Tensions au boulot

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La lecture des commentaires de mon article d’hier m’a plongé dans la perplexité ; certes, je ne voulais pas montrer ma mère sous un angle trop négatif, pour éviter l’avalanche de critiques qui déferle sur elle dès qu’on en parle ordinairement. Du coup, ce que j’ai écrit fait très dramatique, pauvre orpheline, etc. Je dis pas qu’elle n’était pas orpheline, ni pauvre, dans le sens de fauchée ; mais c’est beaucoup plus complexe que ça.

Je constate qu’il est difficile d’écrire, et plus encore de transmettre ses sentiments, ou ses impressions au lecteur. Bon. Sur ce, pour éviter de me relancer dans un débat là dessus, je me tais : je reviendrais là-dessus plus tard.

Au boulot : beaucoup de boulot. La Diva m’emmerde ; depuis l’autre fois, je vais bosser en mode « si tu me dis quoique ce soit je te pète la gueule ». Vous comprenez, j’ai besoin de me programmer ; je n’ai pas l’agressivité naturelle du tout. En revanche, programmée, je fais ça bien.

Du coup, plus rien ; alors que je suis prête à en découdre !

Petit évènement, lundi : descendant des escaliers menant à l’Etage Des Chefs, elle appelle (alors que j’étais encore en pleine digestion de la veille, pas très vive) , sur un ton (car tout est dans le ton) : Fanette!

Bon, le ton, à l’écrit je ne peux pas le faire. Vous imaginez.

Je n’étais guère réceptive ; il me semblait percevoir le gras de la sauce au foie gras glisser lentement de mon foie à mes veines. Je pensais : laitue, batavia, endive, mâche, roquette, feuille de chêne.

Diva, once more : Fanette !

L’info traverse le gras et parvient jusqu’à mon oreille. Je perçois agacement et début d’autoritarisme ; mode danger !Le voyant rouge s’allume. Ne pas me faire marcher sur les pieds. Important. Mais que dire? Elle n’a fait que m’appeler, et en plus je suis fort apathique.

Dans le doute, je réponds, d’autant plus malaimable que je me sens en panne d’inspiration, rapport à tout ce gras qui se fige dans mon cerveau, et que je crains de pas gérer :

– Chloé?

La Diva, en bas des escaliers du bureau, demeure interloquée ; Viviane me regarde. Je les regarde alternativement, sans comprendre. Viviane pouffe, discrète. J’ai du dire une connerie, louper un truc, là.

– Quelque chose ne va pas? demande tout gentiment Chloé, arrivée près de mon bureau.

– Tout va très bien. Vous vouliez?

Et, rien, elle m’a fait suivre un mail d’un client, voix toute sucrée toute gentille, petites fleurs et tout et tout et tout.

Puis elle remonte dans son Etage De Chef.

Je lance à Viviane :

– Pourquoi t’as rigolé?

Et une autre nana du bureau me dit en se marrant, avant que Viviane ait le temps de répondre :

– La vache t’es remontée toi!

– Tu t’es entendue? me demande Viviane.

Je prends un air entendu, mais j’interroge sauvagement Viviane à la pause de midi. Il paraît que mon ton a « remis à sa place » la Diva. Chic ! je suis bien contente. Problème : je ne me suis pas entendue. Normalement j’ai toujours une voix gentille, culcul. On dirait que ça change. Je m’adapte au monde du travail, le vrai.

Je ne sais pas si j’aurais des réponses, mais ça c’est un truc qui m’intéresse : comment gérez-vous les conflits au bureau? Je veux dire, ne pas se faire écraser, tout en restant aimable, c’est pas toujours simple de trouver la nuance. Ou si? Si vous avez des trucs, des expériences, je suis intéressée. Je me demande toujours si je suis la seule pomme. Et aussi, comment passer de pomme à tigre, voire requin (enfin requin c’est l’étape suivante, si je suis sage!).

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16 réponses à “Tensions au boulot

  1. Bonjour
    J’ai découvert hier ton blog en flânant sur celui de GinFizz … je me suis retrouvé à tout lire depuis le début et j’aime beaucoup ta façon d’écrire … c’est frais et assez drôle … enfin dans le sens où j’ai l’impression que je peux me reconnaître dans ce que tu dis … notamment lorsque tu parles de Lui et que tu n’aimes pas être amoureuse =) … enfin bon

    Pour répondre alors à ce poste … je dirais que je comprend tout à fait quand tu dis que tu n’arrives pas à faire passer tes sentiments à propos de ta mère et de ce que tu as écris hier … parfois on se trouve dépassé parce que l’on a écrit … on écrit avec l’inspiration et puis au final ça ne passe pas aussi bien … ce sont des choses qui arrivent et ça nous fait sans doute aussi avancer …

    Bon j’ai déjà beaucoup monopolisé la parole … alors je te souhaite une bonne journée …

    A bientôt =) !

  2. Merci de ton commentaire. Je reviendrais sur ce thème, mais pus tard, car je veux que tout cela « décante » doucement en moi. Tu me fais, par ailleurs, des compliments très agréables à recevoir. Merci !

  3. pour les sentiments, ou des trucs bien moins graves, la communication bloggueur/lecteur n’est pas aisée, mais c’est toujours intéressant de voir l’image qu’on renvoie aux autres…

    c’est exactement lié à ce que tu as décrit au travail… Il y a toi, avec ton humeur actuelle, ton état, l’idée que tu en as, l’image que tu renvoies, et puis la même chose pour les autres… Sauf que tu es Fanette et que tu vois les choses en tant que Fanette. Tu es plus ou moins sensible à tel ou tel point en toi que tu as l’impression de renvoyer aux autres, mais les autres ne voient pas les choses de la même façon (je me jean-claude vandammise, désolé), d’où ce décalage et le fait que tu n’as pas réalisé que ton ton était différent.

    Quand tu te « programmes », ça doit se voir, même si tu fais comme si de rien n’était, les autres peuvent s’en rendre compte et du coup modifier à leurs comportements à leurs tours.

    Au travail, comme ailleurs, il faut trouver le bon moment pour dire les choses : avec un(e) impulsif, ne rien faire à chaud, prendre sur soi, attendre que ça retombe, puis en parler.
    Avec quelqu’un qui est plus mou, et peut être plus ouvert, on peut tenter de le remettre tout de suite à sa place.

    Avec un cas qui était mon chef il y a quelques années, la tension était montée telle que je me retenais de le gifler tellement il était odieux. J’ai serré les dents, attendu que la réunion se termine et ai demandé à lui parler, seul à seul : et là, déballage, des deux côtés, en essayant d’être constructif, ça allait mieux après… souvent, les modes de communication des uns et des autres sont différents et à la source des frictions

    Pas sur d’être très clair, mais j’aurais essayé…

  4. Quand j’avais un travail j’étais plutôt du genre à ne pas me laisser marcher sur les pieds…chef ou pas.
    Ce qui m’a valu une réputation (in)justifiée de râleuse, mais au moins on ne me marchait pas dessus.
    Il faut dire que c’était un bon boulot de M…aussi, pas très fin.

    Il faut trouver le ton juste , être ferme et polie…pas facile.

    Tu sembles t’en être bien sortie là.
    En tout cas ça me plait cette façon de te « programmer » 🙂

  5. Salut fanette, meme com que Zeste deCitron pour ce qui est de la decouverte de ton blog mais par un autre chemin.

    J’ai vecu la meme histoire hierarchique dans mon ancien boulot et pour tout te dire cela a ete la raison qui me l’a fait quitter…

    Je fonctionne un peu comme toi, par mode, si tu ne m’agresses pas il y a peu de chance que je commence mais dans le cas contraire… je suis vite arrive au statut de tigre et bizarrement ca marchait… le fameux « Yves? »… « QUOI ??!! » marchait tres bien, mais j’ai finallement eu pitie de lui ou de moi c’est selon, aller au bureau avec des pieds de plombs n’etait et n’est toujours pas dans mes ideaux… aujourd’hui ca va mieux Dieu merci…

    ZestedeCitron a raison, ton blog est assez frais, ca fait du bien…

  6. ne pas se faire écraser au taf ???
    j’y pense tout les jours , moi je tente d’être compréhensive et desfois je remet mon collègue à sa place en essayant d’être maline

  7. avec les collègues proches c’est facile, je « gueule » un bon coup et ça passe. avec ma chef qui est assez sympa et qui est du genre à se laisser aussi marcher sur les pieds, je m’affirme, je dis ce que je pense. en tout cas, je m’adresse pareillement avec le big boss qu’avec ma chef ou un collègue (pas le « je gueule » quand même. ce que je veux dire c’est que je ne suis pas plus impressionnée que ça par la hiéarchie, je changerai peut-être les mots parce que quand même le boss n’est pas mon meilleur pote ça fait partie des convenances.

    je ne sais pas si je me fais très bien comprendre, en tout cas, courage pour ton mode affirmation, apparemment c’est en bonne voie puisque tu ne t’en es même pas rendu compte. tu sais ce que tu vaux, c’est le plus important.

  8. Bonjour, moi aussi je viens de découvrir ton blog hier, et tout comme Zeste de citron, j’ai tout lu sans m’en rendre compte… J’aime aussi ta facon d’écrire, le ton sur lequel tu racontes tes « péripéties »…
    C’est vrai que tout n’est pas facile à retranscrire à l’écrit mais notemment tes sentiments et tes impressions face à l ‘amoureux… je trouve ca excellent…
    Bonne journée, a bientot surement

  9. Mais, on se croirait dans le film  » The devil wears Prada »!! Allez, bon courage!

  10. Chrisos : Je vois bien ce que tu veux dire, tu as raison. Il faudrait traviller sur son propre marketing, en fait, et laisser émaner de soi une image toujours forte. En tout cas c’est ce que m’inspire ta remarque.
    Pivoine : Tu as raison, il faut être ferme, faire bien sentir son désaccord, tout en restant polie, sans dépasser certaines bornes… Arrrghh! Quel self-control par moment !
    yoyo : Je ne crois pas que j’en viendrais à ne plus vouloir aller au bureau (j’ai toujours une motivation dans la cour à droite en entrant, il est toujours mignon !)
    Lili : Oui, compréhensive, tu veux dire quand quelqu’un est agressif parce qu’il est mal dans sa peau.
    Annick : Quel caractère ! Tu n’as pas peur d’aller trop loin? je te dis ça, mais c’est peut-être toi qui as raison. J’ai peut-être tort d’essayer d’être mesurée.
    Myriam : merci à toi ! ça me fait plaisir que tu sois contente de ce que tu lis ici.
    Anne : Oui, c’est vrai. Mais elle est moins mode, plus jeune, et moins chef. je veux dire moins « toute puissante ».

  11. c’est souvent ceux qui ont du pouvoir les plus faibles en fait!!! surtout ceux qui aiment écraser… plus ils écrasent plus ils sont faibles!!! enfin je raisonne comme ça je sais c’est bizar

  12. L’ironie et le sacarsme lorsque l’on veut être dominateur, l’ignorance pour marquer les limites de la relation et la diplomatie si manipulation il doit y avoir. La dernière étant la plus difficile car elle touche directement notre ego, celui que l’on doit parfois ranger assez profondément dans notre sac.

    La vie d’adulte ? un jeu d’enfant…

  13. Ahlala les tensions au boulot je m’y connais ces jours! Tout le monde est stress et ça part vite!
    Je suis pareille que toi .. on entend et on voit vite quand je bouillone…
    En tout cas, bon courage!
    grooooooos bec!!!!

  14. La famille, le boulot, que c’est désespérant parfois!
    Ya tjs une conne pour pourrir ta journée!
    Allè, hauts les coeurs Fanette!
    C’est bientôt les vacances!!!

  15. En fait, ça prend des années… l’age, la maturité, l’expérience de nombreuses rencontres professionnelles. Et un jour, on se sent bien, même en face de tyrans, de petits chefs et autres emmerdeurs de boulot. On trouve les mots, les répliques, l’humour parfois, on sait contourner, demander des explications, affirmer ses points de vue, s’affirmer pour se faire au moins respecter, ou on sait tout simplement « laisser pisser »…
    Contrairement à la famille, il n’y a pas ou très peu d’affectif, ni de passé commun, on y met moins de gants, ou pas les mêmes… juste des mitaines !

  16. dur équilibre ! le pire c’est quand j’ai bugé sur un collègue je suis obligé de le faire ressentir par ma froideur …..ambience !