le journal de Fanette

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Pierre-Henri au café 2

avril 29, 2008 · 31 commentaires

Bon, alors les évènements ayant déjà eu lieu, je ne peux pas modifier le rendez-vous, je dis ça pour toutes les suggestions que j’ai eu : le Fl*nch, le M*cD* et le kebab.

Mais je songe à un chinois, parce que si je ne suis pas une fan des trois sus-cité, je suis une aficionados des chinois, et j’en connais un super cheap rue Rambuteau….

Quoiqu’il en soit c’est au café que nous sommes allés.

Mais avant, il faut que je fasse une sérieuse mise au point sur Pierre-Henri.

Enfin, dans la mesure de mes moyens. Je veux dire par là que vu la mutabilité de mes humeurs vis-à-vis du personnage, je fais ce que je peux.

Bon, d’abord un point : au début, quand on ne connaît pas les gens, on peut les voir comme des clichés. Donc j’ai présenté Pierre-Henri comme un cliché. La voiture, pas de métro, les lunettes de soleil, la chemise col ouvet ou le polo, la veste. Pompes : chaussures bateau, des S*b*g*, je, euh, je ne connaissais pas la marque, je ne savais pas qu’il y a UNE marque. (Je n’ai pas nécessairement un dent contre les marques, il y en a qui sont vraiment de bonne qualité et bien et chic et tout et puis quand on a des faibles pour les palaces, on ne fait pas sa chipoteuse sur les marques), ou des chaussures de ville sûrement de marques mais il m’a pas dit, j’aime mieux pas savoir, on y va doucement.

Mais après quand on connaît les gens on atteint la limite du cliché.

Il ne fonctionne plus.

Or, Pierre-Henri, bien que monstrueusement maladroit et plouquement riche, n’est pas un mauvais homme.

Il est d’une horrible et enfantine sincérité (et qu’on ne vienne pas me dire que je dois être amoureuse de lui là maintenant tout de suite, je ne le suis pas, ni de Ben, qui est aussi très gentil). Donc, ce con, quand il m’a dit qu’on ne devait pas souvent m’emmener dans des endroits comme ça, eh bien il était content comme un idiot de m’emmener dans un endroit qui me plaît parce qu’il m’aime bien.

Il était content et fier parce qu’il peut faire ça parce qu’il a de l’argent.

Ben oui. C’est con, c’est brut de décoffrage, et j’ai toujours du mal à l’avaler, mais c’est vrai.

J’ai du tomber sur le seul neu-neu bling-bling du coin. Je dois bien avouer qu’il est attendrissant. Donc maintenant il veut me faire faire le tour des palaces parisiens pour que je sois contente (et que je l’aime bien, et que je tombe amoureuse de lui, on le voit venir, mais il faut bien reconnaître que quelqu’un qui se donne du mal pour faire plaisir, n’est pas nécessairement antipathique… En fait, lui, il est juste agaçant comme un Saint-Bernard…).

Bref, on s’est donc retrouvé dans un café. Je me sentais bête, dans la mesure où avec mes copains on va au café ou dans une brasserie, on discute longtemps et tout va bien, on ne se pose pas de questions, on le fait et c’est tout, mais du coup, j’y suis allé en me disant “mais qu’est-ce que je vais faire? De quoi on va parler? De quoi je parle d’habitude?” ce qui n’est pas bon signe.

Je suis arrivée avant lui, et j’ai attendu.

Il n’arrivait pas.

J’ai commencé à être de mauvaise humeur, et toutes mes mauvaises pensées à son égard sont remontées. J’ai commencé à me faire un film. A être de mauvaise humeur.

Et puis il est arrivé. Je faisais la gueule. lui pas. Au bout d’un moment je lui ai dit qu’il était quand même super goujat. Il s’est décomposé, sur le mode “mais qu’est-ce qu’il faut que je fasse pour lui plaire, cette nana est un monstre.”.

- Tu es en retard, lui ai-je dit.

- Mais non. Tu avais dit 17 heures.

- Non, 16 h 15 - 30.

- Mais non !!! (il avait l’air sincère, j’ai eu un doute).

- Si, ai-je insisté fermement.

Et là il me sort son portable et trifouille dans ses SMS, me montre le SMS, et , oui, il avait raison. 17 heures, c’était écrit.

- Regarde celui que tu m’as envoyé, suggère-t-il.

- J’ai oublié mon portable chez moi, ai-je répondu en essayant de prendre un air dégagé mais en faisant encore plus la gueule, je me sentais nulle et j’ai toujours l’impression que je loupe tout avec lui.

Il s’est marré, et comme je ne me marrais pas du tout, il m’a fait remarquer que si lui se marrait de s’être fait engueuler pour rien, je pouvais me marrer de l’avoir engueulé pour rien.

- Mais je ne t’ai pas engueulé, ai-je protesté, en sentant confusément qu’un peu de mauvaise foi par dessus tout ça ne pouvait pas faire grand mal.

- Oh ! Mais tu ne t’es pas entendue.

- Pas du tout, j’étais juste un peu… bon.

Comme je culpabilisais je me suis jeté à l’eau et je lui ai dit que je m’en voulais et que je me trouvais injuste avec lui. Je lui ai suggérée qu’il arrête d’appeler une emmerdeuse comme moi.

- Mais tu n’es pas une emmerdeuse, m’at-il dit, en me souriant gentiment. Et puis tu sais comment te faire pardonner…

- Oh, la vache, lui ai-je dit, là tu es lourd.

- Mais sincère.

- Mais lourd!!!! Bon qu’est-ce qu’on fait?

- On boit un café, on a dit, non?

On a bu un café en regardant par la vitre. Dehors, il y avait des voitures.

Quand on est parti, il a dit :

- Eh bien, tu m’as emmené dans un café. Mais tu sais, j’avais déjà bu des cafés dans des cafés. Ou des bières, même.

- Des cafés, ai-je précisé, que le monde entier nous envie.

- Mais que le monde entier vienne y boire des coups. C’est juste que j’aime bien le (***), et toi aussi d’ailleurs.

- Heureusement que tu es là pour m’y emmener.

- Sans toi, c’est moins bien. (et avant que j’ai eu le temps de dire ouf, il ajoute : ) je sais : je suis lourd.

Et moi, évidemment : Mais sincère, c’est ça?

Et on rigole.

Il progresse. Il se décontracte. Toujours les mêmes pompes et les chaussures. Mais bon.

Demain, je refais un point sur Lui. (Lui, Lui, pas Pierre-Henri désigné par un pronom de rappel).

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Pierre-Henri au café

avril 28, 2008 · 38 commentaires

Et Pierre-Henri? Que devient-il?

Un petit post rapide pour expliquer ça. Pierre-Henri c’est très bizarre.

Un soir, Pierre-Henri m’a réinvité au bar d’un palace parisien après un bon restau; c’était très agréable. Sauf avec mon père, et c’est extrêmement rare (c’est arrivé deux fois) je ne vais pas dans des palaces. Les prix sont prohibitifs, et puis je me vois mal entrer seule, et pas davantage avec mes amis.

En revanche, j’adore les palaces. Lumières, déco, service, tout.

Donc Pierre-Henri m’emmène.

Bon, c’était très bien, on a bu un verre, j’étais ravie, mais ce qui m’a mojns ravie, c’est en sortant, une petite pharase de Pierre-Henri, dont je n’ai même pas un souvenir clair tant elle m’a retournée.

Il m’a sorti un truc du genre “On t’a pas souvent emmené dans un endroit comme ça, hein?” sur un ton satisfait et supérieur qui m’a complètement perturbée, j’ai cru que j’avais m’évanouir dans la rue. Je suis partie direct sans rien dire, d’ailleurs je ne pouvais pas parler, il m’a suivie, je ne parlais pas, je ne pouvais pas j’avais la bvouche bloquée, de rage, il m’a suivie longtemps avant de rebrousser chemin et ensuite il m’a harcelé au téléphone et SMS.

Il m’a même fait livrer des fleurs, très joiles, mais je les ai donné à ma voisine, une vieille dame, car je ne voulais pas les jeter mais les regarder me donnait envie de vomir. (Depuis ma voisine me fait des sourires et me prend pour une séductrice)

Et un jour il m’attendait à la sortie du boulot et j’ai été obligée de lui parler; je ne voulais pas, mais il m’a suivie, et il a prononcé, devant tout le monde puisque je ne voulais pas le suivre, des phrases très persuasives, dont je ne me souviens pas non plus parce que de le voir m’avait mise en rage et en stress total, mais l’idée c’était qu’il m’avait blessé, qu’il avait été con et qu’il voulait me parler et s’excuser. Je voyais bien qu’il mettait tout le monde de son côté car il s’exprimait de façon sensés et aimable. A la fin il est passé devant nous et il s’est agenouillé dans la rue en disant : “est-ce qu’on a le droit de faire des erreurs?” et, moi qui étais tétanisée de stress, de le voir à genoux et de sentir tout le monde penser “quand même, Fanette,… allez..” (tendance : n’a-t-il pas déjà assez souffert???) je l’ai trouvé si ridicule, brusquement que je suis passée du stress qui tétanise au stress qui fait rire bêtement et j’ai rigolé en le voyant.

Sandrine et Isabelle m’ont dit que je devais lui accorder un entretien. Vous savez les filles qui sont toutes gaites de rabibocher les gens. J’ai fait ma magnanime.

Nous sommes allées à la brasserie d’à-côté. Il m’a dit qu’il était désolé. Moi je me sentais d’humeur très gaie mais je lui ai dit que je n’étais pas un pauvre fille même si je ne fréquentais pas les palaces, que oui j’adorais les beaux restaurants mais que je ne sortirais pas avec lui parce qu’il m’emmenait là et que qu’est-ce qu’il s’imaginait. Il m’a dit que c’était horrible ce que j’imaginais, moi, et qu’il était content de m’emmener là parce que ça me faisait plaisir. J’étais partie dans la rigolade et je lui ai dit qu’avec moi il faisait sa BA, quoi? Et est-ce qu’il irait au café? lui ai-je demandé.

- Ben !! bien sûr !! qu’il m’a dit.

- Tenu !!! On va voir si tu fréquentes le peuple.

Il a fait une tête en me disant que, hein, tout de même. Et on ferait quoi au café?

- On boira un café, lui ai-je dit.

Il faisait la tête de celui qui s’en tire à bon compte.

Donc je lui ai donné rendez-vous dans un café.

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Pierre-Henri, appelle-moi !

janvier 4, 2008 · 31 commentaires

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Je vous fais ma soirée dans l’ordre, d’abord un rendez-vous à Opéra, avec Val, à qui je dis qu’elle est pas cool de me donner l’impression que sa future carrière de fonctionnaire européen va être tuée dans l’oeuf si je ne revois pas Pierre-Henri. Elle me précise qu’elle me demande seulement de ne pas l’envoyer promener au tél, quand il appellera, s’il appelle (ah bon parce que peut-êtrte il ne va pas appeler? je vais me vexer, moi). Elle me paie un chocolat pour se faire pardonner. Minimum.

Pendant que je suis avec elle au café, Fred appelle. Lui, il veut les coordonnées de Hana, mais il me fait remarquer que Pierre-Henri l’a appelé pour lui parler de moi. Je ne sais pas s’ils sont parents ou amis, mais je dis poliment que heu, moi je ne suis pas hyper sous le charme, et je suis mal à l’aise, je dis, parce que j’ai ri comme une niaise quand il m’a parlé (je me suis foutu de lui, oui, mais maintenant j’ai honte, le pauvre, et je n’assure pas). En tout cas Fred a dit à Pierre-Henri qu’il ne me connaissait pas. Mais lui a donné mon tel. C’est ça, continuez.

Pour en finir, Pierre-Henri n’a pas appelé. C’est peut-être une fausse alerte. Je tiens à faire remarquer que je l’avais trouvé crétin avant de connaître son prénom, je ne fais donc pas un racisme anti-prénom. Du reste je me souviens d’un Paul-Edouard (il en faut) extrêmement drôle mais volage. Tiens d’ailleurs. Je dois toujours avoir son tél. Je pourrais l’appeller pour lui souhaiter une bonne année.

En revanche, j’ai revu Lui, au boulot, après une éclipse. Il était parti on ne sait où, en famille sûrement.

J’ai revu sa copine, toujours sympa, eh oui, qui est venue me faire la bise pour me souhaiter la bonne année, et moi aussi je lui ai fait la bise, elle est trop sympa cette fille.

Elle m’a demandé si je voulais pas aller au cinéma avec eux?

Ben tiens.

Elle a pris mon tél.

Comme ça elle pourra aussi le donner à Pierre-Henri, si elle le rencontre dans la rue, errant à ma recherche. Des fois.

Retour également de Viviane, ma seule collègue sympa, avec des gâteaux pour moi.

Je lui raconte à midi le coup de Pierre-Henri, elle est morte de rire, et elle se lance dans un petit sketch “Piewe-Henwi” - cette fille est un clown.

Elle me passe le tel toute l’après-midi en me disant, le visage imperturbable “Piewe-Henwi”.

Et comme ce con n’appelle pas, je passe la soirée énervée, à écrire mes cartes de voeux (le truc qui me casse les pieds mais que je fais pas acquis de conscience je me demande pourquoi - j’ai envoyé des cartes internet mais tout le monde n’a pas Internet, eh non) à attendre un coup de tél d’un mec nul, qui ne m’intéresse pas et à qui je ne saurais pas quoi dire s’il appelle.

Il faut que je le voie, pour casser le stress. Rien de pire que l’attente. Bravo le début 2008.

Et en plus c’est bientôt les soldes et je dois attendre encore. C’est quand la date des soldes à Paris, là? Hein? Que je m’occupe à des trucs pertinents, un peu?

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Aaaaaarrrgghh!

janvier 3, 2008 · 25 commentaires

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Damned. Damned. Damned.

Du danger de parler de ciel sur les balcons avec des fils de propriétaires de yacht.

Val m’appelle hier soir. Je suis partie tôt, lundi, me fait-elle remarquer. Oui, bon. Je devais rejoindre une copine, etc. Elle se demande si j’ai trouvé ça sympa, je dis oui, je précise : un peu, euh, sérieux, mais sympa (les canapés étaient bons ; c’est important, au moins en début de soirée ; chez le copain d’Hana, la bouffe avait été moins bien, j’ai vu les restes, et l’alcool pas terrible). Je lui rappelle que j’aime bien les trucs décontractés. Décontracté est un pléonasme. Mais je n’ai pas de mots.

Ah oui, je sais, me dit-elle, et tu sais quoi? Non, je ne sais pas. Mais elle me l’apprend. Pierre-Henri m’a trouvé géniale. Ah! dis-je, fort contente d’être trouvée géniale, mais qui est Pierre-Henri? C’est la question.

Mais enfin, dit-elle. Enfin quoi? dis-je. Pierre-Henri, dit-elle. Mais ça va, tu me gonfles avec ton Pierre-Henri, est-ce que je connais des Pierre-Henri? Si je rencontre un mec qui s’appelle Pierre-Henri, je me tire dans la direction opposée ! Ou je lui parle de ma mère, mais je reste pas, enfin, j’ai pas de préjugé, mais Pierre-Henri, tout de même.

Tu as parlé avec lui tout le temps que tu étais là.

Ooooh. Un vague, léger, mais sombre doute entame un vol mençant vers mon esprit ; sans plus. Je rétorque je n’ai parlé à personne ce soir-là. Eclat de rire de Val ; à ce moment le doute devient plus sombre et se rapproche de mon coeur. Et le type du yacht? Et Val enfonce le clou : Et sur le balcon? je vous ai vu.

A croire qu’on se roulait des pelles ! Non mais !
Je m’énerve illico : je suis sortie prendre l’air et il est venu me rejoindre. On va pas en faire un plat? (Et après je m’étonne que les photos de Laure Manaudou alimente un buzz d’enfer : mais même quand on parle les gens s’excitent !)

Pourquoi tu t’énerves? demande Val.

Parce que ce type est con ! Il est venu me parler du yacht de son père !

Et alors?

Pas la peine de lui expliquer. Vu le contexte, ça faisait con et m’as-tu vu, mais après tout, peut-être qu’il se disait que j’allais lui parler du yacht du mien, ou de sa villa à Miami, ou un truc du genre, il n’y a pas écrit “pauvresse” sur mon front.

Je dis : Oui, bon, et je ne dis plus rien. Le fait est que j’ai parlé avec lui.

Val insiste : il t’a trouvé super ; il va sûrement t’appeler.

Je crie : Tu lui donnes pas mon numéro !

Val déçue : Ah non?

Moi : Tu l’as fait? Tu lui as donné?

Val : Non… mais…

Moi : Non !

Val : Tu me mets dans une position délicate.

Moi : Mais pourquoi?

Val : C’est un garçon très bien!

Moi : Il a l’air demeuré ! (Là, j’exagère : la vérité c’est que je ne sais pas du tout de quoi il a l’air : je ne m’en souviens plus, je n’entends que sa voix dans mon souvenir, et de toute façon je ne l’ai pas regardé - donc il doit être insignifiant)

Val choquée : ça va pas ! Il est à l’Essec !

Et alors? Il n’y a pas de demeurés à l’ESSEC?

Val : Si, mais écoute. Tu sais les gens chez qui on était? (Oooooooh! pensé-je. je crois que je vais pas aimer). Ma copine (on s’en fout du nom) est amie d’enfance avec leur fille (on s’en fout du nom, enfin pour l’anecdote , Marie-Caroline ou Marie-Astrid je ne sais plus parce qu’il y a eu les deux dans la conversation que je ne vous retranscrit pas en intégral - je n’ai rien contre les prénoms, c’est juste que - quoi). Le père est fonctionnaire européen. Il est (un titre peu importe, mais genre bien). Tu sais que je veux faire mon stage à Bruxelles.

Mais tu as déjà un truc. (je savais que ça allait être foireux).

Oui mais son père peut m’avoir un stage mieux.

Je dis un gros mot. J’ajoute : je ne vois pas le rapport (alors que si, je le discerne). Elle m’explique : Pierre-Henri est le neveu. Neveu très apprécié. Donc, pour rester dans une ambiance joyeuse de jeunes gens bien élevés qui sortent ensemble, vous voyez, le genre cultivé éduqué bonne famille tout ça, on est copain et tout. On est copain et papa pistonne pour des stages chouettes à Bruxelles.

Elle dit : Non, pas Bruxelles, Strasbourg.

Je dis : Chipote pas, c’est l’idée.

J’ajoute : Tu te rends compte de ce que tu me demande de faire? D’ailleurs je ne suis pas assez bien pour eux.

Alors là, elle dit (ou c’est à un autre moment, mais elle l’a dit) : Aucune importance (sic) ils sont larges d’esprit (sic sic) ils sont de gauche.

Aaaaaarghhh! Je suis la pauvre de service?

Val s’énerve. Dit qu’elle a pas dit ça, que je fais exprès de pas comprendre, que Pierre-Henri est sympa (elle le connaît pas!) et qu’il voudrait juste (sic) “mieux me connaître”.

Elle me fait remarquer, avec une pertinence énervante, qu’elle a, en son temps, facilité mes contacts avec un certain Grégory - ce qui est hélas, parfaitement exact. Elle n’aimait ni Greg ni son frère (et elle avait raison) mais on a été deux trois fois au cinéma ensemble parce que j’avais des affinités avec Greg (illusoires, mais ça on ne s’en rend compte qu’après).

Voilà. Voilà. Voilà.

Je sais c’est nul. Pourquoi ça m’arrive?

Je lui dis OK, elle peut donner mon tel à Pierre-Henri.

Ma journée est plombée. On se voit le soir. Je dois définir une stratégie. S’il m’embrasse? j’ai le droit de lui en retourner une? Ou j’attends la convention de stage? Et s’il m’invite à Eurodisney pour me séduire, comme Nico avec Carla? J’ai le droit de trouver ça con?

Bon, d’accord, je dramatise (il m’emmènera peut-être à Astérix). Je sais, c’est mon défaut, je me fais tout de suite des films.

Voilà. A part ça, Lui existe toujours et il est toujours mignon. Sa copine sympa est venue me dire bonjour. Le monde est rempli de gens sympas et Pierre-Henri veut me connaître.

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