
Cela n’apparaît pas au premier abord, et puis je n’ai pas eu envie de faire un blog sérieux et littéraire, mais j’aime la poésie.
J’aime toutes les sortes de poésie, mais évidemment j’ai un fable pour la poésie surréaliste.
Mais dans la poésie contemporaine, c’est un peu comme dans l’art contemporain, il y a beaucoup de foutage de gueule. N’importe quel prof de français qui aligne trois adjectifs dans le désordre se prend pour un poète.
Ce qui n’empêche pas des poètes comme Aragon, Eluard, Breton, d’être de stup^é&fiants poètes, auteurs de textes de toute beauté.
Et, parmi ces poètes, il y avait Aimé Césaire. Je l’ai découvert il y a quelques années, et j’ai été si bouleversée que je me suis promis de lire toute son oeuvre, ce que j’ai, bien entendu, négligé de faire.
Je ne vais pas me lancer dans un billet analytique et polémique, juste je veux dire deux choses :
Aimé Césaire est l’un des plus grand poètes français.
Ses idées politiques sont beaucoup plus complexes, fines et actuelles que les articles de journaux (”chantre de la négritude”) ne le montrent. Une fois que les journalistes ont dit qu’il a mené un combat contre le colonialisme, ce que toutes sortes de gens ont fait, ils ont à peu près tout dit. Mais les idées d’Aimé Césaire sont infiniment plus subtiles. Je n’en dirai pas plus, parce que je peine à exprimer ce genre de chose, c”est beaucoup plus difficile que d’écrire des textes marrants sur ma vie quotidienne. Mais quoiqu’il en soit, je vous invite à lire des oeuvres d’Aimé Césaire, et entre autre la pièce du Roi Christophe, même si elle a des aspects rébarbatifs, et ça ne devrait pas être très dur de se procurer des oeuvres d’Aimé Césaire dans les jours qui viennent.
Bon, en attendant, pour ceux qui aiment la poésie :
Là
où l’aventure garde les yeux clairs
là où les femmes rayonnent de langage
là où la mort est belle dans la main comme un oiseau
saison de lait
là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe
de prunelles plus violent que des chenilles
là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois
là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux
là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche
plus ardente que la nuit
là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève
à rebours la face du temps
là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain
à l’espoir et l’infant à la reine,
d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan
d’avoir gémi dans le désert
d’avoir crié vers mes gardiens
d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes
je regarde
la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant
de la scène ourle un instant la lave
de sa fragile queue de paon puis se déchirant
la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et
je la regarde en îles britanniques en îlots
en rochers déchiquetés se fondre
peu à peu dans la mer lucide de l’air
où baignent prophétiques
ma gueule
ma révolte
mon nom.
Aimé Césaire
11 réponses jusqu'à présent ↓
Laetirature // avril 19, 2008 à 9:06 |
Là où j’entends le souffle du vent
Là où la mer s’exprime librement
Là où j’ai envie simplement : vivre
joséphine // avril 19, 2008 à 9:31 |
Tout à fait d’accord, c’était un immense poète, son oeuvre est forte et profonde, elle parle à tous les êtres humains, et je trouve qu’on devrait l’enterrer au Panthéon, sauf qu’il serait alors loin des siens, ce qui n’est pas une bonne idée, mais il mérite d’être aux côtés des plus grands poètes français, à supposer qu’il l ‘ait voulu.
ckankonvaou // avril 19, 2008 à 10:17 |
Merci Fanette.
miss zen // avril 19, 2008 à 12:15 |
J’allais partir me ballader à la Fnac et je vais aller faire un tour du cote d’Aimé. Merci d’en parler si bien.
Christine // avril 19, 2008 à 5:49 |
C’est bien que tu en parles je trouve.
Je ne le connaissais pas, j’avoue, ou juste de nom..
ithaa // avril 20, 2008 à 12:42 |
Paix à son âme, j’ai lu un article sur lui et j’avoue que je ne le connaissais pas avant.
Jeanne // avril 20, 2008 à 12:05 |
Merci pour ce bel hommage ,j’avais étudié un de ces poèmes au lycée ,son nom est gravé aussi dans ma tête , tu donnes envie de relire ses textes.Toute polémique n’a pas lieu d’être , tu as raison ,gardons ce qui est beau …
Manue // avril 20, 2008 à 3:48 |
C’est très beau. je ne connais pas son oeuvre mais ton article m’a donné envie de la découvrir.
En ce qui concerne mon article sur Google, je ne mentais pas
Sous l'olivier // avril 20, 2008 à 8:04 |
Merci pour cet hommage chère Fanette et merci pour tes visites et messages sous l’olivier…Bises
galathée // avril 21, 2008 à 3:56 |
au risque de passer pour une insensible ignorante, j’avoue: je n’aime pas la poésie, ça m’ennuie très profondément. et la poésie surréaliste est encore pire.
mais j’aime le personnage d’aimé césaire et le combat qu’il a mené.
zazabel // avril 22, 2008 à 5:17 |
Dis donc, ton blog est super sympa !!! C’est chouette de parler de poésie comme ça, sans insister mais parce que ça te plaît !!