le journal de Fanette

Amitiés

avril 23, 2008 · 16 Comments

Photo : Dolarz

Je crois que je vais bientôt faire le choix d’arrêter le feuilleton du jeudi, car cela me devient de plus en plus difficile de me lancer dans ce feuilleton. Trop de souvenirs reviennent, même si je me suis mis en tête d’aller jusqu’au bout, jusqu’au bout de quoi? En fait?

Enfin on verra.

Dernièrement, j’ai évoqué les jeux de rôles parce que c’était une activité très importante pour mes amis, mais au final, à part mes pénibles tentatives pour jouer, cela ne prenait pas tant de temps que cela dans notre vie.

Non, et l’essentiel, ou du moins ce qui devint l’essentiel, c’était tout autre chose.

Récapitulons. L’année précédente, j’avais fait en quelque sorte partie, par hasard, d’un groupe d’amis, qui fonctionnant comme une sorte d’entité tentaculaire dans laquelle je me sentais fort agréablement dissoute. j’avais passé des heures délicieuses à palabrer interminablement et inutilement , un verre à la main, à la lueur des bougies. Ah, jeunesse. Cependant, que d’excellents souvenirs!!

A la fin de cette première année, les examens et les différences de réussite entre membres de ce groupe avaient eu raison de la bonne ambiance des débuts.

Puis, à la rentrée, le tout avec repris, mais différemment ; je m’étais alors rapprochée de deux garçons, Laurent et Philippe, les rôlistes.

Et là, les choses évoluèrent rapidement et étrangement. Comment cela a t-il commencé? Il n’y eut pas un moment précis, mais après plusieurs après-midi ou soirées passées ensemble, à déambuler dans les rues en parlant, il s’avéra que nous étions tout à coup de venu très proches.

Le premier souvenir précis de ce sentiment concerne une balade à pied.

Nous étions au café, et, exceptionnellement, j’y étais resté le soir. Ordinairement, je travaillais le soir, et je quittais tout le monde vers 3 h 30 ou 4 heures pour aller dans mes boîtes de marketing. Ce soir-là, je ne travaillais pas, ce qui, malgré mes obligations étudiantes, me mettait dans un situation de semi vacances bien agréable. Ce devait être en janvier, parce que j’ai l’impression confuse que c’était après Noël, mais il faisait froid, donc janvier et février.

Nous avions parlé au café, traîné, parlé des heures - c’était l’époque où le temps ne comptait pas, il s’étirait à l’infini et parraisait toujours abondant et disponible. De quoi parlions nous? Je ne sais plus. mais ça dura au moins trois heures, ou quatre, et puis le café ferma. Ce n’était pas un café de soir, le quartier, dès 7 heures, perdait toute vie.

Nous sortîmes, et il fallait nous séparer - rentrer chez nous.

Mais, comme nous parlions, nous avons continué, juste un peu, nous finissions la conversation, en nous dirigeant lentement dans la direction du Luxembourg.

Lentement, en marchant, nous avons suivi la rue de vaugirard. Atteint le Luxembourg. Traversé.

Nous finissions toujours la conversation.

Nous étions au RER Luxembourg.

Là, Laurent annonça qu’il partait, vers Bastille.

- On t’accompagne au métro, dit Philippe.

- Pas de métro, dit Laurent. J’ai pas de sous, pas de ticket. Je vais marcher.

S’ensuivit une discussion sur le fait qu’il pouvait frauder.

Laurent avait décidé d’être pauvre et honnête, et de ne pas frauder. (L’honnêteté, comme la pauvreté, était un peu une pose ; il avait des parents tout à fait aisés, et il avait eu une période fraude ; mais là il était dans sa période Abbé Pierre, et fâché avec ses parents ; je lui avais suggéré, avec mon affreux prosaïsme, de travailler ; mais non ; enfin ; quelle absurdité ; gagner de l’argent ; mes amis se drapaient dans des poses et prétendaient ne jamais trouver de travail ; je sais que ça fait sarkozyste, ça me désole tout à fait de dire ça, mais je ne les avais jamais vraiment vu en chercher ; peut-être fallait-il que le travail les agresse ; donc moi j’accumulais, très platement, les boulots d’étudiants, et je fréquentais des gens qui “ne s’en sortaient pas” et qui ” trouvaient rien” car on ne “voulait pas d’étudiants”).

Bref, je n’avais pas d’esprit critique et je les plaignais de tout mon coeur. Revenons à Laurent. Tout seul sans ragent pour prendre le métro. Bou-ouh.

Qu’à cela ne tienne, nous allions l’accompagner.

Droit sur le Panthéon, puis vers Mouffetard, puis le pont au bout de l’île, Bastille.

Nous marchions au hasard, dans la bonne direction mais en suivant les rues approximativement.

Plus le temps passait, plus nous parlions, plus nous étions échauffés et notre discussion fit que nous ne vimes absolument pas la route passer.

Laurent habitait vers Faidherbe Chaligny et nous proposa de monter chez lui.

Nous montâmes.

Il était l’heure de dîner. Laurent avait de l’alimentation une perception personnelle : il mangeait des boites de conserves froides en sandwiches dans des baguettes, parfois arrosées de bières. Il proposait de faire chauffer une boîte. ça sentait la pâtée pour chien. Je suggérais d’acheter des pâtes et de les accomoder au fromage. Hurlement de Laurent : mais c’est cher.

- Arrête, lui dit Philippe, on y va.

Chez l’épicier arabe en bas, nous trouvâmes de quoi faire un repas meilleur. Nous avions tous les deux très peu d’argent sur nous, mais je crois, du pain, des oeufs, du fromages, du vin, du saucisson.

Le repas fut basique mais j’en ai un souvenir merveilleux. L’omelette, j’en garde, ridiculement, le meilleur des souvenirs. A croire que jamais je ne mangeais meilleure omelette.

Le temps passa tout seul, une harmonie totale régnait entre nous trois, nous étions assis, les uns contre les autres, sur le lit dans la chambre de Laurent.

La soirée passa, l’heure du dernier métro, on a regardé un film, après il fallu rentrer, gros souci, l’heure, moi et Philippe habitions dans des directions opposées, ils ne voulaient pas que je rentre seule, c’était loin.

Ce qui est difficile à expliquer, fut le lien impalpable qui nous unissait. Nous ne faisions rien d’autre que parler, et une tendresse de plus en plus grande nous unissait. Cette tendresse avait quelque chose d’abstrait, elle ne reposait sur rien, et pouvait basculer dans de nombreuses directions… mais en ses débuts, elle était là, tout simplement, avec quelque chose de magique.

Je finis par m’endormir assise sur le lit, Philippe voulait me le laisser, mais on s’y installa je ne sais comment, et Laurent par terre.

Bon, je dormis si mal qu’à 5 heures je partis, en me levant je réveillai involontairement Philippe, ensemble nous avons descendu les escaliers, sommes allés au métro, avant de nous séparer à Bastille.

Une soirée/nuit rêvée qui fut le début d’une amitié nouvelle : oui, nous nous connaissions depuis un an, mais tout d’un coup, il y eut une intensité nouvelle dans nos rapports. Nous n’étions plus des amis, nous devenions des frères et soeurs.

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Madonna sauvera-t-elle la terre? ou comment Yahoo nous prend pour des cons

avril 22, 2008 · 49 Comments

ça a commencé hier.

Non mais avant je dois expliquer un truc.

J’ai lu un jour quelque chose : lorsqu’on diffuse des images de catastrophe et de violence sur un écran, ces images captent plus facilement l’oeil d’un hypothétique spectateur que des images de petits enfants gambadant dans les champs fleuris.

Un de mes amis en concluait très négativement que l’homme est mauvais, mais je crois que c’est tout bête : l’homme a un instinct de conservation très développé, et la peur est un motif de réaction réflexe très puissant.

Enfin quoiqu’il en soit, voilà, j’ai lu ça quelque part il y a longtemps.

Hier, disais-je, ça a commencé.

Je vais sur yahoo, ou yahoomail? je ne sais plus. Et je lis un truc du genre (je ne m’en souviens plus en fait, je ne rappelle pas la formulation exacte) : elle part en vacances et c’est le drame.

Je clique. Oui, c’est nul, je réagis bêtement aux nouvelles catastrophiques. Aurais-je cliqué sur “les vacances du bonheur”?

Je tombe sur une page Yahoovoyage avec un récit totalement insipide de voyage avec photo, le genre de récit qui fait que j’aime les blogs (par contraste, si vous voulez), impersonnel et nul, on a été là, puis là et là, avec des photos pas du tout comme on en prend nous.

Et la cata? me dis-je.

Je suis venue pour une cata.

Je relis.

No cata.

Ben?

Je reouvre Yahoo.

Même texte.

Je reclique. Pas de cata. Je me dis vaguement, tiens, yahoo fait du racolage, bon, j’avais qu’à pas être con. Je passe à autre chose.

Aujourd’hui, sur Yahoo, je lis : Madonna et Justin Timberlake sauveront-ils la terre?

Oui la page que j’ai capturée c’est une autre, plus tardive.

Par ailleurs, Yahoo est tout vert, c’est la jour de la terre, on nous parle d’écologie, et donc le message que me suggère la question, le Yahoo tout vert et le contexte, c’est que Madonna fait une chanson à thème écolo.

Ah, me dis-je. Je ne suis pas du tout une fan de Madonna, enfin je ne déteste pas ce qu’elle fait, mais bon, je ressens une curiosité irrésistible qui me pousse à me renseigner.

J’écoute le clip et je le regarde (je ne mets pas de lien).

Rien a voir avec la terre. Attention : je n’exclus pas de n’avoir rien compris au clip, étant d’une nature plutôt contemplative, et les fans de Madonna peuvent me donner leur exégèse du clip, j’en serais ravie. Disons que j’ai vu une dame qui sautait beaucoup, sur des voitures entre autres, aux côtés d’un jeune homme charmant.

Je reviendrais sur la journée de la Terre, à propos d’autre chose, mais en attendant, que se passe-t-il avec Yahoo?

Leur premières pages me paraissent tout d’un coup accrocheuses, mais accrocheuses par le bas.

Alors : Est-ce que c’est le cas depuis longtemps, mais, distraite comme je suis, je n’ai rien remarqué?

Est-ce qu’ils viennent d’engager un nouveau responsable de la com qui fait dans le trash???

La page d’accueil, quelque temps après, c’était ça, toujours dans le style catastrophe, pour annoncer finalement un repartage sur un poisson introduit dans le lac Victoria et qui a détruit la flore et la faune naturelle du lac, soit-disant pour développer la pêche, mais en fait les revenus générés ne profitent qu’au plus riches ; OK ; et l’autre lien, c’est un film sur l’écologie pour lequel il est loisible de faire de la pub mais de cette façon???

Ou c’est moi, j’y comprend rien? (Mais alors expliquez moi, siouplé!!!)

Mue par la curiosité, je me suis fait les autres pages d’accueil.

RAS, je ne vais pas toutes les mettre là, mais Yahoo Canada fait dans le classique écolo, avec un vieux monsieur à chapeau de paille sur fond de fleur, certes, classique, mais sympathique, et Yahoo angleterre évoque un pas de danse de Bush… les petites Bu’shitt, moi je trouve ça sympa, c’est frais c’est léger on aime tous quand Bush fait une connerie.


Bon alors dites-moi : Yahoo France pète un cable?

Dénonçons les catastrophes, oui, mais outre le fait que mon cerveau n’avait enregistré Yahoo dans la liste des sites qui dénoncent Les Mensonges Qui Mènent Le Monde, je trouve que prendre des airs de dénoncer les choses, en jouant sur la peur (moi on peut y aller, dès qu’il y a un coup de vent je crois que c’est l’Armageddon) pour finalement amener sur une bête page de contenu normalement nul, enfin du Yahoo de base, quoi, est-ce moral? Enfin acceptable? Est-ce qu’on en a envie?

Question idiote, mais devons-nous l’accepter? Ok, on est con, OK, j’ai des réflexes nuls, cliquer sur les pages catastrophes, est-ce à dire que je doive accepter ça? Vous me direz de boycotter Yahoo mais oh ça va bien, Yahoo moi j’aime bien, mais je ne veux pas me faire racoler comme dans les kiosques avec des images porno (bon, là, ce ne serait pas du porno, mais la peur), juste sous le nez des gosses, tiens, un autre truc que j’adore.

Je veux un Yahoo normal qui nous prend normalement pour des cons, comme d’hab, avec des infos normales, des gros titres convenables. Familiaux. Zut.

Bon alors questions : avez-vous aussi la sensation que Yahoo déconne?

ça vous choque?

Vous vous sentez manipulé?

Ou quoi? Quel est votre avis?

Vous êtes choqué? Non? Si?

Ah !! Dernière possibilité : j’ai pensé que c’était peut-être une forme d’humour??? Mais si on m’explique je rirais peut-être? Du quatorzième degré que je ne comprends pas? Je suis pas forte en humour, sauf mes blagues, qui me font beaucoup rire. Mais c’est différent.

Moi, ça m’intéresse, là.. Je vais surveiller Yahoo.

PS concernant les aspects techniques de la réalisation de ce billet.

C’était dur de faire ce post.

J’avais oublié comment on capture l’écran alors j’ai cherché sur Google. Google m’a dit. Bon. Capturé. Enregistré sur Paint. J’ai voulu insérer. Mais les fichiers bitmap on peut pas. Alors après je me suis souvenu qu’on transformait facilement les bitmap en JPEG parce que je l’avais déjà fait mais j’avais oublié. J’ai tripoté le PC, ouvert ci et ça et tout avant de me souvenir qu’il fallait faire enregistrer sous. Pff. Alors j’ai tout réouvert sur Paint et j’ai tout réenregistré sous. J’ai tout inséré. Trop forte.

Quand j’ai visualisé le post on voyait que les pubs. My goodness, que je m’ai dit. On s’en fout. Mais non. Mon sens de fille morale m’a interdit. Ou alors, que la pub me rapporte des sous, c’est moral. Alors j’ai rouvert les fichiers JPEG. J’ai gribouillé avec Paint (ça c’était plutôt sympa). Le premier qui critique mes gribouillages sort. J’ai fait modifier le fichier, j’ai supprimé les images avec pub et remis celles gribouillées. Je suis épuisée. Je vais dormir.

C’est quand qu’il faudra juste souffler dessus pour faire les choses? hein?

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Tag de Yoyo.

avril 21, 2008 · 29 Comments

J’ai été taguée par Yoyo et je m’exécute, ce qui me plait beaucoup, il s’agit de photo.

Alors.

Primo :

Que serais-je si j’étais un animal : alors, sans aucune originalité, je serais un chat, pour dormir, point barre.

Ma couleur préférée … rose, violet, kitch, délire, neuneu, girlie, bouh, j’adore.

Mon plat préféré… j’ai hésité. J’aime tout.

Alors j’ai choisi un plat que je pouvais manger tout le temps. Oui, parce que le pied de porc, pas tous les jours. Le foie gras, les huîtres, pas tous les jours.

Mais trouver une photo pas facile….

La photo est nulle, mais je vous explique.

Bon, c’est un petit peu calorique, mais vous vous faites une soupe avant et on n’en parle plus.

Le principe de base : vous prenez n’importe quoi dans la catégorie fromage et n’importe quoi dans la catégorie confiture miel, avec un penchant pour miel myrtilles ou figues, mais il faut tout tenter (mûre ça marche je viens d’essayer).

Après il y a différentes options : au choix. C’est expérimental.

Vous tartinez votre fromage sur une tartine, vous mettez une lichounette de miel ou confiture dessus et vous faites gratiner.

Après vous pouvez mettre d’abord la conf/miel et ensuite le fromage.

Vous pouvez faire gratiner le fromage et mettre la conf/miel à côté.

On fait ça avec du chèvre, mais aussi avec de la feta ou du camembert ou du brie.

Et avec tous les fromages je pense mais j’ai pas essayé avec tous.

Le dimanche matin tu peux AUSSI le tremper dans le café.

Je ne suis pas une grosse sauvage je suis une grosse GOURMANDE. Please don’t get confused ça m’arrangerait.

[Je pèse 55 kg, s'il vous plait (dont au moins quatre dans les genoux - mais ça va mieux grâce à Gazelle). Je mange de la soupe entre deux conneries lourdes et grasses que je mets trois semaines à digérer (mais c'est bon). Remarque, je me demande un peu si depuis le temps je ne pèse pas 56. (j'ai pas de balance, je vais dans les pharmacies)]

Et comme sur la photo, tu manges ça avec de la verdure, n’importe laquelle, de l’herbe à lapins. Mache, scarole romaine roquette laitue épinard tout comme tu veux c’est la libertaïe.

Mais du vin avec c’est mieux quand même.

Dediou j’ai faim.

Je dédie ce concept à Spike qui m’a sauvé la vie en nouilles chinoises (j’expliquerai).

Le matin je bois du café, et après je bois du thé.

Mon objet préféré… et je ne m’en vante pas. (Oui, il date du Moyen Age, et alors?? ça fait partie de son charme)

Un lieu que je voudrais visiter….

Bouh…

Un parmi d’autres : l’Alhambra, le palais rouge…

Vouala.

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A pied dans Paris

avril 20, 2008 · 41 Comments

Je suis sortie et j’ai marché.

Sans raison, j’avais juste besoin de marcher et de prendre l’air.

J’ai marché longtemps, à travers Paris, ça m’arrive parfois, marcher dans Paris c’est une détente et une façon de me relaxer et de penser à je ne sais quoi, à rien en particulier.

Je suis passée le long des quai, j’ai suivi la Seine, de haut, j’ai regardé les bâtiments au loin, et je ne sais pourquoi quand je marche dans Paris j’ai toujours l’impression de marcher dans un lieu exceptionnel. Une simple marche devient un petit évènement, tant cette ville est magique.

Mais pourquoi? Pourquoi? je n’arrive pas à comprendre cette impression.

En regardant l’Assemblée Nationale, je me suis demandé ce que ça voulait dire, Assemblée Nationale ; des idées politiques ensuite transportées sur la planète entière sont nées là, et est-ce que ça garde de l’importance ou est-ce que, dans l’inculture et aussi dans les bouleversements actuels, est-ce ça garde un importance? Cependant quand on traverse le pont ensuite, on ne se sent pas dans un endroit quelconque, un lieu du monde qui en vaudrait un autre. Je n’ai pas ce sentiment quand je suis ailleurs, même dans la jolie campagne de ma tante.

A Paris j’ai l’impression d’être quelque part, dans un lieu exceptionnel et unique.

Je n’arrive pas à expliquer ce que je veux dire, je m’en rends bien compte. Les mots “lieu exceptionnel et unique” sont nuls, je veux dire que j’ai l’impression d’être dans un film, ou qu’une simple marche prend toute une signification. Et les marches dans les champs et sur les sentiers de grande randonnée ne sont pas comparables, même si tout est plus joli, plus poétique, plus agréable.

Une après-midi sur les chaises du jardin du Luxembourg est un petit moment d’éternité…

Qui d’entre vous a une impression similaire? Suis-je seule à ressentir cela? Est-ce du snobisme?

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Aimé Césaire est mort

avril 19, 2008 · 11 Comments

Cela n’apparaît pas au premier abord, et puis je n’ai pas eu envie de faire un blog sérieux et littéraire, mais j’aime la poésie.

J’aime toutes les sortes de poésie, mais évidemment j’ai un fable pour la poésie surréaliste.

Mais dans la poésie contemporaine, c’est un peu comme dans l’art contemporain, il y a beaucoup de foutage de gueule. N’importe quel prof de français qui aligne trois adjectifs dans le désordre se prend pour un poète.

Ce qui n’empêche pas des poètes comme Aragon, Eluard, Breton, d’être de stup^é&fiants poètes, auteurs de textes de toute beauté.

Et, parmi ces poètes, il y avait Aimé Césaire. Je l’ai découvert il y a quelques années, et j’ai été si bouleversée que je me suis promis de lire toute son oeuvre, ce que j’ai, bien entendu, négligé de faire.

Je ne vais pas me lancer dans un billet analytique et polémique, juste je veux dire deux choses :

Aimé Césaire est l’un des plus grand poètes français.

Ses idées politiques sont beaucoup plus complexes, fines et actuelles que les articles de journaux (”chantre de la négritude”) ne le montrent. Une fois que les journalistes ont dit qu’il a mené un combat contre le colonialisme, ce que toutes sortes de gens ont fait, ils ont à peu près tout dit. Mais les idées d’Aimé Césaire sont infiniment plus subtiles. Je n’en dirai pas plus, parce que je peine à exprimer ce genre de chose, c”est beaucoup plus difficile que d’écrire des textes marrants sur ma vie quotidienne. Mais quoiqu’il en soit, je vous invite à lire des oeuvres d’Aimé Césaire, et entre autre la pièce du Roi Christophe, même si elle a des aspects rébarbatifs, et ça ne devrait pas être très dur de se procurer des oeuvres d’Aimé Césaire dans les jours qui viennent.

Bon, en attendant, pour ceux qui aiment la poésie :

où l’aventure garde les yeux clairs

là où les femmes rayonnent de langage

là où la mort est belle dans la main comme un oiseau

saison de lait

là où le souterrain cueille de sa propre génuflexion un luxe

de prunelles plus violent que des chenilles

là où la merveille agile fait flèche et feu de tout bois

là où la nuit vigoureuse saigne une vitesse de purs végétaux

là où les abeilles des étoiles piquent le ciel d’une ruche

plus ardente que la nuit

là où le bruit de mes talons remplit l’espace et lève

à rebours la face du temps

là où l’arc-en-ciel de ma parole est chargé d’unir demain

à l’espoir et l’infant à la reine,

d’avoir injurié mes maîtres mordu les soldats du sultan

d’avoir gémi dans le désert

d’avoir crié vers mes gardiens

d’avoir supplié les chacals et les hyènes pasteurs de caravanes

je regarde

la fumée se précipite en cheval sauvage sur le devant

de la scène ourle un instant la lave

de sa fragile queue de paon puis se déchirant

la chemise s’ouvre d’un coup la poitrine et

je la regarde en îles britanniques en îlots

en rochers déchiquetés se fondre

peu à peu dans la mer lucide de l’air

où baignent prophétiques

ma gueule

ma révolte

mon nom.


Aimé Césaire

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Quand j’essayais d’être un elfe loyal bon… (mais ça marchait pas)

avril 17, 2008 · 24 Comments

Illustration de Hugues Hausman

Résumé des épisodes précédents : pfff. Cliquez sur le feuilleton du jeudi.

Bon, alors tout le monde a compris pour les jeux de rôles.

De toute façon, moi j’ai compris approximativement.

Donc, j’étais copine avec Laurent et Philippe et il advint qu’ils parlèrent de plus en plus souvent d’elfes, de créatures magiques, d’orques (mais j’aime pas les orques), etc.

Or, j’aime les créatures magiques, avec un faible prononcé pour les elfes. Je suis amoureuse de Legolas depuis DES ANNEES. J’avais lu trois fois le Seigneur des anneaux qu’ils apprenaient tout juste son existence. Et lire trois fois le Seigneur des Anneaux, crois qu’il faut s’accrocher. Le mec, les 16 ans qu’il a passé à l’écrire, entre ses cours, on les sent bien à la lecture. C’est bien, mais léger comme du pudding anglais. Et qu’on ne fasse pas semblant de croire que je n’aime pas. Mais c’est lourd.

Bref, donc, au café, les petites conversations sur les dés à dix faces, huit faces, ou je ne sais combien de faces finirent pas attirer mon attention et je réclamai des explications. Qu’on me donna. Un maître du donjon, une aventure, des héros virevoltant sur des capes :le pied, me sembla-t-il. Je voulus participer. Ils étaient entrain de finir un aventure, mais bientôt ils en commenceraient une. En attendant, je pouvais toujours venir.

Bon, alors je vins. Un ami de Laurent habitait dans le 18ème un appart gigantesque déserté par ses parents. Il y avait une immense table de salle à manger, et un canapé et une télé, et entre autres meubles. Laurent était le Maître du Donjon, et je me rendis vite compte que ça n’allait pas être si sympa que ça (je ne jouais pas).

Sur les six types présents, deux au moins étaient à fond dans le truc ; les retards et le manque de sérieux les énervaient. Il s’agissait de Benedict et Mad Martigan. En début de jeu, histoire de me faire voir, ils se décrivirent ; j’eus un mal de chien à garder mon sérieux. Je n’ai jamais vu des filles se comporter comme ça, sauf dans les films américains, et puis j’ai toujours des copines cool. Benedict y était à fond. Il décrivait son personnage comme grand noble, royal (il s’interrompit pour me demander si j’avais lu les Princes d’Ambre ;oui, dis-je ; il crut utile de préciser l’auteur, dès fois que je connaisse d’autres Princes d’Ambre, ou que je capte pas le bon Benedict ; il s’agit de personnage dans un jeu, mais j’ai souvent retrouvé ce type de comportement chez des chefs, si on ne dit pas oui de la bonne façon, si un air un peu trop fantaissite donne l’impression qu’on ne maîtrise pas le sujet ; je n’avais visiblement pas une tête à avoir lu les Princes d’Ambre ; comme si ce roman s’adressait à un type très étroit de public). Il décrivait par le menu ses vêtmemnts, plus oui moins brillants et dorés, son casque, son épée, son armure. Le casque venait de chez les meilleurs forgerons de telle région imaginaire, et de même l’épée et l’armure ; de même probablement son PC, son jean, et tout ce qu’il avait. par ailleurs c’était un garçon assez sympathique, mais la vanité de sa description était à se tordre ; mais je ne pouvais pas rire sous peine de le vexer.

Mad Martigan était le catholique alcoolique. (Il était chaotique bon, et même dans la vie). Il commençait à jouer en ayant déjà bu énormément de bières, depuis le matin. Son personnage était donc alcoolique, fou et désespéré, tendance Arme fatale. Les entendre tous les deux ne me plongeait pas du tout dans un univers d’héroïc fantasy, comme je l’avais imaginé : en fait, leurs fantasmes étaient assez forts (une supériorité invincible pour Benedict et une violence désespérée au service d’une noble cause pour Mad Martigan) et le jeu prenait une tournure inattendue, avec de surcroît l’influence des autres joueurs et de Laurent, qui ne faisait pas l’unanimité comme maître du Donjons car ils s’engueulaient à chaque pause. En fait, le monde imaginaire était une projection de l’imagination de Laurent (qui était obsédé, à titre privé, par l’avancée du mal dans le monde) et des deux autres. Il y avait une sorte de lutte psychologique entre eux pour, si je puis dire, prendre le contrôle du jeu. benedict s’opposait à laurent, et mad martigan favorisait tantôt l’un et tantôt l’autre. c’était intéressant, mais pas comme prévu.

La partie durait des heures, ils étaient totalement imergés dans le jeu et je finis par aller dormir dans le canapé, aux cris de “c’est Brendan qui devait retenir les Orques!”, “Il nous a trahi!” (et ils ne rigolaient pas du tout, au cours d’une partie, l’un d’eux trahit les autres pour gagner, Benedict accusa le Maître du Donjon de l’avoir su et laissé faire, et il fit la gueule à tout le monde pendant deux mois).

Mon récit n’est peut-être pas très clair, parce que dès que je me rendis compte qu’il s’agissait d’une sorte de lutte de volonté entre eux, et qu’une proportion importante de joueur prenait le jeu totalement au sérieux, je n’eus plus du tout envie de jouer, et je m’en désintéressai. Mais, durant la période où Benedict faisait la gueule, Laurent proposa de me créer une petite aventure parallèle, le temps que mon personnage prenne des forces (plus on joue, plus on est fort). J’acceptai, plus trop emballée, mais pourquoi pas.

Comme je l’ai dit, il essaya trois fois, et je mourus trois fois. Je crois que je n’avais pas la fibre joueuse. Je m’en foutais. Laurent fomentait des aventures complexes, avec des personnages mystérieux surgissant dans la nuit sombre, et je ne me méfiais de rien. Mais c’est pas possible d’être poire comme ça, s’écrait-il énervé (alors que dans la vie il était plutôt pacifique). Les méchants étaient répérables à de petits signes que je ne repérais pas du tout. Je me faisais avoir en beauté.

Voilà, c’est ainsi qu’une grande carrière d’elfe loyale bonne ne s’ouvrit jamais à moi. Pourtant j’étais motivée (au début). Mais je garde un très bon souvenir de cette période : pendant qu’ils jouaient en s’engueulant, je regardais des films de SF à la télé, en m’endormant à moitié dans le canapé.

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Constantin, 2

avril 16, 2008 · 24 Comments

Attention attention ne fumez pas c’est mal fumer tue la cigarette peut entraîner de graves lésions cérébro-vasculaires c’est mal j’ai mis la photo parce que je le trouvais jolie mais ne fumez pas c’est mal.

ça va? c’est que je ne voudrais pas corrompre les gens moi.

La suite, la suite. D’hier.

Tout d’abord, je tiens à rappeler que je suis fidèle (en sentiments), et donc toujours sous le charme de Lui, quoiqu’avec pleins de bémol, ou de haut et de bas. Donc inutile de suspecter chez moi de doux pensers relativement à Constantin. Qui n’incite pas aux doux pensers, de toute façon.

La raison de mon attitude avec Constantin est double. Primo, j’ai horreur qu’on m’ignore, surtout quand le type qui m’ignore est copain avec des amis à moi, ce qui m’oblige à le voir (ou alors il faut que je tourne la tête tout le temps). Je ne lui demande pas qu’on soit les meilleurs amis du monde, mais un peu de courtoisie, merde.

J’ai un collègue qui m’ignore plus ou moins, bon, j’en prends plus mon parti car il y a d’autres personnes dans la boîte (à qui je peux parler) et il n’y a pas d’affectif en jeu. Et d’ailleurs il ne m’ignore pas tout le temps.

Cela étant Constantin est peut-être un affreux macho : il est également très froid avec Sandrine. Macho ou goujat, on ne sait pas. Sandrine est pourtant toute gentille avec lui, preuve que ça marche dans tous les sens, le genre j’ignore. Je lui foutrais des baffes, à Sandrine.. Enfin ça me permet de prendre des airs “amusés et distants” quand elle lui parle - complètement un rôle de composition, le genre amusé et distant.

Bref, venons-en au fait, zut!! L’autre raison pour laquelle je tiens à être en relation un minimum correct avec Constatin est la suivante: je narre anecdotiquement.

(A ceux qui trouvent qu’il a l’air d’un dieu grec, c’est un peu ça, mais pas grec, mais il fait vraiment fabriqué en usine, pas Ken, mais il a un côté inoxydable, peut-être c’est un replicant???? )

J’ai dit qu’il avait de belles mains. J’aime les belles mains. Vu sous un autre angle, ça aurait pu être des mains de tueurs, mais non, mais des mains grandes, nerveuses, avec quelque chose.

Un jour (il y a trois semaines), je lui ai dit tout à trac qu’il avait de belles mains, et j’ai ajouté : on dirait des mains de pianiste. Et lui il a dit :”Je suis pianiste”.

Moi, telle la greluche de service :

- Ah ouais? Ah c’est super c’est chouette la musique.

(Bon, avouons que c’est light, comme entrée en matière ; m’enfin, d’un côté c’est pas faux non plus : la musique, en gros, c’est chouette, non?)

A ma remarque pleine de sens, Constantin n’a pas répondu. Mais, comme ça lui arrive parfois, quelque chose est passé sur sa figure, genre une ombre, pas très sympa l’ombre, mais bon, oh eh, les gens qui renferme tout, s’ils veulent qu’on sachent, ils ont qu’à communiquer, merde. Moi aussi il y a des trucs que je dis pas, je fais pas la gueule à ceux qui devinent pas, non mais?

Mais en fait il a parlé, et j’ai senti, et Ben aussi, qui était là avec moi, qu’il y avait un truc. Constantin a ajouté : Je suis musicien. je ne suis pas informaticien. Informaticien, c’est… (il a eu un geste du bras, plein d’une morgue aristocratique).. pour manger.

Et là, Ben et moi, on a drôlement bien compris que pour lui, manger était une contingence regrettable. Ah la la s’il avait pu vivre de musique… mais on ne peut pas.

J’ai eu la présence d’esprit de me taire, j’étais dans le mode “je suis cool au boulot j’aime mes collègues et tout le monde est gentil “Hello Kitty, quoi, mais ça me fait une voix con, j’aurais mal enchaîné.

Ben a dit, très bien, très dans le ton :

- Et tu joues de quel instrument?

Vraiment, il a super bien enchaîné, tout en délicatesse. Ben est adorable.

Constantin a dit sombrement (il est blond, mais il est sombre) :

- Piano.

Puis il est sortit du bureau de Ben et Lui et a traversé la cour. Catherine, la femme de Hichem, venait de sortir, et lançait des regards perdus genre “Où est notre informaticien??,” et on n’allait pas tarder à entendre la stridence modulée de ses appels, ce que Constantin a préféré éviter - et on lui en sait gré.

Vouala.

Là, nous touchons l’âme.

Pas slave, hein, ne confondons pas, mais l’âme du musicien meurtri et obligé de passer dans un pays pourri qui accueille si sympathiquement les étrangers pour, comme il le dit, manger.

En plus, si on récapitule, musicien, informaticien, polyglotte (roumain français allemand anglais et je m’interroge pour le russe), et beau mec (mais un caractère de con, je préviens). Plus ce qu’on ne sait pas (non, ce n’est pas du teasing, je dis ça au cas où : on le connaît pas ce garçon, il cache peut-être des crimes ou trois enfants, allez savoir).

Un charme terrible, quand même.

Donc, je ne veux pas faire la tête à ce si mystérieux et fascinant personnage.

(En revanche, en cinéma, il ne connait pratiquement que Rambo. On peut pas tout avoir non plus. Mais il s’instruit. Il n’est pas hermétique. Ben a réussi à installer en lui l’idée que ce qui passe sur un écran pouvait être de l’art, idée qui ne s’imposait pas véritablement à l’esprit de notre ami roumain. On en fera quelque chose….)

Demain, je lui prête Dune.

Voilà.

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Constantin, 1

avril 15, 2008 · 18 Comments

(Ceci est une photo de Léonard Cohen, rapport léger avec le thème, mais bon)

Et Constantin? Comment va Constantin?

Alors, concernant Constantin.

Sa haute stature et son physique très martial ont hanté quelques jours nos bureaux. C’était pas mal. Il a de très belles mains (justement…). ça m’impressionne beaucoup de voir quelqu’un avec d’aussi belles mains pianoter sur un clavier. On se sent humble, on se dit qu’avec des mains si belles, comme douées d’une vie propre et intelligentes, il doit être exceptionnel, faire parler les écrans, ou se mouvoir les claviers. Pas faux. Mais pas communicatif sur la vie interne de la bête. Les informaticiens pédagogiques, c’est bien. D’un autre côté, il ne parle pas très bien le français.

Le problème avec COnstantin, c’est qu’il fait partie de ces hommes avec qui j’ai irrémédiablement 12 ans. Il y a des hommes avec qui j’ai mon âge, mais lui non. J’ai 12 ans. D’abord, je ne suis pas très grande, il faut bien l’avouer. Ensuite, je suis plutôt fluette, malgré mes genoux. Pour finir, je suis silencieuse au bureau, et quand il me voit chez Ben et Lui, je dis des conneries. Résultat : il ne me prend pas au sérieux. C’est extrèmement agaçant. Surtout que moi je le trouve sympa, dans le genre Hohenstraubtführer (ça ne veut rien dire).

J’ai donc du, assez tardivement, mettre en route mon plan pour qu’on me prenne au sérieux.

Dire moins de conneries. (Que c’est ennuyeux). Ou dire des conneries spirituelles. (fatigant).

Et ignorer l’adversaire. Pas facile, vu le gabarit de la bête, mais bon. Ce n’est hélas pas la première fois que je dois procéder de la sorte. C’est incroyable d’ailleurs à quel point ça marche. Les gens vous prennent pour une nouille, vous arrêtez de les voir et au bout d’une semaine (Constantin est un coriace) ils vous parlent.

A propos : un exemple de connerie :

Ben travaille tout le temps en T-shirt avec des super imprimés. Je ne sais pas où il les trouve. L’autre fois, il avait un T-Shirt No pasaran. Classique. Je passe dans leur bureau et je me mets à chanter la chanson du partisan (de Leonard Cohen, il y en a peut-être une autre, mais je ne la connais pas). Que reprennent avec moi Ben et Lui, sous le regard froidement consterné de Constantin. J’ajoute, quand on arrête de chanter : “J’adore Suzanne.”

Et Ben enchaîne :

- Moi aussi, même si elle est à moitié dingue.

Et c’est vrai, je le sais, on en a parlé, on adore Suzanne tous les deux, cette chanson nous fait rêver, et de la même façon.

Constantin dit :

- OK, les mecs (avec son accent j’essaie parler le français idiomatique c’est trop mimi), je vais y aller maintenant.

Bon. Je l’emmerde, quoi. J’en ai parlé à Ben qui m’a dit :

- MAIS NON qu’est-ce que tu t’imagines? Mais tu parles vite.

Le fait est. Je ne dispose pas d’objections qui tiennent la route.

(Au passage, dire “J’adore Suzanne” fait partie de ce que j’appelle “conneries spirituelles”).

(Les conneries pas spirituelles, ce sont les blaga2bal dont hélas je raffole.)

Cela fait donc une semaine que j’ignore Constantin. je dis “Salut!!!!” à tout le monde en entrant chez Ben et Lui, et je parle ensuite en les regardant et en ne le regardant pas. Ou je me tais, mais je ne regarde pas Constantin. En fait, j’applique une méthode de Diva quand elle veut faire la tête à quelqu’un. C’est assez grossier, surtout que Diva est capable de parler pendant 10 minutes à quelqu’un en ne décochant pas un regard à la personne qui se trouve à la droite de son interlocuteur. Très forte. Moi, j’ai du mal. Donc je me tais, mais je fais comme si Constantin n’était pas là.

ça a marché. Hier, il est venu me demander si je pouvais lui prêter Dune, de David Lynch.

Au prix d’un énorme effort sur moi-même, je ne me suis pas écrié avec ravissement:

- OOOOOOOOOh! Tu aimes Dune?

Sans compter qu’il y a des tas de gens qui aiment David Lynch, mais pas Dune.

J’ai juste dit, courtoise mais succincte :

- Quand mon cousin me l’aura rendu (il me l’a rendu depuis deux mois, mais passons).

Il devra me le demander une deuxième fois. Non mais. Il n’a qu’à être aimable. Je suis bien aimable avec lui alors qui a l’air d’un militaire.

Notons qu’il s’agit là d’une variante d’une méthode popularisée sous le nom “suis le, il te fuit, fuis-le, il te suit”. Il paraît que c’est chouette dans les relations humaines. Amoureuses. Je veux dire. Sauf que j’ai autant envie d’être amoureuse de Constantin que d’être recrutée par le KGB. En tout cas ça marche. Il m’a regardé ce matin.

Description technique :

Constantin s’apprécie particulièrement en T-shirt. En effet, le climat hivernal rigoureux de la Roumanie l’a rendu peu sensible aux variations de températures. Pour qui aime le muscle ferme, sans cependant sombrer dans la gonflette vulgaire et sans âme, Constantin est le bon choix : épaules carrées, cheveux ras, oeil fixé sur l’horizon (ou l’écran), mains intelligentes, torse développé, dos droit, cuisses fermes, jambes longues. Je ne me prononce pas sur le mollet, que j’ai peu vu, mais en T-Shirt, il est remarquable.

Et voilà. j’ai encore pas tout dit. Will va encore dire que je fais du teasing. Crebleu.

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Au boulot, encore.

avril 14, 2008 · 19 Comments

Illustration de Hugues Hausman

Situation actuelle au travail : tout va bien, mais ça n’est que superficiel.

Grâce à mes post précédents, j’ai compris quelque chose, cette situation que je vis nous la vivons tous. Ou du moins beaucoup de gens. C’est important pour moi de le comprendre car j’ai souvent pensé que je n’avais pas de chance ou alors que j’étais a-sociale.

Ce qui me trouble le plus est ce sentiment de “politique” interne.

Je récapitule : Ma chef est passablement incompétente, mais elle a un chef aussi dessus d’elle et d’ailleurs elle n’est pas entièrement ma chef puisqu’elle est en fait l’assistante de mon patron.

Comme je décris les choses clairement! mais je n’ai pas le temps de modifier.

Or, cette dame connaît pas mal de personne du boulot et apparemment l’entente est bonne entre eux, au moins avec certains d’entre eux.

Donc : je dois rester zen avec elle par rapport à mon chef et par rapport à mes collègues.

Mais pas tous mes collègues. Certains ne l’aiment pas, et sont en conflit plus ou moins larvés avec elle. Si j’observe les raisons du conflit, j’y vois des torts partagés (je voudrais dire que Diva est cause de tout mais ce n’est pas toujours vrai).

certaines personnes, parce qu’elles n’aiment pas Diva, partent du principe qu’il faudrait s’en débarrasser dans l’instant. Ne font donc aucun effort de diplomatie avec elle. l’une l’ignore. L’autre alterne les remarques aimables mais perfides par en dessous, et les critiques. Diva est souvent incapable de faire objectivement face aux critiques. Et s’il y a un piège dans la remarque, elle ne le voit pas.

Du coup elle m’attendrit, et j’en veux à certaines personnes qui abusent de leur intelligence pour piéger Diva; qui est bête.

Mais elle est aussi méchante.

Donc on peut comprendre qu’il faille la piéger.

mais c’est immoral.

J’ai des jours immoraux, où je voudrais bien l’humilier.. et des jours corrects, où j’ai honte de mes mauvais sentiments.

Je donne un exemple.

Dans un cadre professionnel, nous devons nous interroger à propos de Gdansk.

Soit Gaby, vieille peau pro (je suis méchante, mais Gaby est hard - mais terriblement pro, terriblement utile, terriblement compétente et sous-employée mais elle s’en fout elle est au delà, une vie hallucinante, 14 divorces, 23 cancers, des amants, et si tu lui dis réussite professionnelle elle ne répond me^me pas mais ses yeux brillent tels ceux de Cruella et tes mots explosent comme un verre projeté sur un mur de glace et retombe nt à tes pieds ; d’ailleurs tu ne dis rien de tel ; tu essaies jsute de continuer à croire que, euh, hm, un jour tu seras aussi compétente qu’elle ET reconnue pour^’etre et PAYEE pour ça; essayer de croire ça en sa présence, c’est déjà super challenging).

Gaby sucrée, à Diva violette et pimpante, sûre d’elle comme une courge : Diva ma belle, dis moi, Gdansk tu sais où c’est? Tu as une carte de la Lituanie?

Gdansk est une ville polonaise. Je suis fatiguée et d’humeur hello Kitty pas tueuse. Plutôt thé petit beurre. je regarde piteusement Viviane, qqui fait un geste de la main genre j’y peux rien et articule : “Ecoute, si elle veut une carte de la Lituanie.”

La voix de la sagesse parle par la bouche de Viviane.

Diva prend un air il faut que je fasse tout ici et cherche une carte de la Lituanie.

viviane dit rêveusement : ça doit être beau la Lituanie…

je tape sur mon clavier.

Diva trouve la carte. Et cherche Gdansk. Tout en se dirigeant vers Gaby. Qui boit un café, debout près de la machine à café, absorbée par une fascinante conversation sur sa soirée de la veille, avec JD.

JD, fourbe également. Ils parlent de Gdansk.

Diva arrive près d’eux, attentive, et dit : ” c’est marrant, pourtant je sais où c’est …” - les yeux fixés sur la carte.

JD : Tu cherches GDansk sur une carte de la Lituanie, ben tu peux chercher longtemps….”

Ils se regardent en rigolant, Françoise, aussi pro que Gaby mais moins vache, dit doucement :

- Gaby, tu as besoin d’une carte de la Lituanie pour trouver Gdansk?

Gaby, sifflante : Non. Pour le dossier bidule. Pour Gdansk, je regarderai la carte de la Pologne.

Echange de regards. Françoise : c’est en bord de mer, je te dis ça pour que tu ailles plus vite à trouver.

Diva regarde toujours la carte, elle ne dit plus rien.

Demain elle dira à Marc : gaby a besoin de carte pour situer Gdansk !!! Petite vengeance.

Marc doit l’écouter d’une oreille. Même si’il la croit, il s’en fout, Gaby est une encyclopédie, même si c’est une encyclopédie avec carte, il a besoin d’elle. En plus elle fait son boulot impec et elle est mal payée.

Diva a regardé Gdansk sur Wikipédia.

(Vous noterez, si vous ne l’avez déjà fait, la simple juxtaposition des questions de gaby, qui donne l’impression nullement affirmée par elle-même, que les deux questions ont un rapport, alors qu’elle n’en ont d’autre que celui d’être juxtaposées. Gaby n’a pas dit que Gdansk était en Lituanie. Diva tombe systématiquement dans ce genre de panneau. Moi-même, j’ai failli, à mon arrivée ;heureusement j’ai croisé le regard de Gaby à ce moment et j’ai esquivé ; ça a plu à Gaby. Elle m’aime bien…)

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Pour être chic, dépense du fric.

avril 13, 2008 · 35 Comments

(Illustration de Hugues Hausman)

Dernièrement, j’ai voulu m’acheter des chaussures.

Pour ce faire, il convient de trouver un magasin. Non, je ne commande pas par correspondance. D’abord, je ne me sers pas de ma carte bleue dans la vie, alors encore moins sur internet (je suis parano - c’est triste, en fait). (j’ai une carte bleue qui me sert de carte de retrait. Alors pourquoi ne pas avoir de carte de retrait? parce que je veux pouvoir payer avec. Mais comme je la laisse tout le temps chez moi, ça ne marche pas. Enfin je la prends très ponctuellement, quand je veux vraiment acheter un truc).

Donc, j’ai pris ma carte bleue et trouvé un magasin. Habitée par l’envie d’acheter un truc bien.

Sortir de chez moi.

Marcher dans la rue.

Escaliers, métro, quai.

Dans le métro, je lis.

En lisant, je me dis que peut-être je pourrais appeler ma copine Coco ou Val pour qu’elle me rejoigne??? c’est con de faire les magasins seule. J’appelle, elles répondent pas, mon sac glisse, Val peut venir mais plus tard, c’est bête,, pourquoi je lui ai pas demandé plus tôt. On va se retrouver plus tard, oui, OK à plus.

Je vais à Opéra parce que je ne sais jamais où aller quand je veux m’acheter des trucs et je pars sur Chatelet. D’une pierre deux coups si je ne trouve pas de chaussures, au moins j’use les vieilles je me balade dans Paris. Pas dans les grands magasins, je ne supporte pas. Depuis que je lis des blogs, je note des adresses sur des bouts de papiers mais je perds les bouts de papiers. Oui je peux aussi noter sur mon merveilleux portable mais je ne le fais pas. Les boutons sont petits, et puis ça m’énerve, j’appuie trop vire, ça s’efface, enfin c’est énervant.

Donc je suis dans un quartier avec plein de magasins. J’ai mon sac à l’épaule, dedans il y a deux ou trois livres (au cas où je resterais coincée dans un métro ou dans un ascenseur, je suis phobique de m’ennuyer), une bouteille d’eau, un barre de chocolat cassée qui se planque au fond de mon sac, mon téléphone, toujours sous tout le contenu de mon sac, mon carnet d’adresse parce que j’ai peur de tout écrire sur mon tel alors j’ai un carnet d’adresse très mal écrit, ma boite à tampax, au cas où, mon porte monnaie, généralement vide (je suis donc obligée d’emprunter des sous aux gens, et j’ai honte et je leur dis et ils ne disent rien mais ils pensent des trucs……..et j’ai encore plus honte, personne ne peut croire que l’on peut être SI étourdie, ou alors ils le croient mais c’est grave, se disent-ils), une écharpe au cas où j’aurais froid au cou, du paracétamol, des trucs pour la gorge, et mon sac pèse sur mon épaule, tous les gens marchent vite et savent où ils vont et moi je vais dans un magasin un peu au hasard, oui, quand je suis dans la rue, je perds tout sens des repères, je vais juste devant moi, je pense à autre chose, parfois je ne vois pas les magasins devant lesquels je passe.

Je commence à être énervée parce que je déteste faire les magasins (je n’ai pas commencé). Des gens partout. Je rentre dans une boutique. Des chaussures partout alignées, dans une lumière électrique. C’est parfaitement normal, c’est un magasin de chaussures, respire, détends-toi. Une vendeuse vient me voir et si elle me demande ce que je veux je lui dis sur un ton désagréable : des chaussures ! Non mais je l’emmerde. Je déteste les vendeuses. Et aussi les clientes. Elles n’ont qu’à être ailleurs, pourquoi on a toute envie de s’acheter des pompes le samedi à cinq heures? Moi, je suis mal organisée, mais les autres non, pourquoi elles n’y vont pas avant? Je regarde les chaussures. J’en prends une. J’enlève ma chaussure, qui est toute pourrie, parce que je vais m’acheter des chaussures quand les autres tombent en ruine. Je suis en chaussettes. J’enlève la chaussette. Mon pied est rouge comme une saucisse bouillie. On est peu de chose. J’essaie de me penser intérieurement en femme fatale. J’essaie. J’essaie toujours. Je mets mon pied dans la chaussure. Il coince. J’ai pas le bon vêtement pour regarder la jambe que ça me fait. ça me fait mal. J’ai chaud. Une nana passe devant moi. Mon sac glisse. La chaussure est moche. Je la remets en place. Une autre. Pareil. Le pied saucisse, le sac qui glisse, la fille qui passe. Je hais les boutiques, les chaussures, les endroits plein de gens. Aucune chaussure ne va. Elles me font le pied con. Et j’aime pas. Surtout qu’elles sont à 45 euros, alors 45 euros pour un pied con.

Je suis dégoûtée.

Je vais dans un autre magasin, peu importe son nom, mais cher. Toutes les chaussures sont jolies. Je ne sais pas si ça mérite le nom de chaussures, parfois on se demande s’il ne faudrait pas les poser au milieu du salon pour les regarder, mais bon, elles sont jolies. Petites fleurs. Talons épais, le truc mode. Le prix. Salopes. Mais j’en ai marre. C’est à dire que des chaussures à la con à 5 euros, OK, mais à 40, non, alors du coup j’achète à très cher, enfin peut-être pas très cher pour d’autres, mais pour moi. Enfin non j’achète pas, je ressors énervée, je vais dans un autre magasin, j’essaie encore, avec mon sac qui glisse, je bois de l’eau parce que j’ai soif, chaussures qui coincent, pourquoi j’ai le pied à chaussures chères?

Je retourne dans le magasin cher, zut, demain je vais rue Machin là, près des Halles, où il y a de la pompe à 5 euros, et j’achète là. ça fera une moyenne avec celles d’aujourd’hui. Ah, j’aime pas acheter, j’aime pas m’habiller, mais j’en ai marre d’être un tas.

Donc, moralité, pour être chic, dépense du fric.


→ 35 CommentsCategories: Ma vie quotidienne
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