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L’othrorhgpae c’set pas ce q’oun corit

(c’est un post que j’ai écrit il y a longtemps et que je ne trouve jamais le moment de caser. Alors c’est pour aujourd’hui. C’est expérimental).

Marion Fizz a dit des vilainetés sur un groupe de rock pour petites filles et elle reçoit des messages de petites filles fachées libellés comme suit :

mwa jador th mé jen é ra le cu d ptite petass ki gueul com d veau d kn parl de tokio hotel.en + c meuf la ne coness rien o rock ca me gegoute elle se prene pr d gothik alr kel coness mm pa led zep etc.vs avé ka tte crevé bande de pute é jrigol pa kan jdi ca.

Ce qui prouve au passage, que les petites filles ont évolués (comme des Pokémons).

Quoiqu’il en soit, tout fout le camp, et l’orthographe avec. Mais l’orthographe et la lecture, c’est compliqué.

Qanud je fisaais mes édteus j’ia ul un turc. Puor ietdnfeiir un mot, l’orrde des lteters n’a pas d’miprtoatcne, il sffiut que tutoes les ltteers seinot érciets, mmêe dnas le drséorde.

Pevraenz-vuos à me lrie?

En tuot cas, je gèarle puor érrcie.

Bon, j’ne ai rujaoté dnas le déordrse.

En fiat, l’oiel potohragihe le mot et le cvreeau rmeet tuot dnas le bon snes.

Ai an fete sé bokou plu dur de lir kan la vrai ortografnai paraispaicté. (ile fo lir à ote voi pour conprandre).

Pffff. Epuisant. J’ai le cerveau en confettis. Je recommence à écrire normalement.

Est-ce que vous aviez compris ce que vous lisiez?

Killeuse rose

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Le premier truc, c’est le sourire. En souriant, vous pouvez éviter de parler, ou gagner du temps. Vous déroutez. Il est toujours difficile de résister à un sourire. Le sourire est positif. Je souris pour moi. Accessoirement aux autres. Cela veut dire que je suis meeeerveilleusement heureuse. Dans 90 % des cas. L’autre, en face, si elle ne sourit pas, ça veut pas dire qu’elle ne sourit pas, ça veut dire qu’elle est suuuper malheureuse, nananère, alors que moi pas.
En plus du sourire, vous pouvez fredonner. Pour me changer les idées, dans d’autres boulots, j’avais besoin de me concentrer intérieurement sur une chanson. ça me marche pas toujours, mais la visualisation des mules roses à pompons de plumes d’Aretha Franklin avançant vers son mari en hurlant « You better think » m’a toujours mise de bonne humeur, pendant que le chanson se déroule dans ma tête. Vous pouvez essayer avec votre chef, en mules roses, avec un petit tablier. En fait, quand un truc ne va pas, on a tendance à se focaliser dessus, alors qu’en évitant d’y penser on allège son stress.

Troisième point, pas facile (on oublie) : prendre du recul. J’oublie ; mais quand j’y pense, c’est vertigineux, parfois je pique des fous rires. Je suis à mon bureau, ronron du travail, ambiance métal, gris, boulot. Je pense à mon oncle Guillaume, et j’imagine où il est, ou je pense au salon de Marie-Rose et la différence, l’écart entre les deux me fait rire et me permet de tout remettre en place. Oui, là, on est en 2008, et je suis dans ce bureau, avec ces collègues, mais je ne suis pas que cela, j’ai dormi dans la chambre à guirlandes roses chez Guillaume, j’ai passé des vacances en Espagne avec mon père, je cite au hasard, je tiens en une seconde tous les fils de mes souvenirs et ils m’emmènent loin du lieu où je me trouve, et me rappellent ce que je suis : un entrelac compliqué d’évènements, et seule une partie de moi est assise à ce bureau. Les problèmes de cette partie de moi ne doivent pas influer sur le tout.

Après, mon idée c »est qu’il ne faut pas se laisser avoir par la morosité et devenir je fais le gueule et je bosse. Donc j’ai des petits trucs kitch ridicules sur mon bureau, et si on me demande si j’aime vraiment ça, j’affirme hautement ma différence. Oui j’aime les petits machins kitchs et si tu insistes un peu je t’en offre un (le problème c’est ceux qui les aiment au premier degré, mes trucs kitch). Pour ceux qui ont bon goût, on peut mettre des trucs artistiques, ou des étiquettes de bouteilles de vins de plus de 15 ans qu’on a bu, ou une cannette de Leffe vide, je ne sais pas : ah, une boîte vide de macarons Ladurée – un objet transitionnel, quoi. Ouais, les photos des enfants – peut-être.

Bon mais tout ça c’est bien mais ça ne suffit pas.

Là on a juste l’air obstinément nouille.

Non, le truc, c’est qu’il faut (après avoir souri, fredonné et mis des bouddha roses avec des paillettes sur son bureau) bouffer le nez au premier qui l’ouvre sur un sujet précis. C’est l’équivalent social du chien qui pisse pour délimiter son territoire.

Un prétexte pour montrer que. On ne peut pas anticiper du problème.

Pour certains, c’est naturel. Moi, distraite et tout, je m’en fous de tout. Je dois donc faire un gros effort pour repérer les trucs que je ne laisserais pas passer et qui vont me permettre de m’affirmer.

ça me demande une énorme concentration. D’un autre côté, c’est un peu comme un jeu.

Exemple, la tasse (c’est le seul truc que j’ai trouvé dans mon nouveau boulot).

Au bureau je ne bois pas dez café ; je bois du thé. Je fais tout un bazar avec mon thé. Quand on m’a pris ma tasse un jour de RTT je l’ai senti. Elle sentait le café. J’ai fait une grosse scène. J’ai ralé, soupiré, fait la grimace, parlé à voix haute. Quelqu’un est venu s’excuser. Je lui ai donné de grandes explications techniques sur l’odeur, le thé, le café. Le fait que je buvais du café CHEZ MOI et du thé au travail. Un truc mystérieux, une impulsion, si je bois du café au travail ou du thé chez moi je tombe raide morte.

ça a fait chier tout le monde.

De temps en temps ils me piquent ma tasse. MAis je m’en fous. ça m’a donné un STATUT. La Buveuse De Thé. La Tasse De La Buveuse de Thé.

J’ai fait mon intéressante et ça a marché.

Après, dans mon nouveau boulot il n’y avait pas grand chose. Tout le monde travaille plutôt poliment dans son coin, en s’en foutant des autres mais courtois.

Je n’ai pas de suggestions de scènes à crééer pour marquer son territoire, malheureusement, ce genre de chose il faut le vivre.

Le dernier truc, c’est la voix. Très important. Eviter le suraigu. S’interdire les cris d’enthousiasme (pffff…). Les cris de type préado fan de Tokio Hotel, c’est bon à 14 ans, justement, ou entre copines. Même si spontanément vous braillez, ben faut pas.

Si un collègue remet la cartouche d’encre de l’imprimante et que vous faites un bon de joie comme moi parce que vous n’avez pas à le harceler pour qu’il la change ni vous salir les mains, ne sautez pas sur place en faisant : »Ouiiiiiii!!!! ».

Ouais, c’est ennuyeux. Moi, les petits plaisirs de la vie m’enchantent. Ne pas avoir à remplacer une cartouche d’encre est un grand bonheur. J’exulte quand il y a du papier dans l’armoire et que je n’ai pas besoin d’aller en chercher à l’étage dans la réserve.

Mais je fais alors preuve d’une (si je puis dire) mâle satisfaction; ou de ce qui chez moi est le plus proche d’une mâle satisfaction. Je dis, par exemple : « Ah. » (avec un point, pas un point d’exclamation). Je baisse ma voix dans les graves.

Je ne dis pas ! » Houououou Vivi t’es ma toupine toi t’as été cherché du papier chez les vilains pabo du d’sus!!!!! » en battant des mains.

Là, j’avoue que je baillonne un chouia Hello Kitty et que j’ai recours à John Wayne.

Ou, donc, à l’imitation la plus proche que je puisse faire de John Wayne ( très peu de gens pensent à John Wayne en me voyant faire « Ah »).

Le seul cas où je lâche Hello Kitty à donf, c’est le vendredi après midi. Ou la veille des RTT.

Donc récap : sourire, fredonner, penser à tante Etiennette ou Aretha Franklin en mules roses à pompons plumeux (très importants les mules), mettre des petis trucs mignons sur son bureau (un petit nange croooomognon, un éléphant indien à paillette, ou toute autre bricole).

Mordre si on approche de votre tasse à café et parler d’une voix grave et ultra posée chaque fois que vous avez envie de sautiller en battant des mains (ou dans d’autres cas, moi, par exemple, quand ma chef m’emmerde – on peut mettre une larme d’agressivité sèche dans la voix).

Du coup, je n’ai plus de souci.

ça marche.

Hier, une collègue m’a dit : « Si je pouvais avoir ton assurance! »

A moi, à moi…. elle a dit ça (car je « sais parler » à La Diva).

Pour le coup, j’ai failli sautiller en battant des mains et en criant  » ouééééééé !!!!! chiiiiiic! ». Mais j’ai pas craqué!!! j’ai pas, non. J’ai dit d’une voix grave : « Ah? tu trouves? »