Le téléphone sonne (mais il ne pleure pas – je dis ça au cas où)

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Ui, le téléphone sonne.

Vous savez ce que c’est que la sac d’une dame, je crois?

Je rappelle que je suis partie fissa, j’ai pris mon sac, mon portable, j’ai mis l’un dans l’autre et maintenant il faut que je cherche, et je farfouille furieusement, le téléphone sonne et je cherche, il est pas dans la poche de devant, ni dans celle à l’intérieur du sac, ni dans le sac – ah mais il sonne, pourtant, rhhaaaa, et si, il était dans la poche de devant mais on le voyait pas, il y avait une pochette rose de truc de fille de secours, et des pubs que j’ai pris dans ma boîte aux lettres et fourré dedans sans réfléchir.

Je l’ai !!! Mais, bien sûr, il ne sonne plus.

C’est pas grave ; grâce à la technique moderne, je sais qui m’appelle. Pas de bol, c’est un numéro inconnu. Un autre numéro de Pierre-Henri? J’hésite. J’envie un Sms : Ouiiiii? pour voir.

La réponse arrive, rhhhooo, c’est à moi de payer ma pâte à tartiner (ouais, je veux bien leur faire de la pub, mais ils m’envoient des pots gratos, OK? en même temps, ils trustent un peu le marché, donc ils en ont pas besoin – de pub) et les trucs que j’ai acheté avec (des courgettes pour me faire de la soupe de courgettes parce que c’est pas le tout de se gaver de pâte à tartiner).

Bon. Je paie, je lis mon SMS – c’est – ma vie c’est n’importe quoi, je rigole et en même temps je suis énervée (mais c’est peut-être bien? non c’est pas bien) – la blonde gentille, la copine de Lui, appelons-là Sandrine.

Rdv rue Monge une demie heure?qu’elle dit, pardon écrit.

Ggrrhmmpff. Je fais quoi?

Soit je rentre chez moi, avec ma tartinette (oui, pâte à tartiner c’est trop long, vous comprendrez) et je regarde Breakfast Tiffany’s que je connais par coeur, soit je les rejoins. J’éprouverai certes des sentiments divers ; mais que vais-je éprouver dans ma boîte à chaussure à regarder Breakfast at Tiffany’s sur mon portable? (Bon, c’est vrai qu’en ce début d’année, j’ai aussi mes cartes de voeux à écrire à toute ma parentèle, une activité super passionnante, vous en conviendrez).

Bon; je me dis : je rentre, pendant le chemin de retour je réfléchis; même pas vrai : je ne réfléchis pas, pendant le chemin du retour, ou plutôt je pense à ce que je vais porter – la décision est prise, peut-on donc dire ; retour donc au pas de course, escaliers, je m’habille, je redescend, pas de course, métro, changement, métro, rue Monge.

Petit bar quasi désert. Sourire lumineux de Sandrine ; si elle n’était pas aussi sympa, je devrais la détester, elle est jolie, et charmante. Grognement de Lui, en pleine conversation avec Benjamin.

L’idée, ce serait d’aller au cinéma, mais personne ne bouge. On parle, je ne sais pas de quoi, on boit. Après Benjamin dit qu’au point où en en est, on pourrait aller boire un cocktail dans un bar qui porte un nom de bateau. On y va. On marche, on parle, en fait c’est sympa sauf que je me demande pourquoi elle m’a téléphoné. Sadisme? Stratégie de l’échec?Elle me trouve sympa?

On va au bar et on prend un cocktail (c’est cher, tout ça), et après le vin blanc que j’ai bu, le rhum du cocktail, wow. On se marre de plus en plus, je ne regrette pas d’être venue.

Le truc, c’est que tout d’un coup je regarde l’heure et il est trois heures. Je pousse un cri. Comment peut-il être trois heures? Tout à l’heure il était dix heures. Lui et Benjamin sont écroulés de rire. Il paraît que le temps passe. Oui, je le sais, contrairement à ce que ma remarque pourrait laisser croire, mais là, il a passé particulièrement vite.

Le temps qu’on sorte il est encore plus tard, et Ben demande si on veut rentrer chez lui, il habite vers Place d’Italie. ça me tente bien, j’adore aller chez les gens. Sandrine et Lui sont OK, ça devait être sous-entendu, de toutes façon ils habitent vers le nord, c’est loin.

On y va à pied, on chante des chansons, il fait froid, on arrive vite, immeuble, entrée, appart de la catégorie appart-couloir (mais bon, je le prends quand on veut). Je pousse d’ailleurs des cris en lui disant qu’il a de la chance, il me dit qu’il squatte chez son frère, absent en l’occurence, mais que le dit frère a une copine et qu’il va falloir qu’il se trouve un truc. Ah oui, je vois, dis-je, et bon.

Après il faut se répartir. Ben a une chambre, il y a la chambre du frère, et le salon. Le truc, c’est que Ben peut prendre sa chambre, Sandrine et lui celle du frère, et moi le salon, mais Ben insiste, non je ne dormirais pas sur le canapé, hors de question pas chez lui et avec Sandrine, habituée des lieux, ils me changent les draps et je dors dans la chambre de Ben – super, hein? >Mais je suis crevée, je ne veux que dormir.

Je suis ravie d’être venue, et avec une pertinence d’esprit incroyable, je pense même à ma méthode anti gueule de bois : j’ai bu trois verres d’alcool, je bois trois verres d’eau. Plus facile à dire qu’à faire. Ils viennent tous me demander pourquoi je bois autant d’eau. Je trouve que ça manque de poésie de leur dire, il est cinq heures du matin et on voudrait tous croire qu’après avoir bu on se réveille frais comme des gardons, non? tellement qu’on est jeunes, et cool, et parisiens. Trois verres ce n’est pas tant que ça, mais moi je suis vite malade. Je leur dis que si je bois autant de verres d’eau que j’ai bu de verres d’alcool, je me sens bien le lendemain. Pff, c’est n’importe quoi, dit Lui, et il va se coucher. Sandrine est impressionnée et veut boire de l’eau aussi. Ben s’interroge mais il n’a plus envie de boire. Il va se coucher aussi. On reste à boire nos verres d’eau avec Sandrine. Un ange passe. Je ne sais plus quoi lui dire. Elle me demande ce que je pense de Cléo. Je la regarde, je me sens piégée et je dis : « Ecoute, c’est ma chef. J’en pense rien, j’essaie de faire ce qu’il faut. » Mmm, dit Sandrine d’un air pensif. Après elle me parle de Laure Manaudou. Un peu cruche sur ce coup-là, elle dit : »Tu te rends compte? » De quoi? je dis, mais j’ai pas l’esprit au débat. Après je me rends compte qu’elle est peut-être stressée par la video, rapport àLui, va-t’en savoir, et pas par un débat sur le buzz. de toute façon c’est pas l’heure.

On va se coucher.

Pas de bruit, dans la chambre, mais de la lumière qui s’insinue au fil du temps, et insiste. Je me demande pourquoi il y a autant de lumière, et je finis par regarder ma montre : le temps continue de me jouer des tours : il est une heure et demie, le jour est levé depuis logtemps. Dans deux heures et demie Pierre-Henri est en bas de chez moi. ça m’accable. Moi je suis comme une courge dans la pièce voisine de Lui et Pierre-Henri va venir me chercher en voiture.
Je me lève et en essayant d’être silencieuse, je m’habille. Je sors en catimini : Ben ronfle sur le canapé.

Je me planque dans la cuisine en pensant à Sandrine et Lui. Si j’étais plus… plus je ne sais pas quoi, je réussirais bien à tirer parti de la situation (mais je ne sais même pas comment). J’en reviens à un message que j’ai publié : il y en a d’autres qui se posent carrément pas de questions ! (Une commentatrice m’a dit qu’une femme avait le droit d’avoir une vie sentimentale – certes, alorslà, je n’en disconviens aucunement, mais le fils après le père, c’est trop XVIIIème siècle pour moi). Pourtant, un zeste de Carla Bruni serait le bienvenu pour m’aider à abuser de la situation, me donner quelques idées (à ceux qui se disent : mais Carla Bruni est peut-être vraiment tombée amoureuse du fils Enthoven, l’amour légitimant l’incorrection (on peut appeler cela une incorrection?) – moi aussi, je suis amoureuse).

Donc je fais mon café en me demandant s’il existe un moyen pour tirer parti de la situation. Je rentre en liquette dans la chambre? Mais non, ça fait con, convenez-en. Si je fais comme s’il y avait une fuite d’eau, c’est Ben qui va s’y coller. N’est pas Carla Bruni qui veut.

Je bois mon café. Je pense à Pierre-Henri. Aller avec ce garçon au cinéma m’ennuie, je me sens nulle, mais moins qu’hier.

Zut c’est encore hyper long comme message. Donc café et là, la porte de la cuisine s’ouvre : c’est Ben, les yeux pas dans les trous, il me regarde difficilement et grogne une sorte de formule de salutation.

La suite demain, et il faut aussi que je parle de mon sport, mais demain la suite. Je suis longue, je sais, mais bon, je coupe.

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23 réponses à “Le téléphone sonne (mais il ne pleure pas – je dis ça au cas où)

  1. Ah pfff moi je ne m’en sors plus dans les heures .. du matin ou de l’aprem 🙂
    alors la suite .. tu veux nous faire attendre … et PH alors ???? 😉

  2. J’ai rajouté deux infos pour qu’on se perde pas dans les heures. Pour moi, c’est clair, mais peut-être pas pour celui qui lit.

  3. en attendant la suite et le ciné avec PH, il semble que tu te sois fait de nouveaux amis (compte tenu du fait que tu n’as pas senti le temps passer, ça devait être bien)… un bon début!

    que se passera-t-il dans le prochain épisode?
    -un problème de métro qui te fera arriver en retard?
    -PH te fera le coup de la panne sur les quais?
    -c’est Holly Golightly que vous voyez au cinéma (pas sur qu’il passe à Paris en ce moment), il sort une bague cracker jack’s gravée et te demande cash en mariage?
    -il est à l’Essec, donc il a 22 ans et prend des cours de Tektonic pour se dévergonder?

    la suite!

  4. Bon dans la suite a tout les coup, PH va avec Ben au cine voir Brokeback mountain, Fanette se coltine les etats d’ames de la gentille Sandrine parce qu’en fait Lui est amoureux de Cleo, et elles se retrouvent toutes les deux a manger le Nutella en regardant Breakfast at Tiffany’s en pleurant comme des madelaines… Dallas a cote de ta vie, c’est de la mauvaise serie B Fanette… J’adore.

  5. moi je trouve pas ça long, ça se lit bien en plus.
    Je veux la suite quoi !

    biz

  6. Coucou! Tu sais nous tenir en haleine, mais j’aimerais bien connaître la suite. Très chouette ton blog. Bon je retourne travailler, vaut mieux. A bientôt. Bisous

  7. Tu veux me faire mourir d’impatience, c’est ça hein ? 😉

  8. Stoooooooop le teasing!! La suite! C’est pire que plus belle la vie ton truc hein?!

  9. tu n’as pas précisé si tu avais séché tes cheveux avant de retrouver tes copains …:-)

  10. Vous êtes exigeants, tous. J’ai du travail, quand même, non? Vous ne voudriez pas que je me fasse repérer? Je jongle avec deux fichiers, quand ma Diva s’approche, je clitche sur mon fichier/boulot mais c’est pas facile, je me mélange. J’écris la suite, là, mais j’ai le droit de relire, OK? C’est bourré de fautes de frappes. Patience.

  11. Alleeez, on attend la suite, nous ! Au fait, il est mignon, le Pierre-Henri ?

  12. j’attends avec impatience la suite de tes aventures avec Pierre Henri 😀
    Mais un homme qui vient te chercher en voiture pour t’eviter de prendre le metro, c’est mignon !! ( bon ok, j’aime vraiment pas le metro…)

  13. J’adore tes aventures et ta manière de les raconter. J’attends la suite (mais prends ton temps je ne te mets pas la pression )

  14. J’ai pas ouvert mon ordi hier, puisque j’étais absente et je suis bien contente de te retrouver dans « cette situation » hihihih! Vivement la suite…!

  15. hi,hi… la suite… on en peut plus de ce suspens 😉

  16. Carambouille

    La suite ! La suite ! La suite !
    🙂

  17. j’adore ton histoire ca me rappel trop de souvenir…mais la fin de mon histoire fini en queue de poisson!
    alors la suite???? allez te fais pas prier!!!

  18. Quelle histoire ! Quel suspens ! C’est clair que Carla Bruni ne se pose pas autant de question que nous !

  19. Attends, attends, je suis perdue. Lui c’est le père ou le fils ? (ou le St Esprit peut-être, gnac, gnac, c’est tout pourri comme vanne !)

  20. Le suspense est à son comble!!! Fanette a t’elle réussi a survivre au rendez-vous avec Pierre-Henri? A t’elle réussi à s’en tirer avec une excuse quelconque confirmée par un minois gentiment chiffonné par les activités de la veille?

    To Be Folowed…

  21. attends, je lis 2 posts chez toi et tu cites 2 films qui sont dans mon top ten international? bon là je dis c’est trop. BatT’s je l’ai vu au bas mot 30 fois. bouarf.