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Perte du Triple A : don’t panic, Sarkozy relativise !

Au boulot, on est toute un peu triste de la perte du Triple A. Ça fait tout drôle. On s’est demandé si tout allait être changé dans notre vie, mais non, pas du tout.
Le métro est le même, les usagers ont la même tête que d’habitude, bref, on croirait que tout va toujours bien.
C’est dingue.
Et puis j’ai vu ce que le Président a dit à Madrid, et franchement, on s’est demandé si la perte du Triple A valait toute cette mise en scène dramatique.
Encore un coup des médias qui nous mentent, les fourbes.
En fait, c’est pas grave du tout.
Nicolas Sarkozy, en déplacement à Madrid pour recevoir la Toison d’Or, soit la plus haute distinction espagnole, a répondu à un journaliste qui l’interrogeait sur la perte du triple A qu’« en France, ce ne sont pas les agences de notation qui doivent définir les politiques économiques ».
Pourtant, vu le barouf autour de ce triple AAA, j’eusse cru que si, précisément.
J’ai informé mes collègues de travail, immédiatement, et j’ai bien senti que le soulagement les faisait se tenir plus droites, le menton haut, sur leurs chaises, et que le poids de ce triple A perdu se retirait de leurs épaules.
Je leur ai lu la suite de l’article : notre Président en appelle à la « mesure » et au « sang-froid ». Oui, car les avis des agences de notation sont des « éléments intéressants sur lesquels il convient de ne pas exagérer ». Sans plus. Ouf.
Il en a profité pour rappeler que cette crise « sans précédent nous impose de réduire nos dépenses, nos déficits et de retrouver le chemin d’une nouvelle croissance en résolvant les problèmes de compétitivité ». Gaby, qui n’est au fond qu’une affreuse gauchiste, a émis des gloussements amers et sceptiques.
Mais même Rajoy, le nouveau chef du gouvernement espagnol, était d’accord. Il l’a dit dans sa conférence de presse. Il a annoncé son appui pour la mise en place d’une taxe sur les transactions financières, chère à Nicolas Sarkozy, sauf qu’on n’a pas bien saisi s’il inclinait vers le calendrier français ou allemand. « L’Espagne doit conserver son poste à la BCE [Banque centrale européenne] », a-t-il aussi affirmé. Selon plusieurs médias, les Pays-Bas et d’autres pays essayent d’empêcher l’Espagne de garder ce siège quand le mandat de José Manuel Gonzalez-Paramo se terminera en juin 2012. Nicolas Sarkozy a promis à l’Espagne le soutien de la France sur cette question.
Le Président français a également évoqué «ceux qui se trouvaient tellement bavards vendredi et ceux qui sont tellement silencieux lundi», c’est à dire les gauchistes (hein, Gaby ?) qui se sont «réjouis» un peu trop vite, selon lui, des mauvaises nouvelles du week-end. Car, le fait est que les marchés n’ont pas réagi négativement lundi en attaquant l’euro. Et il a aussi rappelé que « deux agences sur trois » soutiennent la France.
Pour se remonter le moral, on a relu son intervention de dimanche, relayée par la Pravda le Figaro, dimanche. «Depuis que nous sommes dans la bourrasque de la crise, je ne trouve pas d’autre guide à l’action, dans ces temps troublés, que vérité et courage», a-t-il dit, à Amboise ce dimanche. «C’est une épreuve. Il faut l’affronter. On ne répond pas à la crise de cette ampleur par l’agitation, l’emportement et la polémique. Pour ma part, à l’occasion de ce sommet de crise, je dirai la vérité aux partenaires sociaux le 18 janvier. Je parlerai aux Français à la fin du mois. Je leur dirai que, comme en 1958, la crise peut être surmontée pourvu que nous ayons la volonté collective et le courage de réformer notre pays.»
Dimanche, le mot courage a été prononcé sept fois. SEPT FOIS. A la fin du mois, m’est avis qu’on va avoir droit à du sang et des larmes dans le discours…

Le bonheur en amour

- Je me demande, poursuit Hana, si ça n’est pas ça le piège, croire qu’on peut être heureux en amour. Ça fait con, de dire ça. Tout le monde dit ça. Il n’y a pas d’amour heureux, gnagna gna, je ne me serais jamais vu en train de dire une telle ânerie s’il n’était pas tard, si je n’avais pas rangé mes fringues – il fallait que je fasse un truc – et si je ne buvais pas du vin avec toi.

- Et donc, poursuit-elle, et on voit qu’elle réfléchit en parlant, les mots lui viennent peu à peu, méditatifs, un jour, une petite poussière se glisse et on ne dit rien parce qu’on ne veut pas troubler la fête, l’harmonie. On est si bien à deux ! Une petite poussière, soyons raisonnable, c’est normal, on passe l’éponge, enfin le chiffon à poussière, et il y en a une autre, puis une autre, et bientôt on dépoussière tous les jours. En se convaincant que tout va bien, et tout va bien, après chaque dépoussiérage. Et on ne veut pas le voir.

- Tu ne crois pas que tu exagères ?

- Je n’exagère pas. Je te parle de mes sentiments. Je les connais. Et le problème, c’est quand on commence à admettre que peut-être, il y a un truc…. Mais non. On déconstruit tout, puis on reconstruit. C’est à dire que l’on se persuade que le problème vient de soi, et que l’autre a de bonnes raisons. On rationalise. Au bout d’un moment, on n’est plus soi même, on est totalement dans la logique de l’autre, et le pire, c’est qu’on a voulu s’y mettre.

- J’ai un peu de mal à te suivre.

Hana ne répond pas. C’est bien dommage, me dis-je, que nous soyons si désaccordées. Elle a beau parler d’une voix calme, je sens sa tristesse, alors que je sens monter en moi l’euphorie. Il fait bon, j’aime bien cette lumière rougeâtre dans la pièce, j’aime la fenêtre ouverte et les bruits de voix, dans la rue, de clients qui quittent le café du bout de la rue, dont on perçoit le bourdonnement doux. Je voudrais bien qu’on dise qu’on est bien et que l’heure est agréable et que c’est génial d’être à Paris. C’est la question que je me pose toujours : je n’ai jamais vécu ailleurs, est-ce que c’est seulement à Paris qu’on a cette sensation étincelante d’être au milieu d’un endroit qui existe plus que les autres – qu’un verre de vin à Paris, la nuit, près d’une fenêtre, se charge de résonances qu’il n’aurait pas ailleurs ? Si l’on boit un verre de vin à Angers, près de la fenêtre, est-ce la même chose ? (il me semble qu’Angers doit être une ville morte à cette heure de la nuit). Ou bien c’est le fait d’être parisienne qui me fait ressentir cela. Il doit se passer des choses formidables dans la Creuse. Ou bien c’est peut-être un truc de capitale. Ou une vue de l’esprit, de l’auto-suggestion, le résultat de 200 ans de bourrage de crâne et d’auto promotion. Je ressens parfaitement ce sentiment d’être exactement au centre d’une histoire, mais je voudrais tant savoir si ça arrive aux habitants de la Creuse, du Guatemala ou de Mongolie. Peut-être ne se posent-ils tout simplement pas la question. D’ailleurs, regarde-t-on à la fenêtre d’un immeuble en Mongolie ?

- Tu n’as jamais ressenti ça, soupire Hana.

Ça n’est pas une question.

Discussion avec vin blanc

- Ou alors, j’ai laissé une conquête avec Sandra, dis-je, et on pouffe : le punch et le vin  blanc, ça me fait pouffer facilement. Hana pouffe aussi, par solidarité, me semble-t-il.

- Elle te racontera ? Alors tu me raconteras, hein. Elle a un copain, en ce moment ?

- Je ne sais plus bien.

- Le type qui l’emmenait à Londres ?

- C’est fini. Je crois qu’ils sont bons amis, ou alors je confonds avec un autre. Mais ça c’est fini tranquille. L’autre, Philippe, il a voulu l’épouser, mais elle s’est dit que ça n’était pas possible, car elle ne l’aimait pas. Après, il y a eu Laurent, mais je la voyais moins, alors je ne sais pas où ça en est entre eux. Et là, c’est Jean-Pierre.

- Fascinant, murmura Hana. Moi, j’ai du mal à en trouver des potables, et elle, ils tombent comme des mouches.

-Mais je ne sais pas si Jean-Pierre t’aurait plu.

- C’est pas pour Jean-Pierre. C’est le principe.

Nous gardons un silence perplexe relativement à Sandra, qui nous fascine un peu. Autant de succès amoureux et un flegme si imperturbable, ça nous épate. Hana ne connait pas très bien Sandra, elles se sont croisés un ou deux fois, mais elle n’en est pas moins fascinée. Puis elle enchaîne sur sa vie sentimentale, beaucoup plus banale. Elle a rompu, à son corps défendant, avec un type dont elle était amoureuse mais qui se moquait d’elle, se servait de chez elle comme d’un pied à terre pour ses sorties dans le nord de la capitale ou lui téléphonait quand il n’avait vraiment rien de mieux à faire. Hana amoureuse s’est laissé faire et puis tout d’un coup elle a dit non ; elle ne regrette pas, intellectuellement ; elle sait qu’elle a fait le bon choix. Mais il lui manque. Son coeur lui rappelle toutes les qualités qu’il avait malgré tout et tous les plaisirs qu’il lui faisait, comme s’il n’avait jamais bafoué ses sentiments.

- Mais tu ne vas pas le rappeler, hein ? demandé-je, inquiète. Et en même temps je me demande de quoi je me mêle.

- Je ne peux pas, m’explique-t-elle. Franchement, j’ai voulu le faire. Mais au moment où je prends le téléphone, le dégoût m’en empêche. Je veux dire que, à ce moment, au moment où je vais appeler, je me projette un peu dans l’avenir, je me vois l’ayant appelé et raccrochant, et je sais que si je le faisais, si je me laissais aller à le faire, je me dégouterais d’avoir été si… veule, de l’avoir appelé, demandé de venir, et même supplié de venir, je me vois l’attendant, en vain, ou jusque très tard… Parce que vois-tu, je l’ai déjà fait, avant, il est déjà arrivé que je l’appelle, que je lui demande de venir parce que je me sens si seule… et il est déjà arrivé qu’il ne vienne pas et que je reste à l’attendre la moitié de la nuit… Et ça, heureusement, je ne peux plus.

Elle garde le silence. On boit un peu de vin.

- Alors je reste là, je ne l’appelle pas, je ne peux pas l’appeler, mais j’aimerai tellement l’appeler, je voudrais tellement qu’il ne soit pas lui, mais un autre. Je voudrais que notre relation soit vraiment ce que j’ai cru qu’elle était. Comment peut-on s’illusionner à ce point sur les gens. Qu’est-ce que ça veut dire ?

- Qu’est-ce que ça veut dire – quoi ?

- Etre à ce point aveugle ? Se tromper soi-même sur la nature d’une relation ?

- Tu crois que tu t’es trompé sur la nature de votre relation ?

J’ai un peu de mal à la suivre, à dire vrai. Elle se trompe peut-être sur la nature de notre relation, et j’ai un peu honte : elle s’apprête à me dire des trucs perso et douloureux et je sens que je vais m’endormir. Je change de position.

Nous sommes là toutes les deux, assises en tailleurs sur le lit, adossées au mur, et Paris nous enveloppe comme un rideau. La lampe de chevet de Hana est recouverte d’un tissu rouge. Les ombres s’allongent, comme des fantômes rougeâtres, dans la pièce. Hana boit son vin tout doucement.

- On a une perception de la relation, dit-elle, une certaine perception, et cette perception colle avec la réalité. Alors, pourquoi en douterait-on ? Je veux dire : on n’a même pas l’idée d’en douter. Tout va bien. Les évènements suivent leurs cours. Ça dure un moment et on est heureux. On a peut-être trop besoin d’être heureux ? s’interroge-t-elle.

Chez Hana

On n’est pas toujours aidé, disais-je, et ce d’autant qu’Hana habite dans un immeuble, à un certain étage ; je ne sais plus si c’est le troisième ou le quatrième, mais ça tourne, ça, je m’en souviens. Je monte, sans lâcher la rampe, à la recherche de la porte d’Hana, facile à reconnaître car elle décore toujours ses portes avec un petit panonceau annonçant son identité d’une façon fort originale. Le panonceau finit par se présenter, ses prénom et patronyme y sont calligraphiés et entourés de dessins de types mangs, en noir et blanc.

- Je t’ai entendu mais attends, me crie Hana, dont la voix semble provenir, curieusement, du plafond. Je ne peux pas ouvrir.

Ah bon ; je m’assieds dans les escaliers, me préparant à patienter ; la minuterie émet un étrange grésillement, et s’éteint, avec un « bong » surprenant ; dans le noir, je médite ; dois-je me lever pour rallumer ? ou attendre dans le noir ? Et si je m’endors, dans le noir ? Et si des bêtes ( des petites, mais pas sympas) grimpent sur moi sans que je m’en rende compte ?

Je me lève, étends la main,  rallume, autre bong, grésillé sur la fin, émis par la minuterie.

J’informe aussi Hana d’une envie pressante, qui se manifeste soudainement.

Hana ouvre la porte. Elle tient une housse plastifiée dans les bras.

- Je faisais du rangement, explique-t-elle. Je vide mon placard d’au dessus de la porte et j’y mets les affaires hors saison.

- A cette heure-là ? m’étonné-je.

- Je me suis levé tard, explique Hana. Mais j’ai du vin aussi.

Rassurée, je me précipite dans sa petite salle de bain, typiquement parisienne, où règne un pandémonium invraisemblable. De retour dans le coin salon, je constate qu’elle range, en effet : des vêtements sont étalés partout sur le canapé lit, déployé, les chaises pliantes, dépliées aussi et son lit. Elle termine de faire rentrer à coups de poing une housse remplis de vêtements dans le placard au dessus de sa porte, enroule un tendeur élastique autour des poignées du placard et descend de la chaise en soupirant.

- Pff, j’en ai marre, fait-elle. Tu m’aides ?

Il s’agit de remettre les vêtements étalés partout sur des cintres, le plus vite possible. Hop, hop, hop. Quand c’est fini, on enferme tout dans la penderie, Hana affirme que voilà une bonne chose de faite et qu’elle peaufinera ultérieurement, et nous nous affalons sur les chaises, verres de vin à la main.

- Mais toi qui est toujours top, lui dis-je soudain, tu gardes des vêtements d’une saison sur l’autre ? Ça ne se démode pas ?

Hana me regarde avec une bienveillance aimable.

- Ce que je garde, ce sont les basiques, dit-elle.

Ah, voilà : j’eusse du y penser.

- Ah oui d’accord, dis-je.

- Alors ? fait Hana (qui connait un peu Sandra). Tu as laissé Sandra avec une conquête ?

Comment retrouver sa voiture le soir à Paris dans les petites rues ?

C’est incroyable. Depuis mon dernier post je me sens comme une intégriste du fer à repasser. Tout juste si je ne mène pas une réflexion sur le sujet.

Et je ne peux m’en prendre qu’à moi même si je me suis retrouvée là. La méfiance, la prudence auraient du me dicter ma conduite. Mais, telle l’hirondelle glissant sur la brise tiède, une sorte de fatalisme mou m’a saisie … Voilà. Le fatalisme mou. Nan. Jamais. Exigez l’excellence.

Lors, nous descendîmes, en devisant, et en allant un peu de travers, les escaliers qui tournaient plus qu’à l’aller, les fourbes. Et puis, ayant traversé le hall et appuyé sur tous les boutons pour ouvrir toutes les portes, nous nous retrouvâmes dans la rue. Parisienne. La nuit. Ça me donne toujours la pêche. Aha, me dis-je toujours plus ou moins. A nous deux Paris. (ou quelque chose comme ça).

D’un oeil plutôt mauvais, j’observais Sandra écoutant le barbu pérorer sur le fait qu’il avait (prudemment) noté le lieu du parking sur son smartphone. Une fois il ne l’avait pas fait et il avait tourné dans les petites rues de Paris, traitresses. Mais depuis, il avait, malin comme tout, téléchargé la petite application qui va bien. Et voilà. Et depuis, même un peu parti, il retrouvait toujours sa voiture.

Sandra trouvait manifestement l’idée aussi formidable que celle de la centrale vapeur, et le barbu était tout faraud de l’épater. Un homme avec un téléphone… Non allez je ne dis rien. Je n’ai rien contre les téléphones, mais les conversations dessus, c’est comme quand on parle de centrale vapeur, ça me gonfle.

J’ai qu’à faire gaffe avec qui je sors. C’est tout. La prochaine fois, je reste chez moi à twitter.

Bref, petit Poucet 2.0, le barbu – qui s’appelle Jean-Pierre –  nous guide jusqu’à sa voiture, pendant que je me demande chez qui je pourrais lui demander de me déposer….

 

(Note : dsl je ne connais pas le nom de l’appli, je dis ça au cas où).

Elise

Que j’avais froid, hier, dans la rue, en me rendant chez Elise ! J’étais transie, ça aurait du me mettre la puce à l’oreille. Parce que je passe trop de temps chez Faustine en ce moment, fascinée par sa personne et par les rapports qu’elle entretient avec Brani, j’ai décidé d’accepter l’invitation d’Elise, très bonne amie de ma copine Sandra, elles ont fait des études d’anglais ensemble, et ex-copine/relation via Sandra, justement.

Elise est de ces lycéennes sans histoire et insipides (n’aiment rien, lisent les bouquins recommandés par les profs avec indifférence, sont bonnes élèves mais sans vrai génie ou passion) qui, durant l’été qui suit le bac, se métamorphosent en étudiantes ennuyeuses qui recommencent à apprendre leurs leçons bien gentiment et font de bonnes études – anglais, dans le cas d’Elise et Sandra. Tout d’un coup, en licence, elle a réalisé qu’avec ce diplôme elle courait violemment le risque d’être prof et elle a hésité. Voulait-elle être prof ? Elle a fait des remplacemetns pour conclure que non, elle ne voulait pas, puis s’est inscrite en LEA et enfin au sortir du LEA a trouvé un boulot d’assistante commerciale (ou quelque chose comme ça). Comme Sandra, elle est de ces gens qui trouvent toujours du travail, il y a un sorte de profil, je ne sais pas comment l’expliquer. Déjà, on sent en lui parlant qu’elle sait qu’il y a là ou là un travail qui l’attend, elle essaie de le rejoindre. C’est une approche particulière. Pour le reste du profil, c’est unfeeling que j’ai, je ne saurais trop l’expliquer, on remet ça à plus tard.

Sentimentalement, Elise fonctionne de la même façon. Au lycée, elle avait un copain, qu’elle a abandonné sans état d’âme, enfin ils se sont abandonné sans états d’âme, sont encore amis mais sans plus et sans regret (alors que je me tords encore l’esprit, les mains et l’estomac pour comprendre comment le grand amour de mes années lycées est devenu à la fois un jeune vieux con et l’un de mes meilleurs amis, comment peuis-je être amis avec un jeune vieux con ? Comment suis-je amoureuse du souvenir de ems amours avec Gaël tout en le trouvant actuellement insupportable ? Comment se fait-il que nous passions, tous els deux mois, de merveilleuses soirées à deux, mais qu’on s’engueule méchant dès qu’on se voit plus de deux fois par mois ? Pourquoi ne puis-je juste l’oublier ? etc). Ensuite, pendant ses études, un jeune homme insipide mais plutôt sympa et clone du premiers’est matérialisé à côté d’elle, ils bossaient ensemble en bibliothèque, ils sont partis ensemble en vacances, ils devaient se marier, et puis le jeune homme s’est dématérialisé tout aussi mystérieusement que le premier, sans qu’Elise ne fasse de dépression nerveuse.

Non, pas besoin, il existait dans le grand Paris le clone nº 3 de son homme idéal, et elle le rencontrerait tôt ou tard. Elle est beaucoup sortie pour le chercher, et elle avait la mondanité très sélect : à l’époque, je suis sortie avec elle et Sandra pluseurs fois dans des bars parisiens branchés, pour voir ce que c’est que sortir dans un bar parisien branchouille (ça n’est pas mon truc, hélas, je n’ai pas le staïle). C’est à cette période que j’ai un peu mieux connue Elise. Dans les bars, elle rencontrait des tas de types, certains très beaux, et tout se passait comme ça doit se passer, ils se dragouillaient, sortaient ensemble, couchaient ensemble et puis ça passait plus ou moins vite, comme un vol d’oiseaux au dessus des champs, et elle n’avait jamais l’air ni d’en souffrir, ni d’en penser quoi que ce soit. C’était la vie, et ça ne valait pas le coup d’en parler trop.

Et puis le clone nº3 est arrivé dans sa vie, ils se sont mariés, je ne fus pas invitée au mariage mais à la cérémonie (je déteste les mariages et ai décliné), ils se sont installés chez elle, puis ils ont grâce à des aides finacnières sorties de la poche des grands parents (le clone est fils et petit fils unique) et à un prêt de primoaccédants ou je ne sais quoi acheté un appartement, sensibles bien bravement à la politique du tous propriétaire de notre vénéré Président.Un appartement en banlieue forcément, mais pas très loin de Paris.

Et donc Elise m’a invité à la pendaison de crémaillère.

Voilà pour l’intro.

Un dîner chez Faustine

En novembre, j’avais laissé en plan le récit d’un café avec Faustine, qui s’ébattait dans le récit de ses amours avec Brani(slav) et les souvenirs de sa douloureuse passion avec Dubreuil.

Oui, en plan parce que ça n’avait pas d’intérêt de raconter la suite et parler de moi, en fait, ou bien par paresse.

Mais Faustine, je la vois régulièrement. Un soir, elle m’invite à dîner ; enfin ça n’est pas exact : c’est Brani qui m’invite à dîner. Brani peint, mais il fait la cuisine aussi ; il na pas le choix : Faustine ne sait pas ce qu’est une casserole. Lui non plus, il ne sait pas très bien, mais il fait des efforts.

Faustine est assistante d’un décorateur. Ouais…. C’est un travail qui exige beaucoup, beaucoup de soi même, car tu vois, quand tu dois décorer chez quelqu’un, tu dois devenir lui, un peu, et puis arracher un peu de toi-même (mêlé du client, je suppose) et le laisser chez lui. Au fond, au bout d’un moment, tu ne te retrouves jamais vraiment toi-même.

- Borrrdel, crie Brani dans la cuisine, la poutain de frrromage, il colle !

- Ah ? fait Faustine distraitement.

- J’aime bien quand y a des fils, crie-je avec bonne volonté à Brani qui surgit avec un plat rempli de pâtes qui déborde un peu de fils de fromages. Faustine se marre. Brani enjambe virilement son tabouret après avoir posé le plat sur la table et me dit :

- Tou vois on essaie d’être parisien, de faire comme dans la bonne maison, tu vois, dans les grandes familles on met des plats pour faire chic. Ça fait chic, les plats, non, ploutôt que d’amener la casserole sur la table ?

- Mais on est entre nous, dit Faustine.

- Il n’y a pas d’entre nous c’est principe ! s’écrie Brani. Tou veux dou vin ?

- Tu l’as mis à décanter dans une carafe ? demandé-je.

- Ta copine elle fait chier, dit Brani à Faustine.

- Bon allez d’accord pour la vin, dis-je.

- On acheté des verres à pieds, dit Brani.

- Ah non mais là, dit Faustine, tout de même.

- Ah les Français ils croient qu’ils sont raffinés. Sourtout les Françaises. Mais, pfff.

Il se met à manger en faisant la gueule. Ses variations d’humeurs sont extrêmement rapides – c’est arrrtiste avec âme slave – , mais si on décide de ne plus y prêter attention, c’est mieux.

- J’adore les pâtes au gruyère, dis-je (ce qui est vrai).

- Ta copine j’adorrre, dit Brani.

- Tout à l’heure je faisais chier.

- Mais tu sais que je t’aime, dit Brani.

- Bon, ça va, dit Faustine, qui n’aime pas trop ne pas être au centre de l’attention.

-Elle jalouse, dit Brani avec un clin d’oeil.

Impossible de faire un post rapide avec ça. Je continue en décrivant le deux-pièces : petite rue ouvrant sur Pigalle, mini jardin en bas de l’immeuble (on distingue très bien les rosiers quand on se penche par la fenêtre), le troisième étage ouvre sur les toits de l’immeuble d’en face, un peu en contrebas. Loin, un bout de tour Eiffel. Une cuisine dans un désordre effroyable, un salon dont trois des murs sont recouverts de livres et/ou de CD ou DVD, le bureau avec PC encastré dans le mur de livres. Une porte ouvre sur une chambre avec un matelas sur le sol, recouvert d’une couette bigarré aux motifs est-européens, un miroir posé sur le sol et sur lequel Faustine pose ses écharpes, une porte entrouverte qui est celle d’un petit dressing aux murs en biseaux, et un portant avec tous les vêtements de Faustine ; la petite porte d’une salle de bain qui fleure l’encens et les huiles essentielles. L’atelier de Brani est au dessus, c’est un appartement séparé, avec un coin lit, une pièce d’eau et une salle très salle puisqu’il sculpte.