le journal de Fanette

Entrée de mars 2009

Douch et le pardon

mars 31, 2009 · 14 commentaires

Comme vous le savez (vous n’êtes pas comme Hélène, hein, lecteurs?), c’est le procès des Khmers rouges. Enfin, d’après ce que j’en ai compris, un tribunal cambodgien parrainé par les Nations Unies va juger un certain nombre (5) de dirigeants Khmers rouges, et le premier procès est celui d’un homme nommé Douch. On trouve là le site de l’ONU sur le procès, mais il est singulièrement vide d’infos, quand on clique sur les comptes rendus on tombe sur une page d’erreur. Vous me direz on s’en fout, on a les journaux, mais non, je trouve que les minutes de débats, quels qu’ils soient, sont toujours intéressantes. Surtout dans ce cas. Bref.

Ce qui me donne à penser, c’est que Douch demande à être pardonné. J’y pense depuis ce matin. Je n’ai pas d’avis là dessus, mais mon cerveau se heurte à un mur. Naturellement, les gens qui veulent lui pardonner le peuvent. Je n’ai pas à me mêler de ça. Mais je me demande s’il sait ce qu’il a fait. Comment il le vit. Et je me demande comment on peut lui pardonner. Si une personne lui pardonnait, j’aimerais lire un texte expliquant comment cette personne pardonne. Comment on chemine jusqu’au pardon. En même temps, ça ne me regarde pas. Le jugement est public, mais le pardon privé. Mais un tel texte m’apprendrait beaucoup de choses. Ne croyez-vous pas?

Catégories : Fanette philosophe

Sauvages luttes d’influences au boulot

mars 30, 2009 · 14 commentaires

luxembourg Statue

Souvenez vous, je parlais d‘Hélène, la nouvelle employée d’à côté, arrivée à temps pour repeupler le paysage social du boulot, qui commençait à sérieusement battre de l’aile.

Diva et Isabelle se livrent une lutte d’influence furieuse pour conquérir la petite Hélène. Je dis petite car elle n’est pas grande.

J’ai d’abord pris Hélène pour une bécasse. Ce n’est peut-être pas faux, en fait, lors d’une discussion extrêmement peu technique sur les internautes qui téléchargent des trucs, et la loi Hadopi, quelqu’un a parlé de serveur proxy, et comme Diva s’inquiétait de savoir ce que c’était, j’ai dit que les Chinois s’en servaient, pour autant que j’en sache, de façon à surfer anonymement sans être inquiétés. “Mais pourquoi seraient-ils inquiétés? m’a demandé Hélène.

- Mais, ai-je murmuré, troublée, mais leur gouvernement ne les laisse pas lire les sites qu’ils veulent. C’est un état autoritaire.

J’allais en dire plus, mais Hélène m’a regardé avec ahurissement et m’ a dit : “mais pourtant c’est comme en Russie, c’est fini le communisme?”

ça m’a fait un peu comme quand un ascenseur descend très vite, un choc au coeur, j’ai rougi et je l’ai regardé avec effarement sans rien dire. Presque immédiatement, j’ai pensé que c’était peut-être une forme très subtile d’humour. Pendant que des pensées confuses m’agitaient, Isabelle parlait de son beau frère, responsable d’une agence bancaire, qui télécharge des tas de films (alors qu’il n’est même pas un ado livide qui passe son temps sur internet, mais un monsieur arrivé, un peu bedonnant et père de famille). Ce n’était plus le moment de parler de la Chine. Surtout que je ne sais pas comment aborder le sujet. Par exemple, je pouvais aller la voir en disant : “ah bon? La Chine n’est pas communiste? ” ou alors, plus défenseuse des Droits de l’Homme, lui foncer dessus à la prochaine pause cigarette et attaquer : ” dis donc, j’ai l’impression que tu n’as pas une vision des choses tout à fait juste de la situation en Chine”, et enchaîner sur un cours. Mais l’ignorance m’angoisse. La façon à la fois naïve et bébête dont certaines choses sont ignorées par certaines personnes me fait peur, un peu comme une obscénité, mais je ne sais quelle attitude adopter. Par ailleurs, je ne sais pas discourir sur ses sujets. En plus, après, on a des débats prise de tête, alors que je n’aspire quà la paix et au silence. Dois-je éduquer tout mon bureau, qui s’en fout? Est-il possible de lutter contre la stupidité?

De toute façon, le sujet s’est éloigné de nous. Par la suite, j’ai bien remarqué qu’Hélène avait, à tout le moins, d’autres compétences. Celles, par exemple, d’opposer Diva à Isabelle, pour son bénéfice personnel. Là, en l’occurrence, c’était simple et efficace : que fallait-il montrer à sa soeur, qui montait le week end à Paris, qui soit typique de Paris? Bon, la soeur voulait absolument voir la tour Eiffel, et absolument les Champs Elysées. Mais à part ça? La Chine pouvait aller se rhabiller, là il y avait autrement plus matière à, et ça nous a fait deux jours (jeudi vendredi) plus un débrief le lundi.Diva et Isabelle rivalisant d’ardeur dans la proposition.

Perso, je m’étais mise hors jeu tout de suite, en insistant sur les statues du Luxembourg, alors que tout le monde sait que ça n’a aucun intérêt.

Catégories : Boulot · Diva · Hélène

David Bowie avant David Bowie

mars 26, 2009 · 22 commentaires

(Merci à Lili dont l’avant dernier post m’a rappelé que je devais parler de Bowie).

En tant qu’ex fan de David Bowie, ex-parce que ça m’a un peu passé, il fut un temps où je me jetais sur ses disques, tous tous.

Et dans le lot, je me souviens du premier disque de Bowie, écouté en vinyle chez le frère d’un copain.  Du temps où il était un gentil garçon, bien coiffé, avec des pulls.

Après, ça s’est gaté.

Et impossible de retrouver cet album.

Et puis l’autre jour, j’entends parle de Vast fm. Le nouveau deezer. Tiens, je vais tenter, me dis-je. Je crois bien que sur Deezer, je n’avais trouvé que du Bowie classique. Et là, sur vast, en cherchant David Bowie, je tombe sur la couverture de son premier album.

ça.

Oh oh, me dis-je.

Bon, les trois premiers titres sont introuvables, et le quatrième, bien que le titre affiché soit “Love you til tuesday”, c’est Ground Control to Major Tom qui passe. Donc strange le nouveau deezer.

N’empêche que du coup j’ai retrouvé tous les titres des premiers Bowie.

C’est bien comme je me souvenais.

Vous connaissez David Bowie?

Eh bien là c’est … c’est…. Décoiffant. Surprenant. Et ce look. On en reste…. saisi, je trouve.

Mais j’aime bien, j’avoue. C’est vrai qu’on attend un peu des nounours qui sautent partout, mais quand on aime on ne compte pas.

Vous connaissiez ou pas?

Catégories : Musique

Il y a lontemps que… Que.

mars 26, 2009 · 7 commentaires

Je vais tenter de rester mesurée. Le film que j’ai détesté s’appelle “il y a longtemps que je t’aime”. Kristin Scott Thomas joue super bien, mais vraiment bien, heureusement qu’elle est là. Elsa Zylberstein, que j’aime bien  (c’est-à-dire qu’à l’époque, j’avais été traumatisée par Mina Tannenbaüm, mais je crois que j’ai évolué), joue normalement.

Une petite soeur accueille sa soeur ainée à sa sortie de prison. C’est tout joli chez la petite soeur, bien arrangé, comme dans une revue de déco, matos type Habitat, Ikea de riche,  quoi, tendance l’étage déco du Printemps. Je hais ces intérieurs, c’est joli, hein, mais je hais, c’est viscéral. Trop parfait. La petite soeur a un mari et deux petits filles (très mignonnes, les petites filles, en fait j’ai fini le film à cause d’elles et de Kristin Scott-Thomas) vietnamienne adoptées. C’est bien, hein, d’adopter des petites vietnamiennes? Ils auraient pu adopter aussi des trisomiques 21 paraplégiques et séropositifs, mais ça passait moins à la caméra. Donc, deux petites vietnamiennes. Le papa du mari vit avec eux, ils s’aiment tous, ils ne se disputent pas. Ils sont tellement cool et ouverts d’esprit qu’ils ont un couple irakien pour ami : évidemment le monsieur a souffert, il y avait la guerre, mais il reste philosophe, et il a du mérite. Ils ont une grande voiture familiale. Ils ont un ami prof de fac qui a donné des cours en prison. Que du gens bien, un peu l’ambiance de la pub ricoré, que j’adore, sauf l’Irakien, qui donne la petite Droit de l’homme touch, et la victime qui surmonte les horreurs ; des gens comme ça, on en veut d’autees, et plein. Ils sont où? Ils habitent où? Ils râlent pas, ils font que des trucs bien (sauf un quand il boit, mais bon, c’est pour faire la petite touche déglinguée) . En sport, la petite soeur va à la piscine, avec sa grande soeur, et à la piscine l’ambiance est toute bon enfant, c’est cool. On est sûr qu’ils mangent des légumes bio, tout ça. Ils font des week end entre amis et c’est cool, les enfants jouent sans se disputer, bon, il y en a un qui picole trop, mais ça sert l’intrigue, donc ça va.

Et la soeur qui sort de prison elle est au milieu de tout ça. C’est la seule moins bien, vous voyez. Elle dit rien. Bon, je l’ai dit, Kristin Scott Thomas joue parfaitement. Et pourquoi elle a été en prison? tadam, on nous le dit pas tout de suite mais ça finit par sortir : elle a tué son fils de six ans. Ouh, pas cool, pas cool. Donc on commence à se demander pourquoi une dame comme ça a tué son fils. Surtout qu’elle est médecin, donc elle aussi c’est une gens bien, et les gens bien ne tuent pas leur fils, ah ah ah.  Il faut être psychopathe, ou de banlieue, ou Irakien pas bien, du pas bien tamponné, enregistré, à la mode,  là encore on comprend, c’est des gens bizarres, tout ça, mais là, cette dame médecin, qui joue du piano, et dont il s’avère qu’elle s’occupait si bien de sa petite soeur avant de tuer son fils, mais comment diable a-t-elle pu faire un truc si horrible? hein? Toi aussi tu t’interroges, pas vrai? Ben faut attendre la fin du film. ça tease à mort.

Pendant qu’on veut savoir le fin mot du truc, elle rencontre le prof de fac qui donnait des cours en prison, et ils semblent éprouver l’un envers l’autre une forte attirance. Va-t-elle le tuer? J’espérais vaguement que quelqu’un allait sortir un couteau… mais non, rien, pas de couteau. C’était pour faire le contraste avec l’intérieur élégant genre Printemps, tu vois, le massacre à la tronçonneuse dedans, ça aurait été frappant.

Tout va bien tout va bien, même le mari, qui avait tout de même quelques préventions contre la soeur assassine finit par la trouver sympa.

Et puis, la révélation finale.

Alors en fait, la soeur elle a pas tué son fils parce qu’elle était méchante ou folle ou mère pas bien, non, elle l’a tué parce qu’il était malade. Pour lui éviter de souffrir. Mais elle l’a pas dit. Donc en fait, on se demandait pendant tout le film si c’était une psychopathe ou une vilaine, mais non, c’est une super gentille, elle a tué son fils pour pas qu’il souffre et en plus elle a subi 15 ans de prison alors que peut-être elle aurait pu avoir la clémence des juges.

Alors tout le monde pleure.

C’est beau.

Hum. Oui, je suis un peu critique, mais j’ai rarement détesté à ce point un film. Sauf Kristin Scott-Thomas. Une accumulation de clichés, de poncifs et de bons sentiments. Remarquez, il y a la même chose dans l’autre sens, clichés, poncifs et pseudo mauvais sentiments. Pas mieux. Je suis mûre pour Prince of Persia, moi. Au moins, quand les Américains font de mauvais films, ils le font sans prétention.

Deux choses : d’abord, l’opposition manichéenne entre tous ces gens bien, propres sur eux, animés de grands nobles et beaux sentiments, ou presque ; et Kristin Scott-Thomas, mystérieuse, et qui, elle, a peut-être commis un acte impardonnable, est lourde. Dans la vie, les gens sont beaucoup plus ambigus. Il y a deux moments un peu ambigus, celui où le mari de la petite soeur montre qu’il n’a pas confiance dans sa belle soeur, criminelle, et celui où un ami aviné pose des questions indiscrètes à la soeur qui sort de prison. C’est tout, et encore, c’est de l’ambiguité cousue de fil blanc.

Ensuite, la révélation finale casse tout. Alors qu’on espérait malgré la lenteur,se trouver devant un dilemme affreux : comprendre une femme qui a tué son enfant (je n’ose même pas comparer avec Beloved, de Toni Morrison, mais bon là, on se trouve aussi devant une mère qui a égorgé son enfant, et on est aussi obligé progressivement d’accepter l’inacceptable, mais, comment dire, Toni Morrison est un peu plus fine que Philippe Claudel……..), hop, patatras, non, en fait cette femme est une sainte et une mère en souffrance. Son enfant était malade, mais bon, apparemment pendant le jugement personne ne s’en est rendu compte, il nous faut gober qu’elle ne s’est pas défendue. Ouais. A la limite. Mais ça fait quand même une grosse ficelle.

J’ai lu nombres de critiques de ce film, sur des blogs. Toutes excellentes. Alors je ne comprends pas. Pour moi, il n’est même pas médiocre, il est exécrable. L’une des critiques prétendait qu’il s’agissait d’un film sur la reconversion après une sortie de prison. C’est sûr, une criminelle accueillie par sa soeur, ex-médecin, cultivée, diplomée, c’est tout à fait le cas du délinquant moyen. Bon, ils doivent faire face à un petit peu de rejet de la part de quelques personnes à l’esprit étroit qui goûtent peu l’assassinat d’enfant, mais dans l’ensemble, les ex-détenus sont accueilli en famille, dans des maisons décorés par Maison et Jardins, entretenues par des femmes de ménages, et dont les propriétaires sont profs de facs. Grâce à ce film, on comprend mieux le problème.

Bon, j’arrête… pas charitable. Je serais curieuse d’avoir l’avis de ceux et celles qui ont aimé ce … film. A part le jeu excellent de Kristin Scott Thomas, ça reste un mystère. Un navet bien pensant, bobo, et en plus il a eu un César.

Catégories : Films

On lâche tout on se précipite là

mars 25, 2009 · 6 commentaires

Tout de suite. Là.

Bon ce soir si vous bossez et que les yeux de Dieu sont là mais trop bon, quoi !!!

Sauf que c’est la page d’accueil, comment on va garder le lien permanent avec ça?

Non Vinvin je dois bosser, là,arrêtte de me faire rire !

Catégories : Ma vie quotidienne

Pas le temps

mars 25, 2009 · Laisser un commentaire

Un petit garçon autiste sauvé par un pompier imaginatif et psychologue

Ben non, pas le temps.Pour le film.

Un truc vite : j’ai appris des langues quand j’étais au lycée, puis je les ai oubliées. Quand je relis des textes en allemand, anglais ou espagnol, parfois en italien ou portugais que je n’ai pas appris, j’ai l’impression de voir avec un oeil fermé. Je comprends en global mais pas en détail. Je sais que je connais le mot, mais, en quelque sorte, la porte de la compréhension de ce mot  e st fermée. Si j’insiste, ça peut revenir, mais repartir. Exaspérant.

A part ça, en faisant mon travail et rien que, je suis tombée sur une info toute mignonne. Un pompier thai a sauvé un petit garçon autiste effrayé par son premier jour d’école qui s’était réfugié sur le rebord extérieur du troisième étage de l’immeuble en se déguisant en Superman pour ne pas lui faire peur et pour le rassurer. Sympa, non ? Si seulement les actu étaient tous les jours comme ça, ou si on le savait plus, on serait plus heureux de notre nature humaine.

Catégories : Ma vie quotidienne · Trucs incohérents

Twitter, le meilleur ennemi du couple

mars 24, 2009 · 15 commentaires

Dites donc voir. Jennifer Aniston a quitté son petit copain parce qu’il était trop accro à Twitter.

Il avait le temps de twitter comme un furieux, mais pas de lui envoyer un mail ou un sms.

Lu .

Ah la la pas facile.

Catégories : Trucs incohérents

Oeuf dur-thon, oui ou non?

mars 24, 2009 · 14 commentaires

Car il y a débat.

Hier, j’ai fini mon post en ayant très faim d’un sandwich oeuf dur-thon. Ce qui provoqué un certain scepticisme chez certaines. Et pourtant, l’oeuf dur-thon, oui, oui, mais avec le respect du thon et de l’oeuf dur. Or, les trois quart du temps, on fait ça affreusement mal dans les boulangeries parisienne, et ledit sandwich est noyé dans la mauvaise mayonnaise. En tout cas, près de là où je bosse, ils sont mauvais.

Donc, malgré la faim, il me fallait trouver un moyen de me sustenter fissa tout en détournant mon fantasme cérébro-alimentaire du sandwich en question. En effet, dans l’état où j’étais, ce sandwich m’aurait forcément déçue. Or, à esprit déçu, estomac pas repu. Je passe l’après midi à fantasmer, et en plus, le fantasme déçu devient morose. C’est horrible.

Pour que je me sente bien, je dois avoir le coeur content, donc l’estomac satisfait, et on en revient au fait que manger n’est pas une opération à prendre à la légère.

Vers quel alternative au sandwich thon-oeuf dur pouvais-je me détourner localement?

Tout en marchant en direction de la porte cochère, je réfléchissais furieusement.

Il y avait la possibilité du chinois. Sauf que seule, pas cool. Je déteste le chinois seule, surtout celui-là, la patronne vient me parler. Je ne sais pas, j’ai une bonne tête. Mystère. Mais moi je ne veux pas lui parler.

Le kebab. Evidemment. Sauf que le gras de ce genre là, on s’en lasse. Ce n’est pas du bon gras. Une fois par mois, ça va ; plus, ça me dégoûte.

La brasserie. A la rigueur, mais j’y suis allée deux fois la semaine dernière, bonjour le budget.

Du coup, je me suis dirigée vers le supermarché du coin, et j’ai commencé à errer dans les rayons en tentant de garder le contrôle de mon corps.

ça s’est plutôt bien passé. J’ai acheté des chips, un paquet de salade mixte lavée, un yaourt à boire. Il me restait dans mon bureau des  Figolus, basiques, mais le Figolu, quoique je ne trouve pas ça extraordinaire au goût, est mon ami depuis la fac…

Le mélange salade mixte – chips me semble toujours excellent. Le yaourt à boire, j’adore, et comme je n’en achète que très rarement, ça me fait toujours l’effet d’un dessert très original. On a les originalités qu’on peut.

Ce qui ne m’a pas empêchée de repenser au thon -oeuf dur. Donc en sortant, le soir, je suis retournée au super marché, j’ai acheté du pain de mie, et du thon, il me restait de la salade, et je me suis fait un thon oeuf dur chez Ben.

Le thon doit être à l’huile d’olive, et l’oeuf dur doit avoir le jaune juste cuit, pas archicuit, sinon c’est pas bon. Un peu de poivre cinq baies, pas obligé mais c’est le petit plus.

On a mangé trois sandwiches chacun, c’était l’orgie romaine. Et heureusement, parce qu’on a regardé un film affreux. Ah, nom d’un chien, je vous ferais grâce des commentaires tout à fait déplacés que nous avons fait, mais j’ai rarement vu un film aussi niais. Il faut dire que je regarde peu de films français, le ciel m’en préserve. La prochaine fois, je re-regarde Ran. Ou alors un bon film d’action américain. Prince of Persia?

Demain, je raconte le film, quand j’aurais digéré. Pas les sandwichs, hein, le film. En tout cas, ce film, c’est typiquement le genre qui ne peut être sauvé que par le téléchargement illégal. En plus, j’ai appris le lendemain qu’il avait eu un César. Bon. Bon. Eh ben si ça ça a un César, c’est pas Hadopi qui va sauver le cinéma français.

Catégories : Ma vie quotidienne · alimentaire

Vision du vide

mars 23, 2009 · 6 commentaires

Beaubourg 1

Mon Dieu, une idée géniale m’a effleuré l’esprit, comme souvent, lorsque j’ai lu ce post d’Oparachake, mais j’ai remis à plus tard et à tort l’expression rédigée de cette idée. Pourtant elle était chouette. Mais voilà ce que que c’est que courir et tout faire en hâte. J’aurais besoin d’activité contemplative pour explorer ma vie intérieure. Il se pense tant de choses palpitantes dans mon moi intérieur, mais c’est l’extérieur qui prend le dessus, l’extérieur et ses impératifs alimentaires. Du coup, au passage, je comprends ce que veut dire la pauvreté intérieure, et pourquoi elle libère l’esprit, ce que Bernie Madof n’a pas pigé, lui, le malheureux. En fait c’est une victime du système. Bon ça je l”expliquerais une autre fois, là je vais déjà faire un poste super acrobatique pour un lundi, et avec envie de café, en plus, et de sandwich aux oeufs durs. Ma vie intérieure ne sort pas grandie de mes fringales. Oeufs durs thon. Non, je résiste, pour une heure, je ne suis qu’esprit, merde.

Le lecteur fidèle se souvient de ce que la semaine dernière, je faisais ma béotienne en m’esclaffant sur une exposition de rien. D’ailleurs, j’ai l’honneur d’avoir été cité pour cette puissante analyse par Miss SFW, qui me fait l’honneur de partager mon point de vue. Là dessus, Miss 400 , encore une miss, pourtant je ne suis pas Geneviève de Fontenay, me laisse ne commentaire qui me fit blêmir intérieurement : je cite : Le vide, c’est une expression comme une autre. En plus ce n’est pas un vide absolu, c’est un vide qui aurait dû contenir une expression artistique. Et un vide dans un lieu normalement rempli d’art. Et conçu pour l’accueillir. Elle met un smiley pour dire que c’est drôle, mais parfois je suis imperméable à l’humour.

Ah fichtre, me dis-je. Fanette, accroche toi, tes lecteurs élèvent le débat, tu vas pas suivre, glisser et te faire mal en tombant.  M’a sauté à la figure, mais toujours intérieurement, en fait je relisais dans la déconcentration totale un dossier, tout en mettant sur pied une soirée ciné chez Ben, mais c’était un de ces jours où j’ai le cerveau huilé, où tout coulisse, il me faut faire dix choses en même temps sous peine de cesser de fonctionner, des visions fulgurantes et suggestives de vides remplis, remplis de souvenirs, de potentialités, de désirs : un bureau qu’on devait louer, par exemple, mais la crise a eu raison de l’entreprise, et le non -locataire, jeune patron d’une petite boîte, qui espérait lui aussi faire partie de la France qui on ne sait pas quoi mais qui, parcourt mélancoliquement du regard les espaces vides, en songeant à quel point il se serait senti fier de les remplir de mobilier de bureau qui n’auraient pas été de simples tables et chaises de bureau, mais des preuves tangibles de sa réussite, de son orgueil, de sa prise sur le monde. Dans ce cas, le bureau vide se remplit d’espérances avortées, de rêves, d’explications qu’il va falloir donner, de coeurs serrés, de stress. Ou alors,  un camion de déménagement vide, avant ou après avoir été rempli. Avant, il est vide, mais déjà plein, en puissance, d’objets qui composent une vie : pourtant, une vie n’est pas un entrepôt, donc peut-être, avant d’être rempli, contient-il l’essence la plus subtile de chaque vie humaine, son âme, puisqu’il est là, destiné à une fonction, il renferme la partie impalpable de la vie qu’il est sensé transprter d’un point à un autre de l’écorce terrestre.

Et là dessus, baguenaudant sur le blog de Oparachake, elle évoque la même chose : étrangement, ce post se présente sous mes yeux au moment où je visualise les vides pleins que je tente d’évoquer par les mots, et sous mes yeux, et donc vous voyez que dans mon monde intérieur, ça s’agite fichtrement, apparaît un appartement, avec un petit vide au milieu, celui d’un petit être cher qui a disparu. Ce n’est pas, à ce moment là, un espace vide rempli de ce qui a été, de ce qui pourrait être, ou de ce qui va être : c’est un espace rempli de meubles, lit, table, chaises, lumières, chaussures, avec une petit vide impalpable le long des murs, sur le canapé ou le lit où la boule de poils évoquée par Oparachake avait l’habitude de dormir peut-être. Ce petit vide va s’amenuiser peu à peu et devenir imperceptible, mais pas encore. Un peu comme le chat de Chester, il va disparaître progressivement.

Et donc, sans toutefois approuver le fait de dépenser 12 euros pour aller ne rien voir, surtout à Beaubourg, que j’ai toujours trouvé moche, et que je trouverais toujours moche, et que je tiens à continuer de trouver moche, avec les vitres cradocs et les tuyaux bleus, même si la bibliothèque est géniale, et ouverte le dimanche, et on y lit des BD, et c’est cool, je demeure saisie, finalement, par la pertinence des artistes qui exposent du vide. Certes, leur façon de présenter la chose est déplaisante. Cuistres. Et vendeurs de petits morceaux d’âme. En fait, ce vide plein se charge lourdement de signification, plus que n’importe quel tableau, sauf les tableaux de Vermeer, ceux qui ouvrent des portes sur on ne sait trop quoi. Mais il faut le saisir, ce vide, dans la vraie vie, quand il vit, quand il existe vraiment. Pas le reconstituer intellectuellement pour le faire exister artificiellement et le vendre. C’est de la production industrielle, ou intellectuelle, de quelque chose que l’on ne peut produire artificiellement. Il faut, pour le saisir, s’armer de patience et de lucidité et le pourchasser dans la vie, quand ces instants morts nés, chargés de passé ou d’avenir, se présentent devant nous. Bizarre, direz-vous? Et encore, je passe le plus bizarre. Le fait que je me demande pourquoi je relie des trucs comme ça dans ma tête à des moments où je devrais faire autre chose, et pourquoi ces idées fulgurantes me donnent l’impression que c’est le monde entier qui veut me faire comprendre un truc, accentuant encore ma tendance à douter de la réalité du monde. Qu’est ce qui est plus réel, cette série d’association d’idée, ou le dossier à finir? Ne devrais-je pas tout laisser tomber, et réfléchir à ça? Je comprends tout d’un coup les ermites dans le désert. Si je partais dans le désert, j’aurais soif, faim, envie de me balader dans le Luxembourg, de manger des glaces Bertillon, ou de passer une soirée à côté de Ben dans le canapé à regarder What’s new Pussy cat pour la 14ème fois en mangeant des brownies. Pourquoi j’associe tout ça à Fanny Mae, l’étoile dans l’Etoile et le Fouet?

Bon, allez, stop, maintenant, next step : le sandwich aux oeufs durs thon. Je devrais avoir honte de fantasmer sur des trucs comme ça.

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Cette semaine, promenade…

mars 21, 2009 · 2 commentaires

Uniquement pour les filles de à peu près 30 et encore, pas toutes, la première photo. (Je sais ce qu’on dira, mais pas du tout).

Une analyse rageuse d’un truc qui me laisse sans voix. J’avais jamais pensé à ça. Je n’achète jamais de billets pour les concerts, j’ai peur de la foule.

Big brother. Et en plus, discourtois.

Des gens qui se sont donné du mal pour recycler, bel effort, c’est ce que nous devrions tous nous mettre à faire, et pas seulement parce que la planète se réchauffe, mais parce qu’on doit arrêter de consommer comme le gros garçon mange dans Charlie et la Chocolaterie. Une civilisation de goinfres. D’ailleurs l’obésité augmente. Forcément. On s’interroge sur les causes, mais elles sont dans la tête et le rapport au monde.

Fascination inexplicable pour les histoires trash.

Aspirant Madof, si, si, je trouve.

Et pour finir, une information qui me plonge dans la perplexité. Deux mille ans de christianisme pour ça… Aucun rapport avec le christiansime on me dira. Bon, OK, pas faux, alors je dirais : on a eu Périclès, on a eu Octave Auguste, on a eu Philippe Auguste, La Princesse de Clèves, L’esprit des Lois, Mon père ce héros au sourire si doux, Votre âme est une paysage choisi, Una furtiva lagrima, les Roses blanches, les Palétuviers, et maintenant on va avoir ça si on laisse les grosses maisons de disques garder le contrôle de l’industrie musicale. Tout ça pour ça. Si Edison avait su ça !!! Peut-être aurait-il hésité, hein?

Et, avec mes remerciements à Mublito : si c’est pour écouter des trucs débiles, autant que ça soit drôle.

Catégories : Les bonnes idées de la semaine