Tout sur ma mère?

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J’ai envie de parler d’elle depuis longtemps.

Je l’appelle Véronique quand je parle d’elle, et quand je lui parle. Parfois, en moi-même, je ne sais plus si c’est elle, maman, ou une autre, celle qui m’a élevé.

Ma mère est la petite soeur de mon oncle Guillaume et de ma tante Marie-Rose, et d’autres frères et soeurs.

Elle a été élevée à la campagne, mais elle allait souvent en ville, avec des gens de la famille, et même à Paris, relié directement par un train à la ville de ceux de sa famille qui habitaient en ville.

Par où commencer? Il faut, je crois, revenir un peu en arrière. Je devrais répartir mon récit sur plusieurs messages. Tant mieux ; ma tâche en sera facilitée.

Ma mère est d’une famille plutôt pauvre ; mais ce n’est pas si simple : elle et ses frères et soeurs ont vécu dans la pauvreté ou la gêne la plus grande partie de leur enfance, mais intégrée à une énorme et immense famille dont les membres étaient plutôt riches. Son père, celui de Guillaume, donc, avait réussi le concours d’entrée à Normale Sup, mais il n’avait pu se résoudre à quitter sa famille pour étudier. Il vivait dans le grec, le latin, l’allemand et la littérature ; mais il n’exerça jamais une profession là-dedans.

Il fut longtemps gérant d’une exploitation agricole, propriété d’un cousin, métier pour lequel il n’avait aucun don, et aussi commercial dans la commercialisation de matériel agricole, pour un autre parent. Il tint un café – bar- poste – pharmacie, je crois, un certain temps, aussi. En fait il ne put jamais s’échapper de l’influence de sa mère, dite Manée, pour des raisons obscures, et Manée le maintenait dans une pression terrible.

Quand il mourut ma mère avait 3 ans, et sa femme ne tarda pas à la rejoindre. Une fratrie de 5 enfants tomba donc dans les bras de ladite Manée, qui n’y voyait aucun inconvénient.

Guillaume avait 17 ans à l’époque, et il fit tout pour échapper à la tutelle de Manée, tout en essayant de ne pas déplaire à ce terrible personnage. Sa soeur, Marie-Rose, agée de 18 ans, s’était mise à travailler dans une usine comme comptable.

Guillaume, passionné par les chevaux, eut l’idée géniale de travailler dans un élevage de chevaux n’appartenant pas à la famille ; ce qui paraissait inconcevable à Manée ; mais personne n’élevait de chevaux dans la famille, il fallait bien qu’il travaille ailleurs.

Guillaume et Marie-Rose, avec une énergie folle, emmenaient régulièrement leurs frères et soeurs en promenade, ou dans le petit studio qu’ils avaient loués, pour que lestrois derniers se sentent en famille. Pour partir en vacances, ils essayaient de profiter des « largesses » de certains cousins, qui prenaient en vacances Marie-Rose et un enfant, sachant que Marie-Rose jouait alors le rôle de baby-sitter/bonne d’enfants volontaires (comme elle devait s’occuper d’un petit frère oud’une petite soeur, on lui collait tous les gosses …).

Marie-Rose épousa pour en finir le fils du type pour qui travaillait Guillaume. Toute une histoire. Autant Guillaume était un fou des chevaux, autant le fils détestait les chevaux… Il devint prof – de SVT. Une histoire à raconter, tiens. Mais c’était le meilleur ami de Guillaume.

Je me rends compte de tout ce que je suis obligé de ne pas raconter ! ça serait trop long.

Tout ça pour dire qu’au final, ma mère a été orpheline, et élevée par une grand-mère assez vache, malgré ce que Guillaume et Marie-Rose ont essayé de faire.

Après le mariage de Marie-Rose, avec son amoureux François, Guillaume est allé s’installer chez le père de François, Roger. Marie-Rose habitait dans le même village, et Véronique, avec son frère et sa soeur, venait chez elle le plus souvent possible. Véronique et Manée, c’était pas l’amour. Il paraît que Manée prenait ma mère par les cheveux, et la précipitait contre le mur en criant : « je te ferai céder » et ma mère hurlait : « je préfèrerai crever, vieille salope! »

Ambiance moyenne, voyez. Et puis la Manée, c’était la France à l’ancienne, on obéit aux anciens.

Bref, donc la Véro, elle avait qu’une idée : se tirer. Pourtant elle aimait bien son frère et sa soeur, mais elle n’était pas fort accomodante. Les autres de la famille, beaucoup plus souples, n’avaient aucun problème avec Manée.

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9 réponses à “Tout sur ma mère?

  1. wow, quelle histoire! la suite, la suite…
    pas commode la Manée…

  2. Quelle ambiance mon dieu !

  3. Quelle histoire !! Mais quand même un bel hommage à ta Véro à toi!

  4. « drole » d’histoire,celle de ta vero….il me semble qu’ apres on puisse avoir de drole de nevroses!!!la suite stp

  5. Ah y a toujours de ces histoires dans les familles … Je comprends que ça te fasse du bien d’en parler …

  6. Tu as une famille avec une histoire atypique. Remarque, on en a tous je crois. Mais quand même. Ta maman n’a pas eus une vie facile, c’est le cas de le dire
    Contente qu’elle ait eut une vie épanouie apres, avec une fille avec laquelle elle s’entend (visiblement) si bien

    bisoussss

  7. Oui, vu comme ça ça fait assez dramatique… C’est marrant quand même parce que je ne le sens pas dramatique. Tous les autres membres de la famille ont eu des vies « classiques », sauf ma mère, qui avait une forte personnalité.
    Je ne crois pas qu’il faille s’imaginer qu’elle était malheureuse. ce n’est pas comme cela qu’on me l’a décrite, ni qu’elle se décrit, quand elle en parle.
    Manée voulait que tout le monde s’en sorte, et elle voyait bien chez ma mère une tendance inquiétante à on ne savait même pas quoi, d’où sa violence.
    Guillaume était consciente de son autoritarisme, et comme lui aussi avait son caractère, il voulait lui échapper, mais il ne la condamne pas.
    Bon, c’est compliqué.

  8. Compliqué mais intéressant comme toutes les histoires de familles sur plus d’une génération.

  9. et maintenant ?????