui Mènent Le Monde, je trouve que prendre des airs de dénoncer les choses, en jouant sur la peur (moi on peut y aller, dès qu’il y a un coup de vent je crois que c’est l’Armageddon) pour finalement amener sur une bête page de contenu normalement nul, enfin du Yahoo de base, quoi, est-ce moral? Enfin acceptable? Est-ce qu’on en a envie?

Question idiote, mais devons-nous l’accepter? Ok, on est con, OK, j’ai des réflexes nuls, cliquer sur les pages catastrophes, est-ce à dire que je doive accepter ça? Vous me direz de boycotter Yahoo mais oh ça va bien, Yahoo moi j’aime bien, mais je ne veux pas me faire racoler comme dans les kiosques avec des images porno (bon, là, ce ne serait pas du porno, mais la peur), juste sous le nez des gosses, tiens, un autre truc que j’adore.

Je veux un Yahoo normal qui nous prend normalement pour des cons, comme d’hab, avec des infos normales, des gros titres convenables. Familiaux. Zut.

Bon alors questions : avez-vous aussi la sensation que Yahoo déconne?

ça vous choque?

Vous vous sentez manipulé?

Ou quoi? Quel est votre avis?

Vous êtes choqué? Non? Si?

Ah !! Dernière possibilité : j’ai pensé que c’était peut-être une forme d’humour??? Mais si on m’explique je rirais peut-être? Du quatorzième degré que je ne comprends pas? Je suis pas forte en humour, sauf mes blagues, qui me font beaucoup rire. Mais c’est différent.

Moi, ça m’intéresse, là.. Je vais surveiller Yahoo.

PS concernant les aspects techniques de la réalisation de ce billet.

C’était dur de faire ce post.

J’avais oublié comment on capture l’écran alors j’ai cherché sur Google. Google m’a dit. Bon. Capturé. Enregistré sur Paint. J’ai voulu insérer. Mais les fichiers bitmap on peut pas. Alors après je me suis souvenu qu’on transformait facilement les bitmap en JPEG parce que je l’avais déjà fait mais j’avais oublié. J’ai tripoté le PC, ouvert ci et ça et tout avant de me souvenir qu’il fallait faire enregistrer sous. Pff. Alors j’ai tout réouvert sur Paint et j’ai tout réenregistré sous. J’ai tout inséré. Trop forte.

Quand j’ai visualisé le post on voyait que les pubs. My goodness, que je m’ai dit. On s’en fout. Mais non. Mon sens de fille morale m’a interdit. Ou alors, que la pub me rapporte des sous, c’est moral. Alors j’ai rouvert les fichiers JPEG. J’ai gribouillé avec Paint (ça c’était plutôt sympa). Le premier qui critique mes gribouillages sort. J’ai fait modifier le fichier, j’ai supprimé les images avec pub et remis celles gribouillées. Je suis épuisée. Je vais dormir.

C’est quand qu’il faudra juste souffler dessus pour faire les choses? hein?

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Tag de Yoyo.

avril 21, 2008 · 29 commentaires

J’ai été taguée par Yoyo et je m’exécute, ce qui me plait beaucoup, il s’agit de photo.

Alors.

Primo :

Que serais-je si j’étais un animal : alors, sans aucune originalité, je serais un chat, pour dormir, point barre.

Ma couleur préférée … rose, violet, kitch, délire, neuneu, girlie, bouh, j’adore.

Mon plat préféré… j’ai hésité. J’aime tout.

Alors j’ai choisi un plat que je pouvais manger tout le temps. Oui, parce que le pied de porc, pas tous les jours. Le foie gras, les huîtres, pas tous les jours.

Mais trouver une photo pas facile….

La photo est nulle, mais je vous explique.

Bon, c’est un petit peu calorique, mais vous vous faites une soupe avant et on n’en parle plus.

Le principe de base : vous prenez n’importe quoi dans la catégorie fromage et n’importe quoi dans la catégorie confiture miel, avec un penchant pour miel myrtilles ou figues, mais il faut tout tenter (mûre ça marche je viens d’essayer).

Après il y a différentes options : au choix. C’est expérimental.

Vous tartinez votre fromage sur une tartine, vous mettez une lichounette de miel ou confiture dessus et vous faites gratiner.

Après vous pouvez mettre d’abord la conf/miel et ensuite le fromage.

Vous pouvez faire gratiner le fromage et mettre la conf/miel à côté.

On fait ça avec du chèvre, mais aussi avec de la feta ou du camembert ou du brie.

Et avec tous les fromages je pense mais j’ai pas essayé avec tous.

Le dimanche matin tu peux AUSSI le tremper dans le café.

Je ne suis pas une grosse sauvage je suis une grosse GOURMANDE. Please don’t get confused ça m’arrangerait.

[Je pèse 55 kg, s'il vous plait (dont au moins quatre dans les genoux - mais ça va mieux grâce à Gazelle). Je mange de la soupe entre deux conneries lourdes et grasses que je mets trois semaines à digérer (mais c'est bon). Remarque, je me demande un peu si depuis le temps je ne pèse pas 56. (j'ai pas de balance, je vais dans les pharmacies)]

Et comme sur la photo, tu manges ça avec de la verdure, n’importe laquelle, de l’herbe à lapins. Mache, scarole romaine roquette laitue épinard tout comme tu veux c’est la libertaïe.

Mais du vin avec c’est mieux quand même.

Dediou j’ai faim.

Je dédie ce concept à Spike qui m’a sauvé la vie en nouilles chinoises (j’expliquerai).

Le matin je bois du café, et après je bois du thé.

Mon objet préféré… et je ne m’en vante pas. (Oui, il date du Moyen Age, et alors?? ça fait partie de son charme)

Un lieu que je voudrais visiter….

Bouh…

Un parmi d’autres : l’Alhambra, le palais rouge…

Vouala.

Catégories : Ma vie quotidienne

A pied dans Paris

avril 20, 2008 · 41 commentaires

Je suis sortie et j’ai marché.

Sans raison, j’avais juste besoin de marcher et de prendre l’air.

J’ai marché longtemps, à travers Paris, ça m’arrive parfois, marcher dans Paris c’est une détente et une façon de me relaxer et de penser à je ne sais quoi, à rien en particulier.

Je suis passée le long des quai, j’ai suivi la Seine, de haut, j’ai regardé les bâtiments au loin, et je ne sais pourquoi quand je marche dans Paris j’ai toujours l’impression de marcher dans un lieu exceptionnel. Une simple marche devient un petit évènement, tant cette ville est magique.

Mais pourquoi? Pourquoi? je n’arrive pas à comprendre cette impression.

En regardant l’Assemblée Nationale, je me suis demandé ce que ça voulait dire, Assemblée Nationale ; des idées politiques ensuite transportées sur la planète entière sont nées là, et est-ce que ça garde de l’importance ou est-ce que, dans l’inculture et aussi dans les bouleversements actuels, est-ce ça garde un importance? Cependant quand on traverse le pont ensuite, on ne se sent pas dans un endroit quelconque, un lieu du monde qui en vaudrait un autre. Je n’ai pas ce sentiment quand je suis ailleurs, même dans la jolie campagne de ma tante.

A Paris j’ai l’impression d’être quelque part, dans un lieu exceptionnel et unique.

Je n’arrive pas à expliquer ce que je veux dire, je m’en rends bien compte. Les mots “lieu exceptionnel et unique” sont nuls, je veux dire que j’ai l’impression d’être dans un film, ou qu’une simple marche prend toute une signification. Et les marches dans les champs et sur les sentiers de grande randonnée ne sont pas comparables, même si tout est plus joli, plus poétique, plus agréable.

Une après-midi sur les chaises du jardin du Luxembourg est un petit moment d’éternité…

Qui d’entre vous a une impression similaire? Suis-je seule à ressentir cela? Est-ce du snobisme?

Catégories : Ma vie quotidienne
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Aimé Césaire est mort

avril 19, 2008 · 11 commentaires

Cela n’apparaît pas au premier abord, et puis je n’ai pas eu envie de faire un blog sérieux et littéraire, mais j’aime la poésie.

J’aime toutes les sortes de poésie, mais évidemment j’ai un fable pour la poésie surréaliste.

Mais dans la poésie contemporaine, c’est un peu comme dans l’art contemporain, il y a beaucoup de foutage de gueule. N’importe quel prof de français qui aligne trois adjectifs dans le désordre se prend pour un poète.

Ce qui n’empêche pas des poètes comme Aragon, Eluard, Breton, d’être de stup^é&fiants poètes, auteurs de textes de toute beauté.

Et, parmi ces poètes, il y avait Aimé Césaire. Je l’ai découvert il y a quelques années, et j’ai été si bouleversée que je me suis promis de lire toute son oeuvre, ce que j’ai, bien entendu, négligé de faire.

Je ne vais pas me lancer dans un billet analytique et polémique, juste je veux dire deux choses :

Aimé Césaire est l’un des plus grand poètes français.

Ses idées politiques sont beaucoup plus complexes, fines et actuelles que les articles de journaux (“chantre de la négritude”) ne le montrent. Une fois que les journalistes ont dit qu’il a mené un combat contre le colonialisme, ce que toutes sortes de gens ont fait, ils ont à peu près tout dit. Mais les idées d’Aimé Césaire sont infiniment plus subtiles. Je n’en dirai pas plus, parce que je peine à exprimer ce genre de chose, c”est beaucoup plus difficile que d’écrire des textes marrants sur ma vie quotidienne. Mais quoiqu’il en soit, je vous invite à lire des oeuvres d’Aimé Césaire, et entre autre la pièce du Roi Christophe, même si elle a des aspects rébarbatifs, et ça ne devrait pas être très dur de se procurer des oeuvres d’Aimé Césaire dans les jours qui viennent.

Bon, en attendant, pour ceux qui aiment la poésie :

où l’aventure garde les yeux clairs

là où les femmes rayonnent de langage

là où la mort est belle dans la main comme un oiseau

saison de lait

là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe

de prunelles plus violent que des chenilles

là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche

plus ardente que la nuit

là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève

à rebours la face du temps

là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain

à l’espoir et l’infant à la reine,

d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan

d’avoir gémi dans le désert

d’avoir crié vers mes gardiens

d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes

je regarde

la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant

de la scène ourle un instant la lave

de sa fragile queue de paon puis se déchirant

la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et

je la regarde en îles britanniques en îlots

en rochers déchiquetés se fondre

peu à peu dans la mer lucide de l’air

où baignent prophétiques

ma gueule

ma révolte

mon nom.


Aimé Césaire

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Quand j’essayais d’être un elfe loyal bon… (mais ça marchait pas)

avril 17, 2008 · 24 commentaires

Illustration de Hugues Hausman

Résumé des épisodes précédents : pfff. Cliquez sur le feuilleton du jeudi.

Bon, alors tout le monde a compris pour les jeux de rôles.

De toute façon, moi j’ai compris approximativement.

Donc, j’étais copine avec Laurent et Philippe et il advint qu’ils parlèrent de plus en plus souvent d’elfes, de créatures magiques, d’orques (mais j’aime pas les orques), etc.

Or, j’aime les créatures magiques, avec un faible prononcé pour les elfes. Je suis amoureuse de Legolas depuis DES ANNEES. J’avais lu trois fois le Seigneur des anneaux qu’ils apprenaient tout juste son existence. Et lire trois fois le Seigneur des Anneaux, crois qu’il faut s’accrocher. Le mec, les 16 ans qu’il a passé à l’écrire, entre ses cours, on les sent bien à la lecture. C’est bien, mais léger comme du pudding anglais. Et qu’on ne fasse pas semblant de croire que je n’aime pas. Mais c’est lourd.

Bref, donc, au café, les petites conversations sur les dés à dix faces, huit faces, ou je ne sais combien de faces finirent pas attirer mon attention et je réclamai des explications. Qu’on me donna. Un maître du donjon, une aventure, des héros virevoltant sur des capes :le pied, me sembla-t-il. Je voulus participer. Ils étaient entrain de finir un aventure, mais bientôt ils en commenceraient une. En attendant, je pouvais toujours venir.

Bon, alors je vins. Un ami de Laurent habitait dans le 18ème un appart gigantesque déserté par ses parents. Il y avait une immense table de salle à manger, et un canapé et une télé, et entre autres meubles. Laurent était le Maître du Donjon, et je me rendis vite compte que ça n’allait pas être si sympa que ça (je ne jouais pas).

Sur les six types présents, deux au moins étaient à fond dans le truc ; les retards et le manque de sérieux les énervaient. Il s’agissait de Benedict et Mad Martigan. En début de jeu, histoire de me faire voir, ils se décrivirent ; j’eus un mal de chien à garder mon sérieux. Je n’ai jamais vu des filles se comporter comme ça, sauf dans les films américains, et puis j’ai toujours des copines cool. Benedict y était à fond. Il décrivait son personnage comme grand noble, royal (il s’interrompit pour me demander si j’avais lu les Princes d’Ambre ;oui, dis-je ; il crut utile de préciser l’auteur, dès fois que je connaisse d’autres Princes d’Ambre, ou que je capte pas le bon Benedict ; il s’agit de personnage dans un jeu, mais j’ai souvent retrouvé ce type de comportement chez des chefs, si on ne dit pas oui de la bonne façon, si un air un peu trop fantaissite donne l’impression qu’on ne maîtrise pas le sujet ; je n’avais visiblement pas une tête à avoir lu les Princes d’Ambre ; comme si ce roman s’adressait à un type très étroit de public). Il décrivait par le menu ses vêtmemnts, plus oui moins brillants et dorés, son casque, son épée, son armure. Le casque venait de chez les meilleurs forgerons de telle région imaginaire, et de même l’épée et l’armure ; de même probablement son PC, son jean, et tout ce qu’il avait. par ailleurs c’était un garçon assez sympathique, mais la vanité de sa description était à se tordre ; mais je ne pouvais pas rire sous peine de le vexer.

Mad Martigan était le catholique alcoolique. (Il était chaotique bon, et même dans la vie). Il commençait à jouer en ayant déjà bu énormément de bières, depuis le matin. Son personnage était donc alcoolique, fou et désespéré, tendance Arme fatale. Les entendre tous les deux ne me plongeait pas du tout dans un univers d’héroïc fantasy, comme je l’avais imaginé : en fait, leurs fantasmes étaient assez forts (une supériorité invincible pour Benedict et une violence désespérée au service d’une noble cause pour Mad Martigan) et le jeu prenait une tournure inattendue, avec de surcroît l’influence des autres joueurs et de Laurent, qui ne faisait pas l’unanimité comme maître du Donjons car ils s’engueulaient à chaque pause. En fait, le monde imaginaire était une projection de l’imagination de Laurent (qui était obsédé, à titre privé, par l’avancée du mal dans le monde) et des deux autres. Il y avait une sorte de lutte psychologique entre eux pour, si je puis dire, prendre le contrôle du jeu. benedict s’opposait à laurent, et mad martigan favorisait tantôt l’un et tantôt l’autre. c’était intéressant, mais pas comme prévu.

La partie durait des heures, ils étaient totalement imergés dans le jeu et je finis par aller dormir dans le canapé, aux cris de “c’est Brendan qui devait retenir les Orques!”, “Il nous a trahi!” (et ils ne rigolaient pas du tout, au cours d’une partie, l’un d’eux trahit les autres pour gagner, Benedict accusa le Maître du Donjon de l’avoir su et laissé faire, et il fit la gueule à tout le monde pendant deux mois).

Mon récit n’est peut-être pas très clair, parce que dès que je me rendis compte qu’il s’agissait d’une sorte de lutte de volonté entre eux, et qu’une proportion importante de joueur prenait le jeu totalement au sérieux, je n’eus plus du tout envie de jouer, et je m’en désintéressai. Mais, durant la période où Benedict faisait la gueule, Laurent proposa de me créer une petite aventure parallèle, le temps que mon personnage prenne des forces (plus on joue, plus on est fort). J’acceptai, plus trop emballée, mais pourquoi pas.

Comme je l’ai dit, il essaya trois fois, et je mourus trois fois. Je crois que je n’avais pas la fibre joueuse. Je m’en foutais. Laurent fomentait des aventures complexes, avec des personnages mystérieux surgissant dans la nuit sombre, et je ne me méfiais de rien. Mais c’est pas possible d’être poire comme ça, s’écrait-il énervé (alors que dans la vie il était plutôt pacifique). Les méchants étaient répérables à de petits signes que je ne repérais pas du tout. Je me faisais avoir en beauté.

Voilà, c’est ainsi qu’une grande carrière d’elfe loyale bonne ne s’ouvrit jamais à moi. Pourtant j’étais motivée (au début). Mais je garde un très bon souvenir de cette période : pendant qu’ils jouaient en s’engueulant, je regardais des films de SF à la télé, en m’endormant à moitié dans le canapé.

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