
Un jour, vous êtes chez vous, ou chez des amis et vous vous dites : Tiens, je regarderais bien un mauvais film.
Ben ouais c’est chiant de ne voir que des bons films intelligents sur les Ch’tis ou sur des jeunes filles enceintes de 16 ans. Y en a marre, quoi zut c’est vrai. De l’originalité, b… de la recherche de non conformisme : un mauvais film.
Mais avec de bons acteurs sinon c’est vraiment trop nul.
Alors là justement l’autre soit j’étais chez Ben et on a regardé un mauvais film.
J’ ai pas vraiment regardé parce que j’ai vite décroché mais je vais faire de mon mieux.
Pourquoi étais-je chez Ben? parce que Ben et moi on est copains, de plus en plus (hé hé) et pas uniquement dans le cadre d’une opération d’encerclement de Diva.
C’est depuis Battle Royal. Ben a aimé que je n’aime pas Battle Royal. Il veut que je vienne chez lui voir des films et je lui ai dit pas seule, alors il a invité des gens. Dans les gens, il y avait un garçon que Sandrine n’aime pas donc Lui est venu seul (je rappelle au lecteur qui ne suit pas pas Sandrine et Lui sont ensemble).
Horrible. Chez Ben, Lui est là, Sandrine pas, et Ben aux petits soins pour moi. Argh. ce genre de situation je ne gère pas. Du coup j’ai parlé. Je meuble en parlant. J’ai une technique immense, et une pratique imparable.
Le film, j’ai vite décroché.
Alors je t’explique. On prend des acteurs plutôt beaux gosses. On fait ambiance il fait chaud il y a des églises, donc c’est le Mexique.
Tensions dramatique. D’ailleurs la tension dramatique dans ce film il y en a tellement tout le temps qu’on s’y perd.
Normalement on t’expose la situation, pour que tu te repères : le gentil, repérable à des trucs de gentils, genre il écarte un gosse avant de tirer et il tire MAIS ne tue pas l’enfant, le méchant, et ses trucs de méchants, genre la même chose mais avec un homme adulte qu’il tue (on ne tue pas les enfants dans les films américains). Comme ça tu situes. Au passage on te présente la situation pour que tu comprennes comment le drame va se nouer.
L’intrigue évolue, ça se précise, et il y a un point culminant, qui se résout, dans ce genre de film ils se tirent dessus, éventuellement le méchant a l’air d’être mort mais en fait pas, il se ranime juste le temps de faire un dernier suspens, mais il meurt quand même après.
Bon, là, l’histoire saute tout le temps de l’un à l’autre. ça me perd. Bon, le méchant a l’air méchant, ça va, mais l’un des gentils a un air pas clair, en fait il est gentil mais il était en trop, je trouve. Le gentil doit juste être l’acteur du film, sinon après on sait plus où on en est Trop de second rôle tue le second rôle.
Bon, alors le fil c’est il était une fois au Mexique.
Dedans il y a Antonio Banderas. Et Johnny Depp.
Antonio Banderas a tout le temps des souvenirs qui lui reviennent, il y peut rien, le pauvre. Donc l’action est entrecoupée de flash cousus non pas de fils blancs, mais de cordes blanches.
Et Johnny Depp a tout le temps des fringues kitchos, on sait pas trop pourquoi.
Je n’ai rien compris à l’histoire, mais les méchants se parlent, ils se rendent visite entre eux, de temps en temps ils tuent quelqu’un.
Les gentils préparent un truc. les méchants aussi. On sent qu’on se rapproche du dénouement.
A un moment donné les méchants tuent plein de gens, et là je suis perdue. Par exemple il y avait un méchant avec gueule de méchant mais un autre méchant le tue. Là, j’ai décroché complètement.
Après la mort du méchant tué par son ex-copain , les gentils (repérables à ce qu’ils sont des guitares) font des tas de trucs et on sent qu’ils sont une idée derrière la tête.
Les méchants pareils.
Ils se retrouvent dans le palais présidentiel, les méchants pour tuer le président, les gentils pour le sauver.
Naturellement les gentils gagnent.
En revanche, dans le courant de l’histoire, Johnny Depp se fait arracher les yeux et malgré ça, il fait encore plein de trucs, dont tirer sur des méchants (en les repérant à l’oreille) et les tuer. Il finit le film avec des grosses dégoulinades de sang séchés sur les joues. C’est curieux.
Voilà. Un mauvais film, donc, et pourtant j’aime Antonio Banderas, mais là, je serais lui je repartirais en Espagne parce qu’à Hollywood il doit être trop hispanisant pour avoir des rôles convenables.
Un souci avec Johnny Depp. L’un de ses profils est mieux que l’autre. Ou alors c’était le vin? Mais quand je vois son profil droit, je ne le reconnais pas.
Il n’est pas impossible que mon résumé soit difficile à suivre. Mais je jure que le film n’est pas plus cohérent que ça.