le journal de Fanette

Entries from avril 2008

Constantin, 2

avril 16, 2008 · 24 commentaires

Attention attention ne fumez pas c’est mal fumer tue la cigarette peut entraîner de graves lésions cérébro-vasculaires c’est mal j’ai mis la photo parce que je le trouvais jolie mais ne fumez pas c’est mal.

ça va? c’est que je ne voudrais pas corrompre les gens moi.

La suite, la suite. D’hier.

Tout d’abord, je tiens à rappeler que je suis fidèle (en sentiments), et donc toujours sous le charme de Lui, quoiqu’avec pleins de bémol, ou de haut et de bas. Donc inutile de suspecter chez moi de doux pensers relativement à Constantin. Qui n’incite pas aux doux pensers, de toute façon.

La raison de mon attitude avec Constantin est double. Primo, j’ai horreur qu’on m’ignore, surtout quand le type qui m’ignore est copain avec des amis à moi, ce qui m’oblige à le voir (ou alors il faut que je tourne la tête tout le temps). Je ne lui demande pas qu’on soit les meilleurs amis du monde, mais un peu de courtoisie, merde.

J’ai un collègue qui m’ignore plus ou moins, bon, j’en prends plus mon parti car il y a d’autres personnes dans la boîte (à qui je peux parler) et il n’y a pas d’affectif en jeu. Et d’ailleurs il ne m’ignore pas tout le temps.

Cela étant Constantin est peut-être un affreux macho : il est également très froid avec Sandrine. Macho ou goujat, on ne sait pas. Sandrine est pourtant toute gentille avec lui, preuve que ça marche dans tous les sens, le genre j’ignore. Je lui foutrais des baffes, à Sandrine.. Enfin ça me permet de prendre des airs “amusés et distants” quand elle lui parle - complètement un rôle de composition, le genre amusé et distant.

Bref, venons-en au fait, zut!! L’autre raison pour laquelle je tiens à être en relation un minimum correct avec Constatin est la suivante: je narre anecdotiquement.

(A ceux qui trouvent qu’il a l’air d’un dieu grec, c’est un peu ça, mais pas grec, mais il fait vraiment fabriqué en usine, pas Ken, mais il a un côté inoxydable, peut-être c’est un replicant???? )

J’ai dit qu’il avait de belles mains. J’aime les belles mains. Vu sous un autre angle, ça aurait pu être des mains de tueurs, mais non, mais des mains grandes, nerveuses, avec quelque chose.

Un jour (il y a trois semaines), je lui ai dit tout à trac qu’il avait de belles mains, et j’ai ajouté : on dirait des mains de pianiste. Et lui il a dit :”Je suis pianiste”.

Moi, telle la greluche de service :

- Ah ouais? Ah c’est super c’est chouette la musique.

(Bon, avouons que c’est light, comme entrée en matière ; m’enfin, d’un côté c’est pas faux non plus : la musique, en gros, c’est chouette, non?)

A ma remarque pleine de sens, Constantin n’a pas répondu. Mais, comme ça lui arrive parfois, quelque chose est passé sur sa figure, genre une ombre, pas très sympa l’ombre, mais bon, oh eh, les gens qui renferme tout, s’ils veulent qu’on sachent, ils ont qu’à communiquer, merde. Moi aussi il y a des trucs que je dis pas, je fais pas la gueule à ceux qui devinent pas, non mais?

Mais en fait il a parlé, et j’ai senti, et Ben aussi, qui était là avec moi, qu’il y avait un truc. Constantin a ajouté : Je suis musicien. je ne suis pas informaticien. Informaticien, c’est… (il a eu un geste du bras, plein d’une morgue aristocratique).. pour manger.

Et là, Ben et moi, on a drôlement bien compris que pour lui, manger était une contingence regrettable. Ah la la s’il avait pu vivre de musique… mais on ne peut pas.

J’ai eu la présence d’esprit de me taire, j’étais dans le mode “je suis cool au boulot j’aime mes collègues et tout le monde est gentil “Hello Kitty, quoi, mais ça me fait une voix con, j’aurais mal enchaîné.

Ben a dit, très bien, très dans le ton :

- Et tu joues de quel instrument?

Vraiment, il a super bien enchaîné, tout en délicatesse. Ben est adorable.

Constantin a dit sombrement (il est blond, mais il est sombre) :

- Piano.

Puis il est sortit du bureau de Ben et Lui et a traversé la cour. Catherine, la femme de Hichem, venait de sortir, et lançait des regards perdus genre “Où est notre informaticien??,” et on n’allait pas tarder à entendre la stridence modulée de ses appels, ce que Constantin a préféré éviter - et on lui en sait gré.

Vouala.

Là, nous touchons l’âme.

Pas slave, hein, ne confondons pas, mais l’âme du musicien meurtri et obligé de passer dans un pays pourri qui accueille si sympathiquement les étrangers pour, comme il le dit, manger.

En plus, si on récapitule, musicien, informaticien, polyglotte (roumain français allemand anglais et je m’interroge pour le russe), et beau mec (mais un caractère de con, je préviens). Plus ce qu’on ne sait pas (non, ce n’est pas du teasing, je dis ça au cas où : on le connaît pas ce garçon, il cache peut-être des crimes ou trois enfants, allez savoir).

Un charme terrible, quand même.

Donc, je ne veux pas faire la tête à ce si mystérieux et fascinant personnage.

(En revanche, en cinéma, il ne connait pratiquement que Rambo. On peut pas tout avoir non plus. Mais il s’instruit. Il n’est pas hermétique. Ben a réussi à installer en lui l’idée que ce qui passe sur un écran pouvait être de l’art, idée qui ne s’imposait pas véritablement à l’esprit de notre ami roumain. On en fera quelque chose….)

Demain, je lui prête Dune.

Voilà.

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Constantin, 1

avril 15, 2008 · 18 commentaires

(Ceci est une photo de Léonard Cohen, rapport léger avec le thème, mais bon)

Et Constantin? Comment va Constantin?

Alors, concernant Constantin.

Sa haute stature et son physique très martial ont hanté quelques jours nos bureaux. C’était pas mal. Il a de très belles mains (justement…). ça m’impressionne beaucoup de voir quelqu’un avec d’aussi belles mains pianoter sur un clavier. On se sent humble, on se dit qu’avec des mains si belles, comme douées d’une vie propre et intelligentes, il doit être exceptionnel, faire parler les écrans, ou se mouvoir les claviers. Pas faux. Mais pas communicatif sur la vie interne de la bête. Les informaticiens pédagogiques, c’est bien. D’un autre côté, il ne parle pas très bien le français.

Le problème avec COnstantin, c’est qu’il fait partie de ces hommes avec qui j’ai irrémédiablement 12 ans. Il y a des hommes avec qui j’ai mon âge, mais lui non. J’ai 12 ans. D’abord, je ne suis pas très grande, il faut bien l’avouer. Ensuite, je suis plutôt fluette, malgré mes genoux. Pour finir, je suis silencieuse au bureau, et quand il me voit chez Ben et Lui, je dis des conneries. Résultat : il ne me prend pas au sérieux. C’est extrèmement agaçant. Surtout que moi je le trouve sympa, dans le genre Hohenstraubtführer (ça ne veut rien dire).

J’ai donc du, assez tardivement, mettre en route mon plan pour qu’on me prenne au sérieux.

Dire moins de conneries. (Que c’est ennuyeux). Ou dire des conneries spirituelles. (fatigant).

Et ignorer l’adversaire. Pas facile, vu le gabarit de la bête, mais bon. Ce n’est hélas pas la première fois que je dois procéder de la sorte. C’est incroyable d’ailleurs à quel point ça marche. Les gens vous prennent pour une nouille, vous arrêtez de les voir et au bout d’une semaine (Constantin est un coriace) ils vous parlent.

A propos : un exemple de connerie :

Ben travaille tout le temps en T-shirt avec des super imprimés. Je ne sais pas où il les trouve. L’autre fois, il avait un T-Shirt No pasaran. Classique. Je passe dans leur bureau et je me mets à chanter la chanson du partisan (de Leonard Cohen, il y en a peut-être une autre, mais je ne la connais pas). Que reprennent avec moi Ben et Lui, sous le regard froidement consterné de Constantin. J’ajoute, quand on arrête de chanter : “J’adore Suzanne.”

Et Ben enchaîne :

- Moi aussi, même si elle est à moitié dingue.

Et c’est vrai, je le sais, on en a parlé, on adore Suzanne tous les deux, cette chanson nous fait rêver, et de la même façon.

Constantin dit :

- OK, les mecs (avec son accent j’essaie parler le français idiomatique c’est trop mimi), je vais y aller maintenant.

Bon. Je l’emmerde, quoi. J’en ai parlé à Ben qui m’a dit :

- MAIS NON qu’est-ce que tu t’imagines? Mais tu parles vite.

Le fait est. Je ne dispose pas d’objections qui tiennent la route.

(Au passage, dire “J’adore Suzanne” fait partie de ce que j’appelle “conneries spirituelles”).

(Les conneries pas spirituelles, ce sont les blaga2bal dont hélas je raffole.)

Cela fait donc une semaine que j’ignore Constantin. je dis “Salut!!!!” à tout le monde en entrant chez Ben et Lui, et je parle ensuite en les regardant et en ne le regardant pas. Ou je me tais, mais je ne regarde pas Constantin. En fait, j’applique une méthode de Diva quand elle veut faire la tête à quelqu’un. C’est assez grossier, surtout que Diva est capable de parler pendant 10 minutes à quelqu’un en ne décochant pas un regard à la personne qui se trouve à la droite de son interlocuteur. Très forte. Moi, j’ai du mal. Donc je me tais, mais je fais comme si Constantin n’était pas là.

ça a marché. Hier, il est venu me demander si je pouvais lui prêter Dune, de David Lynch.

Au prix d’un énorme effort sur moi-même, je ne me suis pas écrié avec ravissement:

- OOOOOOOOOh! Tu aimes Dune?

Sans compter qu’il y a des tas de gens qui aiment David Lynch, mais pas Dune.

J’ai juste dit, courtoise mais succincte :

- Quand mon cousin me l’aura rendu (il me l’a rendu depuis deux mois, mais passons).

Il devra me le demander une deuxième fois. Non mais. Il n’a qu’à être aimable. Je suis bien aimable avec lui alors qui a l’air d’un militaire.

Notons qu’il s’agit là d’une variante d’une méthode popularisée sous le nom “suis le, il te fuit, fuis-le, il te suit”. Il paraît que c’est chouette dans les relations humaines. Amoureuses. Je veux dire. Sauf que j’ai autant envie d’être amoureuse de Constantin que d’être recrutée par le KGB. En tout cas ça marche. Il m’a regardé ce matin.

Description technique :

Constantin s’apprécie particulièrement en T-shirt. En effet, le climat hivernal rigoureux de la Roumanie l’a rendu peu sensible aux variations de températures. Pour qui aime le muscle ferme, sans cependant sombrer dans la gonflette vulgaire et sans âme, Constantin est le bon choix : épaules carrées, cheveux ras, oeil fixé sur l’horizon (ou l’écran), mains intelligentes, torse développé, dos droit, cuisses fermes, jambes longues. Je ne me prononce pas sur le mollet, que j’ai peu vu, mais en T-Shirt, il est remarquable.

Et voilà. j’ai encore pas tout dit. Will va encore dire que je fais du teasing. Crebleu.

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Au boulot, encore.

avril 14, 2008 · 19 commentaires

Illustration de Hugues Hausman

Situation actuelle au travail : tout va bien, mais ça n’est que superficiel.

Grâce à mes post précédents, j’ai compris quelque chose, cette situation que je vis nous la vivons tous. Ou du moins beaucoup de gens. C’est important pour moi de le comprendre car j’ai souvent pensé que je n’avais pas de chance ou alors que j’étais a-sociale.

Ce qui me trouble le plus est ce sentiment de “politique” interne.

Je récapitule : Ma chef est passablement incompétente, mais elle a un chef aussi dessus d’elle et d’ailleurs elle n’est pas entièrement ma chef puisqu’elle est en fait l’assistante de mon patron.

Comme je décris les choses clairement! mais je n’ai pas le temps de modifier.

Or, cette dame connaît pas mal de personne du boulot et apparemment l’entente est bonne entre eux, au moins avec certains d’entre eux.

Donc : je dois rester zen avec elle par rapport à mon chef et par rapport à mes collègues.

Mais pas tous mes collègues. Certains ne l’aiment pas, et sont en conflit plus ou moins larvés avec elle. Si j’observe les raisons du conflit, j’y vois des torts partagés (je voudrais dire que Diva est cause de tout mais ce n’est pas toujours vrai).

certaines personnes, parce qu’elles n’aiment pas Diva, partent du principe qu’il faudrait s’en débarrasser dans l’instant. Ne font donc aucun effort de diplomatie avec elle. l’une l’ignore. L’autre alterne les remarques aimables mais perfides par en dessous, et les critiques. Diva est souvent incapable de faire objectivement face aux critiques. Et s’il y a un piège dans la remarque, elle ne le voit pas.

Du coup elle m’attendrit, et j’en veux à certaines personnes qui abusent de leur intelligence pour piéger Diva; qui est bête.

Mais elle est aussi méchante.

Donc on peut comprendre qu’il faille la piéger.

mais c’est immoral.

J’ai des jours immoraux, où je voudrais bien l’humilier.. et des jours corrects, où j’ai honte de mes mauvais sentiments.

Je donne un exemple.

Dans un cadre professionnel, nous devons nous interroger à propos de Gdansk.

Soit Gaby, vieille peau pro (je suis méchante, mais Gaby est hard - mais terriblement pro, terriblement utile, terriblement compétente et sous-employée mais elle s’en fout elle est au delà, une vie hallucinante, 14 divorces, 23 cancers, des amants, et si tu lui dis réussite professionnelle elle ne répond me^me pas mais ses yeux brillent tels ceux de Cruella et tes mots explosent comme un verre projeté sur un mur de glace et retombe nt à tes pieds ; d’ailleurs tu ne dis rien de tel ; tu essaies jsute de continuer à croire que, euh, hm, un jour tu seras aussi compétente qu’elle ET reconnue pour^’etre et PAYEE pour ça; essayer de croire ça en sa présence, c’est déjà super challenging).

Gaby sucrée, à Diva violette et pimpante, sûre d’elle comme une courge : Diva ma belle, dis moi, Gdansk tu sais où c’est? Tu as une carte de la Lituanie?

Gdansk est une ville polonaise. Je suis fatiguée et d’humeur hello Kitty pas tueuse. Plutôt thé petit beurre. je regarde piteusement Viviane, qqui fait un geste de la main genre j’y peux rien et articule : “Ecoute, si elle veut une carte de la Lituanie.”

La voix de la sagesse parle par la bouche de Viviane.

Diva prend un air il faut que je fasse tout ici et cherche une carte de la Lituanie.

viviane dit rêveusement : ça doit être beau la Lituanie…

je tape sur mon clavier.

Diva trouve la carte. Et cherche Gdansk. Tout en se dirigeant vers Gaby. Qui boit un café, debout près de la machine à café, absorbée par une fascinante conversation sur sa soirée de la veille, avec JD.

JD, fourbe également. Ils parlent de Gdansk.

Diva arrive près d’eux, attentive, et dit : ” c’est marrant, pourtant je sais où c’est …” - les yeux fixés sur la carte.

JD : Tu cherches GDansk sur une carte de la Lituanie, ben tu peux chercher longtemps….”

Ils se regardent en rigolant, Françoise, aussi pro que Gaby mais moins vache, dit doucement :

- Gaby, tu as besoin d’une carte de la Lituanie pour trouver Gdansk?

Gaby, sifflante : Non. Pour le dossier bidule. Pour Gdansk, je regarderai la carte de la Pologne.

Echange de regards. Françoise : c’est en bord de mer, je te dis ça pour que tu ailles plus vite à trouver.

Diva regarde toujours la carte, elle ne dit plus rien.

Demain elle dira à Marc : gaby a besoin de carte pour situer Gdansk !!! Petite vengeance.

Marc doit l’écouter d’une oreille. Même si’il la croit, il s’en fout, Gaby est une encyclopédie, même si c’est une encyclopédie avec carte, il a besoin d’elle. En plus elle fait son boulot impec et elle est mal payée.

Diva a regardé Gdansk sur Wikipédia.

(Vous noterez, si vous ne l’avez déjà fait, la simple juxtaposition des questions de gaby, qui donne l’impression nullement affirmée par elle-même, que les deux questions ont un rapport, alors qu’elle n’en ont d’autre que celui d’être juxtaposées. Gaby n’a pas dit que Gdansk était en Lituanie. Diva tombe systématiquement dans ce genre de panneau. Moi-même, j’ai failli, à mon arrivée ;heureusement j’ai croisé le regard de Gaby à ce moment et j’ai esquivé ; ça a plu à Gaby. Elle m’aime bien…)

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Pour être chic, dépense du fric.

avril 13, 2008 · 35 commentaires

(Illustration de Hugues Hausman)

Dernièrement, j’ai voulu m’acheter des chaussures.

Pour ce faire, il convient de trouver un magasin. Non, je ne commande pas par correspondance. D’abord, je ne me sers pas de ma carte bleue dans la vie, alors encore moins sur internet (je suis parano - c’est triste, en fait). (j’ai une carte bleue qui me sert de carte de retrait. Alors pourquoi ne pas avoir de carte de retrait? parce que je veux pouvoir payer avec. Mais comme je la laisse tout le temps chez moi, ça ne marche pas. Enfin je la prends très ponctuellement, quand je veux vraiment acheter un truc).

Donc, j’ai pris ma carte bleue et trouvé un magasin. Habitée par l’envie d’acheter un truc bien.

Sortir de chez moi.

Marcher dans la rue.

Escaliers, métro, quai.

Dans le métro, je lis.

En lisant, je me dis que peut-être je pourrais appeler ma copine Coco ou Val pour qu’elle me rejoigne??? c’est con de faire les magasins seule. J’appelle, elles répondent pas, mon sac glisse, Val peut venir mais plus tard, c’est bête,, pourquoi je lui ai pas demandé plus tôt. On va se retrouver plus tard, oui, OK à plus.

Je vais à Opéra parce que je ne sais jamais où aller quand je veux m’acheter des trucs et je pars sur Chatelet. D’une pierre deux coups si je ne trouve pas de chaussures, au moins j’use les vieilles je me balade dans Paris. Pas dans les grands magasins, je ne supporte pas. Depuis que je lis des blogs, je note des adresses sur des bouts de papiers mais je perds les bouts de papiers. Oui je peux aussi noter sur mon merveilleux portable mais je ne le fais pas. Les boutons sont petits, et puis ça m’énerve, j’appuie trop vire, ça s’efface, enfin c’est énervant.

Donc je suis dans un quartier avec plein de magasins. J’ai mon sac à l’épaule, dedans il y a deux ou trois livres (au cas où je resterais coincée dans un métro ou dans un ascenseur, je suis phobique de m’ennuyer), une bouteille d’eau, un barre de chocolat cassée qui se planque au fond de mon sac, mon téléphone, toujours sous tout le contenu de mon sac, mon carnet d’adresse parce que j’ai peur de tout écrire sur mon tel alors j’ai un carnet d’adresse très mal écrit, ma boite à tampax, au cas où, mon porte monnaie, généralement vide (je suis donc obligée d’emprunter des sous aux gens, et j’ai honte et je leur dis et ils ne disent rien mais ils pensent des trucs……..et j’ai encore plus honte, personne ne peut croire que l’on peut être SI étourdie, ou alors ils le croient mais c’est grave, se disent-ils), une écharpe au cas où j’aurais froid au cou, du paracétamol, des trucs pour la gorge, et mon sac pèse sur mon épaule, tous les gens marchent vite et savent où ils vont et moi je vais dans un magasin un peu au hasard, oui, quand je suis dans la rue, je perds tout sens des repères, je vais juste devant moi, je pense à autre chose, parfois je ne vois pas les magasins devant lesquels je passe.

Je commence à être énervée parce que je déteste faire les magasins (je n’ai pas commencé). Des gens partout. Je rentre dans une boutique. Des chaussures partout alignées, dans une lumière électrique. C’est parfaitement normal, c’est un magasin de chaussures, respire, détends-toi. Une vendeuse vient me voir et si elle me demande ce que je veux je lui dis sur un ton désagréable : des chaussures ! Non mais je l’emmerde. Je déteste les vendeuses. Et aussi les clientes. Elles n’ont qu’à être ailleurs, pourquoi on a toute envie de s’acheter des pompes le samedi à cinq heures? Moi, je suis mal organisée, mais les autres non, pourquoi elles n’y vont pas avant? Je regarde les chaussures. J’en prends une. J’enlève ma chaussure, qui est toute pourrie, parce que je vais m’acheter des chaussures quand les autres tombent en ruine. Je suis en chaussettes. J’enlève la chaussette. Mon pied est rouge comme une saucisse bouillie. On est peu de chose. J’essaie de me penser intérieurement en femme fatale. J’essaie. J’essaie toujours. Je mets mon pied dans la chaussure. Il coince. J’ai pas le bon vêtement pour regarder la jambe que ça me fait. ça me fait mal. J’ai chaud. Une nana passe devant moi. Mon sac glisse. La chaussure est moche. Je la remets en place. Une autre. Pareil. Le pied saucisse, le sac qui glisse, la fille qui passe. Je hais les boutiques, les chaussures, les endroits plein de gens. Aucune chaussure ne va. Elles me font le pied con. Et j’aime pas. Surtout qu’elles sont à 45 euros, alors 45 euros pour un pied con.

Je suis dégoûtée.

Je vais dans un autre magasin, peu importe son nom, mais cher. Toutes les chaussures sont jolies. Je ne sais pas si ça mérite le nom de chaussures, parfois on se demande s’il ne faudrait pas les poser au milieu du salon pour les regarder, mais bon, elles sont jolies. Petites fleurs. Talons épais, le truc mode. Le prix. Salopes. Mais j’en ai marre. C’est à dire que des chaussures à la con à 5 euros, OK, mais à 40, non, alors du coup j’achète à très cher, enfin peut-être pas très cher pour d’autres, mais pour moi. Enfin non j’achète pas, je ressors énervée, je vais dans un autre magasin, j’essaie encore, avec mon sac qui glisse, je bois de l’eau parce que j’ai soif, chaussures qui coincent, pourquoi j’ai le pied à chaussures chères?

Je retourne dans le magasin cher, zut, demain je vais rue Machin là, près des Halles, où il y a de la pompe à 5 euros, et j’achète là. ça fera une moyenne avec celles d’aujourd’hui. Ah, j’aime pas acheter, j’aime pas m’habiller, mais j’en ai marre d’être un tas.

Donc, moralité, pour être chic, dépense du fric.


Catégories : Ma vie quotidienne
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Etats d’âmes

avril 11, 2008 · 27 commentaires

Voilà ce qui m’arrive. Au début j’écrivais pour moi et j’avais juste un tout petit peu de lecteurs. Maintenant j’en ai plus (pas beaucoup, mais plus). Je suis bien contente.

Je me trouve dans la situation de la fille qui raconte des trucs perso à deux-trois personnes et tout d’un coup il s’avère que tout le monde entend.

ça me bloque.

Plusieurs personnes m’ont demandé ce qu’il advenait de Lui, de Pierre-Henri, tout ça.

Il advient des trucs. Des trucs. j’ai laissé passer du temps, ça me permet de prendre du recul et de raconter en décalages avec les faits, pour plus de discrétion. Si un truc de janvier qui a eu lieu dans un restau du 15è, je le raconte en mars et je dis que ça c’est passé chez ma copine Juju ou dans un cinéma, ça fait pas pareil. Pour les moteur de recherche. Il ne reste que les états d’âmes, mais les gens ne font pas de recherche sur les états d’âmes.

D’autre part, mes récits sont incomplets et amènent les gens dans des directions insoupçonnées. Je veux dire que quand je fais un récit rapide, les gens s’imaginent quelque chose qui n’est pas forcément vrai sur l’ensemble de la situation. Donc il faut que je fasse des récits longs. Après, c’est trop long et on dit que je fais du teasing. (non mais je ne suis pas fachée que l’on dise ça, ça donne un air super pensé à des textes écrits fissa).

En fait je médite sur une façon d’être : discrète, précise, et générale. C’est-à-dire raconter des trucs sans que je sois repérable (brouiller les lieux/dates), précise sur mes sentiments (donc bavarde) et générale (essayer de comprendre si mon impression est juste, partagée, particulière, etc).

Donc là du coup j’ai envie de raconter un truc. c’était le soir, ou le matin, je ne sais plus trop l’heure, quatre ou cinq heures. j’étais place de la Concorde et c’était pas cool. J’étais crevée. j’avais envie de dormir. j’avis bu, un peu, et envie de rentrer chez moi. Qu’est-ce que je foutais là? j’étais avec Val. On sortait d’une fête, le genre où on se demande pourquoi on y a été. Surtout qu’en ce moment je me demande pourquoi je sors. ça doit être une phase.

J’étais là avec Val et j’avais envie de dormir, rentrer chez moi, et réfléchir, mais je ne savais pas à quoi. ça arrive, je crois, d’avoir une sorte de super lucidité de 4 heures du matin, tu comprends tout, tu sais tout, tu vois tout, c’est l’illumination mystique. t’as jamais (enfin moi) un stylo pour noter, amais si tu l’avais, tu coprendrais tout à ta vie!!!

Comme j’avais pas de stylo, je me souviens plus trop bien, mais je me sentais seule, triste, vide. Abandonnée avec ma copine énervée à quatre heures du mat place de la Concorde. Quand je regarde le Crillon je me sens pauvre. Le Crillon c’est l’hôtel place de la Concorde. Je ne suis pas sûre que ce serait mon hôtel préféré mais c’est le principe, disons que de toute façon je ne peux carrément pas me le payer, et là, comme d’hab, j’avais rien sur moi, cette manie de sortir sans argent, c’est terrible.

Mais même avec le contenu de mon porte monnaie resté dans mon autre sac, j’aurais pas eu de sous pour le Crillon.

Pourquoi j’étais là?

On se faisait ch.. dans la fête avec Val alors on a voulu partir. Un type qui avait dragué Val, super lourd, a voulu nous ramener. Val lui a dit qu’elle voulait rentrer mais évidemment le type a voulu nous emmener boire un verre. Val non. Elle était de mauvais poil, et moi, ordinairement dans l’humeur “rebondissement de soirée”, on va boire un verre et après on sait pas, il se passe des trucs, d’autres gens arrivent tout ça, moi je n’étais dans ce trip - j’avais envie de dormir, et même pas honte, sauf que je l’ai pas dit, mais j’ai de plus en plus envie de consacrer du temps à dormir. Donc on a insisté pour qu’il nous ramène, le type a râlé, il a dit qu’on n’était vraiment des chieuses de pas venir boire un verre, il nous l’offrait et nous on voulait pas, les femmes sont numlles ellesse plaignent que les mecs sont nuls mais elles sont jamais contentes, d’où ça m’a ranimé, Val aussi, on s’est engueulé, on lui a dit que des mecs pas nuls on ne vait des listes longues comme le bras (heu…) et que lui même pas en rêve, il était grossier, sûrement il pissait à côté des toilettes (un débat tout en finesse), le mec a râlé que les nanas elles avaient quoi à parler de ça, Val lui a dit que les mecs étaient des gros porcs… mauvaise ambiance, on est descendues de voiture. En rage. Du coup j’avais chaud. De colère.

On s’est demandé ce qu’on faisait, le père de Val habite pas trop loin, mais on restait là à parler, moroses. Val n’habite plus chez son père, mais bon, elle a les clefs, on pouvait entrer (et moi je me disais : si le père est en train de s’envoyer en l’air dans le salon avec sa copine??? je veux dire il est chez lui ce monsieur et pouf on arrive).

Pourquoi on avait été à cette soirée? je ne lui ai pas dit, elle non plus, je n’ai pas une intimité totale avec Val, j’essaie d’en jeter un peu, c’est le genre de fille si tu te dévoiles, elle peut t’en balancer une trois mois après, tu l’as pas vu venir. mais elle a des qualités. C’est juste que c’est pas la personne adéquate pour T’épancher. On y a été pour y aller. Pour dire qu’on sort. Voilà. On est desfemmes on est modernes et on sort. Mais on n’a plus 20 ans. C’est pas une question de rides ou de gros cul, j’étais pas squelettiques à 20 ans. Je suis même plus arrangée maintenant. Non, c’est pas ça. 20ans on ne l’a qu’une fois, ce que je raconte tous les jeudis, on ne l’a qu’une fois d’y croire, quelle que soit la façon dont on y croit, de s’amuser pour la première fois. C’est une façon de parler parce qu’on l’a fait avant 20 ans et quand j’étais étudiante j’avais 18 ans au début. Mais bon, disons 20 ans. Après on ne fait que répéter, rechercher ça, et on ne le retrouve pas. Ou, me dis-je, si on s’y retrouve, on s’y perd. je me comprends. On peut peut-être continuer d’être fofolle, rêveuse, de discuter de soi avec son copain jusqu’à 4 heures du matin comme si la vie était interminable.. c’est comme les Princes d’Ambre : on le découvre et tombe amoureuse de Corwin, bon, mais après, on ne fait que le relire, la magie opère un peu moins à chaque fois (il n’y a que pour Proust que la magie opère à chaque fois ; mais Proust parle, justement, du temps qui passe et en même temps ne passe pas).

Donc c’était une fête avec les éléments de la fête, les gens, la musique, l’alcool, mais il manquait la petite magie. une fête ratée c’est une fête ratée mais c’est une discordance qui en annonce d’autres - peut-être.

Avant d’y aller j’étais passé chez Ben qui m’avait fait un thé. Parce que j’aime le thé. Et des biscuits danois. Parce que j’aime les biscuits danois trempés dans le thé. Une heure à me dire que non, je ne peux pas, je vais faire quoi avec un garçon trop gentil? A chercher la petite bête. Passer mes week end à regarder des films? Aller chez le suédois avec ma cousine et acheter des canapés ou des lampes? Les montrer à Etiennette? ça me donne le vertige. Je ne suis pas comme ça moi j’ai une vie. Je sors. Tout ça. Je suis sortie, lui aussi, il devait aller chez des potes.

Et alors je suis sortie.

Au final on a été dormir chez le père de Val, dans l’ancienne chambre de Val, la chambre de bonne au septième étage.

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Mad Martigan je t’aimeeeeu… Exposé sur les jeux de rôle

avril 9, 2008 · 39 commentaires

Alors donc comme ça, l’autre jour, je vais sur le blog de Cécile qui dit qu’elle a toujours 11 ans et qui demande ce qu’on fait comme truc de 11 ans.

Je m’en vais écrire mon petit comm’, et je ne sais pourquoi, impulsivement, paf, j’écris que je suis fan de Willow.

Et d’où? D’où ça m’est revenu? parce que j’avais oublié Willow. Complètement.

En fait, je sais d’où c’est revenu. A cause du feuilleton du jeudi. L’autre fois, je suis partie sur Ophélie alors que je ne voulais pas parler d’elle, et parler de mes copains et de leurs jeux de rôles. Il y a un rapport avec Mad Martigan. Dans le groupe, il y a en avait un qui avait appelé son personnage Benedict (nous avons là une référence aux Princes d’Ambre) et un autre Mad Martigan (là nous discernons une allusion à Willow). Peuh. Quel manque d’imagination. Mais comme moi je n’en manquais, pas, d’imagination, je suivais le jeu avec, dans l’ombre, au dessus de moi, Mad Martigan et Benedict.

Reprenons par ordre.

Qui est Mad Martigan?

Je parie que personne ne connait. C’est comme le vieux Excalibur… Aaaaaahh ,je ne parle pas des versions modernes, entr’aperçues à la télé… Non, j’arrête, Excalibur j’en parlerais une autre fois. Quand je parlerais d’Helmut Berger (qui ne joue pas dedans).

Alors Mad Martigan, et pas de digression. C’est le héros de Willow. Et Willow, qu’est-ce? Dans un monde merveilleux comme je les aime, dans le genre de celui de Shrek, mais au premier degré, règne une reine affreuse méchante pas belle, bouh ! qu’on la déteste. Elle a une fille jolie, dont on se dit dès le début qu’elle a un petit air drôlement sympatoche pour la fille d’une reine aussi antipathique. Mais chut.

Et une prophétie dit qu’une petite fille marquée d’un signe va délivrer le royaume de l’affreuse.

Et voilà qu’elle nait, la petite fille.

Et la reine veut la tuer. Mais la sage femme se barre avec, et la reine la poursuit et ça se passe mal pour la sage femme. On nous refait le coup du couffin sur la rivière arrêté par des roseaux. Pas de louve à mamelles, ni de princesse célibataire lavant son linge avec ses suivantes, mais…

Le bébé va être sauvé par un nain charmant (Willow, justement, c’est son nom) qui veut l’amener dans le monde des hommes pour s’en débarrasser (le bébé humain doit être élevé par des humains).

Mais la vie est dure pour les nains égarés dans le monde des hommes. Il a beaucoup moins de soutien que Frodon, à la base. Mais il rencontre Mad Martigan qui va l’aider. Mad Martigan, c’est Val Kilmer, avec des cheveux longs, une natte, même (alors moi les hommes à cheveux longs… mais pas en costume), une tunique longue, une épée, un petit air salaud, mais salaud de film américain, en fait il est super gentil… En tout cas super mignon.

Je ne vous dis pas la fin.

Il y a plus d’action que de fééries, alors que je me souviens d’un super film avec Peter Falk qui lit un histoire à son petit fils, c’est génial, il y a une licorne dedans (j’adore les licorne).

Voilà. je me sente toute. Toute je ne sais pas quoi mais toute. Il faut que je trouve Willow.

Si quelqu’un a le titre du film avec Peter Falk?

ça me replonge direct dans ma période héroïc Fantasy, celle où je désespérais de n’être pas, justement, la fille d’une reine magicienne. L’espoir de devenir une magicienne hors pair semblait mince, comme celui d’épouser un homme dans le genre de Mad Martigan.

Sauf si….

Sauf si… on s’invente un monde avec des magiciens partout.

Héhé.

Et c’est là le rapport avec mes copains. Laurent et Philippe.

Ils jouaient à des jeux de rôles.

Et donc, je fais un topo sur les jeux de rôle.

Le jeu de rôle est un jeu (ah!) où les joueurs endossent des rôles de personnages, pour leur faire vivre des aventures dans un monde imaginaire de type héroïc fantasy (médiéval avec fées, elfes, magiciens…).

Les jeux de rôle ont eu une grande époque, et je crois qu’il ne doit plus en rester beaucoup. Laurent et Philippe se considéraient un peu comme les Derniers Représentants d’Une Espèce En Voie De Disparition.

Le jeu de rôle auquel ils jouaient était Donjons et Dragons. Il faut d’abord un Maître de jeu, qui invente une aventure. Ensuite il faut des joueurs, et leurs personnages. Les mêmes personnages peuvent jouer dans plusieurs aventures.

Au début, on crée les personnages comme ça : on décide du nom des personnages et de leur alignement, leurs caractéristiques, classes et races.

J’ explique . Je commence par le facile : les caractéristiques sont : force, dextérité, constitution, intelligence, sagesse et charisme- tirées au sort; la race : humains, elfe, nain, et je ne sais plus quoi mais d’autres ; la classe : guerrier, magicien, marchand je crois, enfin je ne me souviens plus.

Donc on peut être un nain marchand, avec des points d’intelligence, de charisme, etc. A différents moment s clefs du jeu, le personnage devra utiliser son charisme, ou sa force, ou une autre caractéristique pour avancer. Dans une situation donnée, on fera des calculs compliqués avec les points de charisme ou de force du personnage, les points mis en jeu par l’évènement auquel se confronte le personnage, et des points tirés au sort avec un dé. Selon le résultat du calcul, le personnage aura surmonté ou pas l’épreuve.

Après il y a l’alignement. Là c’est métaphysique. Il y a bon ou mauvais, loyal ou chaotique, et après on panache. On peut être, par exemple, bon chaotique ou loyal mauvais.

C’est là que ça se complique. Je ne rentrerais pas dans le détail, mais l’un des joueurs furieux du groupe était un catholique pratiquant ( anecdote : par la suite, il rentra chez les Bénédictins, puis passa chez les Franciscains; mais comme il buvait trop, il fit une cure de désintox et maintenant il est en Afrique où il anime un centre de développement rural ; il s’énervait très vite, mais il était très sympa, dans le genre illuminé alcoolique) et il fulminait régulièrement qu’il y avait quelque chose de démoniaque dans le jeu car on ne pouvait pas être bon loyal, sinon on mourait tout de suite. Celui qui jouait Bénédict protestait, etc, et ils s’engueulaient tous à un moment. Mais comme en général je dormais dans le canapé au moment de l’engueulade, qui arrivait au milieu de la nuit quand tout le monde fatigait, les subtilités argumentatives m’échappaient. Mais l’idée, c’était que l”alignement loyal bon t’enlevait des points je ne sais plus où (par exemple tu en gagnais en charisme mais tu ne pouvait pas dépasser une certaine quantité en force, donc forcément, dans des combats face à des orques, tu étais désavantagé).

Ou un truc comme ça.

Donc il valait mieux être mauvais chaotique, quoi.

Voilà, et maintenant que vous avez tout compris aux jeux de rôle, demain je raconte la suite du feuilleton, ou pas, je me tâte.

(Le film avec Peter Falk et la licorne????)

Catégories : le feuilleton du jeudi - saison 2
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Dormir

avril 8, 2008 · 36 commentaires

J’adore dormir.

Oui, c’est ça dont je veux parler ici depuis des mois mais à chaque fois il y a autre chose à dire qui me vient à l’idée, et même là, mais je me force.

Dormir. Je ne rencontre que des gens qui briment leur sommeil. Leur grande joie, c’est de ne dormir que cinq heures, ils s’en plaignent mais ne font rien contre, on sent que pour eux, dormir est secondaire alors que s’amuser ou voir des amis est prioritaire. Du coup ils sont crevés le matin et te tiennent au courant de l’état de leur résistance au sommeil durant la journée.

Isabelle est comme ça. Je pense à elle en écrivant ça, mais pas seulement. Essayer d’aller quelque part et de dire que vous aimez dormir????

Oui alors il faut aimer dormir tard : là, c’est autre chose. Moi je n’aime pas trop, et de moins en moins, dormir tard (sauf parfois, où ça m’arrive, je ne sais pas pourquoi). Quand je me lève à midi, ma journée est fichue, elle est déjà terminée, sauf si je pars tout de suite de la maison en laissant tout en plan pour rejoindre des amis. Le temps que je boive mon café et que je me douche :il est 1 heure, et si j’ai un rendez-vous vers 5 heures, il faut que je coure pour mes lessives, mon ménage ou mes courses, mes oblogations de la vie de tous les jours. Or j’ai souvent des rendez-vous vers 5 heures le samedi ou le dimanche, avant de faire un truc le soir, mais pas trop tôt pour savourer la journée, enfin j’ai aussi des rendez-vous plus tôt.

J’ai commencé à réfléchir au sommeil avec Ophélie. A l’époque, je partageais l’idée communément admise que dormir est un perte de temps. J’avais mille trucs à faire dans une journée, alors dormir en plus, c’était comme manger, j’aurais bien fait ça avec des pilules pour gagner du temps. Je voulais selon les jours travailler cinq à sept heures en bibliothèque, je faisais des baby sitting, j’étais caissière et je travaillais dans des instituts de sondages, et j’avais des amis, films, expo, musées à voir, des cafés à boire, des concerts à écouter, des livres à lire, 24 heures ça suffisait pas.

Et un jour la soeur d’Ophélie (elle avait une soeur), Justine, est apparu chez Ophélie, évanescente (Ophélie faisait dans le coloré, au niveau de son apprt, sa soeur faisait dans le noir et blanc : elle blanche, et ses vêtements noirs ; Ophélie l’imitait mais elle avait l’air gitane ; sa soeur, vampire ), Ophélie lui a demandé ce qu’elle avait fait aujourd’hui et Justine a exhalé (elle ne parlait pas, elle exhalait ; je me moque ; elle était dépressive ; mais elle exhalait) : “j’ai dormi……..”.

A l’époque, j’étais fascinée par Ophélie, ça me changeait de ma famille terre-à-terre. On a parlé d’autre chose ce soir-là, mais la réponse de Justine m’a stupéfié. Comment pouvait-on considérer le sommeil comme une occupation? j’avais une vie de puce hystérique et l’absence de mouvement me faisait penser au vide, au néant. C’était affreux de ne rien faire, me disais-je.

j’ai juste gardé ça, avec pleins de questions autour, sans rien faire.

Du temps a passé.

J’ai peu à peu remarqué comme l’était séparant le sommeil de la veille était agréable. J’ai remarqué ça en lisant Proust (je ne refais pas le coup de la citation). Mais Proust évoque très bien l’état dans lequel on est quand on se réveille et qu’on ne sait pas où on est. J’adore cet état. Quand je comprends que j’ai encore du temps, par exemple, et que je peux rester dans cet entre deux.

Et depuis deux ans, j’ai remarqué que pour créer, au mieux, cet état, il fallait avoir assez bien dormi, en tout cas ne pas manquer de sommeil. J’ai toujours du mal à tout faire dans mes journées, mais tout de même, et par exemple en ce moment où je suis fatiguée, j’ai plus envie de rentrer chez moi. Et j’essaie de me coucher tôt. C’est très difficile, j’ai tendance à rester debout tard. Mais j’ai réussi à plusieurs reprises de puis un an à me mettre au lit tôt, peu après neuf heures. Je range à peu près chez moi sinon la vaiselle sale à deux mètres de moi m’énerve. Je me couche et je lis. Bon, il y a le rsique je sois prise dans le livre et entrain de le finir frénétiquement à deux heures du matin. Mais mettons que je résiste (je vieillis, je résiste plus). A dix heures j’éteins. C’est tellement tôt que quand je pense à la nuit c’est comme un océan tout noir à traverser. J’ai aussi essayé de mettre une petite bougie pour faire ambiance le soir, vous voyez? il n’y qu’une toute petite lumière, je suis dans le noir, je vais dormir des heures… je m’endors lentement. Puis, parce que je n’ai pas l’haabitude d’autant de calme, mon corps s’agite. Mais je m’endors. Sous la couette. il fait chaud, on est bien, elle est remontée jusqu’à mon nez. Aaaaaaaah.

Je me réveille à moitié dans la nuit mais je me rendors. J’ai encore du temps… la nuit est longue… j’ai vraiment l’impression de faire une traversée.. Je pense à Philémon, je pense à une BD que je lisais quand j’étais petite, Nemo, pas le poisson, un petit garçon qui va dans un monde merveilleux quand il dort. C’est une vieille BD (américaine je crois?). A peine une BD, d’ailleurs, mais mes souvenirs sont confus. La nuit est longue comme un voyage. Puis j’ouvre un oeil vers le matin. il est très tôt. J’ai du temps. Je me dis que je vais me réveiller. Le sommeil me quitte. Je me lève. La nuit est encore noire en hiver, quel plaisir de se lever en plein nuit noire, et de faire le café!! et quand ça m’arrive en été, le ciel bleuit.

Voilà, je tenais à la dire, car on n’aime pas assez dormir, je crois. On aime s’agiter. Moi aussi, hein, ne rêvons pas !! Mais j’ai découvert depuis peu et je n’applique encore que peu ce plaisir pourtant simple, comme la soupe ou le beurre. parfois, il faut courir, parler, suatiller, pousser des cris et parfois il faut juste fermer les yeux et se laisser partir.

Catégories : Ma vie quotidienne
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Le Tibet et le SMS de Carla Bruni

avril 7, 2008 · 30 commentaires

Bon, alors voilà, j’ai demandé un dessin à Hugues depuis super longtemps et alors que ah !!! j’avais écrit le post, deux news de ce soir me font bondir.

ça me fait penser à tous les posts que j’ai pas publié encore…

Bref. Je commence par le plus sérieux. Bien que je n’en ai pas parlé, je sais ce qui se passe au Tibet, et d’ailleurs j’avais fait allusion à la Chine dans un post antérieur, et quand je fais allusion à la Chine je sais à quoi je pense. Et entre autre, au non-respect des minorités. Les Chinois ont envoyé des “colons” chinois au Tibet et les Chinois sont maintenant plus nombreux que les Tibétains au Tibet. (Et quand je dis entre autres, c’est entre autres ; mais je ne me vois pas là faire un topo sur la Chine ; c’est dans des moments comme ça que je déplore ma futilité !!!).

Or, comme on l’a vu, les gouvernements occidentaux se sont montrés assez frileux sur les critiques à faire au gouvernement chinois. Le soutien au Dalaï- Lama n’est pas violent. Mais je suis bien contente d’avoir lu que certains se sont opposés, en vain, au passage de la flamme olympique. En vain, mais le message était clair : ce que pensent les Français, le gouvernement le sait bien et le gouvernement chinois ne peut l’ignorer. De même d’ailleurs, que ce que pensent les Anglais et ce que penseront les jours prochains les Américains.

Par ailleurs je ne sais pas s’il faut aller au delà. Je ne suis pas sûre que les Français ou Occidentaux installés en Chine vivraient très bien une attitude plus ferme des gouvernements. D’autre part, il serait idiot d’aller au delà : ou alors il faudrait remonter dans le temps : quand les jeux ont été attribués à la Chine, les organisteurs croyaient-ils que la Chine était un pays de conte de fées ou quoi? Autant assumer ses conneries : maintenant, l’heure est venue de payer : les sportifs et les organisateurs vont avoir la joie de vivre les jeux olympiques dans une des plus grandes dictatures du monde - à eux de voir comment ils vivent le truc. Nous aussi, nous allons assumer notre aveuglement : notre engouement plein de bons sentiments pour la Chine nous laisse-t-il une petite place pour nous émouvoir pour les Birmans, dont la situation ne s’est guère améliorée depuis qu’on ne parle plus d’eux? faut-il que les massacres atteignent une certaine densité pour que l’on s’émeuvent? Nous ne sommes pas gentils, nous ne sommes pas démocrates, nous nous foutons de la Chine et du Tibet : nous n’aspirons qu’à le tranquillité. Si si. les images de la télé nous dérangent, et ça va nous gâcher les retransmissions de regarder les épreuves en pensant aux gens qui meurent. Il nous faut de la propreté intellectuelle. Sinon nous aurions déjà agi. Cela fait belle lurette que le pays a disparu des cartes du monde vendues en France et nous ne nous en sommes pas émus. Ou veut-on seulement l’annulation des jeux, mais que les massacres continuent?

Bon, j’arrête et pourtant je continue, en fait il s’agit de la même chose. Carla Bruni a envoyé hier un texte à une copine : le texte (c’est du brûlant) :

“Grosse fièvre, nausées, malade… Baci, baci”

Fascinant. On s’intéresse en France à des trucs fascinants.

Donc on résume (je sais c’est pas la même presse) : pour le Tibet, avant, on n’était pas au courant. Par contre, Carla a mal au coeur, et là on sait tout.

Quelqu’un ne se foutrait pas de nous, là?

Pour s’informer régulièrement :

Amnesty international.

Edit (sur un sujet totalement différent) : je viens de lire ça. Ce type est sadique. Une pétition .

Catégories : Fanette philosophe
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Les Ch’ti vs La Grande Vadrouille !!!

avril 6, 2008 · 40 commentaires

Exclu ! Exclu !! (enfin pas exclu mais je me motive, là)

Bienvenue chez les Ch’ti va battre la Grande Vadrouille (17,27 millions d’entrées) !!!!

Je m’explique : aujourd’hui, dimanche, Bienvenue chez les Ch’ti va faire plus d’entrées que LE plus grand succès du cinéma français. Donc dépasser les 17,27 millions d’entrées de la Grande Vadrouille. Si c’est pas dingue.

Bon, j’aime Dany Boon, je trouve son film marrant, enfin raisonnablement marrant, mais je préfère la Grande Vadrouille.

Dans bienvenue chez les Ch’ti, il y a lui

et lui.

Je les aime bien. (j’ai un souvenir ému du Kamoulox ; j’adorais le Kamoulox).

Mais dans la Grande vadrouille, je sais ça fait ringard mais quand même. Il y avait lui :

et lui :

Une question : y a-t-il un effet “gentil”? En effet, Bourvil était le “gentil” du cinéma français. Bien. Dany Boon est-il le nouveau gentil?

C’est un débat, hein.

Allez, même si les Ch’tis c’est marrant, ça me rend triste que la Grande Vadrouille soit détrônée. Je connais plein de gens qui en ont marre de ce film, trop vieux, trop vu, mais moi, mon goût pour les choses anciennes me fait frémir intérieurement. En outre, j’aime bien ce film, oui, mais je ne le trouve pas si bien que ça.

Et peut-être qu’il va détrôner Titanic (20,75 millions d’entrées). ça, je m’en fous. J’aime pas les bateaux. M’enfin, tant qu’à faire, autant battre Titanic. ça leur fera les pieds, à Hollywood.

Ils seront bien ennuyé pour le remake (vous savez le remake américain des films pas américains qui marchent). Nous feront-ils “Bienvenue chez les Acadiens”? “Bienvenue chez les texans”? ou “Bienvenue à Chicoutimi”? Ou” Bienvenue dans le Montana”? “Bienvenue dans le Wyoming”???

PS : rien à voir, mais Laure Manaudou va faire du cinéma (volontairement je veux dire). Je pressens qu’elle va déconcerter tout le monde dans un rôle de nageuse. C’est l’histoire d’un coach (Richard Berry) qui manipule son poulain. Hu hu. Est-ce que Richard Berry va se faire teindre en blond avec des piercing et des tatoos? Sait pas. ça a l’air bien, hein, le pitch?

Catégories : Films
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Un mauvais film

avril 6, 2008 · 14 commentaires

Un jour, vous êtes chez vous, ou chez des amis et vous vous dites : Tiens, je regarderais bien un mauvais film.

Ben ouais c’est chiant de ne voir que des bons films intelligents sur les Ch’tis ou sur des jeunes filles enceintes de 16 ans. Y en a marre, quoi zut c’est vrai. De l’originalité, b… de la recherche de non conformisme : un mauvais film.

Mais avec de bons acteurs sinon c’est vraiment trop nul.

Alors là justement l’autre soit j’étais chez Ben et on a regardé un mauvais film.

J’ ai pas vraiment regardé parce que j’ai vite décroché mais je vais faire de mon mieux.

Pourquoi étais-je chez Ben? parce que Ben et moi on est copains, de plus en plus (hé hé) et pas uniquement dans le cadre d’une opération d’encerclement de Diva.

C’est depuis Battle Royal. Ben a aimé que je n’aime pas Battle Royal. Il veut que je vienne chez lui voir des films et je lui ai dit pas seule, alors il a invité des gens. Dans les gens, il y avait un garçon que Sandrine n’aime pas donc Lui est venu seul (je rappelle au lecteur qui ne suit pas pas Sandrine et Lui sont ensemble).

Horrible. Chez Ben, Lui est là, Sandrine pas, et Ben aux petits soins pour moi. Argh. ce genre de situation je ne gère pas. Du coup j’ai parlé. Je meuble en parlant. J’ai une technique immense, et une pratique imparable.

Le film, j’ai vite décroché.

Alors je t’explique. On prend des acteurs plutôt beaux gosses. On fait ambiance il fait chaud il y a des églises, donc c’est le Mexique.

Tensions dramatique. D’ailleurs la tension dramatique dans ce film il y en a tellement tout le temps qu’on s’y perd.

Normalement on t’expose la situation, pour que tu te repères : le gentil, repérable à des trucs de gentils, genre il écarte un gosse avant de tirer et il tire MAIS ne tue pas l’enfant, le méchant, et ses trucs de méchants, genre la même chose mais avec un homme adulte qu’il tue (on ne tue pas les enfants dans les films américains). Comme ça tu situes. Au passage on te présente la situation pour que tu comprennes comment le drame va se nouer.

L’intrigue évolue, ça se précise, et il y a un point culminant, qui se résout, dans ce genre de film ils se tirent dessus, éventuellement le méchant a l’air d’être mort mais en fait pas, il se ranime juste le temps de faire un dernier suspens, mais il meurt quand même après.

Bon, là, l’histoire saute tout le temps de l’un à l’autre. ça me perd. Bon, le méchant a l’air méchant, ça va, mais l’un des gentils a un air pas clair, en fait il est gentil mais il était en trop, je trouve. Le gentil doit juste être l’acteur du film, sinon après on sait plus où on en est Trop de second rôle tue le second rôle.

Bon, alors le fil c’est il était une fois au Mexique.

Dedans il y a Antonio Banderas. Et Johnny Depp.

Antonio Banderas a tout le temps des souvenirs qui lui reviennent, il y peut rien, le pauvre. Donc l’action est entrecoupée de flash cousus non pas de fils blancs, mais de cordes blanches.

Et Johnny Depp a tout le temps des fringues kitchos, on sait pas trop pourquoi.

Je n’ai rien compris à l’histoire, mais les méchants se parlent, ils se rendent visite entre eux, de temps en temps ils tuent quelqu’un.

Les gentils préparent un truc. les méchants aussi. On sent qu’on se rapproche du dénouement.

A un moment donné les méchants tuent plein de gens, et là je suis perdue. Par exemple il y avait un méchant avec gueule de méchant mais un autre méchant le tue. Là, j’ai décroché complètement.

Après la mort du méchant tué par son ex-copain , les gentils (repérables à ce qu’ils sont des guitares) font des tas de trucs et on sent qu’ils sont une idée derrière la tête.

Les méchants pareils.

Ils se retrouvent dans le palais présidentiel, les méchants pour tuer le président, les gentils pour le sauver.

Naturellement les gentils gagnent.

En revanche, dans le courant de l’histoire, Johnny Depp se fait arracher les yeux et malgré ça, il fait encore plein de trucs, dont tirer sur des méchants (en les repérant à l’oreille) et les tuer. Il finit le film avec des grosses dégoulinades de sang séchés sur les joues. C’est curieux.

Voilà. Un mauvais film, donc, et pourtant j’aime Antonio Banderas, mais là, je serais lui je repartirais en Espagne parce qu’à Hollywood il doit être trop hispanisant pour avoir des rôles convenables.

Un souci avec Johnny Depp. L’un de ses profils est mieux que l’autre. Ou alors c’était le vin? Mais quand je vois son profil droit, je ne le reconnais pas.

Il n’est pas impossible que mon résumé soit difficile à suivre. Mais je jure que le film n’est pas plus cohérent que ça.

Catégories : Films
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