le journal de Fanette

Articles étiquettés ‘Boulot’

Au boulot

février 15, 2009 · 10 commentaires

paris-quaiPhoto n’ayant à voir ni avec la choucroute, ni avec le sujet,
mais tant pis, j’ai décidé de mettre mes photos
et par ailleurs j’aime les poubelles
-si, c’est vrai.

Je voudrais bien tâcher de continuer mon analyse du boulot, et en particulier de Diva.

Ou du moins je vais commencer par elle – je sais, j’en ai déjà parlé.

Mais pourquoi me semble-t-elle si importante?

Le point est là, précisément. On est, disons, une petite dizaine dans la boîte, plus deux trois free lances qui passent souvent, plus d’autres qui passent moins.

Or, dans tout ce monde, Diva me semble difficilement contournable.

D’où son surnom, d’ailleurs.

Mais pourquoi?

Parce qu’elle fait en sorte de l’être ; mais de quelle façon?

Il y a, comme je l’ai déjà dit, cette façon d’être sucrée.

Il y a aussi autre chose, et là je sais qu’on pourrait théoriser. J’aimerai qu’un sociologue étudie le sujet. L’information.

Quoi, l’information? L’information, c’est la vie. Je crois qu’en cours j’avais appris que l’ADN c’était de l’information. Il y avait aussi des trucs avec l’information dans les romans de Philippe Dick, décidément, il faudrait que je le relise. Diva utilise l’information, la manipulation d’information, la rétention d’information, toutes sortes de trucs à propos de l’information.

Isabelle fait pareil, mais c’est différent : Isabelle est gourmande d’info. Elle adore savoir des trucs sur les gens, surtout dramatiques ou affreux, et les révéler en chuchotant (en marchant jusqu’au métro, ou en en repartant, ou au café).

Diva stocke des informations, toutes sortes d’informations ; ça peut être des coordonnées de free lance, alors que ce serait plutôt le boulot d’Isabelle, mais à la limite, ça peut passer. Elle stocke aussi des infos sur les gens, leur famille ; moi, par exemple, elle a noté dans un premier temps que je ne voulais pas en parler ; elle en a déduit qu’il y avait un problème ; elle a tenté de situer le problème ; j’ai aussitôt parlé de ma famille, mais pas comme elle voulait, ou sans lui révéler quoique ce soit : je suis très bavarde, mais je peux parler en boucle sur des détails.  C’est ce que j’ai fait. Du reste, quand on part sur les détails (l’aspect de la table à Noël ou le menu), c’est bien le diable si elle se met pas à parler de SA table de Noël (photos le lendemain) et de SON menu (idem). Je l’ai convaincue que ma famille était ennuyeuse à périr ; après la phase d’attaque (c’est drôle, on dirait que tu ne veux pas en parler?….), j’ai contre attaqué (ah bin l’autre jour j’étais chez mon père et j’ai pensé à toi : il s’est acheté un nouveau gadget – ne me demandez pas lequel, je ne retiens jamais les noms). Tiens, il faudra que j’en parle. La technicité, le prix et l’utilité relative (ou disons très spécifique) des gadgets que mon père achète avec enthousiasme ont eu raison de Diva ; son mari n’achète que des voitures et des téléphones ; c’est un peu le degré zéro du gadgetophile. Le Kéké, quoi. Mon père est beaucoup plus technique ; il faudra que j’en parle un jour. Surtout que ça se développe en vieillissant, je trouve.

Bref. De même avec Gaby. Diva épie Gaby, laquelle a le défaut d’être pétrie de compétences, toutes cachant la suivante, mais aussi de malheurs (ou supposés tels), et ses malheurs étouffent ses compétences. Diva retient ses malheurs et fait de Gaby soit une pauvre femme soit une malade ; ça commence du reste à être agaçant, quoique Gaby soit assez exaspérante.

Hm. Il va falloir que je parle de Gaby, ça va être long…

Catégories : Boulot
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Fleurs roses et papillons jaunes avec petits coeurs

janvier 29, 2009 · 14 commentaires

http://feeblingee.centerblog.net/4928134-Papillons-fond-blanc-avec-arc-en-ciel

Le boulot c’est pas rose, le boulot c’est morose

Le boulot c’est pas rose, le boulot c’est moros

Ce qui me déconcerte avec Diva, c’est que ça marche (ou alors je suis horriblement sévère avec elle? mais je ne crois pas).

D’abord il y a la sourire et le dynamisme. Diva sourit beaucoup et elle est toujours dynamique. Mais attention. Elle gère bien son dynamisme : quand Isabelle a le plus souvent l’air agitée, Diva sait accueillir les gens par un grand sourire quand ils arrivent et leur poser des questions parfaitement en relation avec ce qu’ils font ou ont fait. Quand Isabelle aborde, irrépressiblement, le sujet de son mariage au bout d’une minute de conversation, Diva ne parle pas d’elle, ou peu. Selon le besoin, elle fait au contraire parler les gens et s’intéresse à eux. Les gens adorent ça. Enfin pas tous les gens – pas moi, par exemple. Du coup, elle en a déduit, avec une pertinence effrayante, que je ne voulais pas parler de moi. Ouf, j’ai trouvé la contre attaque. Mais j’ai du y réfléchir.

Diva se souvient très bien de nombreuses infos à propos des gens et de leur vie. Et, avec à propos, elle le leur ressort quand il faut. Si quand Isabelle a du partir toutes affaires cessantes en Bretagne pour l’enterrement de sa grandmère, elle a trouvé une Diva super chaleureuse et prête à l’aider. Et ensuite, Diva s’est souvent enquis de l’état d’esprit d’Isabelle relativement à la mort de sa grand mère. ça va? je sais que c’est dur. Oui, tu sais quand les gens s’en vont comme ça… et bla et bla. On a l’impression de gratter une plaie pour la faire saigner, mais, pour des raisons qui m’échappent, Isabelle avait l’air contente. Moi, quand je suis triste, j’essaie de penser à autre chose jusqu’à ce que ça passe. Isabelle, non. Quand je dis qu’elle avait l’air contente, je veux dire qu’il lui était hyper facile de raconter des trucs tristes sur sa grand mère, devant tout le monde, les larmes aux yeux. Là, on doit toucher un point sensible : alors que je trouve cela presque obscène (j’ai mal et honte pour elle), Isabelle fait cela volontiers et il y a au moins quatre personnes au boulot pour l’entourer et lui faire des bisous. Et là, Diva donne toute sa puissance. Elle sait très bien dire à Marc, d’un air grave : “Isabelle est bouleversée”. On ne pourrait, n’est-ce pas, lui tenir rigueur d’une telle empathie? Du coup, Marc descend de son olympe et vient voir si Isabelle est apte au travail.

Heureusement que personne ne peut battre Isabelle en agitation à apparence efficace.

- ça va Isabelle? lui demande-t-il d’un air inquiet.

(On voit, en observant Diva, qu’elle suit la conversation avec intensité, même si elle ne regarde pas : toutes ses antennes sont tendues).

Isabelle, en mode : Devant le chef je surmonte ma douleur (je m’interroge sur ce truc : autant elle se liquéfie facilement devant ses collègues, autant ça lui passe en deux coups de cuillère à pot, surtout quand Marc pointe le bout de son nez) : mais oui, Marc, bien entendu.

- Votre grand mère?

- C’est dur. C’est très dur. Mais tout le monde est là et il y a le travail.

(A mon avis, Sarko devrait lui faire faire des spots sur la valeur tonifiante et curatrice du travail).

Marc, rassuré : Ah !

Isabelle : Tenez, le dossier que vous cherchiez.

Et paf, dans les dents. Isabelle est trop forte : elle peut sangloter, appeler sa mère,  finaliser un dossier, contacter trois fournisseurs et leur demander des devis, et organiser un repas boulot en même temps. Personne ne la bat pour ça.

Diva, de toutes ses antennes, frémit. Loupé.

Bon, là, je vous ai raconté MA version, MA perception. Mais, dans vos expériences à vous, ça vous dit quelque chose, ce que je raconte, ou je suis juste en train de virer parano?

Le boulot c’est pas rose, le boulot c’est moros

(J’espère que vous aimez l’image. Je ne l’ai jamais dit, car j’ai honte, mais j’ai un faible affreux pour les images animées avec des trucs qui clignotent).

Catégories : Boulot · Ma vie quotidienne
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Au boulot

janvier 18, 2008 · 18 commentaires

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Quand j’ai commencé à travailler, j’avais l’impression qu’il faut toujours s’éfforcer d’être poli ou gentil avec les gens : mon idée, en gros, c’était que la courtoisie engendre des rapports plus fluides ; je suis revenue à cette idée, mais après des détours.

Ma courtoisie consistait à écouter avec politesse ce que l’on me disait et à ne pas avoir l’air de tout savoir ; j’ai rencontré au boulot des personnes diligentes, actives, affairées, qui prétendaient tout faire dans la société, être quasiment indispensable, et qui, d’un autre côté, me donnaient toutes sortes d’informations utiles et pratiques. Au bout d’un moment, je me suis aperçu qu’elles étaient souvent très peu efficaces, et surtout qu’elles essayaient de me contrôler pour me nuire, dans le souci de préserver leur poste.

Du moins est-ce ainsi que j’ai interprété leur attitude, et le contraste entre leur gentillesse et leur amabilité et les “coups bas” qu’elles faisaient me paraissait une preuve évidente de mauvaise foi et de méchanceté hypocrite.

Mais, naturellement, ce n’est pas aussi simple que cela : en fait, le truc, c’est que les gens sont plutôt assez aimables, et même agréables : on peut blaguer, rire, déconner – mais par en dessous, quand l’occasion se présente : coup bas.

Curieux, non? Des gens sympas qui peuvent faire des vacheries.

J’ai alors observé (les autres) et compris un truc : l’homme est un loup pour l’homme.

En effet, les gens sympas ou disons agréables qui vous font une vacherie que vous ne comprenez pas ont l’air d’être un paradoxe, mais ils obéissent à la règle sus-citée.

Si votre collègue, même sympa, a l’impression que vous êtes gentille, cool, brave, en un mot, faible, il en profitera à la moindre occasion. Il vous piquera vos bics, finira le café sous votre nez, etc. Et ça, c’est rien, juste désagréable. Mais il pourra aussi sourire avec une ironie condescendante quand on dira “Fanette, elle est distraite, hein?” – voire ajouter, sans même vraiment avoir l’impression d’être salaud : “pas très fiable”.

ça ne vous rappelle rien?

Votre collègue qui se répand en explications saoûlantes sur le fonctionnement de Power Point perd du temps inutilement parce qu’elle n’utilise pas la trieuse, ou bien vous pourriez faire mieux qu’elle avec Windows Movie Maker. Mais c’est elle qu’on écoute, parce qu’elle parle, elle, alors que vous faites juste votre boulot. Moi, dans le genre, j’ai entièrement refait la présentation d’une d’une collègue quand j’étais en stage, contente que j’étais de partager mon savoir avec une collègue super sympa et drôle ; qui a très bien su utiliser et retenir les explications que je lui ai donné (en toute modestie, car je ne suis vraiment pas une pro des présentations : mais il y a toujours des gens plus nuls que soi) ; et a montré à tout le monde la présentation que j’avais faite comme si c’était la sienne ; j’étais stagiaire, mais j’ai moyennement apprécié. Elle aurait pu dire : “Regardez ce que j’ai réussi à faire avec les conseils de Fanette ! “. Le problème, c’est que j’étais bien loin d’imaginer que mes maigres connaissances pouvaient être utiles à quelqu’un.

J’ai traduit des docs à des collègues, parce que je touche à plusieurs langues, mais mal. Mon portugais approximatif ne me paraissait pas particulièrement impressionnant ; on m’a appris à ne pas me vanter de connaisances imparfaites ; je comprends le portugais écrit comme une hispanophone qui a du vocabulaire. Mais c’est à une autre qu’on a dit, avec surprise : “Mais tu comprends le portugais?” et qui a répondu, avec une modestie qui ne m’aurait pas forcément mal réussi : “Oh, je me débrouille….”.

Il est possible que ces gens ne soient pas si méchants (c’est que je me dis maintenant). Pour certains, on peut même dire que ça se passe peut-être comme ça : ils ne sont pas sûrs d’eux, ils ont peur d’être viré, ils ont des enfants, des emprunts, des soucis, et si quelqu’un leur donne l’occasion d’avoir l’air plus compétents, et le fait sympathiquement, sans paraître demander quoique ce soit, pourquoi ne le prendraient-ils pas?

Objection : ils pourraient dire merci, ou évoquer votre aide, vous mettre un peu en avant?

Oui, mais ils peuvent aussi avoir l’impression que vous avez tellement de qualités que vous n’avez pas besoin qu’on en rajoute.

Ils peuvent se dire que bon, pour le coup, ils vont se mettre en avant, eux et juste eux, vous ce sera une autre fois.

Ils peuvent ne pas y penser du tout : vous les avez aidé, et quoi? fallait pas le faire si vous ne vouliez pas qu’ils comprennent les spécifications techniques du bidule.

Ils peuvent vous utiliser froidement (mais à y réfléchir calmement, les évènements passés, ce n’est pas cela qui prédomine).

Quelles que soient leurs raisons, vous existez aussi, vous et il n’y a aucune raison de vous effacer devant les autres.

OK. Donc, il ne faut pas être gentille et serviable.

Il faut être salaud et garder ses compétences pour soi, comme un écureuil égoïste.

J’aime pas, en plus je suis trop spontanée, même si je me plante souvent.

Il y a deux ans, je me suis demandé si, à l’aube de ma vie, je devais déjà me comporter en vieille peau crispée sur ses trois compétences comme un crabe de mauvaise humeur. Je me suis sentie toute démoralisée. Je vous explique : OK, l’homme est un loup pur l’homme, le monde est une jungle, tout est pourri, Sarko se fout du fric plein les poches parce qu’il est président et pas moi, Pierre -Henri a un yacht et pas mon père, y a rien qui va.

mais moi je m’en fous.

Je veux que ma vie ressemble à la thermos de la Méchante. Eh ouais. Cruche, hein? Parce que faut toute qu’on soit des Rambos du boulot, ou des Lara Croft, super fortes, super battantes, super super, bien habillées, bosseuses, ou écrasantes, qu’on sorte en boîte jusque 5 heures du mat et qu’on revienne avec un ou plusieurs mecs, et sinon on se rabat sur des sex-toys. Je serais volontiers comme ça, c’est pas ça, moi je veux être une battante, moi je veux bouffer les autres, si, je veux, mais ça me fatigue, c’est pas dans mes priorités, je préfère ma couette, ma pâte à tartiner, Audrey Hepburn, Brad Pitt, Gaël, les arbres, les fleurs et les petits zoizos.

Parce qu’aujourd’hui il faut être libre et se sentir soi-même, mais ça va plutôt dans le sens : réveille le killeur (ou la killeuse) qui est en toi, et pas va dormir avec le chat tout mignon tout rose qui est en toi.

Or, il y a bien une killeuse en moi, si, mais loin. Elle ressemble un peu à Uma Thurman dans Kill Bill, d’ailleurs, mais comme après elle passe dans des arbres à la Sarah Kay, avec des petits trucs roses et dorés en dentelle partout, quand elle arrive devant la personne qu’elle doit tuer elle est total déconcentrée, elle sautille, elle chante des chansons de Abba ou les Palétuviers (aimons nous sous les patu, prends moi sous les laitues, aimons nous sous l’évier) et elle n’y arrive pas.

J’ai donc développé une stratégie en plusieurs points, adaptée à ma personnalité. La killeuse, oui, mais version “Hello Kitty”.

Je fais ce que je peux, et donc ce que je veux et j’ai décidé que c’était pas parce qu’on vivait dans un monde comme ça que je devais me transformer en soldate de Tsahal.

Ah, ah, ah.

Demain la suite. ça fait teasing, je sais, mais finalement c’est pas mal et surtout : voyez-vous de quoi je parle, ou ne suis-je qu’une bluette égarée dans le monde du travail (question que je me pose souvent, même si j’essaie avec persévérance de me transformer en lion – pas gagné – pourtant je vise juste le lion de Oz)?


Catégories : Boulot
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Au boulot

décembre 27, 2007 · 21 commentaires

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Hier, je me suis demandé si j’étais la seule à avoir des Etiennette dans ma famille. J’ai eu peu de réponses. Dois-je en conclure que oui?

J’ai passé une excellente journée hier, et compris des trucs – je suis encore trop naïve. Marc, le boss, est là aujourd’hui mais hier, il n’était pas là. Il l’avait dit. Je suis venue, mais je n’ai pas bossé du tout (c’était excellent). La Diva est arrivée à 11 heures 30, en disant qu’elle avait été malade et qu’elle venait tout de même. Tu parles, Charles ! Elle s’est tirée vers quatre heures. Ce matin, elle l’a dit à Marc, à mi-voix, je l’ai entendu lui dire ça comme je montais à L’Etage Des Chefs. Et Marc lui a dit : “c’est pas grave, tu sais, un 26 décembre…” Qu’elle ne vienne pas un 26 décembre, c’est excusable – mais pas nous, nous, il faut qu’on soit là.

Donc, quand on est chef, on a des droits que les autres n’ont pas. Oui, vous le saviez, vous, mais moi j’ai été élevé que le chef a plus de responsabilité, pas plus de droits. Le chef doit être plus parfait, quoi. Mais j’ai eu une éducation médiévale.

Logique : quand on est pas chef, on a moins de droits, tous les actes pèsent plus lourds, donc attention, gaffe à tes fesses (ça, je savais).

Donc sois poli et n’hésite pas, rajoutes en, caresse ton chef dans le sens du poil.

Mon chef avait l’air sympa, d’ailleurs il l’est, c’est-à-dire qu’il est souriant, agréable, dynamique : ce qui est une bonne chose; mais cela ne dissimule pas, finalement, qu’il est aussi peu estimable que la Diva : elle, comme elle est vite odieuse, on la voit venir. Lui, moins. Encore que : la Diva a été charmante avec moi pendant cinq mois, avant de devenir odieuse. Lui va peut-être faire pareil. Je m’y prépare, cela m’évitera de rester bêtement désemparée quand il me dira son premier truc désagréable.

Dans une boîte, l’important ce sont les apparences. Voilà ce que j’ai fait ce matin (j’ai honte? Pas – mais je me sens drôle). J’ai envoyé un mail à Marc, avec un gros boulot que l’on me presse de faire depuis un petit dix jours, et que j’ai fini, mais je le garde sous le coude, parce que la spécialité de la Diva c’est de tout faire refaire, genre en fait il fallait le présenter autrement, modifier la mise en page, non autre chose. Je suis monté le lui dire, à lui, et elle, je lui dis à elle, c’est ma chef, mais devant lui…. Comme ça elle limite ses remarques, et lui il voit mon travail, tel quel, sinon elle lui dit qu’elle a “revu” ce que j’ai fait… Bon je peux pas toujours faire ça, mais là j’ai pu, avec le petit désordre des fêtes.

Il a été super impressionné et content. Et elle elle a du le suivre dans son enthousiasme, mais ce n’était pas de gaieté de coeur. Donc, rendre le 27 décembre un boulot achevé le 21, et qui devait être fini pour le 30, ou le 29, c’est tout bon. ça fait “je bosse”. Il était un peu paternaliste dans ses félicitations, mais c’est la première fois que quelqu’un est content de mon travail.

Donc : vous commencez par dire que c’est un ENORME travail et que pfff c’est pas facile.

Vous le faites fissa et vous vous relisez, vous peaufinez, tout en disant que Pffff.

En fait c’est du copier-coller internet, mais vous modifiez les structures des phrases, et l’ordre des parties, la présentation (heureusement qu’en fac, j’ai eu des profs maniaques du plan).

Vous rajoutez des trucs funs, des animations, comme ils sont tous nuls dans la boîte en petits machins funs, ça le fait.

Et voilà.

Deux mille ans de civilisation judéo-chrétienne pour en arriver là.

J’ai un peu honte quand même. J’espère qu’ils vont rester contents jusqu’à la fin de la semaine.

Et vous c’est pareil dans votre boulot? Vous avez aussi l’impression que parfois il suffit de pipeauter – ou, du moins, faire un truc qui pour vous est facile mais qui impressionne les autres (répondez anonymement je ne dirais rien)?

Je dis bien parfois. Si je pouvais toujours faire ça…

Catégories : Boulot
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Caméra Café ! Il m’a offert un café…

décembre 6, 2007 · 22 commentaires

gobelet-cafe.jpg

… dans un gobelet en carton parce qu’il ne savait pas quoi en faire mais bon.

Je raconte.

Je suis à mon bureau, en face de moi Sophie retape le listing qu’elle a déjà tapé hier presque comme il faut mais il y a des modifs alors Cléo lui a demandé de le retaper.

Nos deux bureaux sont face à face, près de la porte d’entrée, à côté de l’immense paroi vitrée qui sépare nos bureaux de la cour. Ce qui fait que, à Paris, j’ai la chance de travailler en pleine lumière (en pleine lumière parisienne, s’entend), et à coté de plantes en pot et d’arbres.

Et, dans la cour, du côté que je ne vois pas de mon bureau il y a les 20 m2 de son bureau à Lui (il faut que je lui trouve un pseudo, un surnom, mais je n’y arrive pas).

IL sort de son bureau avec son associé, ils ont chacun deux cafés dans les mains. Il entre dans notre bureau, demande à Cléo, qui est en bas, avec nous, si elle en veut, Cléo dit non, il est dégueulasse ton café, alors il se tourne vers moi et avant qu’il ait parlé je dis :”Oui” en souriant bêtement.

Oui, parfaitement, bêtement. Oui je souris bêtement quand il me regarde parce que ses yeux sont trop beaux, son sourire trop mignon. Eh bien oui ça me trouble. Si je m’en fous du type, j’ai une super assurance mais lui je m’en fous pas. Heureusement que je vois ce soir mon copain Gael sinon je sais pas comment je finirais.

Il rit et me le donne, et un autre à Sophie, puis il repart.

Nos yeux se sont croisés, très peu de temps ; je n’ai même pas eu le temps de me préparer à son regard. Il a les yeux bleu foncé. Mais avec une sorte de lumière.

Je passe au moins dix minutes complètement déconcentrée. C’est affreux.

J’ai l’air cloche, hein? Je me déteste. Allez, prochainement je vous fais un topo pas sur ma vie sentimentale, parce que on sait où elle est, mais sur ma vie affective. On va finir par croire que je ne fais que soupirer après Lui. Après Lui, je ne fais que soupirer, mais avec d’autres, je ne soupire pas.

Quoique un peu quand même, mais pas de la même façon.

Catégories : Mes amours
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