le journal de Fanette

Un café chez Ben et Lui

septembre 1, 2008 · 19 commentaires

Je suis allée boire mon café chez Ben et Lui. Je me suis assise sur une de leurs chaises toutes pourrites et on a papoté (à propos des MIB).

- T’as vu le look? ça c’est des vrais. Tu devrais t’habiller comme ça, Ben (je parle à Ben ; Lui, ne m’ayant pas encore apprécié dans mon déguisement de Working Woman, ne me voit pas toujours ; sale con ; et pourquoi il est beau comme ça et il me traite comme une merde ou quasi?????? L’exaspération monte en moi).

- c’est ça, fait Ben, tripotant son ordinateur.

- Au fait, vous pourriez changer les chaises, non? C’est de pire en pire.

- Nos clients s’en foutent, des chaises, dit Lui.

- Oui, pour eux, une chaise, c ‘est conceptuel. Mais dans la cour d’à côté, ils se débarrassent de leur vieux mobilier, vous devriez vous servir, ce ne serait pas pire.

Tête de Lui. Je flippe : je l’ai vexé. Zut : je ne veux pas le vexer. Détail que je n’ai pas dit : les sous de la boîte, c’est le papa de Sandrine. Donc, la boîte marche (le papa n’investit qu’à bon escient ; par ailleurs, Sandrine ne saurait épouser un chef d’entreprise raté ; encore moins un non- chef d’entreprise ; d’ailleurs, Enron est là pour nous le rappeler : pour être un grand chef d’entreprise, il suffit d’y croire, et on finit par persuader ses investisseurs ; je pressens que Lui a parfois du mal ; mais je suis méchante).

Ben me fait remarquer, non sans pertinence, que je viens m’asseoir trois fois par jour sur les chaises pourries ; je lui réponds que je ne viens pas pour les chaises, et je perds le point, parce que je n’ai aucune répartie, et c’est ce que Lui avait dit à propos des clients.

Un silence désagréable règne, et je fais un truc tout simple, une méthode que j’apprécie de plus en plus : je dis la vérité.

- Je vous ai blessé, dis-je d’un air digne, mais ennuyé (je suis en effet digne, mais ennuyé d’avoir cassé l’ambiance). Je suis désolée. Vraiment.

Cela me permet de constater que certaines personnes (une certaine catégorie de personnes, en fait) ne peuvent résister à l’expression d’une contrition sincère, même s’ils ne peuvent pas être certains qu’elle est sincère. Ben en fait partie.

- C’est pas grave, dit-il, et il me jette un regard du type “j’ai un truc à te dire mais je te le dirais plus tard”.

Débarque la secrétaire d’Hichem, Rosalie. C’est la nièce de Catherine (la femme d’Hichem). C’est l’unique raison pour laquelle elle “travaille” là. Elle est à peine croyable : blonde décolorée, elle se fait les ongles, mais elle les rate (ça déborde). Quand on a dit ça, on croit que c’est une bimbo, hein? Eh bien elle est en jean, avec d’affreux t-shirt. Elle rit tout le temps, et elle a un cul et des seins énormes. Et une peau toute pourrie, avec des boutons. J’ai tenté de lui suggérer un soin, mais même le concept de soin, elle ne l’a pas.

- C’est qui, eux????? dit -elle.

- On sait pas, dit Lui avec humeur.

Elle va visiblement rester là à fumer sa clope sur le pas de la porte, donc je pars.

Catégories : Boulot · Ma vie quotidienne
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