le journal de Fanette

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Fanette était au boulot et il faisait beau.

mai 20, 2008 · 17 commentaires

(Illustration de Hugues Hausman)

Fanette était au boulot et il faisait beau. S’il y avait eu des oiseaux, ils auraient chanté à tue-tête. Ç’aurait été assourdissant, donc heureusement somme toute qu’il n’y en avait pas.

Fanette supportait stoïquement le rayon de soleil qui lui tapait sur la tête, sachant qu’il finirait par partir (en effet, le soleil bouge ; enfin non, c’est la terre, mais on voit l’idée). Elle se mettait un coup du coté ombreux de son bureau, un coup du côté soleil et se marrait avec Viviane sur des trucs du boulot, des têtes des collègues tout ça.

Diva vient toute gentille, en ce moment Diva est sucrée comme un loukoum ; et mode, hou là. De la pompe à trou pour orteil, du collant épais qui moule la gambette tendance ramollo (avouons –le), une robette bleue, accessoirisée d’une ceinture, un foulard, hou là. Du look de chez look sauf qu’il y a quelque chose d’improbable dans l’ensemble, mais quoi ? On ne sait pas. La ceinture trop fine ? Le revival 80’s fait trop années 80’s. Ah, l’art de la nuance, pas facile (Fanette ne s’y lance pas ; elle est jean chemise blanche à petits plissés).

- ça va ? sourit Diva.

Ça va.

- Il fait chaud, observe Diva.

Pas faux ; finement observé.

- Marc était bizarre, hein ?

Fanette fait une moue énorme. « Ooaaooohhhh ? pas remarqué.

- Remarque, Paaat aussi.

Sur Pat, on va se retrouver : Paat prend tellement Diva pour une bonniche que c’est gênant. Marc l’aime bien, mais Paaat la voit à peine.

Et là, Diva se lance dans un récit de ce qui s’est passé. Aussi à l’adresse de Viviane (Diva parle aux Noires !!!).

- Je rentre dans le bureau, Marc était là et il parlait d’un client – bon.

-Mmmm, fait Fanette en tapant sur son clavier (boulot, boulot).

- Et là, tout d’un coup Marc me dit « vous pouvez aller faire une copie, Diva ? » Alors moi, bon, j’y vais, quoi, normal.

- Ah ouais ?

- Et je reviens avec la copie. Et là Paaat me dit sur un ton mais sur un ton… !

- Ah, je vois complètement de quel ton tu parles, fait Fanette. Hein Viviane ?

- A h ouais j’imagine troooop, fait Viviane. (le ooo est un chouia long)

- Et tu nous amènes deux cafés !!! Tu te rends compte !!!!

- Rhaaaaaa, la la.

- Pffff.

- Mais je t’assure !!! continue Diva .

- Mais je te crois, assure Fanette. Ça ne m’étonne pas de lui, je vais te dire.

- Et t’as fait quoi ? fait Viviane.

- Ben je leur ai amené le café !!!

- Ah !

- Mais j’étais pas contente.

- Ben non je te crois, ça.

- Je comprends.

- Quel type désagréable.

- Ouais.

- Quand même.

- Pff. Le café, comme ça.

- Je suis sûre qu’il trompe sa femme.

- Ah ! Sûrement. C’est le genre.

Puis Diva s’en va, appelée par le devoir, sous la forme d’Isabelle s’agitant dans tous les sens : Diva a un appel.

- T’as vu, dit Viviane, t’as plus le soleil sur la tête.

- Ah tiens non dit Fanette.

Et elles rigolent.

Conclusion : au travail, la femme a l’esprit léger (trop ?).

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La Diva

avril 1, 2008 · 23 commentaires

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Je commence à bien connaître la Diva.

Certes, elle n’égale pas en vilenie certaines cheffes (d’ailleurs elle n’est que semi chef) évoquées par des blogueuses. Non. Mais c’est plus complexe que cela.

C’est elle qui a demandé qu’on engage quelqu’un car elle avait trop de travail. En fait, elle ne sait pas très bien se servir de tout un tas de trucs que je sais utiliser, et elle n’a aucune culture, cette nouille. Pour elle, dès qu’elle a lu un truc dans Wikipédia, c’est vrai. C’est assez rigolo, si le truc n’est pas dans Wikipédia, c’est que ça n’existe pas. Or il y a des tas de cas où W se fourre le doigt dans l’oeil ou est incomplet.

Car internet c’est grand c’est beau c’est chouette, mais sous cette avalanche d’info diverses et variées qui nous dégoulinent dessus dès qu’on clique, il faut savoir choisir. Et c’est là qu’intervient une technique intellectuelle fort utilisée (quoique pas tant que ça, par ce que Buffon recopiait des passages entiers des naturalistes antiques, ai-je lu, en ce qui concernait les animaux des contrées lointaines, donc c’est un contre-exemple mais on s’en fout) par les intellectuels du XVIIIème siècle, plus connus sous le nom de Philosophes : l’esprit critique. Diva ne sait même pas que ça existe. Elle critique, mais sans esprit.

Donc, elle avait besoin de quelqu’un pour faire tout une part de son travail.

Donc moi.

Donc elle m’a montré, au début.

Certes, elle connaissait la boîte, mais à part ça, pas grand chose. Elle est tellement ignare qu’elle a été épatée de mes connaissances, non que celles-ci soient si extraordinaires, mais elle est si ignorante, la malheureuse, et les autres si peu littéraires que ça le fait.

Mais sa personne est un vrai fléau dans le travail.

En effet, les gens compétents sont parfois cons, mais les gens incompétents et ignares qui font gaffe à leurs fesses sont obligés de mentir dans tous les sens pour se protéger. Ils n’ont pas le choix (si l’on réfléchit bien, car si leur ignorance et leur incompétence se révèle, ils risquent très gros). Donc Diva est condamnée à chercher de tous côtés des moyens de se protéger. Pour cela, elle tisse sa toile. Et je dois être en bons termes avec elle. Cela oblige à un doigté terrible : si elle sent que je fais attention ou que j’ai un peu peur (ce qui est le cas, car quoi de plus dangereux que la bêtise ?), elle va prendre de l’emprise sur moi. Je suis donc obligée à un lobbying forcené hors et dans la boîte : je ne suis pas contre elle, mais pour ne pas être non plus pour elle, je dois être « mon propre » maître, je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Si je suis capable, par le jeu des forces au bureau, de lui faire pièce, ça va. Sinon, elle me bouffe : avec elle ou contre elle, elle mène le jeu.

Je ne sais pas si je me fais bien comprendre. Diva est mielleuse et base ses rapports sur une sympathie doucereuse qu’elle distille à tout le monde, et elle essaie aussi de faire son indispensable, sa malheureuse (Marc est trop dur avec elle, ça c’est ce qu’elle nous dit à nous, mais en douce, pour se faire bien voir de lui, elle va lui balancer le moindre truc des uns et des autres) et sa femme qui sait.

Je ne pense pas que beaucoup de gens l’aiment, mais il est difficile de s’en rendre compte : arrivée la dernière, sauf Viviane, qui est un peu hors jeu, je ne peux pas aller voir mes collègues et leur dire tout de go : “Ne pensez-vous pas que Diva est une conne manipulatrice et incompétente?”. En outre, plusieurs personnes ont avec elle une attitude du genre : “Diva est tout de même gentille.” Je soupçonne fort ces personnes de se douter que Diva ne vaut rien, mais ils sont gentils et altruistes et pensent sincèrement qu’il faut qu’elle garde sa place et qu’elle continue, parce que ce serait méchant de la virer ou de lui nuire.

Oui, ce serait méchant : mais Diva est elle-même, j’en suis de plus en plus persuadée, une personne méchante et malveillante. J’ai l’impression, difficile à expliquer, que, tout en douceur, sans cri et sans conflit, la situation évolue vers un conflit, mais je ne sais pas lequel.

Je dois avouer que, bien que je sois sincèrement persuadée de ce que j’écris, je me pose en même temps des questions. Est-ce que je ne me fais pas un film?

Avez-vous déjà vécu des expériences pareilles? Avez-vous déjà eu l’intuition qu’une personne mettait une mauvaise ambiance? (Je dis bien qu’il n’y a pas de fait avérés, pas de cris, ni de disputes, ou très peu).

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PC : pauvre con/pas cool

mars 11, 2008 · 38 commentaires


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La technique c’est chouette. Pourtant je suis pas douée, ou alors justement peut-être parce que je ne suis pas douée, ça se simplifie tout le temps, c’est fait pour moi. Pas que je pige pas, mais ça me gonfle, je n’ai aucune satisfaction intellectuelle à savoir ce qui se passe dans les tuyaux, du moment que l’eau coule ça me va bien.

Par eau, j’entends écran qui s’allume et logiciels qui fonctionnent, c’était une métaphore.

Or depuis quelques temps la technique vacille au boulot.

Il faut dire que le responsable technique que nous partageons avec le frère de Marc (le frère de Marc s’appelle Patrick - Paaaat, quoi) a démissionné il y a deux ou trois mois et Paaaat que il est super fort, le Paaat et que il sait tout faire et même que c’est un vrai petit geek dans le fond de son coeur et que il a dit Paaaat que on n’a même pas besoin de responsable informatique meuh non car il est là lui super fort.

Précisons que Marc qui n’est pas con, enfin pas complètement, a une faiblesse/fascination/admiration mystérieuse pour son frère qui n’est pas stupide, mais en revanche extrêmement désagréable. Ce que Paaat dit, est bien dit. Résultat, plus de responsable informatique.

Résultat, l’antivirus a disparu depuis plus d’un mois. Cela n’a eu l’air de gêner personne, ou alors peut-être ils sont très psychologues. Je ne sais pas. Fin janvier, j’ai demandé à Diva si c’était normal qu’on ait plus d’antivirus. Dans sa réponse, elle a parlé de vaccin contre le grippe, j’ai su que peut-être ma question n’avait pas été comprise dans toute sa subtilité. J’ai reposé la question à Marc qui passait, toute cravate dehors, un jour, devant mon humble bureau, ça l’a interpelé, mais il m’a dit : “Plus d’anti virus? ben si?!?!?!” Et il a continué sa route.

Je n’ai pas posé la question à Paaaat qui a l’air de se retenir, lorsqu’il pose par inadvertance ses yeux sur moi, de m’ensevelir sous les tombereaux de mépris qu’il éprouve, dans sa splendide supériorité intellectuelle, pour le genre humain pris dans son ensemble. Dans un grand élan de lucidité, voire de perversité, j’ai sauvegardé plein de trucs, en me disant que j’étais peut-être idiote et qu’il y avait un autre antivirus caché (un crypto antivirus) qui, tel Superman faisant semblant d’être un banal journaliste, sauvait quotidiennement le monde ; why not. Avec l’informatique je m’attends à tout. J’ai sauvegardé sur un CD et j’ai envoyé des docs sur mon mail perso/boulot, un mail que j’ai créé pour envoyer des copies de docs que je stocke dessus. C’est artisanal, mais bien.

Au passage je me suis renseignée sur les crypto antivirus.

Vous savez qu’à côté de chez nous il y a deux bureaux. Dans notre cour pourvue de trois arbres/arbustes en pot, il y a la verrière de notre bureau, star de la cour, quand il pleut on a l’impression qu’il pleut sur nous, il y a le trou à rat de Lui et Ben, où on a du bon café, et une porte qui donne sur une agence immobilière reconvertie en agence de voyage dans laquelle bossent quatre personnes, parfois plus. C’est là où bosse Catherine dont j’ai déjà parlé, mais je ne sais plus où. Eux, ils ouvrent sur le rue, aussi, de l’autre côté. Le mari de Catherine, Hichem, est le patron/gérant, il y a une secrétaire à lunettes assez marrante, blonde avec des couettes, et il y a (j’y arrive) Constantin Balescu, un informaticien roumain.

Constantin est un garçon sec, blond à lunettes rondes, cheveux ras, absolument pas souriant et qui jouerait facilement des rôles de tueurs du KGB. Il a de grandes mains avec de longs doigts osseux, très impressionnants. Il est de taille moyenne, mais il se tient tellement droit qu’il a l’air plus grand. Ses yeux, gris bleu, et très froids, plongent des les vôtres comme s’il souhaitait vous arracher l’âme. Il est un peu bizarre. Je ne l’ai jamais vu rire ou sourire. D’un autre côté, je ne le vois pas beaucoup.

Parfois et de plus en plus souvent il boit des cafés avec Ben et Lui. Donc j’y vais. Ils parlent d’informatique et de langages… c’est palpitant. Il leur donne des tuyaux. Je crois. Je lui ai demandé si un antivirus pouvait se cacher, Constantin a dirigé vers moi ses yeux gris, a laissé passer un temps puis a demandé : “Pourquoi?” J’ai commencé à expliquer que je ne trouvais plus l’anti virus, et il m’a coupé “Non”.

Donc ce qui devait arriver arriva, on s’est chopé un virus la semaine dernière et le réseau s’est mis à merder.

Et là, ça a été grand. Paaat a découvert qu’il n’y avait pas d’antivirus. D’abord Marc l’a appelé en lui disant qu’il y avait un truc qui clochait. Paaat est arrivé de ses bureaux (car Marc a UN bureau mais Paaaat a DES bureaux, vu qu’il est plus superfort), le visage fermé, homme providentiel épuisé d’être l’homme providentiel sauveur de son petit frère. Il s’est approché avec mépris d’un PC, a tripoté, et progressivement il s’est fait moins méprisant et plus stressé. “Où est l’antivirus?” a -t-il dit sèchement, comme si l’un d’entre nous s’était barré avec la bête sous le bras. On a tous fait “Ah oh euh ben là chais pas ah? oh? pourquoi? bé c’est bizarre” en regardant dans toutes les directions, des fois qu’il ait sauté du PC et se soit planqué dans une étagère ou un tiroir (avec l’informatique il faut s’attendre à tout : un antivirus tremblant au fond d’un tiroir : Noooon j’veux paaaas je veux plus me battre contre les virus i sont pas bôôôô”).

A ce stade, Paaaaaaat a du réaliser qu’il avait fait une connerie, il s’est repris (quand il est en colère contre quelqu’un il gueule), il a grogné et tripoté frénétiquement le clavier. Puis son visage s’est fait grave. L’Homme A Responsabilités Placé Devant Un Grave Souci Mais Qui Réagit Dignement.

- Il y a un virus dans le réseau, a-t-il proféré comme un vrai petit Pontifex Maximus de l’Informatique.

Tout le monde s’en doutait, mais on a fait poliment des bruits, comme “Ooooo… Euh… Aaaaah lala… Pfff… Dingue”.

Il fallait prendre une décision.

Paaaaaaaat a pris une décision.

Il a été chez Catherine et Hichem leur emprunter Constantin.

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Au boulot

janvier 18, 2008 · 18 commentaires

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Quand j’ai commencé à travailler, j’avais l’impression qu’il faut toujours s’éfforcer d’être poli ou gentil avec les gens : mon idée, en gros, c’était que la courtoisie engendre des rapports plus fluides ; je suis revenue à cette idée, mais après des détours.

Ma courtoisie consistait à écouter avec politesse ce que l’on me disait et à ne pas avoir l’air de tout savoir ; j’ai rencontré au boulot des personnes diligentes, actives, affairées, qui prétendaient tout faire dans la société, être quasiment indispensable, et qui, d’un autre côté, me donnaient toutes sortes d’informations utiles et pratiques. Au bout d’un moment, je me suis aperçu qu’elles étaient souvent très peu efficaces, et surtout qu’elles essayaient de me contrôler pour me nuire, dans le souci de préserver leur poste.

Du moins est-ce ainsi que j’ai interprété leur attitude, et le contraste entre leur gentillesse et leur amabilité et les “coups bas” qu’elles faisaient me paraissait une preuve évidente de mauvaise foi et de méchanceté hypocrite.

Mais, naturellement, ce n’est pas aussi simple que cela : en fait, le truc, c’est que les gens sont plutôt assez aimables, et même agréables : on peut blaguer, rire, déconner - mais par en dessous, quand l’occasion se présente : coup bas.

Curieux, non? Des gens sympas qui peuvent faire des vacheries.

J’ai alors observé (les autres) et compris un truc : l’homme est un loup pour l’homme.

En effet, les gens sympas ou disons agréables qui vous font une vacherie que vous ne comprenez pas ont l’air d’être un paradoxe, mais ils obéissent à la règle sus-citée.

Si votre collègue, même sympa, a l’impression que vous êtes gentille, cool, brave, en un mot, faible, il en profitera à la moindre occasion. Il vous piquera vos bics, finira le café sous votre nez, etc. Et ça, c’est rien, juste désagréable. Mais il pourra aussi sourire avec une ironie condescendante quand on dira “Fanette, elle est distraite, hein?” - voire ajouter, sans même vraiment avoir l’impression d’être salaud : “pas très fiable”.

ça ne vous rappelle rien?

Votre collègue qui se répand en explications saoûlantes sur le fonctionnement de Power Point perd du temps inutilement parce qu’elle n’utilise pas la trieuse, ou bien vous pourriez faire mieux qu’elle avec Windows Movie Maker. Mais c’est elle qu’on écoute, parce qu’elle parle, elle, alors que vous faites juste votre boulot. Moi, dans le genre, j’ai entièrement refait la présentation d’une d’une collègue quand j’étais en stage, contente que j’étais de partager mon savoir avec une collègue super sympa et drôle ; qui a très bien su utiliser et retenir les explications que je lui ai donné (en toute modestie, car je ne suis vraiment pas une pro des présentations : mais il y a toujours des gens plus nuls que soi) ; et a montré à tout le monde la présentation que j’avais faite comme si c’était la sienne ; j’étais stagiaire, mais j’ai moyennement apprécié. Elle aurait pu dire : “Regardez ce que j’ai réussi à faire avec les conseils de Fanette ! “. Le problème, c’est que j’étais bien loin d’imaginer que mes maigres connaissances pouvaient être utiles à quelqu’un.

J’ai traduit des docs à des collègues, parce que je touche à plusieurs langues, mais mal. Mon portugais approximatif ne me paraissait pas particulièrement impressionnant ; on m’a appris à ne pas me vanter de connaisances imparfaites ; je comprends le portugais écrit comme une hispanophone qui a du vocabulaire. Mais c’est à une autre qu’on a dit, avec surprise : “Mais tu comprends le portugais?” et qui a répondu, avec une modestie qui ne m’aurait pas forcément mal réussi : “Oh, je me débrouille….”.

Il est possible que ces gens ne soient pas si méchants (c’est que je me dis maintenant). Pour certains, on peut même dire que ça se passe peut-être comme ça : ils ne sont pas sûrs d’eux, ils ont peur d’être viré, ils ont des enfants, des emprunts, des soucis, et si quelqu’un leur donne l’occasion d’avoir l’air plus compétents, et le fait sympathiquement, sans paraître demander quoique ce soit, pourquoi ne le prendraient-ils pas?

Objection : ils pourraient dire merci, ou évoquer votre aide, vous mettre un peu en avant?

Oui, mais ils peuvent aussi avoir l’impression que vous avez tellement de qualités que vous n’avez pas besoin qu’on en rajoute.

Ils peuvent se dire que bon, pour le coup, ils vont se mettre en avant, eux et juste eux, vous ce sera une autre fois.

Ils peuvent ne pas y penser du tout : vous les avez aidé, et quoi? fallait pas le faire si vous ne vouliez pas qu’ils comprennent les spécifications techniques du bidule.

Ils peuvent vous utiliser froidement (mais à y réfléchir calmement, les évènements passés, ce n’est pas cela qui prédomine).

Quelles que soient leurs raisons, vous existez aussi, vous et il n’y a aucune raison de vous effacer devant les autres.

OK. Donc, il ne faut pas être gentille et serviable.

Il faut être salaud et garder ses compétences pour soi, comme un écureuil égoïste.

J’aime pas, en plus je suis trop spontanée, même si je me plante souvent.

Il y a deux ans, je me suis demandé si, à l’aube de ma vie, je devais déjà me comporter en vieille peau crispée sur ses trois compétences comme un crabe de mauvaise humeur. Je me suis sentie toute démoralisée. Je vous explique : OK, l’homme est un loup pur l’homme, le monde est une jungle, tout est pourri, Sarko se fout du fric plein les poches parce qu’il est président et pas moi, Pierre -Henri a un yacht et pas mon père, y a rien qui va.

mais moi je m’en fous.

Je veux que ma vie ressemble à la thermos de la Méchante. Eh ouais. Cruche, hein? Parce que faut toute qu’on soit des Rambos du boulot, ou des Lara Croft, super fortes, super battantes, super super, bien habillées, bosseuses, ou écrasantes, qu’on sorte en boîte jusque 5 heures du mat et qu’on revienne avec un ou plusieurs mecs, et sinon on se rabat sur des sex-toys. Je serais volontiers comme ça, c’est pas ça, moi je veux être une battante, moi je veux bouffer les autres, si, je veux, mais ça me fatigue, c’est pas dans mes priorités, je préfère ma couette, ma pâte à tartiner, Audrey Hepburn, Brad Pitt, Gaël, les arbres, les fleurs et les petits zoizos.

Parce qu’aujourd’hui il faut être libre et se sentir soi-même, mais ça va plutôt dans le sens : réveille le killeur (ou la killeuse) qui est en toi, et pas va dormir avec le chat tout mignon tout rose qui est en toi.

Or, il y a bien une killeuse en moi, si, mais loin. Elle ressemble un peu à Uma Thurman dans Kill Bill, d’ailleurs, mais comme après elle passe dans des arbres à la Sarah Kay, avec des petits trucs roses et dorés en dentelle partout, quand elle arrive devant la personne qu’elle doit tuer elle est total déconcentrée, elle sautille, elle chante des chansons de Abba ou les Palétuviers (aimons nous sous les patu, prends moi sous les laitues, aimons nous sous l’évier) et elle n’y arrive pas.

J’ai donc développé une stratégie en plusieurs points, adaptée à ma personnalité. La killeuse, oui, mais version “Hello Kitty”.

Je fais ce que je peux, et donc ce que je veux et j’ai décidé que c’était pas parce qu’on vivait dans un monde comme ça que je devais me transformer en soldate de Tsahal.

Ah, ah, ah.

Demain la suite. ça fait teasing, je sais, mais finalement c’est pas mal et surtout : voyez-vous de quoi je parle, ou ne suis-je qu’une bluette égarée dans le monde du travail (question que je me pose souvent, même si j’essaie avec persévérance de me transformer en lion - pas gagné - pourtant je vise juste le lion de Oz)?


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Au boulot

décembre 27, 2007 · 21 commentaires

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Hier, je me suis demandé si j’étais la seule à avoir des Etiennette dans ma famille. J’ai eu peu de réponses. Dois-je en conclure que oui?

J’ai passé une excellente journée hier, et compris des trucs - je suis encore trop naïve. Marc, le boss, est là aujourd’hui mais hier, il n’était pas là. Il l’avait dit. Je suis venue, mais je n’ai pas bossé du tout (c’était excellent). La Diva est arrivée à 11 heures 30, en disant qu’elle avait été malade et qu’elle venait tout de même. Tu parles, Charles ! Elle s’est tirée vers quatre heures. Ce matin, elle l’a dit à Marc, à mi-voix, je l’ai entendu lui dire ça comme je montais à L’Etage Des Chefs. Et Marc lui a dit : “c’est pas grave, tu sais, un 26 décembre…” Qu’elle ne vienne pas un 26 décembre, c’est excusable - mais pas nous, nous, il faut qu’on soit là.

Donc, quand on est chef, on a des droits que les autres n’ont pas. Oui, vous le saviez, vous, mais moi j’ai été élevé que le chef a plus de responsabilité, pas plus de droits. Le chef doit être plus parfait, quoi. Mais j’ai eu une éducation médiévale.

Logique : quand on est pas chef, on a moins de droits, tous les actes pèsent plus lourds, donc attention, gaffe à tes fesses (ça, je savais).

Donc sois poli et n’hésite pas, rajoutes en, caresse ton chef dans le sens du poil.

Mon chef avait l’air sympa, d’ailleurs il l’est, c’est-à-dire qu’il est souriant, agréable, dynamique : ce qui est une bonne chose; mais cela ne dissimule pas, finalement, qu’il est aussi peu estimable que la Diva : elle, comme elle est vite odieuse, on la voit venir. Lui, moins. Encore que : la Diva a été charmante avec moi pendant cinq mois, avant de devenir odieuse. Lui va peut-être faire pareil. Je m’y prépare, cela m’évitera de rester bêtement désemparée quand il me dira son premier truc désagréable.

Dans une boîte, l’important ce sont les apparences. Voilà ce que j’ai fait ce matin (j’ai honte? Pas - mais je me sens drôle). J’ai envoyé un mail à Marc, avec un gros boulot que l’on me presse de faire depuis un petit dix jours, et que j’ai fini, mais je le garde sous le coude, parce que la spécialité de la Diva c’est de tout faire refaire, genre en fait il fallait le présenter autrement, modifier la mise en page, non autre chose. Je suis monté le lui dire, à lui, et elle, je lui dis à elle, c’est ma chef, mais devant lui…. Comme ça elle limite ses remarques, et lui il voit mon travail, tel quel, sinon elle lui dit qu’elle a “revu” ce que j’ai fait… Bon je peux pas toujours faire ça, mais là j’ai pu, avec le petit désordre des fêtes.

Il a été super impressionné et content. Et elle elle a du le suivre dans son enthousiasme, mais ce n’était pas de gaieté de coeur. Donc, rendre le 27 décembre un boulot achevé le 21, et qui devait être fini pour le 30, ou le 29, c’est tout bon. ça fait “je bosse”. Il était un peu paternaliste dans ses félicitations, mais c’est la première fois que quelqu’un est content de mon travail.

Donc : vous commencez par dire que c’est un ENORME travail et que pfff c’est pas facile.

Vous le faites fissa et vous vous relisez, vous peaufinez, tout en disant que Pffff.

En fait c’est du copier-coller internet, mais vous modifiez les structures des phrases, et l’ordre des parties, la présentation (heureusement qu’en fac, j’ai eu des profs maniaques du plan).

Vous rajoutez des trucs funs, des animations, comme ils sont tous nuls dans la boîte en petits machins funs, ça le fait.

Et voilà.

Deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne pour en arriver là.

J’ai un peu honte quand même. J’espère qu’ils vont rester contents jusqu’à la fin de la semaine.

Et vous c’est pareil dans votre boulot? Vous avez aussi l’impression que parfois il suffit de pipeauter - ou, du moins, faire un truc qui pour vous est facile mais qui impressionne les autres (répondez anonymement je ne dirais rien)?

Je dis bien parfois. Si je pouvais toujours faire ça…

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Tensions au boulot

décembre 19, 2007 · 16 commentaires

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La lecture des commentaires de mon article d’hier m’a plongé dans la perplexité ; certes, je ne voulais pas montrer ma mère sous un angle trop négatif, pour éviter l’avalanche de critiques qui déferle sur elle dès qu’on en parle ordinairement. Du coup, ce que j’ai écrit fait très dramatique, pauvre orpheline, etc. Je dis pas qu’elle n’était pas orpheline, ni pauvre, dans le sens de fauchée ; mais c’est beaucoup plus complexe que ça.

Je constate qu’il est difficile d’écrire, et plus encore de transmettre ses sentiments, ou ses impressions au lecteur. Bon. Sur ce, pour éviter de me relancer dans un débat là dessus, je me tais : je reviendrais là-dessus plus tard.

Au boulot : beaucoup de boulot. La Diva m’emmerde ; depuis l’autre fois, je vais bosser en mode “si tu me dis quoique ce soit je te pète la gueule”. Vous comprenez, j’ai besoin de me programmer ; je n’ai pas l’agressivité naturelle du tout. En revanche, programmée, je fais ça bien.

Du coup, plus rien ; alors que je suis prête à en découdre !

Petit évènement, lundi : descendant des escaliers menant à l’Etage Des Chefs, elle appelle (alors que j’étais encore en pleine digestion de la veille, pas très vive) , sur un ton (car tout est dans le ton) : Fanette!

Bon, le ton, à l’écrit je ne peux pas le faire. Vous imaginez.

Je n’étais guère réceptive ; il me semblait percevoir le gras de la sauce au foie gras glisser lentement de mon foie à mes veines. Je pensais : laitue, batavia, endive, mâche, roquette, feuille de chêne.

Diva, once more : Fanette !

L’info traverse le gras et parvient jusqu’à mon oreille. Je perçois agacement et début d’autoritarisme ; mode danger !Le voyant rouge s’allume. Ne pas me faire marcher sur les pieds. Important. Mais que dire? Elle n’a fait que m’appeler, et en plus je suis fort apathique.

Dans le doute, je réponds, d’autant plus malaimable que je me sens en panne d’inspiration, rapport à tout ce gras qui se fige dans mon cerveau, et que je crains de pas gérer :

- Chloé?

La Diva, en bas des escaliers du bureau, demeure interloquée ; Viviane me regarde. Je les regarde alternativement, sans comprendre. Viviane pouffe, discrète. J’ai du dire une connerie, louper un truc, là.

- Quelque chose ne va pas? demande tout gentiment Chloé, arrivée près de mon bureau.

- Tout va très bien. Vous vouliez?

Et, rien, elle m’a fait suivre un mail d’un client, voix toute sucrée toute gentille, petites fleurs et tout et tout et tout.

Puis elle remonte dans son Etage De Chef.

Je lance à Viviane :

- Pourquoi t’as rigolé?

Et une autre nana du bureau me dit en se marrant, avant que Viviane ait le temps de répondre :

- La vache t’es remontée toi!

- Tu t’es entendue? me demande Viviane.

Je prends un air entendu, mais j’interroge sauvagement Viviane à la pause de midi. Il paraît que mon ton a “remis à sa place” la Diva. Chic ! je suis bien contente. Problème : je ne me suis pas entendue. Normalement j’ai toujours une voix gentille, culcul. On dirait que ça change. Je m’adapte au monde du travail, le vrai.

Je ne sais pas si j’aurais des réponses, mais ça c’est un truc qui m’intéresse : comment gérez-vous les conflits au bureau? Je veux dire, ne pas se faire écraser, tout en restant aimable, c’est pas toujours simple de trouver la nuance. Ou si? Si vous avez des trucs, des expériences, je suis intéressée. Je me demande toujours si je suis la seule pomme. Et aussi, comment passer de pomme à tigre, voire requin (enfin requin c’est l’étape suivante, si je suis sage!).

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Ambiance boulot

décembre 11, 2007 · 7 commentaires

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Dans mon ancien boulot j’avais deux copines, pas des super copines mais deux filles avec qui je m’entendais bien.

Ici c’est pas très cool. A part Viviane, mais j’en parlerai une autre fois, j’ai pas le courage aujourd’hui. Et même Viviane, elle est un peu pot de colle.

Les gens ici se connaissent depuis longtemps car Marc a créé sa boîte en faisant sécession d’une autre boîte, et en partant avec une partie du personnel. Donc ils font des blagues à propos de trucs qui ont eu lieu il y a deux ans, je suis larguée.

Il y a beaucoup de free lance, que tous les fixes connaissent et moi j’ai mis du temps à tous les connaître, et ils ne m’ont pas aidé, style Chacun pour soit et Dieu pour tous.

Ce n’est pas pour autant que l’ambiance soit mauvaise, elle est plutôt sympa.

On a bientôt notre pot de Noël. Je ne sais pas comment ça se passe ici.

Catégories : Boulot

Pas contente

décembre 7, 2007 · 13 commentaires

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Aujourd’hui, Cléo.

Je ne sais pas ce qu’elle a, déjà elle a plein de fric et elle s’habille super bien et super mode, élégante et tout.

Elle est mince. S***pe. Je la hais.

Elle est odieuse avec Viviane - pas parlé de Viviane, je le ferai plus tard.

Elle est odieuse avec moi depuis une semaine.

J’explique. Cléo fait dans le genre aimable. Elle sourit tout le temps, elle est toujours positive, elle s’énerve rarement. Bien habillée, maquillée, sortive, enfin la nana de type : où est la faille.

La faille, c’est qu’elle est odieuse, ou du moins qu’elle peut l’être.

Sa voix est toujours douce, onctueuse : mielleuse - enfin.

Aujourd’hui elle avance sur moi dès mon arrivée (je suis arrivée à 8h42, soit un peu en retard), tout sourire, mais avec quelque chose dans le regard qui m’a alerté - pas assez.

- T’as un bus direct, toi? (Sourire, onction, miel, sucre, barbapapa, tout ça)

Je dis, oui, enfin non, mais quasi, bref, je bredouille un peu. Elle, de sa voix sucrée :

- Alors je comprends pas pourquoi t’arrives à cette heure, t’as vu l’heure, là?

J’en suis restée muette, j’arrive en général tôt, parfois dès huit heures ou avant car il y a moins de monde dans les transports, j’aime bien me lever tôt, la plupart du temps. Bon, avec la piscine ça complique tout. Elle ouvre à sept heures, je nage une demi-heure, le temps de me doucher me rhabiller, sept heures 45 au plus tôt, puis à pied je suis au taf à huit heures 15 au plus tôt. Aujourd’hui, oui, c’est vrai, je suis arrivée à l’heure où tout le monde arrive en général, huit heures et demie, sachant que j’arrive généralement avant elle, et en fait je suis même arrivée un peu en retard. Mais je reste toujours plus tard. Enfin j’ai pas de problème avec mes heures.

N’empêche que comme une imbécile je suis restée là à la regarder, sans savoir quoi répondre. Deux secondes de trop. L’esprit de l’escalier, vous connaissez? Elle en a profité pour rajouter :

- Ben oui je suis désolée, moi je dis les choses je suis franche moi mais t’as vu l’heure?

J’avais trop de choses à répondre et j’ai bredouillé :

- Mais … pour une fois.. j’arrive tôt d’habitude mais là et puis hier je suis partie à six heures…

- Moi aussi, figure-toi!

Bon, j’ai senti qu’il fallait que je dise un truc, genre tout le monde me regardait et je savais ce qu’ils pensaient. Je me suis reprise et j’ai dit, cette fois d’une voix franchement désagréable (oui ; je peux aussi être désagréable ; mais il faut que je me mette en mode désagréable, pas en mode je rentre dans la cour et je jette un coup d’oeil à droite pour voir s’Il est là oh IL est pas là zut, zut) - donc je passe en mode désagréable, voix cassante :

- Tu veux qu’on compte mes heures, c’est ça que tu veux?

- Ah mais si tu le prends comme ça ! Je travaille pas avec ceux qui compte leurs heures, moi. Je suis pas comme ça.

Petite voix de crécelle, je pinaille gna gna gna. Quelle super conne, désagréable, prétentieux, pète plus haut que son cul, je m’échauffe léger :

- Alors tu veux qu’on note quand j’arrive et quand je pars?

Ah ! Ah ! Elle a eu un blanc et elle a perdu une seconde, l’esprit de l’escalier ça n’arrive pas qu’aux autres, s****pe !

A ce moment Marc l’a appelé et elle est montée. Bou. Alors qu’on aurait pu s’engueuler finalement.

C’est tout. Après elle a été sympa, très aimable. Mais je n’ai pas aimé. Il y a six mois, j’étais son oeil droit, maintenant elle me balance de plus en plus de piques. Enfin, j’exagère.

J’ai déjà vécu ça, enfin un peu ça, plus ou moins. Je connais. C’est affreux, parce que ça pourrit tout.

Ouh. J’enrage. Je vais être obligée de montrer les dents. J’aime pas. J’aspire à l’harmonie, b***el.

J’ai pas vu Gaël hier, je le vois ce soir. Mon Gaël à moi, il va me remonter le moral.

Catégories : Boulot

Cléo

novembre 27, 2007 · 12 commentaires

Cléo c’est ma chef.

Je travaille là depuis sept mois. C’est elle qui m’a engagé. Elle avait besoin d’un soutien sur son projet, elle m’a fait passer un entretien et “tout de suite elle a senti que c’était moi”.

Le fait est que le premier entretien, assez positif, a été, très vite, suivi de deux autres, toujours positifs ; c’est bien d’avoir un travail, mais il y a tout de même des situations pénibles et difficiles à gérer.

J’aurais envie de rentrer plus dans les détails, mais il faudrait que j’y réfléchisse ; là, pour aller vite, je dirais que rétrospectivement, ce qui a plu à Cléo c’est qu’elle a senti que j’étais prête à me donner “à fond” dans le boulot en général et dans son projet en particulier. Le tout pour un salaire qui n’était pas le pire mais dont je réalise qu’il est inférieur à ce que je devrais gagner.

Elle a dit au directeur de la boîte, Marc, qui n’est pas là souvent, que j’étais celle qu’il lui fallait. Lui, il s’en fout, de toute façon, et j’ai eu le boulot.

J’étais contente, contente, à l’époque, si vous saviez ! Après deux postes très moyens, dont un accepté pour des raisons purement matérielles, je me croyais parvenue au bout du tunnel.

Maintenant, je déchante. Cléo est devenue tyrannique et exigeante et depuis trois mois elle me balance des petites phrases assassines. Ce que je ne parviens pas à savoir, c’est aussi une question à laquelle je dois répondre, c’est : est-ce que je suis nulle, est-ce qu’elle est déçue, ou est-ce qu’elle me fait marcher?

En tout cas, je n’aime plus mon boulot, sauf que je Le vois presque chaque jour.

Ma copine Coco dit que ce n’est pas grave de ne pas aimer son boulot. Elle, elle est assistante comptable et de direction pour une boîte depuis sept ans, elle a deux mi-temps mais c’est plus souvent des trois quart temps, donc deux trois quart temps ça fait un temps complet et demi, à elle toute seule.

Quand on n’a pas le choix. En fait, je commence à regarder un peu ailleurs ; tout en essayant de complaire à Cléo.

Heureusement que je le vois…

Catégories : Boulot