le journal de Fanette

Articles étiquettés ‘amours’

Méditations vespérales

mai 4, 2009 · 15 commentaires

méditation du soir

Deux semaines après avoir rencontré Pierre-Henri pour la première fois et l’avoir trouvé fort peu intéressant, je me livrai à une introspection, chez moi, assise dans mon lit, un pot de crème à tartiner à la noisette à la main, et ce n’était pas de trop car j’avais besoin de gras (pour faire coulisser les neurones) et de sucres (intensité de la réflexion).

Je me palpai l’intérieur du coeur – il s’agit naturellement d’une métaphore hardie – à la recherche de sentiment amoureux et je me posai la question que je me pose toujours. Si je rigole avec lui, si je le retrouve avec plaisir, si je suis cool et détendue avec lui, si j’ai envie de le revoir quand on se quitte, si j’aime qu’il m’embrasse, et si je sens que tout en l’ayant avertie que non rien de plus car non je ne ressens rien pour lui donc ceinture, je me sens fléchir drôlement – c’est-à-dire – il semble bien que les choses vont évoluer rapidement – en fait, je souhaite qu’elles évoluent – donc – quelle conclusion tirer de tout ça?

Aucune.

J’essaie de me diviser en trois : intellect, corps, coeur. L’intellect dit que c’est cool, le coeur dit qu’il s’en fout, et le corps bon ben alors on y va.

Il est évident que j’ai un certain nombre de siècle de culture judeo chrétienne dans la tête que que ça n’est pas facile. Combien de siècles, d’ailleurs?  Tous ces blocages ne viennentils pas du XIXème siècle seulement? En fait, je voudrais bien être amoureuse et je déplore de l’être si peu. Je voudrais bien envisager avec décontraction et sans arrière pensée de plonger joyeusement dans la gaudriole. J’y plonge toujours, mais je culpabilise. Le monde me semble rempli de personnes toutes plus amoureuses les unes que les autres de personnes avec qui elles font l’amour dans la volupté la plus totale et avec qui, après la douche, elles peuvent parler de littérature ou de cinéma (ou de mathématiques appliquées, ou de stratégies de développement dans un environnement concurrentiel si elles veulent).

Suis-je la seule à me retrouver dans des situations insatisfaisantes? Il est probable que non. J’avais besoin de conseils. Je le sentais.

Mais qui appeler?

Car les copines, ce n’est pas si simples. Val ne veut pas entendre parler de sentiments, elle n’a pas le concept, du boulot et un avenir qu’elle espère meilleur (et un copain sur mesure, enfin sur mesure pour elle, il me donne envie de dormir, rien qu’à le voir). Hana est toujours d’accord, quoique je dise. Sandra couche d’abord, un peu tout azimuts, avec un enthousiasme qui force la sympathie, et réfléchit après ; les sentiments, elle ne sait pas trop, c’est un peu comme une digestion difficile, mais en mieux.  Je ne sais pas si elle peut m’être d’un grand secours. Il m’en reste plusieurs, de copines, dont Nadine, très dynamique et positive, j’opte donc pour Nadine, et je la somme de m’accorder un entretien pour le lendemain.

(On ne me suggère pas Hedwige, je ne la connaissais pas et de toute façon je ne la sens pas pour ça).

Puis, j’abandonne mes réflexions, qui ne me conduisent que dans de décourageantes impasses, et je me mets à lire. Montesquieu a dit : ” Je n’ai guère eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé”. On me dira : il n’a pas du vivre des trucs trop atroces, ça tombe bien, moi non plus, grâce au ciel, et la lecture me change toujours les idées. En plus, je suis dans Transpotting, en français, ce qui donne un texte bizarre dans une sorte de non-argot imaginaire assez déconcertant (on suppose que l’auteur traduit un argot britannique, mais il ne le traduit pas dans un argot français, l’argot étant par essence assez difficilement traduisible, ce qui donne une sorte de langue qui n’existe pas, et augmente l’effet étrange du livre…). En tout cas, inutile de vous dire qu’au bout de trois pages, mes interrogations me semblent d’une bourgeoise platitude et je m’endors en me croyant dans le squatt de Berlin, pourquoi Berlin, on ne sait pas…

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Amour, toujours….

novembre 24, 2008 · 30 commentaires

Amour ou pas, je n’en sais rien, obsession sûrement.

Les choses évoluent favorablement selon moi.

En fait, tout est différent. Sa rupture, ou semi-rupture avec Sandrine a transformé Lui. Il voit le monde extérieur, et surtout il me voit. Avant, il avait toujours l’air plongé dans ses soucis, pensées, là il a le même air, mais avec un oeil ouvert sur le monde.

Et le monde, c’est moi.

Enfin j’exagère…

Ce qui change, aussi, c’est moi, et ça n’est pas anodin. j’en suis assez contente, et je me demande comment l’expliquer. L’année dernière, j’étais timide, enfin, timide dans mon comportement, je ne savais jamais quoi dire et le boulot me plaisait, mais les gens me déplaisaient. je ne savais pas comment me positionner par rapport à eux.

Je suis restée dans une position bizarre, mi-”je rentre dans le jeu”, mi-”je suis hors du jeu”, et au final, ça a payé – ça a payé en moi : je me sens extérieure au boulot, mais je suis dedans quand même.

Est-ce que ce que je dis est clair? Je joue le jeu, je parle, je bouge, mais à l’intérieur je suis différente.

Soyons plus imagée : le monde extérieur, c’est le bureau, la cour intérieure, la vigne vierge, la machine à café. Mais dans ma tête, je suis ailleurs, et j’y avais quand je veux : je pense parfois à tous les matins du monde ; parfois à Dune, au Palais de Leto I ; parfois je suis à Combray. Quand je regarde les gens de mon open space, je reviens de si loin qu’ils me paraissent bizarres.

Cet état d’esprit m’a donné de l’assurance ; j’ai changé mon look, j’ai des tenues toutes prêtes dans mon placard ; je les ai listée ; si je ne réfléchis pas à ma façon de m’habiller, je vais arriver au boulot en pyjama. J’ai donc fait des listes strictes, tel pantalon avec telle jupe etc.

Un soir dans la rue, j’allais à un vernissage, j’avais réfléchi à ma façon de m’habiller, et plein de gens m’ont regardé dans la rue. Du coup je me suis regardée aussi, dans les vitrines ; je n’arrivais pas à savoir si j’étais ridicule ou pas. Mais au vernissage, où le champagne n’était pas bon et les petits fours secs, ce qui n’a pas compensé les croûtes, la fille qui m’invitait a dit que j’avais un super look (ce qui ne me rassure qu’à moitié car elle était habillée très bizarrement) ; disons que ça passait dans le contexte.

Donc, à force de renforcement positifs, je me suis sentie plus forte.

Je ne traverse pas la cour du même pas qu’avant.

Je n’entre plus dans le bureau de Ben et Lui comme avant.

Maintenant Lui enlève ses lunettes et boit un café avec nous.

Nous dialoguons. Je veux dire que je n’assiste pas au dialogue Ben-Lui.

Donc, du mieux.

Enfin, je me sens mieux.

Lui déménage, vu qu’il vivait chez Sandrine, il a trouvé un appart en coloc. Un coloc qui, selon lui, n’est jamais là. Quelle chance. L’appart est immense (il y en a qui ont du bol), une chambre immense, une cuisine immense, un salon immense.

Et là, vive la confiance en soi. En fait, quand il me dit ça, je suis dans son bureau, et il m’explique :

- Ah, tu sais, je croyais que j’allais laisser le bureau, mais peut-être je vais encore venir travailler ici.

- Ah oui?

- Ouais, j’ai trouvé une coloc d’enfer, je ne peux pas louper ça, mais je ne peux pas mettre mon bureau chez moi comme je voulais.

- Aaaaaahhh… (je prends l’air navré).

(Il me décrit l’appart).

- Mais ça a l’air génial !!! (je pousse des cris)

- Oui, et puis c’est un appart ancien, mais le type à refait la salle de bain, enfait il a fait un truc délire, il a cassé une chambre pour refaire la salle de bain, donc il a une salle de bain immense… Et la chambre a au moins 4 mètres de plafond… J’ai vu ça, j’ai craqué. Il faut que je vive là.

- Je veux voir ça, je veux le voir !!! J’adore les vieux appart !!

- Ben, passe ce soir, si tu veux.

(Moi, essayant de ne pas m’étrangler)

- Ah, ben… ouais, OK.

Ce soir.

Juste, il faut que j’annule Pierre-Henri.

j’ai annulé.

Mais ce qui est génial, c’est (vous me permettrez, ici, de m’en réjouir comme une petite fille, d’accord?) que je n’ai même pas réfléchi ; avant, j’aurais écouté, et je n’aurais pas osé dire “oh, je voudrais voir ça”, par  des principes de je ne sais même pas quoi à la con, je ne le connais pas assez, enfin, non, ce n’est même pas ça : il y a des gens qui me bloquent et d’autres pas, mais lui, me bloquait. Sauf qu’avec mon assurance qui m’est venue, je ne pense plus à cela, je ne me retrouve plus dans cette situation conne où, au moment où j’ouvre la bouche pour dire un truc, je me dis “mais peut-être qu’il ne faut pas que je dise ça?” et du coup, je referme la bouche, bredouille et passe pour une gourde. Du coup, avec les gens avec qui j’étais à l’aise, pas de souci, je pouvais dire ce que je voulais ; mais avec tout une série d’autres personnes, je me retrouvais à vouloir parler, hésiter, sortir une phrase, puis m’interrompre, ou bafouiller “Euh, non, non, rien” en me maudissant.

Ce n’est pas la confiance totale ; si j’avais confiance, je ne remarquerai pas ce que je vous dis là, vous saisissez? mais il y a un mieux. Je n’ai pas eu l’air de dire “oh, s’il te plaît, je veux aller chez toi”, comme une petite sotte. J’ai poussé des cris sur les appart anciens et.. voilà.

Donc, je vais aller chez lui….

Et je vais vous raconter mais pas tout de suite.

Pas tout de suite.

Vous verrez, ça évolue… pas trop mal, mais il y a un mais.

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Fanette dépitée

novembre 7, 2008 · 22 commentaires

(Suite du précédent)

Oui, le film était un navet, Inju, ça s’appelait, enfin je crois que selon mes critères, c’en était un, sauf que comme je flottais dans les fleurs et les oiseaux, tout était bien.

Je vous rassure tout de suite : il ne s’est rien passé. Enfin, si mais rien dans la série “amours”. Hélas. Mais j’y viendrai.

Racontons avec ordre : l’avant cinéma, le pendant, l’après, OK?

Avant : café, discussion. En effet, ça ne va pas entre Sandrine et Lui. Sandrine, selon Lui, veut un battant, ou alors qu’il entre dans la boîte de son père pour faire des armes (c’est l’expression utilisée par Lui, qui, je suppose, est celle de Sandrine). Lui, se voit comme un créateur, actif, il veut bosser ça et là, gagner des sous, il en gagne plus ou moins, mais ça lui va comme ça, il ne veut pas structurer le truc, il veut être libre.

Je l’écoute, toute rêveuse, et complètement inhibée.

Un jour, alors que Pierre-Henri me regardait avec des yeux qui appelaient (et m’énervaient), j’ai rigolé, mais je l’ai embrassé, c’est venu comme ça, c’était normal, ça été le moment. Comme ça, paf.

Sauf que je me moque de Pierre-Henri, il est sympa, mais je ne me transforme pas en nuage devant lui. J’agis.

Mais pas avec Lui. J’ai l’impression, alternativement, d’être en plomb ; ou en coton. je me dis frénétiquement : dans d’autres circonstances, je ferais quoi? je gèrerais comment? D’habitude je fais quoi? Et impossible de trouver.

Donc en fait, et avec un affreux sentiments de nullité, je suis là. Je reste là comme une niaise, je cherche quoi dire et je ne trouve pas. Je réussis juste à prendre l’air intéressée et bienveillant, plutôt que confise et béate devant Lui, ce qui serait atroce, au moins pour mon orgueil.

J’exhale juste, à un moment : Pfff, Sandrine ! Mon pfff n’est pas exempt de désapprobation. c’est violent, n’est-ce pas?

Pendant le film : on regarde le film. Je suis en état d’apesanteur, et soit je me demande comment le héros va s’en sortir, soit je me demande comment je vais m’en sortir.

Après le film :

On retourne au café. Je bois du vin blanc. On parle de trucs. Je me déconstruis intérieurement, toujours incapable de trouver quoi dire. C’est hallucinant. En plus je suis bavarde, normalement. Qu’est-ce qui m’arrive? j’ai le coeur qui bat. Je ne me tords pas les mains parce qu’elles sont agrippées à mes genoux. Normalement, mes mains, je les mets où? Avez-vous un plan pour le positionnement des mains? Et du reste? vous vous penchez, quand vous êtes assise au café avec des gens? ou vous restez droite? Vous posez le coude sur la table? Ou pas? Si je m’appuie sur la table, est-ce que ça diminue mes chances avec lui? Et comment respirer? la bouche entrouverte? par le nez? Et si je renifle? Qu’est-ce que je fais quand je suis avec des gens normalement? Est-ce que quelqu’un dispose d’une liste de sujets de conversations types?

Bref, c’est atroce. Je continue de tenter d’avoir l’air détachée. Et ce n’est pas facile, car je ne suis qu’une enveloppe, et le reste de moi-même flotte dans le café, mais heureusement ils ne s’en rendent pas compte, sinon qu’est-ce que j’aurais l’air con.

Après, on dit qu’on va rentrer chez nous.

On rentre chez nous.

Je me rassemble peu à peu. Je me maudis. Qui dispose d’une explication rationnelle? Aurais-je du lui sauter dessus en hurlant ? Je n’ai jamais fait ça : pas en hurlant ; ni même en parlant : chaque fois que je me suis rapprochée d’un garçon dans une intention évidente, il y avait un contexte de sympathie/tendresse/complicité préalable, qui rendait les choses plus logiques ; ou alors on dansait. Enfin il y avait un truc. Je ne me suis jamais posé la question, ou alors une ou deux fois. Là, le contexte n’y était pas. Mais moi, je n’y étais pas non plus. Alors que fais-je? je guette l’occasion? je la crée, mais comment?

Mon humeur : je suis triste et folle de joie.

Demain, je réanalyse la situation.

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Au boulot

novembre 3, 2008 · 13 commentaires

Bon, là, on va reparler de Lui.

Les choses évoluent ; doucement ; il faut dire que moi aussi j’évolue. je commence à en avoir marre.

Déjà, j’ai noté de la lassitude et des trucs pas cools entre Sandrine et Lui.

Alors, pour ceux qui ne suivent pas, je récapitule Sandrine et Lui. Moi, je suis amoureuse de Lui (quoi qu’il y a beaucoup à en dire ; depuis le temps ; je me demande si ce n’est pas seulement l’idée que je m’en fais ; je suis un peu perdue ; ce qui demeure, c’est l’effet qu’il me fait, en brut : un coup au coeur à chaque fois ; ça fait un an que je rougis quand je le vois ; il y a quelque chose, non?).

Lui n’est pas toujours hyper aimable, mais il est surtout lunatique. Un coup charmant, un coup pas.

Il sort avec Sandrine. J’ai entendu parler de mariage l’année dernière ; et puis, plus du tout, mais vraiment pas un mot depuis mai ou juin derniers ; pas un mot ; c’est très bizarre. Sandrine est une jeune fille blonde, jolie, tout d’abord charmante avec moi, trop charmante, le genre qui VEUT devenir votre copine, c’est suspect, mais je me suis laissé faire ; lorsqu’elle cesse d’être charmante, et de vouloir faire votre conquête, elle a les caractéristiques habituelles de la fille gâtée : elle a régulièrement de beaux vêtements, avec l’argent de papa, ou maman, mais elle se plaint : ils auraient pu être moins radins ; ils lui ont acheté les pompes mais pas la jupe ; c’est agaçant. Elle a aussi un façon de bouger, que je trouve pénible, avec trop d’assurance, de grands gestes, comme si tout le monde était à son service ; l’année dernière, elle terminait des études, dans le domaine juridique ; des études tout à fait convenables, mais je connais des gens qui ont fait mieux ; elle a fait un stage cet été, et depuis, on ne peut plus lui parler : elle s’est un peu coupé les cheveux, elle a légèrement modifié sa garde robe, et elle joue à la working women ; elle parle comme si elle avait tout vu ; je l’ai, en fait, assez peu vue depuis sa fin d’études, mais les rares fois où cela s’est produit, je l’ai trouvé insupportable, alors qu’auparavant elle était plus marrante. Elle ne sourit plus ; elle parle sur un ton péremptoire ; et même si elle n’est pas précise dans ses remarques, on sent qu’elle est une femme d’expérience et qu’on ne va pas le lui faire, à elle. Quand elle m’a vu, en septembre, de retour de son stage, elle m’a regardé avec ahurissement : Tu travailles ENCORE là? Or, je suis arrivée l’année dernière, et je n’ai pas envie de changer  : enfin si, un peu, mais pour toutes sortes de raison, ce ne serait guère raisonnable.

Bref, Sandrine, jadis plutôt charmante, a évolué de façon plutôt désagréable.

Par ailleurs, ça n’a pas l’air d’aller au mieux entre eux : j’ai entendu des conversations agacées au téléphone, et les trois fois où Sandrine est venue le voir, elle est repartie visiblement fâchée ; ce qui a provoqué l’hilarité de notre voisin, Hichem, qui vient me voir en roulant des yeux, et en disant, en accentuant volontairement son accent d’Afrique du Nord : Ouh ! pas contente la dame !!

Du coup, ça relance le truc.

Oui, ça relance : j’avais des scrupules : ils sont en train de dégringoler.

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Feelings

février 4, 2008 · 25 commentaires

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Le flottement ne s’estompe pas ; il demeure ; le truc, c’est qu’il y a tout de même évolution : je flotte plus gaie, moins glauque. L’effet jedi? On sait pas.

Procédons par ordre : curieusement, je n’ai pas envie de prendre de décision ; pourtant, au fond de moi, la décision a pris forme : Tim n’exige rien de moi, je ne lui ai parlé de rien, il n’a rien dit, cette sensation que j’ai de devoir rester dans son univers est (jusqu’à nouvel ordre) en moi (je dis jusqu’à nouvel ordre parce qu’il n’exige rien, puisque je suis là ; si je m’en vais, je suis sûre qu’il me courra après).

Dès vendredi j’ai eu des sentiments tourmentés ; car même si cela semble symbolique, aller voir Star Wars est une sorte de petite rupture ; quand on est dans une bulle, on ne peut en sortir sans la crever, n’est-ce pas? Par ailleurs, j’ai eu bien du mal à m’imaginer partir samedi matin, quittant cet autre monde qu’est Tim, pour débouler, sans douche, ou après une douche prise dans la salle de bains de Tim, sur laquelle je ne ferais pas plus de commentaires. La Fanette qui va aller, ou pas, regarder Star Wars, ne peut être celle qui squatte chez Tim.

C’est pourquoi sans y avoir réféchi, je me suis retrouvée debout, vendredi soir, au milieu du capharnaum de Tim, rassemblant mes affaires tandis qu’il dormait à moitié, et je me suis entendue dire, applaudissant à cette décision prise en quelque sorte en dehors de moi, que je rentrais chez moi pour faire des trucs, ce à quoi Tim n’a rien répondu sauf un OK laconique, assez agaçant par ailleurs. Je suis en effet rentrée chez moi, j’ai rangé un peu et le lendemain, au réveil, dans un état d’esprit beaucoup plus net et clair que si je m’étais réveillé chez lui, j’ai pu faire un peu de rangement, et finalement me rendre chez Ben comme prévu.

Voilà pour la façon dont j’ai pris la décision, intéressant dans la mesure où la décision s’est prise en quelque sorte en dehors de moi.

Je n’en dirais pas plus, j’ai l’impression de ne parler que de Tim sur ce blog, et je me demande quel intérêt ça peut avoir…

J’ai toujours aimé la saga de la Guerre des Etoiles ; pourtant elle n’est guère développée ; elle manque du sérieux et de l’imagination de la plupart des romans de science-fiction que je lisais auparavant. Seuls les derniers épisodes, que nous n’avons pas regardé ce week-end, étaient un peu plus développés et laissaient entrevoir une plus grande complexité.

Mais j’aime cette série qui a quelque chose de spontané et d’inventif ; certains effets spéciaux sont remarquables, non pas, je dirais d’un point de vue technique, que je ne sais pas évaluer, mais d’un point de vue imaginatif. J’adore les scènes relatives à l’étoile noire, il y a en elles quelque chose de vécu que je n’ai revu dans aucun autre film de SF ; je n’ai pas, par ailleurs, vu de façon exhaustive tous les films de SF qui soient sortis, mais en général, ce ne sont que des films d’action, mais dans l’espace (sauf, justement, depuis quelques années, avec Immortel, par exemple, ou Dune, ces deux films émanant par ailleurs de l’imagination de personnes qui ne sont pas des réalisateurs de films, et donc rompant un peu avec la monotonie usuelle; naturellement en écrivant ça je suis en train d’oublier Blade Runner, hors concours, mais qui manque vachement d’extraterrestres).

Même le côté culcul la praline de la philosophie Jedi ne m’exaspère pas ; je suis bon public et je voue à ce film une amitié pleine d’indulgence, à cause du vaisseau mal fichu de Han Solo, et des personnages tout simples qui le peuple.

Bref, j’ai passé un samedi enchanté. Enchanté : j’ai douze ans, peut-être treize, pendant huit heures. Par dessus le marché, on a mangé n’importe comment, mais comme on était deux filles deux garçons, on a évité la pizza et les bières. On a acheté des pizza pour les garçons, mais nous, êtres raffinés, on s’est acheté des trucs bien mais comme des petites filles : des blinis, du tarama, du cidre – dans le supermarché avec Sandrine nous avons crié comme des peites folles : “Oh !!! Oui !!! Du cidre!” et on s’est raconté des histoires de crêperies, de crêpes comme ci, de crêpes comme ça, treize ans, j’ai dit, n’est-ce pas? – des oeufs de lompes à la con, du saucisson des chips du guacamole des chips de mais et, et, et de la pâte à tartiner à la noisette, eeeeh oui, et on a mangé n’importe comment tout l’après midi.

(ne vous inquiétez pas, je reviendrai à la soupe, j’adore ça).

On a poussé des cris, on a dit qu’on était amoureuses de Han Solo, on l’a encouragé, on a crié pendant les combats, on a dit à Han Solo qu’il n’avait pas à être jaloux de Luke (mais il n’entendait pas). On a crié quand Luke voit son père : la totale, quoi, et c’était bien.

C’est mieux d’avoir 13 ans à 28 ans (et demi) qu’à 13 ans.

Après on a parlé.

Et là je me suis sentie déchirée : Tim ou eux? je restais ou je partais?

24 heures hors de la cinquième dimension.

Je suis partie. J’ai juste dit à Sandrine que j’avais un copain et que je devais le rejoindre, elle m’a dit que j’avais l’air bizarre, j’ai rien dit.

Mais mardi soir, je vais chez elle. Décidé. C’est elle qui l’a proposé, pour qu’on discute. Un moyen de m’arracher tout doucement.

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Le point sur Pierre-Henri… et les autres

janvier 9, 2008 · 8 commentaires

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Non, je ne brûle pas secrètement d’amour pour lui, non !

Il est assez gentil, un peu ridicule, mais plutôt gentil.

Mais il manque de quelque chose, une petite folie, un côté délirant que j’aime chez les garçons.

Vous me direz que je ne suis jamais contente et que Gaël m’énerve aussi alors qu’il est totalement différent. Qu’est-ce que je veux ? Un peu de charme, le coup de foudre. Oh, mais ça viendra, je n’ai jamais eu de mal à me faire des amis, amoureux, sauf quand je jette mon dévolu sur quelqu’un (là, ça ne marche pas, en général).

Je suis déconcertée par Sandrine, elle est drôle et très agréable, je l’apprécie beaucoup, mais est-ce que cela ne cache pas un truc? (mais je ne vois pas quoi).

A raconter mes aventures avec Pierre-Henri, je ne parle plus de Lui. Il avait disparu pendant les vacances de Noël, voir ses parents, il n’était passé qu’une ou deux fois – mais les vacances sont finies, il est là, avec Ben, tout le jour, et nous sommes maintenant copains, on se salue, il me fait des coucous de la main, Ben aussi, tout va pour le mieux sauf que le soir, quand il retrouve Sandrine, ils se roulent des pelles à la hussardes, je me demande ce que je fais là. Je discute bêtement avec Ben (naturellement j’exagère, on ne s’est vu que deux fois cette semaine, une fois par hasard, lundi, et une exprès – hier soir, mercredi soir).

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Fanette et Pierre-Henri au cinéma

janvier 9, 2008 · 41 commentaires

Bon, donc réveil de Ben, pas très frais et grognant.

- …c’k't’fais? gromelle-t-il.

- Ben du café.

Il hoche la tête et me regarde avec perplexité ; il finit par s’étonner de ce que j’ai l’air pressée. Je lui explique sommairement le rendez-vous. Il me suggère d’appeler Pierre-Henri et deluidire de venir me chercher ici ; pas con, hein? Mais j’ai laissé le tel de Pierre-Henri chez moi sur un petit papier pourri.

Ben voilà. Il baille que c’est dommage que je m’en aille. J’en profite pour lui demander son numéro, je bois mon café et je m’en vais.

L’autre passe à quatre heures, j’arrive chez moi vers deux heures. On ne se douche bien que chez soi. Avec bonheur je me douche, je reprends un café, je me brosse les chevaux, même je me maquille, bref je finis par me sentir presque normale, et je suis prête.

Il est trois heures et demi et je commence à attendre. Attendre : un truc dont j’ai horreur.

Quand j’attends, je doute, et je commence à me dire : il a peut-être changé d’avis? il a essayé de m’appeler et je n’ai pas entendu? (je regarde tout le temps mon portable). Qu’est ce que je fais s’il est vraiment con? Qu’est-ce je fais s’il est sympa? A quatre heures, je suis complètement stressée, j’ai été dix fois faire pipi et j’ai soif, et je suis d’autant plus contente de ma soirée de la veille qui m’a évité de passer la nuit sur ces interrogations.

Non – je ne suis pas secrètement amoureuse de lui. Mais je déteste l’attente et l’inconnu. Et ce garçon je ne le connais pas. Dans le groupe de la veille, il y a deux personnes que je côtoie presque chaque jour, en tout cas que je croise, et c’est toujours comme ça : un film “connu” me relie à des rencontres inconnues.

Et à quatre heures on sonne au téléphone – il est en bas.

Je descend. Il m’attend en double file, avec des lunettes de soleil, pas noires complètement, mais fumée ; ça recommence instantanément. Le temps de le voir, je me retrouve comme pliée en deux sur le balcon. Il est pas vrai ce type. ça se peut pas ; des lunettes de soleil en janvier à Paris. C’est l’esprit yacht? et là je me tiens pour pas pouffer, c’est horrible.

Bon, il n’est pas habillé comme Roger Moore dans James Bond (je ne sais pas pourquoi je pense à lui) mais plutôt comme Christian Clavier dans Les Visiteurs. J’exagère, un peu, bon, mais quand même. Il a des (j’ose pas l’écrire, mais c’est mal, il faut être tolérant) mocassins, pas à glands, mais le gland est là, si je puis dire, spirituellement (mauvais esprit s’abstenir, merci). D’ailleurs on ne juge pas sur l’apparence. C’est mal. Si ça tombe il est super sympa. Au dessus du mocassins, un jean : ça va, non?

Après le jean… attendez, je me prépare pour la suite, allons-y progressivement.

Donc je monte dans la voiture. Il démarre, voum, un peu d’un coup, genre mec (quoi). Je rappelle que je suis au bord du fou rire. Les lunettes.

Il se tourne vers moi, et il me demande : Alors? le week-end?

Je dis platement un truc du genre : bien, bien, euh… bien.

Tu nous as trouvé quoi, comme film?

Le ton est guilleret, mais une oreille exercée peut, dirais-je décelé une inquiétude. En effet j’ai travaillé sur le film. J’ai cogité. Je lui demande s’il connaît Blade Runner.

- Hein?

Visiblement non. Je lui présente le film. C’est très bien, c’est avec Harrison Ford. C’est de la , ehuh, science-fiction. Evidemment, certains n’aiment pas.

Il dit : Ouais.

Pas emballé, mais je sens qu’il va se laisser faire. Ouf. Au moins je verrais un bon film.

On y est vite, sauf que ça prend des heures de se garer. Enfin il se gare. Je me demande l’intéreêt de se balader avec un charrette à boeuf dans Paris, mais bon – il y a des adeptes, c’est clair. Pendant qu’il se gare, voyons la suite du look : classique en fait, mais suggestif… je vous donne un lien après. Il porte une chemise blanche, col ouvert, et une veste bleu marine. (Lui, par exemple, porte un pull à col rond, et on voit son cou, et il a un cou tout mignon ; alors que Pierre-Henri a un coup de type cigogne, long, avec une tête osseuse posée dessus ; il faut être intello pour avoir une tête comme ça).

On sort et il me demande ce que j’en pense. Ce que j’en pense de quoi? je lui dit. De la voiture, me répond-il. Sa question me déconcerte. Je ne pense rien des voitures. C’est des trucs qui roulent avec des gens dedans. Je lui dis qu’elle est grosse (sa voiture). Après je me souviens de mon père, qui expliquait à sa femme toutes les petites fonctions, les trucs pour la tête et la taille du coffre. Il doit être comme ça. Pierre-Henri me donne une info technique sur sa consommation au100. Qu’est ce que je dois répondre? je dis Ah. Et on peut mettre un I-pod. Super, je dis. On se met en marche vers le cinéma et je lui demande si on peut téléphoner en conduisant (je m’intéresse). Mais raté, j’ai faux. Je confonds I-Pod et I-Phone. Il m’explique. Je n’écoute pas. J’ai capté, Phone et pod c’est pas pareil, autant pour moi, mais les spécificités, merde.

On arrive au cinéma, je suis saoulée de remarques sur les I-Phones, I-Pod, blachperry, machins, trucs, bidules. Il regarde l’affiche et remarque que le film est vieux.

Ui, je dis, je sais plus trop l’année. Hm.

Après il me demande ce que j’ai comme téléphone. Je lui montre mon Nokia. Il me dit, avec gentillesse, qu’il y a mieux. Je lui dis que je m’en fous. Mon ancien Nokia tombait tout le temps, et je le réassemblais impec, et j’espère que celui-là pareil.

Je n’ai jamais autant parlé de trucs électroniques que cet après-midi-là.

Le film. De toute façon j’adore, je vous mets deux liens si vous ne l’avez pas vu ce qui alors serait un crime, allez-y toutes affaires cessantes.

En sortant, commentaire de Pierre-Henri : en fait, c’est pas mal.

AH!!!!!

Donc, on a passé un bon moment tous les deux (au cinéma, parce que sinon moi j’avais l’impression d’être chez S***d).

En soirtant il faut qu’il m’offre un verre. hJe dis non, mais je vois bien que ça va le vexer.

j’accepte. On va dans une brasserie à Saint-Michel. je suis toute gaite parce que ça se termine. En même temps je peux pas dire qu’il soit affreux, il est gentil, un peu gonflant, mais bon. Il aime sa voiture et les téléphones. On n’a pas les mêmes centres d’intérêts, mais si j’aimais les voitures et les téléphones?

Dans la brasserie, on parle. Il me parle de lui, de ses études (ESSEC), de son père (le yacht ; son père, chef d’entreprise, est revenu de tout, et vit sur un bateau, enfin un gros, pas une barcasse, et il a aussi une résidence à Saint quelque chose dans le sud, un coin bien parce qu’il me regarde du coin de l’oeil quand il me dit le nom du bled). Il essaie de se la péter, mais il y a un truc touchant ou sympa, c’est vrai, c’est qu’il est assez maladroit. Il voudrait m’épater, mais peut-être parce que je suis toujours au bord de l’ironie avec lui, il n’est pas écrasant. Il a l’air d’un gamin avec de trop beaux jouets.

Bon, mais ne vous imaginez rien, sauf que je lui ai laissé entendre que peut-être on pouvait, oui.. se, hm, revoir. Mais d’ici trois semaines au plus tôt.

Bon. Un lien pour le look tendance de Pierre-Henri. Evidemment le monsieur repésenté n’a pas le même âge.

Et une photo. Pierre-Henri a la même attitude quand il téléphone. Saisissez-vous mes réserves? (Il s’agit d’attitude, pas de politique). Mettez des mocassins, un jean, enlevez la cravate et le reste c’est pareil. diapo_sarkozy6.jpg

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Le téléphone sonne (mais il ne pleure pas – je dis ça au cas où)

janvier 7, 2008 · 23 commentaires

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Ui, le téléphone sonne.

Vous savez ce que c’est que la sac d’une dame, je crois?

Je rappelle que je suis partie fissa, j’ai pris mon sac, mon portable, j’ai mis l’un dans l’autre et maintenant il faut que je cherche, et je farfouille furieusement, le téléphone sonne et je cherche, il est pas dans la poche de devant, ni dans celle à l’intérieur du sac, ni dans le sac – ah mais il sonne, pourtant, rhhaaaa, et si, il était dans la poche de devant mais on le voyait pas, il y avait une pochette rose de truc de fille de secours, et des pubs que j’ai pris dans ma boîte aux lettres et fourré dedans sans réfléchir.

Je l’ai !!! Mais, bien sûr, il ne sonne plus.

C’est pas grave ; grâce à la technique moderne, je sais qui m’appelle. Pas de bol, c’est un numéro inconnu. Un autre numéro de Pierre-Henri? J’hésite. J’envie un Sms : Ouiiiii? pour voir.

La réponse arrive, rhhhooo, c’est à moi de payer ma pâte à tartiner (ouais, je veux bien leur faire de la pub, mais ils m’envoient des pots gratos, OK? en même temps, ils trustent un peu le marché, donc ils en ont pas besoin – de pub) et les trucs que j’ai acheté avec (des courgettes pour me faire de la soupe de courgettes parce que c’est pas le tout de se gaver de pâte à tartiner).

Bon. Je paie, je lis mon SMS – c’est – ma vie c’est n’importe quoi, je rigole et en même temps je suis énervée (mais c’est peut-être bien? non c’est pas bien) – la blonde gentille, la copine de Lui, appelons-là Sandrine.

Rdv rue Monge une demie heure?qu’elle dit, pardon écrit.

Ggrrhmmpff. Je fais quoi?

Soit je rentre chez moi, avec ma tartinette (oui, pâte à tartiner c’est trop long, vous comprendrez) et je regarde Breakfast Tiffany’s que je connais par coeur, soit je les rejoins. J’éprouverai certes des sentiments divers ; mais que vais-je éprouver dans ma boîte à chaussure à regarder Breakfast at Tiffany’s sur mon portable? (Bon, c’est vrai qu’en ce début d’année, j’ai aussi mes cartes de voeux à écrire à toute ma parentèle, une activité super passionnante, vous en conviendrez).

Bon; je me dis : je rentre, pendant le chemin de retour je réfléchis; même pas vrai : je ne réfléchis pas, pendant le chemin du retour, ou plutôt je pense à ce que je vais porter – la décision est prise, peut-on donc dire ; retour donc au pas de course, escaliers, je m’habille, je redescend, pas de course, métro, changement, métro, rue Monge.

Petit bar quasi désert. Sourire lumineux de Sandrine ; si elle n’était pas aussi sympa, je devrais la détester, elle est jolie, et charmante. Grognement de Lui, en pleine conversation avec Benjamin.

L’idée, ce serait d’aller au cinéma, mais personne ne bouge. On parle, je ne sais pas de quoi, on boit. Après Benjamin dit qu’au point où en en est, on pourrait aller boire un cocktail dans un bar qui porte un nom de bateau. On y va. On marche, on parle, en fait c’est sympa sauf que je me demande pourquoi elle m’a téléphoné. Sadisme? Stratégie de l’échec?Elle me trouve sympa?

On va au bar et on prend un cocktail (c’est cher, tout ça), et après le vin blanc que j’ai bu, le rhum du cocktail, wow. On se marre de plus en plus, je ne regrette pas d’être venue.

Le truc, c’est que tout d’un coup je regarde l’heure et il est trois heures. Je pousse un cri. Comment peut-il être trois heures? Tout à l’heure il était dix heures. Lui et Benjamin sont écroulés de rire. Il paraît que le temps passe. Oui, je le sais, contrairement à ce que ma remarque pourrait laisser croire, mais là, il a passé particulièrement vite.

Le temps qu’on sorte il est encore plus tard, et Ben demande si on veut rentrer chez lui, il habite vers Place d’Italie. ça me tente bien, j’adore aller chez les gens. Sandrine et Lui sont OK, ça devait être sous-entendu, de toutes façon ils habitent vers le nord, c’est loin.

On y va à pied, on chante des chansons, il fait froid, on arrive vite, immeuble, entrée, appart de la catégorie appart-couloir (mais bon, je le prends quand on veut). Je pousse d’ailleurs des cris en lui disant qu’il a de la chance, il me dit qu’il squatte chez son frère, absent en l’occurence, mais que le dit frère a une copine et qu’il va falloir qu’il se trouve un truc. Ah oui, je vois, dis-je, et bon.

Après il faut se répartir. Ben a une chambre, il y a la chambre du frère, et le salon. Le truc, c’est que Ben peut prendre sa chambre, Sandrine et lui celle du frère, et moi le salon, mais Ben insiste, non je ne dormirais pas sur le canapé, hors de question pas chez lui et avec Sandrine, habituée des lieux, ils me changent les draps et je dors dans la chambre de Ben – super, hein? >Mais je suis crevée, je ne veux que dormir.

Je suis ravie d’être venue, et avec une pertinence d’esprit incroyable, je pense même à ma méthode anti gueule de bois : j’ai bu trois verres d’alcool, je bois trois verres d’eau. Plus facile à dire qu’à faire. Ils viennent tous me demander pourquoi je bois autant d’eau. Je trouve que ça manque de poésie de leur dire, il est cinq heures du matin et on voudrait tous croire qu’après avoir bu on se réveille frais comme des gardons, non? tellement qu’on est jeunes, et cool, et parisiens. Trois verres ce n’est pas tant que ça, mais moi je suis vite malade. Je leur dis que si je bois autant de verres d’eau que j’ai bu de verres d’alcool, je me sens bien le lendemain. Pff, c’est n’importe quoi, dit Lui, et il va se coucher. Sandrine est impressionnée et veut boire de l’eau aussi. Ben s’interroge mais il n’a plus envie de boire. Il va se coucher aussi. On reste à boire nos verres d’eau avec Sandrine. Un ange passe. Je ne sais plus quoi lui dire. Elle me demande ce que je pense de Cléo. Je la regarde, je me sens piégée et je dis : “Ecoute, c’est ma chef. J’en pense rien, j’essaie de faire ce qu’il faut.” Mmm, dit Sandrine d’un air pensif. Après elle me parle de Laure Manaudou. Un peu cruche sur ce coup-là, elle dit :”Tu te rends compte?” De quoi? je dis, mais j’ai pas l’esprit au débat. Après je me rends compte qu’elle est peut-être stressée par la video, rapport àLui, va-t’en savoir, et pas par un débat sur le buzz. de toute façon c’est pas l’heure.

On va se coucher.

Pas de bruit, dans la chambre, mais de la lumière qui s’insinue au fil du temps, et insiste. Je me demande pourquoi il y a autant de lumière, et je finis par regarder ma montre : le temps continue de me jouer des tours : il est une heure et demie, le jour est levé depuis logtemps. Dans deux heures et demie Pierre-Henri est en bas de chez moi. ça m’accable. Moi je suis comme une courge dans la pièce voisine de Lui et Pierre-Henri va venir me chercher en voiture.
Je me lève et en essayant d’être silencieuse, je m’habille. Je sors en catimini : Ben ronfle sur le canapé.

Je me planque dans la cuisine en pensant à Sandrine et Lui. Si j’étais plus… plus je ne sais pas quoi, je réussirais bien à tirer parti de la situation (mais je ne sais même pas comment). J’en reviens à un message que j’ai publié : il y en a d’autres qui se posent carrément pas de questions ! (Une commentatrice m’a dit qu’une femme avait le droit d’avoir une vie sentimentale – certes, alorslà, je n’en disconviens aucunement, mais le fils après le père, c’est trop XVIIIème siècle pour moi). Pourtant, un zeste de Carla Bruni serait le bienvenu pour m’aider à abuser de la situation, me donner quelques idées (à ceux qui se disent : mais Carla Bruni est peut-être vraiment tombée amoureuse du fils Enthoven, l’amour légitimant l’incorrection (on peut appeler cela une incorrection?) – moi aussi, je suis amoureuse).

Donc je fais mon café en me demandant s’il existe un moyen pour tirer parti de la situation. Je rentre en liquette dans la chambre? Mais non, ça fait con, convenez-en. Si je fais comme s’il y avait une fuite d’eau, c’est Ben qui va s’y coller. N’est pas Carla Bruni qui veut.

Je bois mon café. Je pense à Pierre-Henri. Aller avec ce garçon au cinéma m’ennuie, je me sens nulle, mais moins qu’hier.

Zut c’est encore hyper long comme message. Donc café et là, la porte de la cuisine s’ouvre : c’est Ben, les yeux pas dans les trous, il me regarde difficilement et grogne une sorte de formule de salutation.

La suite demain, et il faut aussi que je parle de mon sport, mais demain la suite. Je suis longue, je sais, mais bon, je coupe.

Catégories : Mes amours · Pierre-Henri
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Et Pierre-Henri appela

janvier 6, 2008 · 41 commentaires

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Pierre-Henri a appelé vendredi soir. Dans ma salle de bain, je me lavais les cheveux en faisant attention de ne pas me cogner aux murs et de ne pas donner de grands coups dans le rideau de douche parce que ça met de l’eau partout par terre et après il faut essuyer et en plus le tapis de bain est trempé – froid aux pieds quand on sort. Pile le bon moment pour que le téléphone sonne. J’avais la tête pleine de savon, j’ai hésité, je sors de la douche, je sors pas? je suis sortie.Je me suis enveloppée dans une serviette et mes cheveux, mouillés et savonneux, dans une autre, et après j’ai décroché, c’était lui, j’avais froid, mon vélux a les joints qui flanchent, petit sourant d’air froid sur ma nuque, je me suis dit autant avoir chaud, et comme c’est pas grand chez moi, je me suis mise sous la couette, avec le tél, C’est faisable dans ma boîte à chaussure, mais c’est pas pratique (Serviette de bain + serviette sur les cheveux+couette+téléphone avec fil du téléphone qui se prend dans la serviette).

- Salut ! a fait Pierre-Henri, voix sérieuse, posée. Je ne sais pas si tu te souviens de moi (j’ai fait : eeeeuuuhhh…. je crois que si), nous nous sommes vu au réveillon chez ma tante, tu es partie tôt et je t’a trouvé très spontanée et drôle.

Vous avez bien lu, et j’ai bien entendu, ces mots se sont gravés dans mon esprit : je suis très spontanée et drôle. C’est chouette, non?

- J’ai pensé, a-t-il enchaîné imperturbable, que tu accepterais peut-être une invitation à dîner?

Là, je fais une parenthèse.

Combien de types vous appellent pour des invitations à dîner? Attention, pas pour boire un café, aller au ciné, se balader, aller faire un tour chez Simbad, ou à la Fnac rayon électronique ou DVD ou bouquins.

Combien?

Moi, jamais. ça ne veut pas dire que je fréquente pas de mecs, ça veut dire qu’ils ne m’invitent pas au restau pour dîner la première fois.

Ouais, je dois être nulle, trop bonne copine ou je ne sais pas. Ou je connais pas les bons mecs, ou c’est l’âge, mais voilà c’est la triste réalité de ma vie.

Je me suis donc pétrifiée intérieurement ; rien ne me plaisait dans ce type, même sa petite phrase avait un côté préparé, sûr de lui, m’as-tu vu. Mais le fait qu’il m’invite au restau m’a pris de court. ça m’a, euh, touché. Troublée. Hm. Mais j’étais pas contente d’être touchée. Ni troublée.

Pour moi, si un type t’invite au restau, tu passes à la casserole après, c’est clair. Ne venez pas me parler de romantisme. C’est dans mon idée, à tort ou à raison.

Après tu peux le prendre de haut, ou de loin, jouer avec lui, le faire mariner ; mais ce n’est pas mon style : ou alors il faut que je sois amoureuse.

Mais là je ne suis pas amoureuse. Donc pour moi, restau= je mange à 8 heures, je couche à minuit.

Or je ne suis pas amoureuse, je le trouve nul, ni drôle ni rien, aucune raison de lui tomber dans les bras.

Je reste muette. Parce que je trouve quand même ça sympa de m’inviter au restaurant, peut-être n’a-t-il pas les mêmes arrières pensées que moi?

Ou si?

Je suis donc muette. Le monde est rempli de filles qui savent très bien ce qu’elles doivent faire : elles doivent raccrocher au nez, elles savent comment et quand séduire, tout va bien. Moi je ne suis sortie qu’avec des garçons que je connaissais plus ou moins, je n’ai jamais dîné avec un inconnu. Je sens que je dois refuser, mais je ne sais comment. Voilà. Dans ces moments je me déteste, je voudrais avoir Le Guide Des Réponses Que Vous Devez Avoir Dans Toutes Les Circonstances.

Mais je l’ai pas.

Moi, j’aimerai qu’on me fasse la cour, on m’invite au restaurant, voire des fleurs et je saurais que je peux ne pas coucher avec lui tout de suite ou même réfléchir un mois toute alanguie j’y va-t-y j’y va-t-y pas (quoique un mois c’est long – mais c’est l’idée globale, l’absence d’obligation, de contre-partie). Mais ça n’existe pas. Oui, je sais, sauf avec VOTRE amoureux qui LE plus gentil, mais avec les autres, non, ça a toujours été comme ça, c’est les rapports humains, sauf que les filles sont rêveuses ou romanesques. je l’aime pas, mais il va me convaincre de m’aimer (dans les romans ça marche, mais vous imaginez le manque à gagner pour les mecs qu’en séduit jamais une? Sauf s’il décide de devenir crtique gastronomique pour rentabiliser).

Lui s’étonne. “Allo?

J’improvise brusquement, de toute façon n’oublions pas que j’aurais sa tête et j’entendrais sa voix toute la soirée si je mange avec lui, don je lui dis que je fais un truc le soir même, je vois des amis, je ne peux pas.

Ah, dit-il. Et la semaine prochaine?

Ecoute, dis-je, tu vas trouver ça incroyable mais je fais un truc la semaine prochaine aussi (c’est faux) et le week-end d’après je ne suis pas à Paris normalement (c’est vrai) et après je crois que j’ai un baptême (c’est vrai aussi mais je suis plus sûre de la date, ni d’y aller, mais bon).

Ah, dit-il.

Déçu.

J’ai réussi, me dis-je, et donc, contente (d’avoir réussi, ezt aussi, contente qu’il soit déçu, une fille telle que moi, tellement inabordable, ah la la, mais aussi le pauvre il me fait de la peine un peu quand même, c’est pas de sa faute s’il est nigaud), j’ajoute : mais attends, on peut peut-être se voir samedi.

Mais tu fais déjà quelque chose, objecte-t-il.

On peut aller au ciné à 5 heures, 6 heures, si tu veux.

Au cinéma? (Comme il aurait dit : Au zoo? Ou : Regarder les bateaux sur la Seine?)

Oui.

J’aime pas trop, dit-il. Tu sais, j’ai le satellite, avec toutes les chaînes… Alors le cinéma. (Intonations supérieures, le cinéma, pff…)

Petit Jésus retenez-moi.

Moi, j’adore le cinéma, dis-je avec agressivité.

Ah. Si tu veux. Oui, si tu veux. (Ferrons-la, se dit-il)

Comme tu veux (je me maudis, je sens que ça va être pourri, je me sens nulle. En plus ma serviette est toute mouillée maintenant, j’ai froid à la tête, je suis déprimée).

Je passe te prendre à 4 heures?dit-il.

Tu passes où?

Chez toi.

Mais pourquoi? On se retrouve là-bas.

Je viens te chercher en voiture, fait-il, comme une évidence.

En voiture?

(Pour moi, se déplacer en voiture à Paris est une idée baroque, ou de banlieusard. Il habite peut-être en banlieue, en fait. Je lui demande d’où il vient.)

Rue Scheffer.

Mais c’est dans Paris?

Oui.

Mais pourquoi tu viens en voiture? C’est idiot. En métro c’est plus rapide.

Nous n’allons pas y aller en métro. (Comme si je lui avais proposé d’y aller à dos d’éléphant)

Mais pourquoi?

Tu sors avec moi, je ne vais pas te balader en métro. (genre : c’est un principe)

Ah bon? Je devrais le maudire ou me moquer de lui, mais son idée est si nouvelle pour moi que j’en reste baba.

Mais on va galérer pour se garer.

Il y a des parkings (le mec qui assure). 4 heures?

Euh.. oui. D’accord.

Je raccroche, je suis toute froide, je me maudis. La nulle. J’aurais du dire non à Val, que je rappelle derechef – mais je raccroche. Je me suis mise toute seule dans cette situation. Je n’avais qu’à refuser. D’ailleurs, je n’ai qu’à prendre les choses avec humour, plutôt que de paniquer. Il y a des gens très bien qui peuvent ne pas aimer le cinéma et préférer regarder la télé. Il y a des gens très bien qui peuvent circuler en voiture dans Paris. Si ce garçon ne me plaît pas, c’est à moi de le lui faire comprendre, et d’ailleurs, me dis-je en reprenant courage, rien de tel qu’une situation inédite gérée avec recul pour apprendre des trucs dans la vie.

Jamais je ne suis allée au cinéma avec un quasi-inconnu. D’ailleurs, j’y vais en général avec des filles, des copines. Avec les mecs, je fais d’autres trucs, pas forcément cochons, mais plus mecs : des jeux, des soirées D&D, je ne sais pas.

Tous mes petits copains étaient des types avec qui j’avais un lien : ami d’ami, camarade de l’UCPA, camarade de fac. Jamais je ne suis sortie avec une personne totalement déconnectée de mon milieu et de ma vie. Cetaines amies sont sorties avec des types rencontrés en boîte et dont elles n’avaient aucune idée avant de les rencontrer ; moi, jamais. Sans aller jusqu’à plus si affinité, j’aimerai bien parler un peu quelqu’un de différent de moi, pour me changer.

Bien que je ressente toujours cette sourde inquiétude et un fort sentiment de rejet, je parviens à me persuader que cette séance au cinéma peut me fair passer quelques heures intéressantes. Je me dois de préciser que Val n’est pas si responsable que cela : de toute façon, avec ou sans Val, si Pierre-Henri m’avait appelé, j’aurais eu du mal à l’envoyer promener. Je ne suis pas une experte. Justement par manque d’habitude. Je peux, avec de la concentration, envoyer balader ma chef désagréable. Mais si un type pot de colle m’appelle, j’ai du mal à m’en défaire : cela ne s’est pas présenté très souvent, mais tout de même un peu.

Donc voilà, vendredi soir, j’ai du en plus retourner finir ma douche et comme chez moi c’est petit, je n’ai pas des tonnes et des tonnes de serviettes, donc je n’en avais plus de sèches et propore, donc je me suis rincé les cheveux, et séchée avec des serviettes humides, ce dont j’ai horreur. J’étais de mauvais poil, je me sentais nulle et bête et j’avais froid aux pieds.

Et je me disais : qu’est ce que je vais faire jusque demain 16 heures à attendre ce nigaud?

Je me sentais nouille et donc je me suis dit que j’allais sortir acheter du Nutella pour passer la soirée à regarder Breakfast at Tiffany’s en mangeant du Nutella. En me disant que j’étais nulle, puis mais non je suis pas nulle ça va être sympa de toute façon je me tire à huit heures mais je suis nulle d’avoir accepté une invit si ce type ne me plaît pas non mais ça va être une bonne expérience pour moi mais je suis un peu nulle etc. Une bonne soirée en perspective, quoi.

Mais j’avais les cheveux mouillés.

Il était huit heures 20.

Le supermarché d’en bas ferme à huit heures trente, il y en a un autre à vingt minutes qui ferme à 9 heures.

Cheveux mouillés et Nutella?

Ou rien?

Je me rhabille, pas contente, je mets mes cheveux dans une écharpe, je sors, je descends les six étages, la rue, l’autre rue, le supermarché, je suis dans la fille d’attente et là, là, que se passe-t-il? Hein? mon portable (que par miracle j’avais pris avec moi) sonne.

Oui.

A suivre – donc.

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Aaaaaarrrgghh!

janvier 3, 2008 · 25 commentaires

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Damned. Damned. Damned.

Du danger de parler de ciel sur les balcons avec des fils de propriétaires de yacht.

Val m’appelle hier soir. Je suis partie tôt, lundi, me fait-elle remarquer. Oui, bon. Je devais rejoindre une copine, etc. Elle se demande si j’ai trouvé ça sympa, je dis oui, je précise : un peu, euh, sérieux, mais sympa (les canapés étaient bons ; c’est important, au moins en début de soirée ; chez le copain d’Hana, la bouffe avait été moins bien, j’ai vu les restes, et l’alcool pas terrible). Je lui rappelle que j’aime bien les trucs décontractés. Décontracté est un pléonasme. Mais je n’ai pas de mots.

Ah oui, je sais, me dit-elle, et tu sais quoi? Non, je ne sais pas. Mais elle me l’apprend. Pierre-Henri m’a trouvé géniale. Ah! dis-je, fort contente d’être trouvée géniale, mais qui est Pierre-Henri? C’est la question.

Mais enfin, dit-elle. Enfin quoi? dis-je. Pierre-Henri, dit-elle. Mais ça va, tu me gonfles avec ton Pierre-Henri, est-ce que je connais des Pierre-Henri? Si je rencontre un mec qui s’appelle Pierre-Henri, je me tire dans la direction opposée ! Ou je lui parle de ma mère, mais je reste pas, enfin, j’ai pas de préjugé, mais Pierre-Henri, tout de même.

Tu as parlé avec lui tout le temps que tu étais là.

Ooooh. Un vague, léger, mais sombre doute entame un vol mençant vers mon esprit ; sans plus. Je rétorque je n’ai parlé à personne ce soir-là. Eclat de rire de Val ; à ce moment le doute devient plus sombre et se rapproche de mon coeur. Et le type du yacht? Et Val enfonce le clou : Et sur le balcon? je vous ai vu.

A croire qu’on se roulait des pelles ! Non mais !
Je m’énerve illico : je suis sortie prendre l’air et il est venu me rejoindre. On va pas en faire un plat? (Et après je m’étonne que les photos de Laure Manaudou alimente un buzz d’enfer : mais même quand on parle les gens s’excitent !)

Pourquoi tu t’énerves? demande Val.

Parce que ce type est con ! Il est venu me parler du yacht de son père !

Et alors?

Pas la peine de lui expliquer. Vu le contexte, ça faisait con et m’as-tu vu, mais après tout, peut-être qu’il se disait que j’allais lui parler du yacht du mien, ou de sa villa à Miami, ou un truc du genre, il n’y a pas écrit “pauvresse” sur mon front.

Je dis : Oui, bon, et je ne dis plus rien. Le fait est que j’ai parlé avec lui.

Val insiste : il t’a trouvé super ; il va sûrement t’appeler.

Je crie : Tu lui donnes pas mon numéro !

Val déçue : Ah non?

Moi : Tu l’as fait? Tu lui as donné?

Val : Non… mais…

Moi : Non !

Val : Tu me mets dans une position délicate.

Moi : Mais pourquoi?

Val : C’est un garçon très bien!

Moi : Il a l’air demeuré ! (Là, j’exagère : la vérité c’est que je ne sais pas du tout de quoi il a l’air : je ne m’en souviens plus, je n’entends que sa voix dans mon souvenir, et de toute façon je ne l’ai pas regardé – donc il doit être insignifiant)

Val choquée : ça va pas ! Il est à l’Essec !

Et alors? Il n’y a pas de demeurés à l’ESSEC?

Val : Si, mais écoute. Tu sais les gens chez qui on était? (Oooooooh! pensé-je. je crois que je vais pas aimer). Ma copine (on s’en fout du nom) est amie d’enfance avec leur fille (on s’en fout du nom, enfin pour l’anecdote , Marie-Caroline ou Marie-Astrid je ne sais plus parce qu’il y a eu les deux dans la conversation que je ne vous retranscrit pas en intégral – je n’ai rien contre les prénoms, c’est juste que – quoi). Le père est fonctionnaire européen. Il est (un titre peu importe, mais genre bien). Tu sais que je veux faire mon stage à Bruxelles.

Mais tu as déjà un truc. (je savais que ça allait être foireux).

Oui mais son père peut m’avoir un stage mieux.

Je dis un gros mot. J’ajoute : je ne vois pas le rapport (alors que si, je le discerne). Elle m’explique : Pierre-Henri est le neveu. Neveu très apprécié. Donc, pour rester dans une ambiance joyeuse de jeunes gens bien élevés qui sortent ensemble, vous voyez, le genre cultivé éduqué bonne famille tout ça, on est copain et tout. On est copain et papa pistonne pour des stages chouettes à Bruxelles.

Elle dit : Non, pas Bruxelles, Strasbourg.

Je dis : Chipote pas, c’est l’idée.

J’ajoute : Tu te rends compte de ce que tu me demande de faire? D’ailleurs je ne suis pas assez bien pour eux.

Alors là, elle dit (ou c’est à un autre moment, mais elle l’a dit) : Aucune importance (sic) ils sont larges d’esprit (sic sic) ils sont de gauche.

Aaaaaarghhh! Je suis la pauvre de service?

Val s’énerve. Dit qu’elle a pas dit ça, que je fais exprès de pas comprendre, que Pierre-Henri est sympa (elle le connaît pas!) et qu’il voudrait juste (sic) “mieux me connaître”.

Elle me fait remarquer, avec une pertinence énervante, qu’elle a, en son temps, facilité mes contacts avec un certain Grégory – ce qui est hélas, parfaitement exact. Elle n’aimait ni Greg ni son frère (et elle avait raison) mais on a été deux trois fois au cinéma ensemble parce que j’avais des affinités avec Greg (illusoires, mais ça on ne s’en rend compte qu’après).

Voilà. Voilà. Voilà.

Je sais c’est nul. Pourquoi ça m’arrive?

Je lui dis OK, elle peut donner mon tel à Pierre-Henri.

Ma journée est plombée. On se voit le soir. Je dois définir une stratégie. S’il m’embrasse? j’ai le droit de lui en retourner une? Ou j’attends la convention de stage? Et s’il m’invite à Eurodisney pour me séduire, comme Nico avec Carla? J’ai le droit de trouver ça con?

Bon, d’accord, je dramatise (il m’emmènera peut-être à Astérix). Je sais, c’est mon défaut, je me fais tout de suite des films.

Voilà. A part ça, Lui existe toujours et il est toujours mignon. Sa copine sympa est venue me dire bonjour. Le monde est rempli de gens sympas et Pierre-Henri veut me connaître.

Catégories : Fanette hésite · Pierre-Henri
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