le journal de Fanette

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Coming out

juin 28, 2008 · 53 commentaires

On était en novembre et elle s’ennuyait. Que faire? Jusqu’ici elle avait toujours travaillé, et là elle se retrouvait dans une ville nouvelle, ses enfants à l’école, et elle à la maison.

Depuis longtemps déjà, par ennui, loin de Paris, elle passait énormément de temps sur internet, lisait des blogs, elle en avait même écrit un, lugubre et sans lecteurs.

Sa vie n’avait pas grand intérêt, et n’intéressait pas grand monde. Il s’agissait essentiellement de se lever le matin, pour se coucher le soir, ayant entre deux accompli un certain nombre d’actes personnels et familiaux, dépourvu de toute originalité.

Bon.

Lorsqu’elle eut une idée. Elle se dit que ce serait une bonne idée de raconter la vie de quelqu’un d’intéressant, une jeune femme, comme elle l’avait été quelques années auparavant, vivant à Paris, et non pas dans les trous perdus où elle vivait présentement (trous perdus agréables, mais trous perdus).

D’ailleurs elle se souvenait, et avec quelle acuité, de ces années-là, de ses amis, de ses allées et venues,  des restos, cinémas, sorties,  certes compensées par les calins et les sourires de ses enfants, mais tout de même, l’ennui, quelle plaie….

Et d’ailleurs, personne ne lirait son blog.

Alors elle fit un blog, avec une photo de Paris prise en été, pendant les vacances.

Mais des gens vinrent lire son blog.  Ce qui lui fit plaisir. Les stats montèrent. Pas du tout désagréable. Un acteur propose d’illustrer le blog : c’est Noël.

Elle hésitait :des tas de gens doivent raconter n’importe quoi dans leur blog, et alors? Oui, mais c’est malhonnête.

Non, ce n’est pas malhonnête, elle ne prétend rien, elle raconte juste des évènements décalés dans le temps, en les arrangeant un peu. Pour le reste (le beurre, le jambon, elle a même prévu un post sur l’huile mais pas eu le temps de le finir), elle dit ce qui lui passe par la tête.

Si, c’est quand même un peu malhonnête.

Non. Si.

Elle ne sait toujours pas, mais dans le doute, elle décide de le dire sur son blog.

Alors, Fanette, oui ou non? Eh bien elle ne sait pas.

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Jambon-beurre

juin 9, 2008 · 31 commentaires

Vous aimez les sandwiches jambon-beurre ?

Les vrais, je veux dire. Du beurre, bon, pas trop, mais pas trop peu, le vrai sandwich.

Moi je me faisais des sanwiches comme ça au lycée. Je faisais atelier théâtre (j’aidais pour les décors, je suis trop timide pour monter sur une scène). Or l’atelier avait lieu entre midi et deux. Et pourtant j’aimais déjà beaucoup manger, mais on conviendra avec moi que renoncer aux repas gastronomiques du lycée ne constitue pas un insurmontable sacrifice. Et d’ailleurs, je réalise rétrospectivement que c’est au théâtre que je dois la découverte du jambon –beurre. Et maintenant, dans notre civilisation de panini, kebab et autres crêpes, eh bien le jambon beurre est en quelque sorte une relique.

J’allais dans la salle de permanence, déserte à cette heure, formidable, car je hais la foule, surtout la foule du midi, les demi pensionnaires, qui décompresse, ça fait trop de bruit, ça crie ça gueule et à l’époque j’étais super mal dans ma peau et je ne voulais pas voir tous ces gens. Mais, donc, la salle était déserte, à part une nana du club photo et une autre qui faisait du russe. On mangeait nos sandwiches et deux fois par semaines j’avais jambon beurre. La salle de permanence déserte et par les fenêtres, des arbres que je regardais avec tristesse car je vivais assez mal mes journées au lycée…Ensuite je m’en allais, après avoir peu parlé, à mon atelier.

Sinon, le jambon beurre me rappelle aussi les années de fac et mes journées de révision en bibliothèque. Le week end à Beaubourg, le sandwich sur la passerelle, vite parce qu’il fait froid parfois, et le café au distrib, et hop, retour à la table…

Mais les trois quart du temps, je me faisais mes jambons beurre…

Y a-t-il une mode dans les sandwichs ? D’où vient la raréfaction du jambon beurre ? je me méconnais pas le panini, qui réchauffe en hiver, et j’ai bâfré du kebab, avant de m’en dégoûter. Le jambon beurre c’est quoi ? la nostalgie ? Le retour du cholestérol ? Toute ma jeunesse ? Toute une époque ?

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Nikita Mikhalkov

juin 6, 2008 · 10 commentaires

Il y a quelque temps je parlais de mon cinéaste préféré, en faisant un teasing d’enfer. Le genre qui fait flop puisque je ne travaille pas le teasing.

Mon cinéaste préféré, allez, je vais dire qui c’est, ça pourrait être Atom Egoyan et d’ailleurs… j’en ai plusieurs.

Mais ce lui-là c’est spécial, et hélas personne ne le connaît. Même sur Youtube ou Dailymotion, pour trouver un truc, ça craint.

Avant de dire son nom, je veux expliquer exactement pourquoi je l’aime.

C’est essentiellement à cause des images et de la façon dont il met en scène les sentiments.

L’un de ses films commence avec l’image d’un petit garçon qui s’éveille, un adorable petit garçon. Il s’éveille, dans une magnifique lumière, et il pense à sa maman, qui était en voyage et a du revenir aujourd’hui. Il se lève tout content et appelle sa mère. La bonne le fait taire, il se tait, mais il reste tout content, car c’est un enfant et il baigne dans le temps et la lumière merveilleuse de l’enfance, il se contente d’attendre sa maman et ces quelques images donnent une impression indicible de bonheur a-temporel.

Puis le film commence. Le temps a passé ; le héros est adulte, et il traîne dans la vie, il ne réussit pas à s’insérer dans la vie. Ce film se déroule dans un pays étranger et dans le passé, mais il est étonnamment actuel. Le héros fait maints efforts pour rentrer dans la vie, mais il n’y parvient pas. Il y a toujours en lui ces images de bonheur lumineux de son enfance, mais il ne parvient pas à vivre dedans. Je pense à la fin du poème de Lucie Delarue- MArdrus « mais qui donc a jamais guéri de son enfance ? » Un ami du héros se met en tête de le faire rentrer dans la vie, mais le héros traîne et n’y parvient pas, toute la fausseté de la vie sociale le dégoûte, et, en même temps, il ne parvient pas à jouer le jeu.

Ce film s’appelle « Une journée de la vie d’Ilia Ilitch Oblomov ».

Un autre film. Il s’agit de riches personnes, l’été, à la campagne, qui s’ennuient et passent le temps, le tuent, littéralement, dans une oisiveté luxueuse. Deux anciens amants se retrouvent par hasard, et du temps de leur jeunesse ils avaient de grands projets, de nobles idéaux, des théories sur la vie… Puis ils se sont séparés, la fille a laissé tomber le garçon. Ils se retrouvent, et découvrent qu’ils ont tout deux des vies très ordinaires. Au tour d’eux, la médiocrité règne. Ceux qui les entourent s’amusent un peu à jouer avec leurs sentiments froissés. Il ne reste rien de leurs rêves. A la toute fin du film, alors que le héros rate son suicide, sa femme, une nigaude qu’il méprise, lui tient un discours extraordinaire et il s’avère que c’est elle, un peu l’idiote que tout le monde regarde avec condescendance, qui est peut-être la plus simple et la plus vraie de tous ces inutiles …

Ce film s’appelle « Partition inachevée pour piano mécanique ».

Le film qui a loupé la palme d’or devrait être plus controversé (il l’est peut-être ; je ne suis pas du tout l’actualité de l’auteur). Il s’agit de Soleil Trompeur. Le héros est un général stalinien, en vacances dans sa datcha avec sa famille. C’est un privilégié du régime. Les images du film sont magnifiques…Mais arrive un mystérieux personnage, un acteur que j’ai revu plus tard, d’ailleurs, et ce mystérieux personnages est envoyé par Staline, dans le cadre des purges de 36, pour mettre fin à tout cela. Le soleil qui illumine ces fabuleuses journées de repas du général est trompeur, car il va être arrêté, tabassé, sa famille sera déportée…mais ce n’est pas ce que le film nous montre : il ne nous montre qu’une journée de bonheur parfait, familial, troublée seulement par l’arrivée de l’agent stalinien. Durant toute cette journée, merveilleuse, la présence de la menace imminente qui plane sur la famille donne une tension dramatique à toutes les images, et pourtant, ce qui me gêne, c’est tout de même que le héros est un général stalinien… un tueur… Un lien (assez pénible à charger, sur un site chinois).

Ce cinéaste, c’est Nikita Mikhalkov.

Dans la plupart des film de Mikhalkov, un bonheur merveilleux et un désespoir total sont soigneusement rapproché, placé en exergue l’un de l’autre, et je ne peux tout simplement pas y résister, ça me touche infiniment, cette façon, muette, sans parole de placer les choses en perspective. Le réveil du petit garçon heureux, dans le soleil, qui va devenir un homme triste, solitaire, hors du monde ; l’extraordinaire journée d’été des riches oisifs, rendue ridicule et vaine par le souvenir de la jeunesse idéaliste des deux héros ; le bonheur de la famille du général, bonheur qui va se transformer en cauchemar le lendemain même…

Les films de Mikhalkov sont lents, pleins de poésie, d’images, visuels. Je suppose qu’à notre époque ils ne vont pas assez vite. Tarentino a eu la palme d’or, et j’aime Tarentino. Mais je trouve que Mikhalkov la méritait plus que lui.

En dernier lieu il y a Urga, qui n’est pas comme les autres films. Ce que j’aime dans Urga, c’est le côté brut du film. On y voit une ville de Mongolie ou de Chine dans les années 70. On y découvre un personnage assez renversant, Gombo, et sa famille. Les images de la steppe sont merveilleuses, et celles dans la boîte de nuit sont (dans ma vie à moi) cultes. Une boîte de nuit de province chinoise dans les années 70, c’est extraordinaire.

On retrouve cependant Mikhalkov dans une scène d’Urga. Le héros, russe, et un ami mongol, qui l’a aidé, se retrouve dans la boîte de nuit. Là, Serguei retrouve un vague ami, qui, constatant que Gombo a de l’argent, veut lui fourguer des pin’s et des bricoles à gogo. Seguei l’en empêche, car Gombo l’a aidé, accueilli et lui a tout donné.

- Il a une âme, lui, dit-il, et nous ? c’est quoi notre âme ? une âme à deux roubles ?

L’autre fait la tête.

- Il connaît le nom de son père et de son grand père, dit Serguei, en substance, à son « copain » russe. Tu les connais, toi ?

- Et toi ? lance l’autre, vexé, à Serguei.

L’image passe sur une église enneigée ; et sur une maison détruite. Telles sont les racines de Sergei… Du coup il se lève et chante, complètement bourré, une chanson, du temps de sa jeunesse, dont il s’est fait tatouer la partition dans le dos (les collines de Mandchourie). Or, moi, les souvenirs de jeunesse, je sais bien ce que c’est, et comme c’est indicible, et comme c’est triste.. Intutile de dire que j’adore cette scène…

Ce que j’écris là n’est en rien à la hauteur de l’œuvre de Mikhalkov, et j’en suis désolée. Mais si une ou deux personnes le découvrent et l’apprécient ensuite, je serais bien contente…

Note : Mikhalkov a fait d’autres films : les yeux noirs, la parentèle, cinq soirées, Urga, et le dernier, que j’ai détesté, mais que beaucoup de gens ont vu, je crois, « Le barbier de Sibérie ». De ce dernier film, je ne dirais pas un mot, à part quelques scènes, ce n’est pas du Mikhalkov.

Pour finir, la video des collines de Mandchourie : même si les images laissent sceptique(j’ai l’habitude hein… normalement quand je fais ma petite promo de Mikhalkov, les gens m’écoutent poliment genre ils m’aiment bien…), on aime la mélodie…

(impossible de mettre la video, je mets le lien).

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A cran !

mai 26, 2008 · 18 commentaires

Bon, il faut voir les choses en face : je ne vais plus y arriver. Les évolutions ultimes dans mon boulot me prennent tout mon temps et mon énergie, je ne parviens plus à me concentrer, je suis ailleurs.

Normalement, ça va durer trois mois comme ça, j’évalue ça à la louche.

Donc je ne sais pas : je viendrai sur mon blog quand je pourrais et je publierai au coup par coup, beaucoup plus irrégulièrement. ça me manque déjà. Mais je n’ai plus trop le choix.

A part ça, l’été arrive et les requêtes évoquant la minceur, les régimes et le sport augmentent dans mes stats!!! Je suis écroulée de rire : une grande sportive comme moi.

Enfin, amie sportive qui veut maigrir, je te recommande (ça ne peux pas faire de mal) :

  • les exercices de gazelle, remarquables, 3 séries de 30 tous les matins, ça te fera la cuisse ferme, le cul en béton, le genoux fin, le bras galbé.
  • le brocolis, le concombre et la tomate.
  • oublie le beurre : c’est moins bien l’été, ça fond, c’est huileux ça fait des taches. L’été, c’est jus d’orange et gazpacho.
  • le thé glacé, j’ai une recette merveilleuse trouvée sur un blog mais je ne sais plus lequel. J’ai été sceptique, mais j’ai essayé (quand il fait beau ma chambrette fait autocuiseur, donc j’ai eu envie de frais). Tu mets ton thé DIRECTEMENT dans l’eau froide. ça m’a surpris aussi, mais ça marche!!!! Tu laisses infuser deux heures et tu sucres un peu. Puis frigo. DIngue. C’est délicieux.

Voilà, c’est pour dire.

A part ça, je viens juste d’apprendre un truc surprenant.

Michel Fournier a un projet : le grand saut, soit une descente en chute libre de 7 minutes pour parcourir 40Km à une vitesse supersonique. On en parle là, par exemple.

Bon, comme ça me fait peur je googlise un coup et hop, qu’est-ce que je trouve?

Ce serait un baratineur.

Alors? Info ou intox?

Les journalistes devraient vérifier leurs sources, moi j’ai pas le temps, mais ça me fait marrer.

Enfin, s’il saute, je voudrais bien voir le résultat…

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Blogu’or (le Gala de la fêlée!) /Arriba Chikichiki !!!!! (Eurovision)

mai 24, 2008 · 15 commentaires

C’est ce soir la finale !!!!

Le finale de quoi?

La finale du Blogu’or, organisée par l’ex-ivrogne et la fêlée, et la finale de l’eurovision.

Honneur à l’Ex-Ivrogne et à la Fêlée. Alors là, je ne sais pas comment ils font, je ne sais pas si c’est long, mais moi quand je vois le temps que ça me prend de mettre des photos dans mon blog (bon, ça ne me prend pas de temps, mais ça m’énerve, il faut cliquer et recliquer), mais chapeau pour le résultat : des décors, des mises en scènes, un résultat virtuel ébouriffant, bluffant, impressionnant.

Je l’ai déjà dit, mais je le redis : je suis impressionnée et je les félicite, et je les tout pleins de trucs sympas. (Non je n’ai pas oublié le verbe, c’est exprès).

Pour visionner la finale, c’est .

Bon, et puis toujours pareil, mon petit chouchou, deuxième degré assumé.

C’est aussi la finale de l’Eurovision!!!!

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Tim, Juju, Marine… barbecue en banlieue.

mai 21, 2008 · 21 commentaires

Suite à mon comportement incohérent, la dernière fois que nous nous sommes vus, Tim a du réfléchir. Il a bien du enregistrer que je n’étais pas contente. Il n’a probablement pas compris pourquoi.

Alors tout d’un coup il a changé.

Enfin pas changé changé, hein, restons calme. Il était toujours habillé n’importe comment avec des T-shirts trop petits et troués. Il planait toujours.

Mais il a essayé d’agir. Il a eu l’idée de me proposer de venir chez des potes à lui. Jamais il n’avait fait ça.

C’était des potes qui faisaient un barbecue.

Dans une maison, en grande banlieue, un truc loin.

Un barbecue ? L’idée m’a plongé dans le scepticisme. (Mais si on me prend par l’estomac.. Mais en même temps si ils cuisinent mal ? Et puis on y va comment ? Des visions de beaufs en short et en t-shirt avec des tasses de gras, pleins de gosses qui hurlent partout m’ont traversé l’esprit… hésitation, hésitation). Puis je me suis lancée.

C’est vrai, on va comment en grande balieue ? Direction le sud est.

La question a décontenancé Tim : c’est vrai hein, c’était une question, comment y aller ? Il n’avait pas pensé à ça. Il s’est donc renseigné, et il a trouvé une solution. Ce qui m’a épaté. Je ne l’aurais pas cru.

La solution, c’était de demander à ses copains Juju et Marine de nous dépanner et de nous emmener.

Pas de problèmes, que des solutions. J’ai dit d’accord. Après une période négative, je repartais positif, pas nécessairement pour notre relation, mais juste avec lui, pourquoi ne pas aller chez des amis avec lui.

Donc un samedi à 16 heures, rendez vous du côté d’Austerlitz avec Juju et Marine. Juju : cuistot. Marine, employée de bureau dans una cabinet d’avocat. La voitude de Juju et Marine : une camionnette. Quand Juju et Marine peuvent, ils font le tour de l’Europe en voiture, ils vendent des saucisses et ils se débrouillent. Juju et Marine sont très sympas. Juju a un bermuda, un t-shirt à rayures qui crie sur son pull bleu marine déchiré au coude (je comprends son amitié avec Tim) et des chucks. Marine, les cheveux en pétard vaguement retenus dans un chouchou flashy, pas maquillée, a une jupe en jean à volant, un t-shirt jaune, une veste en cuir. Un mot pour désigner l’ensemble : disparate. Improbable. Elle sourit et rigole tout le temps.

On s’assied à l’arrière du véhicule, au milieu des caisses de viandes et de poulet. Un cuistot : mais c’est lui qui va faire la bouffe !! dans mes bras. Il a fait mariner la viande. Je l’aime déjà. Marine discute avec moi, c’est le genre de petite nana qui trouve tout le monde sympa. En deux minutes elle m’a fait décliner ma profession, mes origines, mon père, ma mère, tout. Je n’aime pas toujours interviewer les gens mais je fais de même. Et Juju. On est super pote quand on arrive, vers 17 heures ++++.

Du coup je participer à la préparation du barbecue du copain qui s’appelle, quant à lui, Gégé. Je ne suis pas une fan des surnom,s mais bon. Marien est ma copine. On se fait des petites blagues tout le temps. Marine aime la musique et fait partie d’une chorale. La semaine suivante, elle chante le requiem de Mozart dans une Eglise à Paris (d’un côté, tout le monde chante tôt ou tard le Requiem dans une Eglise). Elle me demande si je vais souvent écouter les concerts dans les églises. Rarement. Elle sétrangle de surprise. Je lui demande pourquoi elle a l’air si surprise. Une fille comme toi !!! (Donc maintenant vous savez que j’ai la tête de quelqu’un qui va aux concerts gratuits dans les églises). En deux minutes elle me file des flyers pour plein de trucs. Je me sens nulle. Encroutée. Retardée. Pourtant, avec sa jupe en jean à volant et son t-shirt jaune serin…

Tout en préparant on picole on picole (mais moi, pas trop, c’est un soir où je me retiens, je ne sais pourquoi : il y a des jours avec et des jours sans), les gens arrive et tout le monde se saute au cou. Marine me présente à tout le monde comme la copine de Tim, une fille…. Super. Ou merveilleuse. Forcément, ça se passe bien. Au moins avec elle. Tim me présente des potes, en me tenant par la taille, euh.. et moi je m’écarte, on n’a pas gardé les cochons ensemble, enfin tout de même… il prend acte avec bonne volonté, on reste dans le flou. Les réactions sont variées, ça va du « Waou !! » au « super » avec bisous claquants. La barbecue est délicieux. La viande merveilleusement marinée. La sangria au von blanc géniale. Je flotte… c’est cool…

Qu’est-ce que je flotte avec Tim….

Et qu’est-ce que je suis bien dans cette soirée…

Et pourquoi on sortait jamais avant ????

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Clair de Lune…..

mai 14, 2008 · 29 commentaires

ça fait longtemps que j’ai pas évoqué ma vie sentimentale avec des vedettes de cinéma. Et là j’ai un truc à avouer, moins glam que Brad Pitt, moins incendiaire qu’Antonio Banderas (qui n’a pas de chance avec ses rôles depuis qu’il est aux USA), le grand amour de ma vie, un peu moins maintenant, c’est Bruce Willis.

Il faut me comprendre. Bruce Willis, bon, OK, c’est Piège de Cristal, moi aussi j’ai aimé qu’il sauve sa femme divorcé pieds nus, c’était cool. Et puis c’est Pulp Fiction, mais ça compte pas, dans Pulp Fiction, même Mireille Matthieu aurait été bien.

(Et je garde une dent, petite mais dure contre Pulp Fiction parce qu’il a volé la palme d’or à mon cinéaste préféré ; ça va que le dit cinéaste soit pas cool et que le sujet ait été scabreux, mais c’est quand même un réalisateur génial, et zut et je dirais pas son nom, personne le connait, ça va me vexer).

Bref. Donc, Bruce Willis et moi, ça a commencé quand j’étais petite. Bruce Willis jouait dans une série que J’ADORAIS (et je suis tout de suite tombée amoureuse de lui, tout de suite, tout de suite) : Clair de Lune.

Depuis, il fait plutôt dans le moins fin, mais je lui pardonne tout.

Clair de Lune. J’ai tout vu, et je les enregistrais, et je me les repassais.

C’est l’histoire d’une actrice qui a investi dans des tas de sociétés sur les conseils de son comptable. Puis le comptable se barre avec les sous, ou une grande partie et elle a moins de sous. Elle doit travailler. Alors elle décide de s’intéresser à la société Clair de Lune dont elle est propriétaire. Elle arrive dans ladite société, plutôt pourrie, qui marche pas trop, et elle annonce qu’elle va être là avec eux.

Et le gérant de la société, c’est Bruce Willis. Et la société elle fait quoi? Des enquêtes. C’est une agence de détectives privés qui va pas fort mais bon.

Pour montrer à quel point le comptable est nul, de lui avoir fait mettre ses sous là dedans! Enfin.

Les rapports entre Bruce Willis et la fille, c’est un peu Dana Scully et Fox Mulder, mais en mieux. La fille est sérieuse, Bruce Willis fumiste. Ils essaient de faire des enquêtes, il est gentiment macho, elle est coincée, ils s’engueulent tout le temps.

Et cependant, devinez quoi???

???

Ils vont tomber amoureux!!!

Sur le mode de “je t’aime, moi non plus”, un ressort comique et sentimental de premier ordre, une ficelle qui en devient une corde, mais ça marche à tous les coups.

Tout l’intérêt c’est quand ils sont en train de tomber mais qu’ils se retiennent. Dès le premier bisou ça perd de son charme… Enfin, quand ils recommencent à s’engueuler, c’est bien, mais après ça part en vrille.

Voilà. Alors après, Bruce Willis il a pu faire ce qu’il voulait, se mettre du noir partout en sauvant le monde, tomber amoureux de filles idiotes, jouer les mutants avec mystérieux pouvoir (ou je ne sais plus quoi) , ça n’a jamais plu été tout à fait pareil, mais c’était quand même toujours lui…

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Et Constantin?

mai 13, 2008 · 18 commentaires

Arman, Chopin’s Waterloo, 1961 morceaux de piano fixés sur panneau de bois, 186 x 302 x 48 cm
(trouvé là :
http://mapage.noos.fr/momina/)

Ça fait bien longtemps que je n’ai pas parlé de Constantin. Et c’est un tort. Car Constantin fait de plus en plus partie de notre petit monde du boulot.

Il s’avère donc que Constantin fait partie de la catégorie des hommes dont la grande, voire l’infinie richesse intérieure ne se dévoile que très lentement.

Nous avons donc découvert, que non content de posséder des épaules carrées et musclées et des mains fines, nerveuses et intelligentes (pour contrebalancer une certaine raideur allemande dans le maintien général), Constantin était en fait un musicien.

Quelques informations complémentaires.

En effet, du coup, Ben s’est débrouillé pour emprunter un orgue électronique à un pote et on s’est retrouvé chez lui pour une fête et Constantin a fait une petite démo. Il est venu avec sa copine (pour calmer tout le monde) qui est chinoise d’origine : ces étrangers, il faut toujours qu’ils se singularisent, hein ? Ils peuvent pas avoir es copines françaises comme tout le monde. Non seulement elle est chinoise, mais de surcroît : elle est violoniste. Donc on a compris qu’il était quand même assez avancé dans la musique. Pour vivre avec une violoniste chinoise hyper timide qui ne parle qu’anglais (et chinois, mais nous le chinois on maîtrise mal)…

Bref, bien qu’ayant plissé les lèvres de mépris horrifié quand il a vu le piano électronique, Constantin, bon prince, grand seigneur, nous a joué quelque chose et on s’est dit que, effectivement, il était musicien. Ça nous a retourné. Quand on ne sait rien faire et qu’on se trouve devant quelqu’un qui possède un authentique, merveilleux et admirable savoir-faire, je me sens devenir misérable. Je ne sais, personnellement rien faire.

Un peu poussé, il s’est laissé aller jusqu’à jouer des trucs plus fun. Lui l’a coincé avec les Beattles (personne ne peut refuser de jouer ça, même Constantin, qui est un peu facho musicalement), puis on a glissé sur du jazz, ouf il aime, mais que Thelonious Monk (on a dit d’accord, Constantin, d’accord, OK, va pour Thelonious Monk que seule moi je connaissais, juste un peu mais ça fait bien en ville, quand même, merci Gaël, mais il n’a pas joué très longtemps, ça passe moyen en société) et Lui a amené les Blues Brothers, Constantin a fait pff, ou un truc approchant, et on a tous chanté, faux, bien entendu, ou quasi, Mimi the moocher (même deux ou trois qui ne connaissaient pas) et Everybody need somebdy to love. Sa copine (Zhou Ling) a même souri. Je crois qu’elle s’est amusée.

Cette soirée fut surprenante, en tout cas pour moi. Découvrir qu’une personne ordinaire possède en elle quelque chose d’extraordinaire… Mais en parlant un peu avec Zhou Ling, j’ai compris que Constantin travaillait au noir ou semi au noir pour Hichem parce qu’il y avait pléthore de pianistes d’Europe de l’est sur Paris, tous plus excellents les uns que les autres, et ça m’a fait drôle de penser que quelque chose d’aussi pur et délicat que le talent ou les compétences musicales pouvait avoir une valeur marchande… Je ne sais pas, en fait, si Constantin est un excellent pianiste ou juste un bon pianiste, rien dans mes compétences ne me permet d’en décider. Mais que ce talent ne lui permette pas de mieux tirer son épingle du jeu , cela m’a frappé et j’ai un peu eu honte, moi qui ai toujours l’impression de jouer avec les évènements et de pas devoir à un vrai savoir mon boulot actuel.

Par ailleurs, Constantin est un bon informaticien, et il semble s’être plus ou moins résolu à se diriger dans cette voie pour des raisons alimentaires ; mais nous touchons là à un autre problème : il est employé plus ou moins au noir par Hichem et Catherine, mais Paaat louche sur lui au vu de ses compétences ; Paaat a compris qu’il suffisait de payer Constantin pour le débaucher ; le payer à peu près décemment et officiellement ; or, les négociations sont en bonne voie…Il est donc à parier que Constantin nous quitte d’ici peu (enfin, quitte les environs proches).

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Face au monde : Nelson Monfort est mon chanteur préféré

mai 12, 2008 · 19 commentaires

Je suppose que tout le monde vit de ces coincidences fortuites qui, répétées, finissent par donner l’impression que « quelque chose » est à l’œuvre par derrière ; il se trouve que ça m’arrive tout le temps, et pourtant je suis en grande distraite. Je pense à quelque chose, des gâteaux au chocolat (mes pensées sont fréquemment alimentaires), et à l’arrêt de bus il y une pub pour un gâteau au chocolat, je m’arrête pour rattacher un lacet et en me relevant j’ai sous les yeux un gâteau au chocolat dans la vitrine d’une boulangerie, Isabelle me propose une part de gâteau au chocolat à midi et chez Ben le soir on a du gâteau au chocolat en dessert. N’ai-je pas une vie fascinante !!Bref, coïncidences ? ou bien, quand on a un truc dans la tête on le voit partout ?

Quoiqu’il en soit ça m’arrive au moins une fois par semaine et avec des occurrences un peu plus spécifiques que le gâteau au chocolat. Et la dernière fois que ça m’est arrivé, c’est à propos de la différence.

Car, surfant sur le web il y a quelques jours, je tombe sur une vidéo qui me cloue et dont j’enregistre les coordonnées pour la remettre sur mon blog. Elle est à la fin. Cette video me gêne, à mon corps défendant, si je puis dire. Je ne fais pas de commentaire sur sa qualité artistique, sur le plan de la créativité pure ça ne va pas chercher très loin. Mais il ne s’agit pas de ça.

Sur ce, Chrisos me contacte pour me demander de relayer le projet « Nelson Montfort est mon chanteur préféré », pour tenter de créer un buzz dans les blogs au sujet de l’association face au monde. L’association face au monde a pour objectif de permettre à des enfants atteints de difformités faciales de bénéficier de l’intervention des chirurgiens plasticiens hautement spécialisés afin de retrouver l’espoir d’une vie “normale”, et un visage pour la vie. Je n’essaierai même pas d’en dire plus afin de m’éviter d’ineptes digressions bien dans mon style que je serais probablement amenée à écrire sur le sujet si je ne me retiens pas.

Dans le cadre du buzz, je vais choisir Flannie, Shalima et La princesse à l’eau de javel pour le relayer.

Le lien entre les deux me paraît évident. Ce qui m’a gênée dans la vidéo, même si, je m’en veux d’être gênée, c’est la différence. Il n’est pas si facile que cela de se trouver face à une personne dont le corps est différent du notre. Il faut surmonter une gêne, et je pense souvent que si l’on faisait faire aux jeunes des séjours dans des maison d’accueil, cela apprendrait à beaucoup à supporter la différence et cela aiderait à accepter certaines choses : je suis convaincue que si l’on interagit quotidiennement avec des gens handicapés physiquement ou mentalement, on finit par les voir d’un tout autre œil, alors qu’à la base, il faut l’admettre, on a plutôt tendance à avoir un mouvement de recul.

A propos de mouvement de recul, le projet face au monde se pose exactement là : que dire d’enfants dont le visage est marqué, pour la vie, par un accident ou une malformation, une maladie ? Imaginez vous votre enfant portant le sceau physique, laid, indélébile et éternel d’une différence aussi aveuglante qu’injuste ? Engageriez-vous un comptable défiguré ? Poufferai-je de rire avec Viviane si elle n’avait pas de lèvres ? C’est avec les yeux, hélas, ou pas hélas, et non avec le cœur que l’on aborde les autres. Je dis pas hélas, car je pense que certains cœurs sont si noirs qu’on ferait demi tour ; les visages sont probablement plus propres que les âmes. Mais que faire pour ceux dont les visages ne peut être regardé sans un sentiment d’horreur, au moins au premier regard ? Qui a vu éléphant man ? Qui se souvient de la réaction de la petite infirmière ?

Pour en finir avec le problème de la différence, sur le blog de Lud, je trouve ensuite un post parlant encore une fois de la différence, non pas physique, celle-là. Le texte parle de lui-même.

Comme la video…

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Feyd Rautha et Alcibiade ou : le post qui n’ajoute rien au schmilblick

mai 11, 2008 · 11 commentaires

(mais qui n’enlève rien non plus, d’un côté).

Débat : Feyd-Rautha existe-il intrinsèquement, indépendamment de Sting?

J’explique.

Feyd-Rautha est un personnage de Dune. Du tome 1. A l’époque, Franck Herbert faisait des personnages ambigus et avec du charme. Après, ça s’est gâté, j’ai le souvenir que les derniers tomes, que j’ai lu avec passion, étaient fort cucul.

Mais le 1, c’était encore la splendeur du début et tout.

Dans Dune, il y a des gentils (Leto, Jessica et leur fils Paul, le héros, flanqué d’une soeur, Alia, d’une copine Ghani, et d’une épouse, Irulan).

Les méchants sont les Harkonnen : Vladimir (un affreux tellement gros qu’il tient de bout grâce à des suspenseurs et qui tripote des petits garçons), deux neveux, un con dont le nom m’échappe et Feyd Rautha, pas con.

Or, Feyd Rautha, quand j’ai lu le livre, je me le représentais comme un petit bonhomme mince, une sorte de Loki pas sympa, ou de démon malin.

Dans le film qu’il a tiré du roman Dune, David Lynch a pris Sting pour le rôle.

Ça m’a tout perturbé. Qui a été comme moi? Sting ne fait pas vrai méchant. Bon, Feyd Rautha est quand même salaud, mais on y croit moins.

Donc, je m’interroge : Feyd-Rautha existe-t-il pour de bon, et Sting n’est-il qu’un avatar ou pire, une version abatardie, démagogique de Feyd Rautha?

Ou bien grâce à Sting, le Feyd Rautha paradigmatique est-il venu au jour, et doit-on bannir de son imagination tous les Feyd Rautha antérieurs?

Qui a dit on s’en fout? dehors.

De façon à approfondir le débat, ce qui ne manquera pas d’intérêt, je rajoute l’info suivante : soit Alcibiade.

Présentons Alcibiade : je suis athénien, je suis issu par maman d’une grande famille athénienne, les Alcméonides, et dont mon tuteur Périclès, était membre également, non ne nous fréquentons qu’entre nous, et par papa, d’une autre grande famille tout aussi athénienne et tout aussi riche. Comme tous les jeunes gens bien élevé de l’époque qui ont du fric à claquer, je fréquente le célèbre Socrate, qui nous apprend à nous moquer du système et à faire tourner nos parents en bourrique. Plus tard, mon manque patent de sens des responsabilité entraîne la défaite de ma ville dans une expédition militaire, mais je m’en moque complètement, je trahis, passe à l’ennemi, avec l’argent et les soutiens politiques dont je dispose, je ne vais pas me gêner.

Il s’agit d’une interprétation toute personnelle d’Alcibiade, mais tout le monde interprète l’histoire à sa sauce, donc je fais pareil.

Donc, disais-je pour enrichir le débat, y a-t-il de l’Alcibiade en Feyd Rautha?

Hein? ça c’est du débat. Vous pouvez lire Dune, aussi, si vous ne connaissez pas.

Dune, de Franck Herbert.

Et à part ça, je ne suis pas chez moi demain, mais pas en vacances non plus, et j’espère que tout le monde s’éclate en week-end.

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