le journal de Fanette

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Aujourd’hui c’est CAF.

janvier 16, 2008 · 26 commentaires

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On est revenue deux jours après et c’était le cours de CAF.

Vous connaissez CAF? C’est cuisse-abdo-fessiers.

Approprié, non? Vous me direz, j’ai pas un si gros cul, mais tout cela est très mou. Pas de ventre, ou peu, mais la cuisse momolle, et la fesse aussi.

Donc on entre.

Un petit jeune homme souriant, svelte, légèrement barbichu (barbichu bien, façon Vincent Cassel) nous accueille. Il accueille aussi une sylphide (la même que l’autre?) de l’os, du muscle et une peau presque plastique toute bronzée orange, et des filles plus rondelettes ou plus sportives. Toutes les rondeurs ne sont pas jolies, et là je me dis que ma Coco rondounette n’est pas os-muscle, mais mimi quand même. Par contre, il y a de la folle de son corps dans l’air : à part la sylphide, presque inquiétante, deux ou trois jeunes femmes ne rigolent visiblement pas avec l’entretien physique : concentration, mine soucieuse, etc.

Bon. On prend des poids, une barre de cinq kilos (c’est le petit jeune homme qui me dit : mais allez! alors je prends) et on va se chercher un petit tremplin, pour les steps, et un petit tapis, pour je sais pas quoi. Le jeune homme, qui répond au doux nom de Steve (tout le monde ne peut pas s’appeler Pierre-Henri) met de la musique boum-boum.

Coco se retourne vers moi avec une grimace.

Tout le monde se met en place, nous suivons le mouvement. Et puis, alors que Steve crie, deux, trois, on se met à monter et deseendre sur les steps. J’explique. Un, deux, on monte du pied droit, trois quatre, on redescend, un deux on monte du pied gauche, trois quatre, on resdescend (et ce n’est que le début) mais quand on resdescend après être monté du pied droit, on recule avec le pied gauche et c’est le pied droit à nouveau qui est en place pour remonter mais non ! Il faut changer de pied, pour remonter du pied gauche, et reculer, et changer de pied pour remonter du pied droit, etc.

Argh. Moi et la coordination psycho-motrice. Horreur. Je sautille lamentablement pour me remettre sur le bon pied mais je perds le rythme, alors pendant que les autres montent je descends, donc j’arrête, je regarde tout le monde et j’essaie de reprendre en rythme, un deux non loupé, j’ai mis le mauvais pied, et je suis décalée.

Je commence à me trouver rigolote mais je reste concentrée. Le problème, c’est qu’entre temps le mouvement s’est compliqué.

On monte sur la step du pied gauche, on pose le pied droit sur le sol en basculant le corps à droite et en levant la jambe gauche très haut, puis on bascule à gauche et on pose le pied droit par terre, en reculant, après on change de pied, et on pose le pied droit sur la step, bref on s’en fout mais il y a plus de mouvement, la jambe droite à gauche, la jambe gauche à droite, avant, arrière, après trois fois d’un côté, changez, trois fois de l’autre, bref je bouge dans tous les sens mais pas en rythme, perdu.

La sylphide ne me regarde pas, perdue dans son truc. Elle suit comme une mécanique. C’est impressionnant. Coco est mdr lol.

Ceci pendant quinze minutes. Après on arrête. Tout le monde transpire.

A quatre pattes par terre sur le petit tapis. Les coudes sur la step. On lève les jambes en arrière, toujours en rythme. Là, question coordination neuro musculaire, je suis. Il s’agit de lever la jambe. Un coup tendue (40 fois). Un coup pliée, le pied au plafond (re-40 fois). Un coup sur le côté, genre crapaud (40 fois). Steve est impitoyable. Mes muscles se tétanisent. Je m’effondre en pouffant de rire sur la step. Je suis dans une salle avec la zique à donf’, à quatre pattes, avec vingt nanas, et je lève une jambe en l’air en rythme. Il y a des gens qui gagnent leur vie comme ça. Je me ressaisis, je change de jambe. Rebelote.

Après on se tapote les cuisses. ça fait du bien. J’avais jamais réalisé à quel point on a des muscles partout.

Après : les abdos. Mains sous la nuque. Une trentaine. Puis on plie les genoux. Puis on tend un coude vers le genou opposé. On croise les jambes et je ne sais même plus ce qu’on fait. J’ai des muscles là aussi, dis donc, et ils crient.

Ah oui. La jambe sur la step, l’autre derrière, et une barre genre monsieur muscle mais sans les poids posée sur les épaules, on fait des genuflexions, d’abord un peu, puis un peu plus, jusqu’à toucher le genou par terre. Celui-là, de mouvement, je le connais, la première fois que je l’ai fait j’ai pas monté d’escaliers pendant trois jours, SAUF QUE MAINTENANT J’AI SIX ETAGES A MONTER A PIED, MOI, STEVE, tu le sais pas mais c’est incroyable tous les muscles qu’on utilise quand on monte six étages à pied ! L’horreur. Des couteaux dans les jambes. Plus le fou-rire quand je fais une pause au troisième étage et quand je croise le fameux vieux monsieur.

Quand on fait nos mouvements, le petit barbichu les fait aussi, et il crie pour maintenir notre rythme et pour couvrir le son de la musique (alors que Pilates c’est plutôt : tu te concetres dans la colonne d’air dans ton corps).

On fait donc tout nos mouvements avec des un, deux, trois hurlé par Steve. J’ai l’impression d’être dans un film américain quand les jeunes recrues de Marines s’entraînent avec des instructeurs sadiques. Dans un sens, j’ai du bol : le petit Steve est plutôt mignon dans le style instructeur. Il a d’ailleurs raison de hurler un deux trois car des qu’il arrête, on se ramollit toutes sur le rythme, les gambettes partent dans tous les sens, c’est carrément désordonné.

ça dure une heure, enfin 55 minutes. Je surveille l’heure sur la pendule. Coco souffle et fait Pffff en se retournant vers moi.

- T’es sûre? me dit-elle tandis qu’on se traîne, haletantes, et suantes, vers les vestiaires.

Je ne faiblis pas dans ma résolution. Du coup Coco est requinquée.

On fait ça depuis un mois.

Bilan : déjà, je n’ai plus de courbatures le lendemain.

J’ai l’intérieur des cuisses moins mou (c’est hyper important, l’intérieur des cuisses, ou alors c’est moi, que je peut-être mal foutue de l’intérieur des cuisses, mais chez moi ça fait vite mou gélatineux).

Je suis hyper fière de moi.

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Le point sur Pierre-Henri… et les autres

janvier 9, 2008 · 8 commentaires

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Non, je ne brûle pas secrètement d’amour pour lui, non !

Il est assez gentil, un peu ridicule, mais plutôt gentil.

Mais il manque de quelque chose, une petite folie, un côté délirant que j’aime chez les garçons.

Vous me direz que je ne suis jamais contente et que Gaël m’énerve aussi alors qu’il est totalement différent. Qu’est-ce que je veux ? Un peu de charme, le coup de foudre. Oh, mais ça viendra, je n’ai jamais eu de mal à me faire des amis, amoureux, sauf quand je jette mon dévolu sur quelqu’un (là, ça ne marche pas, en général).

Je suis déconcertée par Sandrine, elle est drôle et très agréable, je l’apprécie beaucoup, mais est-ce que cela ne cache pas un truc? (mais je ne vois pas quoi).

A raconter mes aventures avec Pierre-Henri, je ne parle plus de Lui. Il avait disparu pendant les vacances de Noël, voir ses parents, il n’était passé qu’une ou deux fois – mais les vacances sont finies, il est là, avec Ben, tout le jour, et nous sommes maintenant copains, on se salue, il me fait des coucous de la main, Ben aussi, tout va pour le mieux sauf que le soir, quand il retrouve Sandrine, ils se roulent des pelles à la hussardes, je me demande ce que je fais là. Je discute bêtement avec Ben (naturellement j’exagère, on ne s’est vu que deux fois cette semaine, une fois par hasard, lundi, et une exprès – hier soir, mercredi soir).

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Fanette et Pierre-Henri au cinéma

janvier 9, 2008 · 41 commentaires

Bon, donc réveil de Ben, pas très frais et grognant.

- …c’k't’fais? gromelle-t-il.

- Ben du café.

Il hoche la tête et me regarde avec perplexité ; il finit par s’étonner de ce que j’ai l’air pressée. Je lui explique sommairement le rendez-vous. Il me suggère d’appeler Pierre-Henri et deluidire de venir me chercher ici ; pas con, hein? Mais j’ai laissé le tel de Pierre-Henri chez moi sur un petit papier pourri.

Ben voilà. Il baille que c’est dommage que je m’en aille. J’en profite pour lui demander son numéro, je bois mon café et je m’en vais.

L’autre passe à quatre heures, j’arrive chez moi vers deux heures. On ne se douche bien que chez soi. Avec bonheur je me douche, je reprends un café, je me brosse les chevaux, même je me maquille, bref je finis par me sentir presque normale, et je suis prête.

Il est trois heures et demi et je commence à attendre. Attendre : un truc dont j’ai horreur.

Quand j’attends, je doute, et je commence à me dire : il a peut-être changé d’avis? il a essayé de m’appeler et je n’ai pas entendu? (je regarde tout le temps mon portable). Qu’est ce que je fais s’il est vraiment con? Qu’est-ce je fais s’il est sympa? A quatre heures, je suis complètement stressée, j’ai été dix fois faire pipi et j’ai soif, et je suis d’autant plus contente de ma soirée de la veille qui m’a évité de passer la nuit sur ces interrogations.

Non – je ne suis pas secrètement amoureuse de lui. Mais je déteste l’attente et l’inconnu. Et ce garçon je ne le connais pas. Dans le groupe de la veille, il y a deux personnes que je côtoie presque chaque jour, en tout cas que je croise, et c’est toujours comme ça : un film “connu” me relie à des rencontres inconnues.

Et à quatre heures on sonne au téléphone – il est en bas.

Je descend. Il m’attend en double file, avec des lunettes de soleil, pas noires complètement, mais fumée ; ça recommence instantanément. Le temps de le voir, je me retrouve comme pliée en deux sur le balcon. Il est pas vrai ce type. ça se peut pas ; des lunettes de soleil en janvier à Paris. C’est l’esprit yacht? et là je me tiens pour pas pouffer, c’est horrible.

Bon, il n’est pas habillé comme Roger Moore dans James Bond (je ne sais pas pourquoi je pense à lui) mais plutôt comme Christian Clavier dans Les Visiteurs. J’exagère, un peu, bon, mais quand même. Il a des (j’ose pas l’écrire, mais c’est mal, il faut être tolérant) mocassins, pas à glands, mais le gland est là, si je puis dire, spirituellement (mauvais esprit s’abstenir, merci). D’ailleurs on ne juge pas sur l’apparence. C’est mal. Si ça tombe il est super sympa. Au dessus du mocassins, un jean : ça va, non?

Après le jean… attendez, je me prépare pour la suite, allons-y progressivement.

Donc je monte dans la voiture. Il démarre, voum, un peu d’un coup, genre mec (quoi). Je rappelle que je suis au bord du fou rire. Les lunettes.

Il se tourne vers moi, et il me demande : Alors? le week-end?

Je dis platement un truc du genre : bien, bien, euh… bien.

Tu nous as trouvé quoi, comme film?

Le ton est guilleret, mais une oreille exercée peut, dirais-je décelé une inquiétude. En effet j’ai travaillé sur le film. J’ai cogité. Je lui demande s’il connaît Blade Runner.

- Hein?

Visiblement non. Je lui présente le film. C’est très bien, c’est avec Harrison Ford. C’est de la , ehuh, science-fiction. Evidemment, certains n’aiment pas.

Il dit : Ouais.

Pas emballé, mais je sens qu’il va se laisser faire. Ouf. Au moins je verrais un bon film.

On y est vite, sauf que ça prend des heures de se garer. Enfin il se gare. Je me demande l’intéreêt de se balader avec un charrette à boeuf dans Paris, mais bon – il y a des adeptes, c’est clair. Pendant qu’il se gare, voyons la suite du look : classique en fait, mais suggestif… je vous donne un lien après. Il porte une chemise blanche, col ouvert, et une veste bleu marine. (Lui, par exemple, porte un pull à col rond, et on voit son cou, et il a un cou tout mignon ; alors que Pierre-Henri a un coup de type cigogne, long, avec une tête osseuse posée dessus ; il faut être intello pour avoir une tête comme ça).

On sort et il me demande ce que j’en pense. Ce que j’en pense de quoi? je lui dit. De la voiture, me répond-il. Sa question me déconcerte. Je ne pense rien des voitures. C’est des trucs qui roulent avec des gens dedans. Je lui dis qu’elle est grosse (sa voiture). Après je me souviens de mon père, qui expliquait à sa femme toutes les petites fonctions, les trucs pour la tête et la taille du coffre. Il doit être comme ça. Pierre-Henri me donne une info technique sur sa consommation au100. Qu’est ce que je dois répondre? je dis Ah. Et on peut mettre un I-pod. Super, je dis. On se met en marche vers le cinéma et je lui demande si on peut téléphoner en conduisant (je m’intéresse). Mais raté, j’ai faux. Je confonds I-Pod et I-Phone. Il m’explique. Je n’écoute pas. J’ai capté, Phone et pod c’est pas pareil, autant pour moi, mais les spécificités, merde.

On arrive au cinéma, je suis saoulée de remarques sur les I-Phones, I-Pod, blachperry, machins, trucs, bidules. Il regarde l’affiche et remarque que le film est vieux.

Ui, je dis, je sais plus trop l’année. Hm.

Après il me demande ce que j’ai comme téléphone. Je lui montre mon Nokia. Il me dit, avec gentillesse, qu’il y a mieux. Je lui dis que je m’en fous. Mon ancien Nokia tombait tout le temps, et je le réassemblais impec, et j’espère que celui-là pareil.

Je n’ai jamais autant parlé de trucs électroniques que cet après-midi-là.

Le film. De toute façon j’adore, je vous mets deux liens si vous ne l’avez pas vu ce qui alors serait un crime, allez-y toutes affaires cessantes.

En sortant, commentaire de Pierre-Henri : en fait, c’est pas mal.

AH!!!!!

Donc, on a passé un bon moment tous les deux (au cinéma, parce que sinon moi j’avais l’impression d’être chez S***d).

En soirtant il faut qu’il m’offre un verre. hJe dis non, mais je vois bien que ça va le vexer.

j’accepte. On va dans une brasserie à Saint-Michel. je suis toute gaite parce que ça se termine. En même temps je peux pas dire qu’il soit affreux, il est gentil, un peu gonflant, mais bon. Il aime sa voiture et les téléphones. On n’a pas les mêmes centres d’intérêts, mais si j’aimais les voitures et les téléphones?

Dans la brasserie, on parle. Il me parle de lui, de ses études (ESSEC), de son père (le yacht ; son père, chef d’entreprise, est revenu de tout, et vit sur un bateau, enfin un gros, pas une barcasse, et il a aussi une résidence à Saint quelque chose dans le sud, un coin bien parce qu’il me regarde du coin de l’oeil quand il me dit le nom du bled). Il essaie de se la péter, mais il y a un truc touchant ou sympa, c’est vrai, c’est qu’il est assez maladroit. Il voudrait m’épater, mais peut-être parce que je suis toujours au bord de l’ironie avec lui, il n’est pas écrasant. Il a l’air d’un gamin avec de trop beaux jouets.

Bon, mais ne vous imaginez rien, sauf que je lui ai laissé entendre que peut-être on pouvait, oui.. se, hm, revoir. Mais d’ici trois semaines au plus tôt.

Bon. Un lien pour le look tendance de Pierre-Henri. Evidemment le monsieur repésenté n’a pas le même âge.

Et une photo. Pierre-Henri a la même attitude quand il téléphone. Saisissez-vous mes réserves? (Il s’agit d’attitude, pas de politique). Mettez des mocassins, un jean, enlevez la cravate et le reste c’est pareil. diapo_sarkozy6.jpg

Catégories : Mes amours
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Le téléphone sonne (mais il ne pleure pas – je dis ça au cas où)

janvier 7, 2008 · 23 commentaires

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Ui, le téléphone sonne.

Vous savez ce que c’est que la sac d’une dame, je crois?

Je rappelle que je suis partie fissa, j’ai pris mon sac, mon portable, j’ai mis l’un dans l’autre et maintenant il faut que je cherche, et je farfouille furieusement, le téléphone sonne et je cherche, il est pas dans la poche de devant, ni dans celle à l’intérieur du sac, ni dans le sac – ah mais il sonne, pourtant, rhhaaaa, et si, il était dans la poche de devant mais on le voyait pas, il y avait une pochette rose de truc de fille de secours, et des pubs que j’ai pris dans ma boîte aux lettres et fourré dedans sans réfléchir.

Je l’ai !!! Mais, bien sûr, il ne sonne plus.

C’est pas grave ; grâce à la technique moderne, je sais qui m’appelle. Pas de bol, c’est un numéro inconnu. Un autre numéro de Pierre-Henri? J’hésite. J’envie un Sms : Ouiiiii? pour voir.

La réponse arrive, rhhhooo, c’est à moi de payer ma pâte à tartiner (ouais, je veux bien leur faire de la pub, mais ils m’envoient des pots gratos, OK? en même temps, ils trustent un peu le marché, donc ils en ont pas besoin – de pub) et les trucs que j’ai acheté avec (des courgettes pour me faire de la soupe de courgettes parce que c’est pas le tout de se gaver de pâte à tartiner).

Bon. Je paie, je lis mon SMS – c’est – ma vie c’est n’importe quoi, je rigole et en même temps je suis énervée (mais c’est peut-être bien? non c’est pas bien) – la blonde gentille, la copine de Lui, appelons-là Sandrine.

Rdv rue Monge une demie heure?qu’elle dit, pardon écrit.

Ggrrhmmpff. Je fais quoi?

Soit je rentre chez moi, avec ma tartinette (oui, pâte à tartiner c’est trop long, vous comprendrez) et je regarde Breakfast Tiffany’s que je connais par coeur, soit je les rejoins. J’éprouverai certes des sentiments divers ; mais que vais-je éprouver dans ma boîte à chaussure à regarder Breakfast at Tiffany’s sur mon portable? (Bon, c’est vrai qu’en ce début d’année, j’ai aussi mes cartes de voeux à écrire à toute ma parentèle, une activité super passionnante, vous en conviendrez).

Bon; je me dis : je rentre, pendant le chemin de retour je réfléchis; même pas vrai : je ne réfléchis pas, pendant le chemin du retour, ou plutôt je pense à ce que je vais porter – la décision est prise, peut-on donc dire ; retour donc au pas de course, escaliers, je m’habille, je redescend, pas de course, métro, changement, métro, rue Monge.

Petit bar quasi désert. Sourire lumineux de Sandrine ; si elle n’était pas aussi sympa, je devrais la détester, elle est jolie, et charmante. Grognement de Lui, en pleine conversation avec Benjamin.

L’idée, ce serait d’aller au cinéma, mais personne ne bouge. On parle, je ne sais pas de quoi, on boit. Après Benjamin dit qu’au point où en en est, on pourrait aller boire un cocktail dans un bar qui porte un nom de bateau. On y va. On marche, on parle, en fait c’est sympa sauf que je me demande pourquoi elle m’a téléphoné. Sadisme? Stratégie de l’échec?Elle me trouve sympa?

On va au bar et on prend un cocktail (c’est cher, tout ça), et après le vin blanc que j’ai bu, le rhum du cocktail, wow. On se marre de plus en plus, je ne regrette pas d’être venue.

Le truc, c’est que tout d’un coup je regarde l’heure et il est trois heures. Je pousse un cri. Comment peut-il être trois heures? Tout à l’heure il était dix heures. Lui et Benjamin sont écroulés de rire. Il paraît que le temps passe. Oui, je le sais, contrairement à ce que ma remarque pourrait laisser croire, mais là, il a passé particulièrement vite.

Le temps qu’on sorte il est encore plus tard, et Ben demande si on veut rentrer chez lui, il habite vers Place d’Italie. ça me tente bien, j’adore aller chez les gens. Sandrine et Lui sont OK, ça devait être sous-entendu, de toutes façon ils habitent vers le nord, c’est loin.

On y va à pied, on chante des chansons, il fait froid, on arrive vite, immeuble, entrée, appart de la catégorie appart-couloir (mais bon, je le prends quand on veut). Je pousse d’ailleurs des cris en lui disant qu’il a de la chance, il me dit qu’il squatte chez son frère, absent en l’occurence, mais que le dit frère a une copine et qu’il va falloir qu’il se trouve un truc. Ah oui, je vois, dis-je, et bon.

Après il faut se répartir. Ben a une chambre, il y a la chambre du frère, et le salon. Le truc, c’est que Ben peut prendre sa chambre, Sandrine et lui celle du frère, et moi le salon, mais Ben insiste, non je ne dormirais pas sur le canapé, hors de question pas chez lui et avec Sandrine, habituée des lieux, ils me changent les draps et je dors dans la chambre de Ben – super, hein? >Mais je suis crevée, je ne veux que dormir.

Je suis ravie d’être venue, et avec une pertinence d’esprit incroyable, je pense même à ma méthode anti gueule de bois : j’ai bu trois verres d’alcool, je bois trois verres d’eau. Plus facile à dire qu’à faire. Ils viennent tous me demander pourquoi je bois autant d’eau. Je trouve que ça manque de poésie de leur dire, il est cinq heures du matin et on voudrait tous croire qu’après avoir bu on se réveille frais comme des gardons, non? tellement qu’on est jeunes, et cool, et parisiens. Trois verres ce n’est pas tant que ça, mais moi je suis vite malade. Je leur dis que si je bois autant de verres d’eau que j’ai bu de verres d’alcool, je me sens bien le lendemain. Pff, c’est n’importe quoi, dit Lui, et il va se coucher. Sandrine est impressionnée et veut boire de l’eau aussi. Ben s’interroge mais il n’a plus envie de boire. Il va se coucher aussi. On reste à boire nos verres d’eau avec Sandrine. Un ange passe. Je ne sais plus quoi lui dire. Elle me demande ce que je pense de Cléo. Je la regarde, je me sens piégée et je dis : “Ecoute, c’est ma chef. J’en pense rien, j’essaie de faire ce qu’il faut.” Mmm, dit Sandrine d’un air pensif. Après elle me parle de Laure Manaudou. Un peu cruche sur ce coup-là, elle dit :”Tu te rends compte?” De quoi? je dis, mais j’ai pas l’esprit au débat. Après je me rends compte qu’elle est peut-être stressée par la video, rapport àLui, va-t’en savoir, et pas par un débat sur le buzz. de toute façon c’est pas l’heure.

On va se coucher.

Pas de bruit, dans la chambre, mais de la lumière qui s’insinue au fil du temps, et insiste. Je me demande pourquoi il y a autant de lumière, et je finis par regarder ma montre : le temps continue de me jouer des tours : il est une heure et demie, le jour est levé depuis logtemps. Dans deux heures et demie Pierre-Henri est en bas de chez moi. ça m’accable. Moi je suis comme une courge dans la pièce voisine de Lui et Pierre-Henri va venir me chercher en voiture.
Je me lève et en essayant d’être silencieuse, je m’habille. Je sors en catimini : Ben ronfle sur le canapé.

Je me planque dans la cuisine en pensant à Sandrine et Lui. Si j’étais plus… plus je ne sais pas quoi, je réussirais bien à tirer parti de la situation (mais je ne sais même pas comment). J’en reviens à un message que j’ai publié : il y en a d’autres qui se posent carrément pas de questions ! (Une commentatrice m’a dit qu’une femme avait le droit d’avoir une vie sentimentale – certes, alorslà, je n’en disconviens aucunement, mais le fils après le père, c’est trop XVIIIème siècle pour moi). Pourtant, un zeste de Carla Bruni serait le bienvenu pour m’aider à abuser de la situation, me donner quelques idées (à ceux qui se disent : mais Carla Bruni est peut-être vraiment tombée amoureuse du fils Enthoven, l’amour légitimant l’incorrection (on peut appeler cela une incorrection?) – moi aussi, je suis amoureuse).

Donc je fais mon café en me demandant s’il existe un moyen pour tirer parti de la situation. Je rentre en liquette dans la chambre? Mais non, ça fait con, convenez-en. Si je fais comme s’il y avait une fuite d’eau, c’est Ben qui va s’y coller. N’est pas Carla Bruni qui veut.

Je bois mon café. Je pense à Pierre-Henri. Aller avec ce garçon au cinéma m’ennuie, je me sens nulle, mais moins qu’hier.

Zut c’est encore hyper long comme message. Donc café et là, la porte de la cuisine s’ouvre : c’est Ben, les yeux pas dans les trous, il me regarde difficilement et grogne une sorte de formule de salutation.

La suite demain, et il faut aussi que je parle de mon sport, mais demain la suite. Je suis longue, je sais, mais bon, je coupe.

Catégories : Mes amours · Pierre-Henri
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Et Pierre-Henri appela

janvier 6, 2008 · 41 commentaires

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Pierre-Henri a appelé vendredi soir. Dans ma salle de bain, je me lavais les cheveux en faisant attention de ne pas me cogner aux murs et de ne pas donner de grands coups dans le rideau de douche parce que ça met de l’eau partout par terre et après il faut essuyer et en plus le tapis de bain est trempé – froid aux pieds quand on sort. Pile le bon moment pour que le téléphone sonne. J’avais la tête pleine de savon, j’ai hésité, je sors de la douche, je sors pas? je suis sortie.Je me suis enveloppée dans une serviette et mes cheveux, mouillés et savonneux, dans une autre, et après j’ai décroché, c’était lui, j’avais froid, mon vélux a les joints qui flanchent, petit sourant d’air froid sur ma nuque, je me suis dit autant avoir chaud, et comme c’est pas grand chez moi, je me suis mise sous la couette, avec le tél, C’est faisable dans ma boîte à chaussure, mais c’est pas pratique (Serviette de bain + serviette sur les cheveux+couette+téléphone avec fil du téléphone qui se prend dans la serviette).

- Salut ! a fait Pierre-Henri, voix sérieuse, posée. Je ne sais pas si tu te souviens de moi (j’ai fait : eeeeuuuhhh…. je crois que si), nous nous sommes vu au réveillon chez ma tante, tu es partie tôt et je t’a trouvé très spontanée et drôle.

Vous avez bien lu, et j’ai bien entendu, ces mots se sont gravés dans mon esprit : je suis très spontanée et drôle. C’est chouette, non?

- J’ai pensé, a-t-il enchaîné imperturbable, que tu accepterais peut-être une invitation à dîner?

Là, je fais une parenthèse.

Combien de types vous appellent pour des invitations à dîner? Attention, pas pour boire un café, aller au ciné, se balader, aller faire un tour chez Simbad, ou à la Fnac rayon électronique ou DVD ou bouquins.

Combien?

Moi, jamais. ça ne veut pas dire que je fréquente pas de mecs, ça veut dire qu’ils ne m’invitent pas au restau pour dîner la première fois.

Ouais, je dois être nulle, trop bonne copine ou je ne sais pas. Ou je connais pas les bons mecs, ou c’est l’âge, mais voilà c’est la triste réalité de ma vie.

Je me suis donc pétrifiée intérieurement ; rien ne me plaisait dans ce type, même sa petite phrase avait un côté préparé, sûr de lui, m’as-tu vu. Mais le fait qu’il m’invite au restau m’a pris de court. ça m’a, euh, touché. Troublée. Hm. Mais j’étais pas contente d’être touchée. Ni troublée.

Pour moi, si un type t’invite au restau, tu passes à la casserole après, c’est clair. Ne venez pas me parler de romantisme. C’est dans mon idée, à tort ou à raison.

Après tu peux le prendre de haut, ou de loin, jouer avec lui, le faire mariner ; mais ce n’est pas mon style : ou alors il faut que je sois amoureuse.

Mais là je ne suis pas amoureuse. Donc pour moi, restau= je mange à 8 heures, je couche à minuit.

Or je ne suis pas amoureuse, je le trouve nul, ni drôle ni rien, aucune raison de lui tomber dans les bras.

Je reste muette. Parce que je trouve quand même ça sympa de m’inviter au restaurant, peut-être n’a-t-il pas les mêmes arrières pensées que moi?

Ou si?

Je suis donc muette. Le monde est rempli de filles qui savent très bien ce qu’elles doivent faire : elles doivent raccrocher au nez, elles savent comment et quand séduire, tout va bien. Moi je ne suis sortie qu’avec des garçons que je connaissais plus ou moins, je n’ai jamais dîné avec un inconnu. Je sens que je dois refuser, mais je ne sais comment. Voilà. Dans ces moments je me déteste, je voudrais avoir Le Guide Des Réponses Que Vous Devez Avoir Dans Toutes Les Circonstances.

Mais je l’ai pas.

Moi, j’aimerai qu’on me fasse la cour, on m’invite au restaurant, voire des fleurs et je saurais que je peux ne pas coucher avec lui tout de suite ou même réfléchir un mois toute alanguie j’y va-t-y j’y va-t-y pas (quoique un mois c’est long – mais c’est l’idée globale, l’absence d’obligation, de contre-partie). Mais ça n’existe pas. Oui, je sais, sauf avec VOTRE amoureux qui LE plus gentil, mais avec les autres, non, ça a toujours été comme ça, c’est les rapports humains, sauf que les filles sont rêveuses ou romanesques. je l’aime pas, mais il va me convaincre de m’aimer (dans les romans ça marche, mais vous imaginez le manque à gagner pour les mecs qu’en séduit jamais une? Sauf s’il décide de devenir crtique gastronomique pour rentabiliser).

Lui s’étonne. “Allo?

J’improvise brusquement, de toute façon n’oublions pas que j’aurais sa tête et j’entendrais sa voix toute la soirée si je mange avec lui, don je lui dis que je fais un truc le soir même, je vois des amis, je ne peux pas.

Ah, dit-il. Et la semaine prochaine?

Ecoute, dis-je, tu vas trouver ça incroyable mais je fais un truc la semaine prochaine aussi (c’est faux) et le week-end d’après je ne suis pas à Paris normalement (c’est vrai) et après je crois que j’ai un baptême (c’est vrai aussi mais je suis plus sûre de la date, ni d’y aller, mais bon).

Ah, dit-il.

Déçu.

J’ai réussi, me dis-je, et donc, contente (d’avoir réussi, ezt aussi, contente qu’il soit déçu, une fille telle que moi, tellement inabordable, ah la la, mais aussi le pauvre il me fait de la peine un peu quand même, c’est pas de sa faute s’il est nigaud), j’ajoute : mais attends, on peut peut-être se voir samedi.

Mais tu fais déjà quelque chose, objecte-t-il.

On peut aller au ciné à 5 heures, 6 heures, si tu veux.

Au cinéma? (Comme il aurait dit : Au zoo? Ou : Regarder les bateaux sur la Seine?)

Oui.

J’aime pas trop, dit-il. Tu sais, j’ai le satellite, avec toutes les chaînes… Alors le cinéma. (Intonations supérieures, le cinéma, pff…)

Petit Jésus retenez-moi.

Moi, j’adore le cinéma, dis-je avec agressivité.

Ah. Si tu veux. Oui, si tu veux. (Ferrons-la, se dit-il)

Comme tu veux (je me maudis, je sens que ça va être pourri, je me sens nulle. En plus ma serviette est toute mouillée maintenant, j’ai froid à la tête, je suis déprimée).

Je passe te prendre à 4 heures?dit-il.

Tu passes où?

Chez toi.

Mais pourquoi? On se retrouve là-bas.

Je viens te chercher en voiture, fait-il, comme une évidence.

En voiture?

(Pour moi, se déplacer en voiture à Paris est une idée baroque, ou de banlieusard. Il habite peut-être en banlieue, en fait. Je lui demande d’où il vient.)

Rue Scheffer.

Mais c’est dans Paris?

Oui.

Mais pourquoi tu viens en voiture? C’est idiot. En métro c’est plus rapide.

Nous n’allons pas y aller en métro. (Comme si je lui avais proposé d’y aller à dos d’éléphant)

Mais pourquoi?

Tu sors avec moi, je ne vais pas te balader en métro. (genre : c’est un principe)

Ah bon? Je devrais le maudire ou me moquer de lui, mais son idée est si nouvelle pour moi que j’en reste baba.

Mais on va galérer pour se garer.

Il y a des parkings (le mec qui assure). 4 heures?

Euh.. oui. D’accord.

Je raccroche, je suis toute froide, je me maudis. La nulle. J’aurais du dire non à Val, que je rappelle derechef – mais je raccroche. Je me suis mise toute seule dans cette situation. Je n’avais qu’à refuser. D’ailleurs, je n’ai qu’à prendre les choses avec humour, plutôt que de paniquer. Il y a des gens très bien qui peuvent ne pas aimer le cinéma et préférer regarder la télé. Il y a des gens très bien qui peuvent circuler en voiture dans Paris. Si ce garçon ne me plaît pas, c’est à moi de le lui faire comprendre, et d’ailleurs, me dis-je en reprenant courage, rien de tel qu’une situation inédite gérée avec recul pour apprendre des trucs dans la vie.

Jamais je ne suis allée au cinéma avec un quasi-inconnu. D’ailleurs, j’y vais en général avec des filles, des copines. Avec les mecs, je fais d’autres trucs, pas forcément cochons, mais plus mecs : des jeux, des soirées D&D, je ne sais pas.

Tous mes petits copains étaient des types avec qui j’avais un lien : ami d’ami, camarade de l’UCPA, camarade de fac. Jamais je ne suis sortie avec une personne totalement déconnectée de mon milieu et de ma vie. Cetaines amies sont sorties avec des types rencontrés en boîte et dont elles n’avaient aucune idée avant de les rencontrer ; moi, jamais. Sans aller jusqu’à plus si affinité, j’aimerai bien parler un peu quelqu’un de différent de moi, pour me changer.

Bien que je ressente toujours cette sourde inquiétude et un fort sentiment de rejet, je parviens à me persuader que cette séance au cinéma peut me fair passer quelques heures intéressantes. Je me dois de préciser que Val n’est pas si responsable que cela : de toute façon, avec ou sans Val, si Pierre-Henri m’avait appelé, j’aurais eu du mal à l’envoyer promener. Je ne suis pas une experte. Justement par manque d’habitude. Je peux, avec de la concentration, envoyer balader ma chef désagréable. Mais si un type pot de colle m’appelle, j’ai du mal à m’en défaire : cela ne s’est pas présenté très souvent, mais tout de même un peu.

Donc voilà, vendredi soir, j’ai du en plus retourner finir ma douche et comme chez moi c’est petit, je n’ai pas des tonnes et des tonnes de serviettes, donc je n’en avais plus de sèches et propore, donc je me suis rincé les cheveux, et séchée avec des serviettes humides, ce dont j’ai horreur. J’étais de mauvais poil, je me sentais nulle et bête et j’avais froid aux pieds.

Et je me disais : qu’est ce que je vais faire jusque demain 16 heures à attendre ce nigaud?

Je me sentais nouille et donc je me suis dit que j’allais sortir acheter du Nutella pour passer la soirée à regarder Breakfast at Tiffany’s en mangeant du Nutella. En me disant que j’étais nulle, puis mais non je suis pas nulle ça va être sympa de toute façon je me tire à huit heures mais je suis nulle d’avoir accepté une invit si ce type ne me plaît pas non mais ça va être une bonne expérience pour moi mais je suis un peu nulle etc. Une bonne soirée en perspective, quoi.

Mais j’avais les cheveux mouillés.

Il était huit heures 20.

Le supermarché d’en bas ferme à huit heures trente, il y en a un autre à vingt minutes qui ferme à 9 heures.

Cheveux mouillés et Nutella?

Ou rien?

Je me rhabille, pas contente, je mets mes cheveux dans une écharpe, je sors, je descends les six étages, la rue, l’autre rue, le supermarché, je suis dans la fille d’attente et là, là, que se passe-t-il? Hein? mon portable (que par miracle j’avais pris avec moi) sonne.

Oui.

A suivre – donc.

Catégories : Ma vie quotidienne · Non classé · Pierre-Henri
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