le journal de Fanette

Fanette était au boulot et il faisait beau.

mai 20, 2008 · 17 commentaires

(Illustration de Hugues Hausman)

Fanette était au boulot et il faisait beau. S’il y avait eu des oiseaux, ils auraient chanté à tue-tête. Ç’aurait été assourdissant, donc heureusement somme toute qu’il n’y en avait pas.

Fanette supportait stoïquement le rayon de soleil qui lui tapait sur la tête, sachant qu’il finirait par partir (en effet, le soleil bouge ; enfin non, c’est la terre, mais on voit l’idée). Elle se mettait un coup du coté ombreux de son bureau, un coup du côté soleil et se marrait avec Viviane sur des trucs du boulot, des têtes des collègues tout ça.

Diva vient toute gentille, en ce moment Diva est sucrée comme un loukoum ; et mode, hou là. De la pompe à trou pour orteil, du collant épais qui moule la gambette tendance ramollo (avouons –le), une robette bleue, accessoirisée d’une ceinture, un foulard, hou là. Du look de chez look sauf qu’il y a quelque chose d’improbable dans l’ensemble, mais quoi ? On ne sait pas. La ceinture trop fine ? Le revival 80’s fait trop années 80’s. Ah, l’art de la nuance, pas facile (Fanette ne s’y lance pas ; elle est jean chemise blanche à petits plissés).

- ça va ? sourit Diva.

Ça va.

- Il fait chaud, observe Diva.

Pas faux ; finement observé.

- Marc était bizarre, hein ?

Fanette fait une moue énorme. « Ooaaooohhhh ? pas remarqué.

- Remarque, Paaat aussi.

Sur Pat, on va se retrouver : Paat prend tellement Diva pour une bonniche que c’est gênant. Marc l’aime bien, mais Paaat la voit à peine.

Et là, Diva se lance dans un récit de ce qui s’est passé. Aussi à l’adresse de Viviane (Diva parle aux Noires !!!).

- Je rentre dans le bureau, Marc était là et il parlait d’un client – bon.

-Mmmm, fait Fanette en tapant sur son clavier (boulot, boulot).

- Et là, tout d’un coup Marc me dit « vous pouvez aller faire une copie, Diva ? » Alors moi, bon, j’y vais, quoi, normal.

- Ah ouais ?

- Et je reviens avec la copie. Et là Paaat me dit sur un ton mais sur un ton… !

- Ah, je vois complètement de quel ton tu parles, fait Fanette. Hein Viviane ?

- A h ouais j’imagine troooop, fait Viviane. (le ooo est un chouia long)

- Et tu nous amènes deux cafés !!! Tu te rends compte !!!!

- Rhaaaaaa, la la.

- Pffff.

- Mais je t’assure !!! continue Diva .

- Mais je te crois, assure Fanette. Ça ne m’étonne pas de lui, je vais te dire.

- Et t’as fait quoi ? fait Viviane.

- Ben je leur ai amené le café !!!

- Ah !

- Mais j’étais pas contente.

- Ben non je te crois, ça.

- Je comprends.

- Quel type désagréable.

- Ouais.

- Quand même.

- Pff. Le café, comme ça.

- Je suis sûre qu’il trompe sa femme.

- Ah ! Sûrement. C’est le genre.

Puis Diva s’en va, appelée par le devoir, sous la forme d’Isabelle s’agitant dans tous les sens : Diva a un appel.

- T’as vu, dit Viviane, t’as plus le soleil sur la tête.

- Ah tiens non dit Fanette.

Et elles rigolent.

Conclusion : au travail, la femme a l’esprit léger (trop ?).

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