le journal de Fanette

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Tim, Juju, Marine… barbecue en banlieue.

mai 21, 2008 · 21 commentaires

Suite à mon comportement incohérent, la dernière fois que nous nous sommes vus, Tim a du réfléchir. Il a bien du enregistrer que je n’étais pas contente. Il n’a probablement pas compris pourquoi.

Alors tout d’un coup il a changé.

Enfin pas changé changé, hein, restons calme. Il était toujours habillé n’importe comment avec des T-shirts trop petits et troués. Il planait toujours.

Mais il a essayé d’agir. Il a eu l’idée de me proposer de venir chez des potes à lui. Jamais il n’avait fait ça.

C’était des potes qui faisaient un barbecue.

Dans une maison, en grande banlieue, un truc loin.

Un barbecue ? L’idée m’a plongé dans le scepticisme. (Mais si on me prend par l’estomac.. Mais en même temps si ils cuisinent mal ? Et puis on y va comment ? Des visions de beaufs en short et en t-shirt avec des tasses de gras, pleins de gosses qui hurlent partout m’ont traversé l’esprit… hésitation, hésitation). Puis je me suis lancée.

C’est vrai, on va comment en grande balieue ? Direction le sud est.

La question a décontenancé Tim : c’est vrai hein, c’était une question, comment y aller ? Il n’avait pas pensé à ça. Il s’est donc renseigné, et il a trouvé une solution. Ce qui m’a épaté. Je ne l’aurais pas cru.

La solution, c’était de demander à ses copains Juju et Marine de nous dépanner et de nous emmener.

Pas de problèmes, que des solutions. J’ai dit d’accord. Après une période négative, je repartais positif, pas nécessairement pour notre relation, mais juste avec lui, pourquoi ne pas aller chez des amis avec lui.

Donc un samedi à 16 heures, rendez vous du côté d’Austerlitz avec Juju et Marine. Juju : cuistot. Marine, employée de bureau dans una cabinet d’avocat. La voitude de Juju et Marine : une camionnette. Quand Juju et Marine peuvent, ils font le tour de l’Europe en voiture, ils vendent des saucisses et ils se débrouillent. Juju et Marine sont très sympas. Juju a un bermuda, un t-shirt à rayures qui crie sur son pull bleu marine déchiré au coude (je comprends son amitié avec Tim) et des chucks. Marine, les cheveux en pétard vaguement retenus dans un chouchou flashy, pas maquillée, a une jupe en jean à volant, un t-shirt jaune, une veste en cuir. Un mot pour désigner l’ensemble : disparate. Improbable. Elle sourit et rigole tout le temps.

On s’assied à l’arrière du véhicule, au milieu des caisses de viandes et de poulet. Un cuistot : mais c’est lui qui va faire la bouffe !! dans mes bras. Il a fait mariner la viande. Je l’aime déjà. Marine discute avec moi, c’est le genre de petite nana qui trouve tout le monde sympa. En deux minutes elle m’a fait décliner ma profession, mes origines, mon père, ma mère, tout. Je n’aime pas toujours interviewer les gens mais je fais de même. Et Juju. On est super pote quand on arrive, vers 17 heures ++++.

Du coup je participer à la préparation du barbecue du copain qui s’appelle, quant à lui, Gégé. Je ne suis pas une fan des surnom,s mais bon. Marien est ma copine. On se fait des petites blagues tout le temps. Marine aime la musique et fait partie d’une chorale. La semaine suivante, elle chante le requiem de Mozart dans une Eglise à Paris (d’un côté, tout le monde chante tôt ou tard le Requiem dans une Eglise). Elle me demande si je vais souvent écouter les concerts dans les églises. Rarement. Elle sétrangle de surprise. Je lui demande pourquoi elle a l’air si surprise. Une fille comme toi !!! (Donc maintenant vous savez que j’ai la tête de quelqu’un qui va aux concerts gratuits dans les églises). En deux minutes elle me file des flyers pour plein de trucs. Je me sens nulle. Encroutée. Retardée. Pourtant, avec sa jupe en jean à volant et son t-shirt jaune serin…

Tout en préparant on picole on picole (mais moi, pas trop, c’est un soir où je me retiens, je ne sais pourquoi : il y a des jours avec et des jours sans), les gens arrive et tout le monde se saute au cou. Marine me présente à tout le monde comme la copine de Tim, une fille…. Super. Ou merveilleuse. Forcément, ça se passe bien. Au moins avec elle. Tim me présente des potes, en me tenant par la taille, euh.. et moi je m’écarte, on n’a pas gardé les cochons ensemble, enfin tout de même… il prend acte avec bonne volonté, on reste dans le flou. Les réactions sont variées, ça va du « Waou !! » au « super » avec bisous claquants. La barbecue est délicieux. La viande merveilleusement marinée. La sangria au von blanc géniale. Je flotte… c’est cool…

Qu’est-ce que je flotte avec Tim….

Et qu’est-ce que je suis bien dans cette soirée…

Et pourquoi on sortait jamais avant ????

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Tim, le début de la fin…

mai 9, 2008 · 23 commentaires

Et moi j’enrage, naturellement, car c’est bien beau de se détacher, mais tout de même, on aime un peu de regret.. hein?

(Je suis d’une totale incohérence, on le verra ensuite).

Je fais donc, le lendemain, et le surlendemain, de longs et hargneux efforts pour ne pas appeler. Je suis très énervée. Crétin. J’ai envie de le revoir. Il rappelle le troisième jour, étonné de ma disparition. Je me sens immédiatement envahie. Il demande si je viens le soir. Avec un (certaine) mauvaise foi, je lui demande s’il ne dîne pas encore chez sa mère. Il ne comprend pas, ça tombe à plat. Je lui dis que non, je viens demain. Il soupire.

Parce que, là, je ne veux plus le voir et j’ai envie de le voir.

Oui, eh bien, si, c’est possible.

Donc le lendemain je vais le voir et c’est bizarre. Je sais que c’est fini. Mais je ne veux pas que ça le soit, je veux que ça finisse, mais je veux revenir en arrière à l’époque où ça ne l’était pas, juste un peu, une heure. Ou deux. Je veux faire une sorte de petite zone hors du temps, je mets Tim dedans et quand j’ai envie de planer, hop.

Ah, on ne peut pas. Bon. La vie c’est chiant.

J’arrive chez lui et je râle tout de suite que ça pue et que c’est le bordel. Tim comprend rien. Je n’ai pas été très exigeante jusque là, que se passe-t-il?

Je suis de mauvaise humeur, et l’alchimie ne prend pas. Je voudrais bien qu’elle prenne, mais je ne fais rien pour. On finit par s’engueuler. Je suis de mauvaise humeur. De mauvaise foi. Je ne fais pas d’effort. Je me dis en moi-même, si je suis suffisammemt pénible, il se lassera. Il fait la tête du type qui se dit que sa copine a du mal dormir.

On en reste là.

D’autant que je croule sous le boulot et que j’ai un problème internet chez moi donc je ne sais pas quand je reposte. Et pas d’image, WordPress bugue et je n’ai pas le temps.

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Des nouvelles de Tim…

mai 7, 2008 · 19 commentaires

J’avais dit que je reparlerai de Tim… Alors voilà.

Il faut savoir que notre relation a été si bizarre qu’il n’a pas mon numéro de téléphone à la maison ni mon adresse. Il connaît ma station de métro, mais je ne lui ai pas dit mon adresse précise. Et presque tout de suite, on est allé chez lui. Et on ne s’est pas tellement penché sur le problème des adresses. De toute façon j’étais chez lui presque tous les soirs. Donc bon.

Et puis je suis sortie du rêve. Pas si vite que ça mais un peu quand même.

Un jour en rentrant dans sa chambre, je me suis aperçue que malgré le passage de la femme de ménage, c’était salle, ça sentait le renfermé et la chaussette sale. Certes, j’aérai dès mon arrivée. Certes, il me suffisait de m’asseoir près de lui pour qu’un sorte d’état second s’empare de moi. ça, c’est une drôle de sensation. J’arrive, c’est crade, je vais vers la fenêtre pour l’ouvrir, ça m’agace. Tim qui rentrait en même temps que moi (je pense à un jour précis) me prend dans ses bras avec une sorte de tendresse déconnectée dont il est spécialiste. L’effet est instantanée, je fond intérieurement, mais dans ma fusion, il y a une sorte de mini-fanette, genre gimini criquet, qui crie, vers moi : “Eh !! Eh !!! Réveille-toi !!!” mais blurp, elle fond.

(J’espère suggérer une visualisation précise).

Je fonds, donc, nous fondons même un peu ensemble, on ne sait plus très bien où je commence et où il finit et on s’endort suite à la fusion, un peu emmêlés. Je dors toujours extrêmement bien, j’ai déjà dit que dormir était un truc que j’adorais, mais j’ai parfois des insomnies, rares, mais terribles. Et là, voilà : à quatre heures je m’éveille avec la sensation que je connais bien, d’avoir une lampe allumée dans le cerveau. Cling. Impossible de me rendormir. Chez moi, en général je me lève et range la maison : je ne dors pas, de toute façon alors autant ranger, me fatiguer et le lendemain je serais fatiguée et je dormirais (je ne suis pas du tout une grande insomniaque, je n’ai eu qu’une période d’insomnies suivies dans ma vie ; c’est d’ailleurs cette période qui m’a permis d’apprécier le sommeil ; je ne crois pas me tromper en affirmant que l’insomnie est une souffrance atroce ; j’ai eu une semaine d’insomnie dans ma vie, j’avais l’impression d’être un cerveau en guenille, qui partait en petit morceaux ; le sommeil est un bien, le plus simple et le plus grand, après le ventre plein ; il faut savoir apprécier les choses simples ).

Me voilà encore en train de digresser, revenons à notre sujet, je m’éveille et je sais que mon insomnie durera, comme toujours, deux heures. Il est quatre heures, je dois me lever à sept, et je sais que je ne vais pas dormir pendant deux heures.

Du coup je me lève et je m’habille, et je pars. Traverser Paris en pleine nuit c’est mon karma, un hobby chez moi, je me retrouve toujours en train de faire ça. C’est incroyable le nombre de fois où je l’ai fait.

Je marche et en marchant je pense ; c’est incroyable ce qu’on pense en marchant. Et puis il y a cet état de la nuit et de l’insomnie, cet état où on a le cerveau qui tourne et qui carbure, et le lendemain tout est fini, évaporé. j’écoute de la musique en même temps, et je pleure, vous savez, je suis sûre que tout le monde fait ça, on se met en boucle une chanson qui fait pleurer, on est triste, et puis on est encore plus triste, et et on a petit à petit les nerfs à vif, pour rien, juste parce qu’on a écouté 15 fois de suite Avec le temps ou Drouot.

J’arrive chez moi en larmes à 5 heures 20(mais ce n’est pas une vraie tristesse, c’est juste un agacement nerveux). café, un peu de rangement et encore envie de dormir. mais je ne dors pas, je vais travailler ensuite, crevée, mal d ans les jambes, les muscles douloureux, la tête à l’envers, fatiguée et ivre d’avoir peu dormi et trop pleuré. Je passe une drôle de journée cotonneuse et je rentre chez moi désireuse d’être seule, seule seule. J’écoute encore des trucs qui font pleurer, je pleure, je me sens mal, mais bien, chez moi, et moi, quoi.

Et lui ?

Lui, rien. Ce soir là, il ne m’appelle pas (il a mon portable et il y a MSN).

Le lendemain il appelle. Je me sens bizarre : je vais lui dire quoi ?

C’est pour me dire qu’il va dîner chez sa mère et qu’il ne sera pas chez lui.

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Où Fanette se sent lamentable, et ne peut s’en prendre qu’à elle-même

février 20, 2008 · 22 commentaires

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Hier, Pierre-Henri appelle. Dingue.

Il veut me voir. Pas moi. Il insiste. je maintiens. Il finit par lâcher le morceau.

Il sait que je suis avec Tim en ce moment, il veut m’avertir charitablement de ce que le Tim est pénible (immature et possessif) et que toutes ces petites copines le quittent. Tim est spécial, pas pour moi, me dit-il. Je lui demande d’où il le connait? C’est idiot : Val, Fab, et la cousine de Pierre-Henri sont copines. Tim s’est vanté de sa conquête. Le con.

Je suis dévorée de curiosité, Tim est spécial? Il assassine certaines personnes? Il se transforme le soir en loup-garou? quoi?

Il est très immature, me dit Pierre-Henri, très jaloux, et très possessifs, très passionné. Il ajoute qu’il a beaucoup de charme, apparemment, mais que sa dernière copine l’a larguée avec perte et fracas; mieux vaut s’en tenir à l’écart. (Merci, très cher).

Au passage, il essaie de s’informer sur la nature exacte de mes relations avec Tim (il est con ou quoi?). Au moment où, agacée, je vais lui dire que ce n’est qu’une passade, j’ai un éclair de lucidité (de temps en temps ça m’arrive) et je réalise que je dois être totalement opaque : si les infos vont de Tim à PH, elles pourront aussi aller PH à Tim ; je pense tout d’un coup à une amie pas vue depuis longtemps, et qui s’est créé une exécrable réputation en exposant avec la plus ingénue simplicité ses sentiments et sa vie amoureuse ; soyons simple : si Paul est amoureux de Anne et couche dans l’intervalle avec Brigitte, il souffre et c’est beau. Si Brigitte et amoureuse de Laurent, et couche dans l’intervalle avec Paul, il faut vraiment qu’elle fasse ça dans un certain milieu pour que tout le monde trouve ça normal : dans le Loire et Cher ou dans les Hauts de Seine, Brigitte sera désignée par un vocable malsonnant et insultant que je m’abstiendrai d’utiliser ; quelque chose me dit que dans les familles de PH et de Tim, la perception de la femme reste assez classique : fille soeur mère épouse ou alors un mot malsonnant.

D’ailleurs, à part mon bavardage, pourquoi diable instruirai-je cette triple buse de Pierre-Henri sur la nature de mes sentiments pour Tim? je l’envoie au contraire promener, en lui disant que tout cela ne le regarde pas, et qu’ il me casse les pieds.

Je raccroche démoralisée.

Le bon côté : j’envisage Tim très différemment.

Le mauvais : je suis arrivée au stade qui m’inquiétait, c’est-à-dire que j’ai fait une connerie, je le savais, maintenant il faut que j’assume et que je vire Tim. La pensée que ce jeune idiot raconte à tout va Dieu sait quoi sur moi me donne envie de vomir.

Mais bon, je ne reste pas longtemps sur cette pensée ; je savais que je faisais une connerie. C’était tout de même une connerie très agréable.

Je dois cependant faire face à l’idée qu’on peut faire une agréable connerie et payer de désagréables conséquences après.

Je dois méditer un truc pour résoudre le problème. J’ai froid mais je me lève pour mettre Breakfast at Tiffany’s à la télé pendant que je réfléchis.

Primo : me changer les idées (parce que je vais avoir envie de revoir Tim, demain, il y a risque; tant que je sens le Mustela en pensant à lui, c’est que je suis encore sous le charme).

Pour me changer les idées, j’ai Sandrine, Coco, Viviane, Gaël, et d’autres dont je n’ai pas parlé. Pour des raisons diverses, il faut que je me change plus les idées, et je songe à rappeler plusieurs personnes. Il faut que je m’occupe, sinon je vais ressasser. Et ressasser : pas bon.

ça me hante et voilà, je me connecte en cata le soir et je vais sur MSN et je laisse plusieurs messages avant d’aller me coucher.

N’importe quoi. Je regrette presque tout de suite. Je me maudis. On arrête avec l’impulsivité.

Il doit être minuit quand je m’endors.

Ce qu’il a de bien avec moi, c’est que quand je fais des conneries, je les fais toutes. Mais toutes. Là, je vais me retrouver aux prises avec des ex débiles de merde qui vont me faire ch… Mais là, au moins, je serais tellement dans la m… que je devrais arrêter de délirer et faire des trucs sérieux.

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Je rêvais d’un autre monde…

février 6, 2008 · 27 commentaires

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… bon, c’est Hugues qui m’a soufflé ce titre …

Côté Tim, on plane toujours mais différent. Vitesse de croisière.

Hier, j’ai réalisé un truc.

Tout d’un coup comme ça, pouf, une illumination.

I was in the subway. Pourquoi je parle anglais? On se demande. ça doit être parce que je suis euphorique.

Et pourquoi suis-je euphorique? Parce que hier, dans le métro, j’ai eu une illumination.

J’étais assise côté vitre, la tête sur la fenêtre et avec les cahots, ma tête cognait sur les vitres, doucement. Je précise ça uniquement pour ceux que les circonstances de l’illumination intéressent. J’essaie de suggérer que les cahots dans le métro génèrent des illuminations.
Donc, moi, assise, métro, cahots et entrain de penser. Je me dis “ah, pff, je vais voir Tim, c’est nul quand même ma relation avec ce type est nulle, on ne fait rien, il faut que j’arrête”.

Et là, la fameuse illumination.

Mais tu crains! me dis-je. Mais tu crains carrément. Voyons, tu n’es jamais contente. ce garçon est sympa, farfelu, loufoque, il te fait voyager sans bouger et tu te plains? Voyons, quel âge as-tu? Vas-y, assume, lance-toi à fond dans le truc et quand tu en auras marre tu arrêteras.

Je me suis souvenue, assez vaguement mais tout de même, de circonstances de ma vie durant lesquelles j’avais à la fois vécu et déploré les situations que je vivais (je me souviens d’une en particulier, que je voudrais bien raconter ici) et cet état d’esprit qui fait à la fois vivre, et déplorer les choses ne permet pas de les apprécier réellement: quand je vis le truc, je me dis que c’est nul, condamné à merder, ou que les problèmes ne vont pas tarder à surgir ; quand les problèmes surgissent, je me dis ” ah, pourtant avant c’était bien, non?” alors que je ne faisais qu’attendre l’échec de l’évènement ; et quand l’évènement est bel et bien achevé, alors il s’installe dans mon souvenir comme une époque merveilleuese et je le regrette.

Ne sois pas si stupide, me suis-je dit. Profite à fond de la relation, objectivement, et pas en la gâchant par des considérations somme toute conventionnelles. Après tout, si je veux être conventionnelle, je peux toujours épouser me taper Pierre-Henri, ou d’autres, en cherchant un peu. Un commentateur m’avait suggéré le bermuda, le polo lacoste et les cinq enfants, avec Pierre-Henri : là, rien à dire, j’ai tout bon, non? Mais je trouverai probablement le bermuda trop bermuda, le polo trop lacoste, les mocassins trop ring’, rien n’est jamais parfait. Il y a le yacht, mais le problème du yacht, c’est ce qui va autour et dedans.

Pour rester dans une ambiance maritime, je peux aussi essayer le pêcheur breton ou corse ; mais il n’est pas certain que j’ai mes chances. D’ailleurs, il n’y a pas de métro en Bretagne, ni en Corse, donc ça va pas non plus.

Pour l’instant, l’homme idéal pour moi c’est Gaël, mais je me dispute toujours avec lui et je l’ai déjà planté dans des cafés, les larmes aux yeus de rage et d’exaspération tant il m’énervait. Donc ça va pas non plus.

Après il y a Lui, mais il y a un truc avec Lui, et même plusieurs, l’un des trucs s’appelant Sandrine.

Donc pour l’instant, pourquoi pas Tim? je n’arrive même pas à concevoir mon homme idéal, alors rabattons-nous sur des hommes pas idéaux mais tout de même bien agréables.

Si tant est que Tim soit un homme, mais n’ergotons pas.

Du coup, après mon illumination j’étais toute gaîte, comme ça peut m’arriver. Je faisais des petits bonds. Les oiseaux chantaient. Je me demande si des petits lapins et des petits écureuils et de nombreuses petites bêtes charmantes et par ailleurs plus fréquemment rencontrées dans des forêts de dessins animées ne gambadaient pas partout dans les couloirs du métro, ainsi que dans les escaliers du l’immeuble pourtant assez lugubrement IIIème République de Tim. Je suis montée gaiement au sixième étage et nous avons gaiement fait l’amour. Il est extrêmement agréable de faire l’amour de bonne humeur. J’ai bien dormi. Je me suis douchée dans la douche cradoc en me disant de ne pas faire ma bourgeoise maniaque et que si j’étais partie dans l’Himalaya chercher les souterrains creusés par des extra-terrestres, comme je voulais le faire à 12 ans (à 12 ans, j’étais très branchée extra-terrestre et je lisais des bouquins qui disaient qu’en fait les extraterrestres étaient déjà là mais planqués, soient sous l’eau, sous au Pertuis Nanty en Bretagne, soit dans les Andes, soir dans l’Himamalya, ou sinon au milieu du désert de Gobi ou du Taklamakan, dans des endroits sympa montagneux glacés et dangereux comme là où Indiana Jones va chercher un truc dans le premier Indiana Jones) - eh bien j’aurais pas eu de douches car l’Himalaya est mal pourvu en douche, donc si on veut vivre des aventures on fait une croix sur la douche, ce que fait Indiana Jones, donc moi, je peux quand même me doucher donc je vis des aventures avec un minimum de confort, en plus je peux retourner au boulot le lendemain. Si on y réfléchit, c’est donc une occasion inespérée de vivre des heures insolites avec un minimum d’efforts.

Dans la bonne humeur la plus totale, je suis donc allé travailler ce matin, euphorique.

Donc là, je plane sereinement. Je suis arrivée au boulot en flottant et en souriant, réconciliée avec la vie. D’une humeur merveilleuse, avec tous mes merveilleux collègues, je m’attaque avec bonheur au rattrapage de mon retard, avec une sorte d’efficacité joyeuse.

Be cool…

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Feelings

février 4, 2008 · 25 commentaires

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Le flottement ne s’estompe pas ; il demeure ; le truc, c’est qu’il y a tout de même évolution : je flotte plus gaie, moins glauque. L’effet jedi? On sait pas.

Procédons par ordre : curieusement, je n’ai pas envie de prendre de décision ; pourtant, au fond de moi, la décision a pris forme : Tim n’exige rien de moi, je ne lui ai parlé de rien, il n’a rien dit, cette sensation que j’ai de devoir rester dans son univers est (jusqu’à nouvel ordre) en moi (je dis jusqu’à nouvel ordre parce qu’il n’exige rien, puisque je suis là ; si je m’en vais, je suis sûre qu’il me courra après).

Dès vendredi j’ai eu des sentiments tourmentés ; car même si cela semble symbolique, aller voir Star Wars est une sorte de petite rupture ; quand on est dans une bulle, on ne peut en sortir sans la crever, n’est-ce pas? Par ailleurs, j’ai eu bien du mal à m’imaginer partir samedi matin, quittant cet autre monde qu’est Tim, pour débouler, sans douche, ou après une douche prise dans la salle de bains de Tim, sur laquelle je ne ferais pas plus de commentaires. La Fanette qui va aller, ou pas, regarder Star Wars, ne peut être celle qui squatte chez Tim.

C’est pourquoi sans y avoir réféchi, je me suis retrouvée debout, vendredi soir, au milieu du capharnaum de Tim, rassemblant mes affaires tandis qu’il dormait à moitié, et je me suis entendue dire, applaudissant à cette décision prise en quelque sorte en dehors de moi, que je rentrais chez moi pour faire des trucs, ce à quoi Tim n’a rien répondu sauf un OK laconique, assez agaçant par ailleurs. Je suis en effet rentrée chez moi, j’ai rangé un peu et le lendemain, au réveil, dans un état d’esprit beaucoup plus net et clair que si je m’étais réveillé chez lui, j’ai pu faire un peu de rangement, et finalement me rendre chez Ben comme prévu.

Voilà pour la façon dont j’ai pris la décision, intéressant dans la mesure où la décision s’est prise en quelque sorte en dehors de moi.

Je n’en dirais pas plus, j’ai l’impression de ne parler que de Tim sur ce blog, et je me demande quel intérêt ça peut avoir…

J’ai toujours aimé la saga de la Guerre des Etoiles ; pourtant elle n’est guère développée ; elle manque du sérieux et de l’imagination de la plupart des romans de science-fiction que je lisais auparavant. Seuls les derniers épisodes, que nous n’avons pas regardé ce week-end, étaient un peu plus développés et laissaient entrevoir une plus grande complexité.

Mais j’aime cette série qui a quelque chose de spontané et d’inventif ; certains effets spéciaux sont remarquables, non pas, je dirais d’un point de vue technique, que je ne sais pas évaluer, mais d’un point de vue imaginatif. J’adore les scènes relatives à l’étoile noire, il y a en elles quelque chose de vécu que je n’ai revu dans aucun autre film de SF ; je n’ai pas, par ailleurs, vu de façon exhaustive tous les films de SF qui soient sortis, mais en général, ce ne sont que des films d’action, mais dans l’espace (sauf, justement, depuis quelques années, avec Immortel, par exemple, ou Dune, ces deux films émanant par ailleurs de l’imagination de personnes qui ne sont pas des réalisateurs de films, et donc rompant un peu avec la monotonie usuelle; naturellement en écrivant ça je suis en train d’oublier Blade Runner, hors concours, mais qui manque vachement d’extraterrestres).

Même le côté culcul la praline de la philosophie Jedi ne m’exaspère pas ; je suis bon public et je voue à ce film une amitié pleine d’indulgence, à cause du vaisseau mal fichu de Han Solo, et des personnages tout simples qui le peuple.

Bref, j’ai passé un samedi enchanté. Enchanté : j’ai douze ans, peut-être treize, pendant huit heures. Par dessus le marché, on a mangé n’importe comment, mais comme on était deux filles deux garçons, on a évité la pizza et les bières. On a acheté des pizza pour les garçons, mais nous, êtres raffinés, on s’est acheté des trucs bien mais comme des petites filles : des blinis, du tarama, du cidre - dans le supermarché avec Sandrine nous avons crié comme des peites folles : “Oh !!! Oui !!! Du cidre!” et on s’est raconté des histoires de crêperies, de crêpes comme ci, de crêpes comme ça, treize ans, j’ai dit, n’est-ce pas? - des oeufs de lompes à la con, du saucisson des chips du guacamole des chips de mais et, et, et de la pâte à tartiner à la noisette, eeeeh oui, et on a mangé n’importe comment tout l’après midi.

(ne vous inquiétez pas, je reviendrai à la soupe, j’adore ça).

On a poussé des cris, on a dit qu’on était amoureuses de Han Solo, on l’a encouragé, on a crié pendant les combats, on a dit à Han Solo qu’il n’avait pas à être jaloux de Luke (mais il n’entendait pas). On a crié quand Luke voit son père : la totale, quoi, et c’était bien.

C’est mieux d’avoir 13 ans à 28 ans (et demi) qu’à 13 ans.

Après on a parlé.

Et là je me suis sentie déchirée : Tim ou eux? je restais ou je partais?

24 heures hors de la cinquième dimension.

Je suis partie. J’ai juste dit à Sandrine que j’avais un copain et que je devais le rejoindre, elle m’a dit que j’avais l’air bizarre, j’ai rien dit.

Mais mardi soir, je vais chez elle. Décidé. C’est elle qui l’a proposé, pour qu’on discute. Un moyen de m’arracher tout doucement.

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Un autre monde

janvier 30, 2008 · 25 commentaires

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Il ne s’agit pas uniquement de quelque chose de sexuel, quoique ça rentre en ligne de compte. Avec Tim j’ai découvert un chemin, en moi-même, dont j’ignorais l’existence, jusqu’à une sorte de néant fleuri, ou verdoyant. Hm. Rien n’a d’importance pour lui, absolument rien. Sauf écouter de la musique, absorber, sans aucune finesse, le minimum d’éléments nutritifs nécessaire à la survie, et réactiver constamment une sensualité aussi basique qu’enivrante. Avant-hier Dyns a parlé de dessous dans un post, les dessous impliquent pleins de choses, une préméditation, une réflexion, une abstraction. Rouge ou gris? Dentelles? fleurs? Guêpière? Porte jarretelles? Quand on part pour en acheter, on a une idée derrière la tête, au moins celle de sentir sexy pour soi, faire des effets devant Jacques ou Denis, épater sa copine parce qu’on est tellement mode. On peut discuter de l’opportunité d’associer un sentiment de beauté intérieure, ou extérieure, au sexe, on peut se dire que la seule beauté est intérieure, qu’on a pas besoin de ça, ou alors que si, il faut pimenter la vie affective, sexuelle, tout essayer… On peut dire des tas de trucs, mais on prémédite, donc on pense, quand on achète de jolis dessous.

Il n’y a rien de pensé ou de prémédité avec Tim. C’est comme si on était au début du monde, dans la jardin d’Eden, et que la vie déborde autour de nous. On ne sait pas très bien où l’un de nous deux commence, où l’autre finit. On écoute de la musique comme si nous n’étions qu’une seule personne, dans un sorte de Nirvana flottant, pré-orgasmique, en dormant à moitié, et parfois de l’émotivité affleure en l’un de nous (mais nous ne faisons qu’un) et alors nous gérons au mieux cette émotivité. Au bout d’un certain temps, c’est la matin et il faut que j’aille travailler, et quand j’ai passé la nuit avec lui, j’ai énormément de mal à me rappeller de ce qu’est conceptuellement, le travail : d’abord on se lève, ensuite on descend des escaliers, puis on marche à côté des voitures, puis un rentre dans un tuyau sous le sol, on rentre dans un wagon, on sort à l’air libre à côté d’autres voitures, et on arrive à un grand bâtiment, très semblables aux autres, on rentre et au fond de la cour il y a une grande pièce, une table, des gens, qui ne flottent pas du tout dans aucun nirvana, ils sont dans la vraie vie, soit : un autre univers, un ordinateur sur la table et je dois taper sur le clavier. Quand j’ai tapé en harmonie avec des impératifs extérieurs pendant un certain temps, je refais le chemin inverse et je reflotte dans un Nirvana musical préorgasmique. A la fin du mois, on me donne de l’argent avec lequel je peux acheter de quoi manger et m’habiller. Comme vous le voyez, rien de tout cela n’a vraiment d’importance. Le mieux, c’est le Nirvana, non?

Mais bon, ça va. La gourmandise me sauvera. J’avoue j’aime bien cet état second, même si ça ne peut pas durer. C’est comme des vacances. Mais Tim se fiche même du foie gras, du champagne, de la salade de mâche, des sushis. Non, parce que dans le système que je vous dis, on ne goûte pas la nourriture : on ingère des éléments organiques sans se prendre le chou.

Plusieurs commentateurs (dont je loue la prévenance) constatent cet état endehors du monde et me conseillent de fuir. Ils ont raison. D’autres me suggèrent de profiter de la situation : ils ont raison aussi.

Personne ne me connaît en fait, sauf moi. Ecrire le post d’hier et celui d’aujourd’hui m’a permis de prendre de la distance par rapport aux évènements. L’était d’esprit que je décris est potentiellement dangereux. Je pourrais, en continuant, basculer hors de la société ; tout lâcher, basculer dans ce néant exotique, mendier, et remonter le soir dans la chambre de bonne de Tim ; il est probable que le ban et l’arrière-ban de ma nombreuse parentèle débarquerait par vagues pour m’arracher à cette horrible situation ; je bénéficierai même peut-être d’un petit stage chez tata Etiennette (mon rêve) pour me réapprendre la vie petite-bourgeoise : les heures bienséantes du lever, laver, déjeuner, coucher, sans oublier la session prime-time de la télé le soir ; toutes les règles du bon petit soldat de la société de consommation.

Ils n’auront pas besoin de le faire, je vous rassure, je suis un petit soldat légèrement déserteur, mais si peu. Je m’envole dans un monde parallèle, mais je ne perds pas de vue le vrai monde. Pas folle, pas si folle ; ça me rappelle un film, tiens.

Oui, je disais qu’ici, je suis la seule à me connaître. Je sais jusqu’où je vais dériver. C’est une dérive fort agréable. La gourmandise au moins (et probablement, Yoyo le seul le vrai l’unique le clairvoyant, la fatigue des lessives, j’ai déjà assez de mal avec les miennes) me ramènera dans le vrai monde, celui où les gens ont des horaires bien fixés, comme j’en avais moi-même, et où les journées de bureau peuvent se terminer par des lessives des courses au Monop’ des cafés ou apéro pris dans des bars ou restos concrets, avec des paroles échangées qui raisonnent dans un air réel, et des aliments non virtuels que l’on apprécie en société (seuls, c’est moins bien).

Mais pour l’instant je flotte, je voyage jusqu’à l’aube du monde… Je n’avais jamais réalisé jusqu’à présent à quel point ce que nous désignons petitement par le vocable de sexe était à ce point le pivot de tout. C’est probablement dû au mot lui-même, réducteur.

Tiens, ça me rappelle un autre film. Chouette, je vais effectuer des incursions dans la monde semi-réel de la virtualité webesque pour faire un topo là-dessus.

(Aucun des deux films n’a de rapport avec le sexe).

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