

Bon, alors les évènements ayant déjà eu lieu, je ne peux pas modifier le rendez-vous, je dis ça pour toutes les suggestions que j’ai eu : le Fl*nch, le M*cD* et le kebab.
Mais je songe à un chinois, parce que si je ne suis pas une fan des trois sus-cité, je suis une aficionados des chinois, et j’en connais un super cheap rue Rambuteau….
Quoiqu’il en soit c’est au café que nous sommes allés.
Mais avant, il faut que je fasse une sérieuse mise au point sur Pierre-Henri.
Enfin, dans la mesure de mes moyens. Je veux dire par là que vu la mutabilité de mes humeurs vis-à-vis du personnage, je fais ce que je peux.
Bon, d’abord un point : au début, quand on ne connaît pas les gens, on peut les voir comme des clichés. Donc j’ai présenté Pierre-Henri comme un cliché. La voiture, pas de métro, les lunettes de soleil, la chemise col ouvet ou le polo, la veste. Pompes : chaussures bateau, des S*b*g*, je, euh, je ne connaissais pas la marque, je ne savais pas qu’il y a UNE marque. (Je n’ai pas nécessairement un dent contre les marques, il y en a qui sont vraiment de bonne qualité et bien et chic et tout et puis quand on a des faibles pour les palaces, on ne fait pas sa chipoteuse sur les marques), ou des chaussures de ville sûrement de marques mais il m’a pas dit, j’aime mieux pas savoir, on y va doucement.
Mais après quand on connaît les gens on atteint la limite du cliché.
Il ne fonctionne plus.
Or, Pierre-Henri, bien que monstrueusement maladroit et plouquement riche, n’est pas un mauvais homme.
Il est d’une horrible et enfantine sincérité (et qu’on ne vienne pas me dire que je dois être amoureuse de lui là maintenant tout de suite, je ne le suis pas, ni de Ben, qui est aussi très gentil). Donc, ce con, quand il m’a dit qu’on ne devait pas souvent m’emmener dans des endroits comme ça, eh bien il était content comme un idiot de m’emmener dans un endroit qui me plaît parce qu’il m’aime bien.
Il était content et fier parce qu’il peut faire ça parce qu’il a de l’argent.
Ben oui. C’est con, c’est brut de décoffrage, et j’ai toujours du mal à l’avaler, mais c’est vrai.
J’ai du tomber sur le seul neu-neu bling-bling du coin. Je dois bien avouer qu’il est attendrissant. Donc maintenant il veut me faire faire le tour des palaces parisiens pour que je sois contente (et que je l’aime bien, et que je tombe amoureuse de lui, on le voit venir, mais il faut bien reconnaître que quelqu’un qui se donne du mal pour faire plaisir, n’est pas nécessairement antipathique… En fait, lui, il est juste agaçant comme un Saint-Bernard…).
Bref, on s’est donc retrouvé dans un café. Je me sentais bête, dans la mesure où avec mes copains on va au café ou dans une brasserie, on discute longtemps et tout va bien, on ne se pose pas de questions, on le fait et c’est tout, mais du coup, j’y suis allé en me disant “mais qu’est-ce que je vais faire? De quoi on va parler? De quoi je parle d’habitude?” ce qui n’est pas bon signe.
Je suis arrivée avant lui, et j’ai attendu.
Il n’arrivait pas.
J’ai commencé à être de mauvaise humeur, et toutes mes mauvaises pensées à son égard sont remontées. J’ai commencé à me faire un film. A être de mauvaise humeur.
Et puis il est arrivé. Je faisais la gueule. lui pas. Au bout d’un moment je lui ai dit qu’il était quand même super goujat. Il s’est décomposé, sur le mode “mais qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour lui plaire, cette nana est un monstre.”.
- Tu es en retard, lui ai-je dit.
- Mais non. Tu avais dit 17 heures.
- Non, 16 h 15 - 30.
- Mais non !!! (il avait l’air sincère, j’ai eu un doute).
- Si, ai-je insisté fermement.
Et là il me sort son portable et trifouille dans ses SMS, me montre le SMS, et , oui, il avait raison. 17 heures, c’était écrit.
- Regarde celui que tu m’as envoyé, suggère-t-il.
- J’ai oublié mon portable chez moi, ai-je répondu en essayant de prendre un air dégagé mais en faisant encore plus la gueule, je me sentais nulle et j’ai toujours l’impression que je loupe tout avec lui.
Il s’est marré, et comme je ne me marrais pas du tout, il m’a fait remarquer que si lui se marrait de s’être fait engueuler pour rien, je pouvais me marrer de l’avoir engueulé pour rien.
- Mais je ne t’ai pas engueulé, ai-je protesté, en sentant confusément qu’un peu de mauvaise foi par dessus tout ça ne pouvait pas faire grand mal.
- Oh ! Mais tu ne t’es pas entendue.
- Pas du tout, j’étais juste un peu… bon.
Comme je culpabilisais je me suis jeté à l’eau et je lui ai dit que je m’en voulais et que je me trouvais injuste avec lui. Je lui ai suggérée qu’il arrête d’appeler une emmerdeuse comme moi.
- Mais tu n’es pas une emmerdeuse, m’at-il dit, en me souriant gentiment. Et puis tu sais comment te faire pardonner…
- Oh, la vache, lui ai-je dit, là tu es lourd.
- Mais sincère.
- Mais lourd!!!! Bon qu’est-ce qu’on fait?
- On boit un café, on a dit, non?
On a bu un café en regardant par la vitre. Dehors, il y avait des voitures.
Quand on est parti, il a dit :
- Eh bien, tu m’as emmené dans un café. Mais tu sais, j’avais déjà bu des cafés dans des cafés. Ou des bières, même.
- Des cafés, ai-je précisé, que le monde entier nous envie.
- Mais que le monde entier vienne y boire des coups. C’est juste que j’aime bien le (***), et toi aussi d’ailleurs.
- Heureusement que tu es là pour m’y emmener.
- Sans toi, c’est moins bien. (et avant que j’ai eu le temps de dire ouf, il ajoute : ) je sais : je suis lourd.
Et moi, évidemment : Mais sincère, c’est ça?
Et on rigole.
Il progresse. Il se décontracte. Toujours les mêmes pompes et les chaussures. Mais bon.
Demain, je refais un point sur Lui. (Lui, Lui, pas Pierre-Henri désigné par un pronom de rappel).