Esprit de Noël

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Cette fois, je vais faire court.( c’est raté)

Encore une fois, en lisant les commentaires et d’autres blogs, je me suis rendue compte que ce que j’écris est orienté dans une curieuse direction, comme si je me plaignais, ce qui est très intéressant parce que je me suis demandé si je ne me plaignais pas, pour le coup.

Mon Noël, en dépit de certains membres de ma famille, a été excellent : je suis allée chez ma tante qui m’a, comme elle l’a toujours fait, bien accueilli, et si d’autres membres de la famille ont eu moins de délicatesses, ces personnes sont très peu proches de moi dans les faits (même ma tante Etiennette, bien que soeur de ma mère, je ne l’avais vu que quelques heures cet été, et l’année dernière, en février, lors d’un repas).

J’ai donc passé un très bon Noël : peut-être que ces personnes me blessent plus que je ne me laissent le croire, mais j’y suis habituée.

Pour certaines personnes, Noël est une période difficile. Pour moi, c’est un peu agaçant d’avoir autant de contraintes et d’allées et venues en peu de temps, mais c’est une bonne période. Grâce aux ramifications de mes familles, des deux côtés, je trouve toujours chez qui aller, et cela se passe toujours bien.

Pour moi c’est avant tout une fête familiale, c’est-à-dire qu’elle implique des retrouvailles de gens que l’on voit peu MAIS que l’on aimerait voir plus, des rencontres transgénérationnels, et des repas. Le côté bouffe, c’est un peu trop, mais il faut s’organiser : j’ai mangé comme quatre chez Marie-Rose, j’ai congelé ce que j’ai rapporté (mais mon congélateur n’est pas terrible, il va falloir que je le mange dans le mois), et j’ai entamé un régime de légumes (le seul moyen de me nettoyer après ces agapes) depuis mercredi. Manger des soupes m’a permis de réaliser des économies (j’ai du me payer le train pour aller chez Marie-Rose) et de me sentir toute fraîche, car ce week-end rebelote : je vais chez ma belle-mère, pour un « deuxième Noël », ma belle-mère étant la femme de mon père qui m’a élevé et que j’appelle maman comme mes deux frères et soeurs.

Je note que peu de gens parlent de leur argent sur les blogs, c’est vrai que ce n’est pas fascinant. Moi, j’ai de la chance, dans la mesure où mon studio sur Paris ne me coûte rien… Un logement pour rien, c’est une vraie chance… Il se trouve que ce studio appartient à un cousin, assez vieux, qui ne veut pas le louer parce qu’il a peur des locataires, et Guillaume l’a convaincu de me le laisser, en plus exposant qu’il s’abimerait plus s’il était vide. Le bol. L’avantage d’une famille à ramifications multiples, et aussi, de la « protection » patriarcale de Guillaume, car tout le monde de la famille n’aurait pas obtenu ça (d’où des jalousies). Je dois ça à mon statut de « la pauvre, avec sa mère » et au fait que Guillaume fait pour moi ce qu’il n’a pas pu faire pour ma mère (il était trop jeune et sans le sou, mais il se sentait déjà une âme de patriarche, et voilà). C’est là aussi où Guillaume envoie ch promener certains, en leur disant : »et qu’est-ce qu’elle en foutrait, ta gamine, du studio à Paris, hein? Elle fait ses études à Nantes ! » ce qui ne supprime pas les jalousies mais les rend muettes ; voilà comment je suis une sorte d’OVNI envié dans les chaumières familiales. Du coup, je suis une privilégiée, pas seulement aux yeux de certains dans ma famille, mais même à Paris.

Voilà pourquoi je ne peux pas ne pas « aimer » mon oncle Guillaume, quoique je sois en train de me demander comment faire pour discuter avec lui de sa petite phrase malheureuse, on n’est pas douée pour la dialogue dans la famille.

Voilà pourquoi je ne peux pas cracher sur la famille, malgré Etiennette et la quantité faramineuse d’idiots qu’elle comporte : je me rends compte que ma position « en marge » me permet de bénéficier de nombreux avantages sans les inconvénients.

Pendant longtemps j’ai fantasmé sur avoir un père, une mère, et deux ou trois frères et soeurs, comme les autres. Certains avaient l’air de s’éclater. J’ai accepté l’évidence : je ne saurais JAMAIS ce que c’est, jamais, même si c’est bien (des gens de familles nombreuses me parlent de leurs frères et soeurs et ça me fascine) ou affreux (pour d’autres, c’est horreur, jamousie, un parent qui préfère le frère, ou la soeur, ou qui n’est pas là).

Je suis une sorte de coucou, je vis chez les autres, chez une multitude d’autres, et ça se passe bien même si je rêve (encore) de savoir ce que c’est une famille (la mienne ressemble à un réseau). J’en rêve, mais je n’en souffre plus.

Où suis-je chez moi? Même mon studio n’est pas chez moi ; avant, je ne me sentais chez moi nulle part ; depuis un an ou un peu plus, je me sens chez moi partout.

Donc, ce soir, enfin en fin d’aprèm, direction la banlieue ouest, RER A, chez ma belle-mère et son mouveau mari, un monsieur charmant et bien élevé qui m’a dit il y a trois ans qu’avec moi il était tranquille, pas de conflits rien alors qu’avec mon frère et ma soeur, les « vrais » enfants de ma belle-mère, ça avait parfois été chaud. Et même avec ses enfants.

Pourtant ça aurait pu être chaud, mais ça ne l’a pas été. Même encore maintenant, je perçois chez mon frère et ma soeur des tensions qui me font de la peine pour eux.

Curieusement, pendant les années où je me sentais abandonnée, où j’ai été malheureuse, et où je me réfugiais dans l’univers des chevaux, j’ai souffert et je me suis traîné dans la souffrance, je VOULAIS être malheureuse personne ne m’aime tout le monde s’en fout et puis quand j’ai passé mon bac et commencé à Paris mes études, pof, je suis devenue une autre : amis, sorties, rigolades, et depuis tout va bien.

Les autres ont eu des vies plus classiques, études bacs, écoles, avec des tensions familiales auxquelles j’ai échappées puisque je ne voulais voir personne, et que Guillaume se faisait une joie de m’accueillir dans le giron de sa famille, en expliquant aux autres que j’étais très bien chez lui et que je voulais y rester, et maintenant je m’éclate, alors que les autres sont « engoncés » dans leur famille.

Comme j’avais l’intention de l’expliquer dans unvieux billet, je suis celle qui m’en sort le mieux, ou l’une de celles, et c’est marrant, quelle chance me protège?

Ou alors, un jour, tout va me retomber dessus….

Je parlais des sous : mon salaire n’est pas terrible, mon boulot me plaît mais il va falloir que ça s’améliore, mais ma vie est cool (quoique avec plus d’argent ce serait mieux).

Encore un billet long, c’est pas vrai. En plus, informe.

Bon, l’idée c’est que j’aime bien Noël, quoi. Noël pour moi c’est comme le bonhomme de neige que j’ai mis en haut. Mignon et culcul.

Joyeux re-Noël, ben oui, j’y retourne, là, et lundi soir je suis invitée à deux fêtes, je ne sais pas ce que je vais faire, c’est un peu le bazar, car je ne suis tentée par aucune des deux.

PS : CV rapide : Jusque 13 ans j’ai vécu chez mon père et ma belle-mère, puis une période floue, puis après chez Guillaume mon oncle, en accord avec mes parents puisque je ne voulais plus quitter les chevaux, puis à 18 ans je suis partie étudiante à Paris, quelques mois chez ma belle-mère puis dans un studio appartenant à mon père qu’il a vendu depuis, bref on s’en fout, mais je suis restée sur Paris depuis, avec allées et venues pour les vacances chez oncle/cousins/père/belle-mère/un peu tout ce qui venait/séjours linguistiques. Mère aussi, tiens.

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14 réponses à “Esprit de Noël

  1. Ben te poses pas de questions ! Tant que tout va bien, profites !! 🙂
    Tu te poseras des questions quand ça n’ira pas… En attendant, vis, va et deviens ! (superbe film d’ailleurs) et surtout RIS ! Et souris à la vie.

  2. Bonjour, joli et riche blog, je repasserai très bientôt 🙂

    http://voiceforfreedom.canalblog.com/

    http://amzic.canalblog.com/

  3. Eh bien, tu as une plume fort bien remplie^-^

    J’aime beaucoup la photo du sapin.

    chu

  4. Il en faut peu pour être heureux
    Vraiment très peu pour être heureux
    Chassez de votre esprit tous vos soucis
    Prenez la vie du bon côté
    Riez, sautez, dansez, chantez
    Et vous serez un ours très bien léché !

  5. J’adore cette phrase : « voilà comment je suis une sorte d’OVNI envié dans les chaumières familiales.  »

    Les jalousies, il y en a dans toutes les familles… Rassure toi…

  6. Bonjour Fanette,
    ben si tu as des choses à dire, il faut laisser faire … Un blog, ça sert à ça aussi. Tu sais, elles sont bien rares les histoires personnelles simples et lisses. On a tous nos petits voire gros accros. L’essentiel c’est de se rendre compte des bonnes choses au milieur de l’ensemble, et de sa tracer sa petite route unique. Celle qui ressemble au meilleur de nous même, et que personne ne peut nous prendre. Et tu as l’air de faire ça très bien. Et je suis d’accord avec Xia, souris. Demande toi chaque matin qu’elle bonne raison tu as de sourir, et tu verras il y en a toujours … Et quand tusouris, c’est le monde entier qui souris avec toi !
    Et je termine en te félicitant sur la très belle photo que tu as mise sur ce billet.
    Très bone dimanche à toi.

  7. Bon ben ! tout va bien……….
    Commence bien l’année et n’ai pas peur du jugement des autres car on ne peut jamais l’éviter !
    arielle

  8. loyer gratos …. so good ! alors que moi j’fait un virement automatique de mon salaire sur le compte de mon proprio!
    veinarde!

  9. Hello Fanette,
    Je suis d’accord avec Catherine, le blog sert aussi d’exutoire…. Ca peut être pour certains comme un thérapie. Pour toi, tu en es déjà consciente, puisque tu l’appelles ton « journal »…
    Ca me rend un peu mélancolique les fêtes de Noël, effectivement ça fait toujours ressortir les vieilles rancoeurs familiales… Au diable !
    Fille unique de parents divorcés et re-mariés, moi-même séparée du père de ma fille et mariée à une moitié-déjà-dirvorcé-lui-aussi… Ca fait un peu mélo dit comme ça, mais en fait tout se passe pour le mieux, il suffisait de s’éloigner des « gens-qui-ont-la-langue-fourchue » !!
    Bon, là je m’égare complètement, je vais pas te raconter ma life dans un com’ ?! Non ?
    Je crois tu as le recul nécessaire – tes propos le prouve, non ? – et se dire que » le meilleur reste à venir », mon adage quand ça n’allait pas 😉
    Un bon réveillon et je te souhaite de bien débuter cette nouvelle année !

  10. Le blog EST une thérapie!
    Tu dis tout ce que tu ne peut pas balancer tel quel à ton entourage… ca soulage!

  11. ce que j’aime avec ton blog, c’est son petit coté « décalé »…
    bonnes fetes de fin d’année !

  12. Bonne Année Fanette!

  13. Ahh la famille. Les rêves de famille..La famille qui blesse, parfois, sans le vouloir. La famille qui rassure mais dont on voudrait s’affranchir.
    Ta note était longue (t’inquiète moi j’adore) mais touchante. Belle année à toi (tu as l’air sur le chemin de l’apaisement)

  14. Tu sais souvent moi aussi je me demande si je ne me plains pas trop sur mon blog. J’ai déjà rectifié le tir plusieurs fois mais cela finit par ne plus être aussi spontané et cela risque de devenir fade.
    A toi de faire de ton blog ce que tu veux !