
Là je m’en vais écrire un post sur les supermarchés, un post auquel je pense depuis longtemps. Je hais et j’aime les supermarchés, oui c’est incohérent mais c’est.
Il y a des jours où aller dans un supermarché me remplit de joie. Je ne sais pourquoi. Tout d’un coup il me semble que ma vie va être transformée par l’achat d’une boîte de confit de canard ou de sardines, produits dont je raffole. Je sors de chez moi toute gaite, avec mes sous et je me dis que, marre de manger du pain et du beurre à tous les repas, je vais aller faire de VRAIES courses d’ADULTE et manger de vrais repas.
Tout ceci est compliqué par mes goûts alimentaires maniaques. Je goûte peu les sucreries, sauf le N*ut*ll*, et peu les apéritifs, sauf les chips goût rien. Je hais les arômes artificiels, les bonbons, les produits laitiers pas nature ou les desserts lactés, rien que l’idée me donne envie de g…
Par contre j’aime les aliments carnés, les légumes, l’huile, le beurre, les pâtes.
D’une humeur heureuse, j’entre dans l’antre de la consommation, surmontée, dans mon esprit, par deux énormes génies musclor qui me regardent malicieusement.
Je regarde les produits. Et ça part en vrille.
Je vois du boeuf, par exemple, et j’ai envie de boeuf. Cru, de préférence. Juste à côté, on voit du jambon de poulet aux herbes. Je sais que je n’aime pas. Mais tandis que résonnent en moi les mots “jambon de poulet aux herbes”, j’imagine un plat qui serait du jambon de poulet aux herbes, avec mes souvenirs alimentaires. J’ai faim. Et envie d’en manger. Mais pour avoir déjà craqué la dessus, et avoir été déçue (ça sent pas grand chose, sauf le goût chimique des jambons chimiques), je ne récidive pas. Mais je salive. Je ne parviens plus à me concentrer sur le boeuf.
Allez, je regarde le camembert. J’aime le camembert, mais j’ai le poulet aux herbes dans la tête et dans les papilles… déchirement !!!! Je fais vivre en moi la crème qui fond, la puanteur, je pense à demain si je le laisse dehors.. Rien.
Du coup je me demande si je dois acheter du poulet??? Avec des herbes : ça me fera un truc proche du jambon de poulet aux herbes. Mais non.
Quel est l’aliment qui vaincra mon fantasme?? J’erre dans les rayons. Il me faut du lourd, au point ou on en est, mais du lourd efficace :
- Purée au camembert (avec du fromage qui fait des fils dedans, pour les fils)?
- pâtes au gruyère? (un basique, mais coquillettes avec gruyère : je craque)
- Oeufs au plat, tartine de beurre?
- crêpe au camembert?
Je réfléchis. Il me faut un truc qui ait le goût de mon fantasme. Pas trop long parce que j’ai pas le temps.
J’achète de la farine, et du camembert et je rentre chez moi.
Je me jette sur mon saladier, de l’eau, de la farine, je bats, hop, je lis 10 pages en attendant que ça poireaute, c’est meilleur, et crêpes au camembert.
Même pas je peux expliquer comme c’est bon.
La dernière avec une lichette de confiture de mûres.
Donc, le supermarché est générateur de frustration. On m’y suscite des envies que je ne peux assouvir, et après je suis obligée de rentrer chez moi, affamée, des images de camembert dégoulinant plein la tête, pour donner libre cours à mon fantasme.
A bas la société de consommation.










