les soldes ou la folie du shopping

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Il ne s’agit pas seulement de s’acheter des robes moins chères, je crois, c’est beaucoup plus complexe que cela.

En fait hier j’ai accompagné une collègue entre midi et demi et une heure et demi, pour faire les oldes – Isabelle. Une de ma boîte, sympa, mais je n’accroche pas trop, sauf, on le sait avec Viviane.

Isabelle m’a pas mal stressée ; on a commencé par une conversation sur les fringues que j’avais repérées. Sa question, c’était : « Qu’est-ce que tu as repéré comme fringues? »

Moi je n’avais rien repéré, j’allais avec elle pour voir.

Bon. Direction Grands Magasins. Je ne suis rentrée que parce que je ne pouvais plus me désister.

La folie. Plein de gens, et comme je ne suis pas combative, même les robes que je prenais pour les regarder, juste lses regarder, pas les acheter, je me les faisais quasi arracher des mains.

Oui, je sais, Isabelle m’a dit : ne te laisse pas faire ! Si elle te plaît, cette robe, ne la lâche pas !

Mais ça n’est pas possible. Je vous explique. Je vois une robe, je me dis « tiens, elle est pas mal, je vais la regarder », je tends la main vers la robe, pas très vivement je l’avoue, et pouf, quelqu’un me la prend, quelqu’un qui avait tendu sa main plus vite que moi, qui l’a donc prise en main avant que je l’ai touché, mais qui savait que j’allais la prendre.

Hyper impoli.

Deux fois, on m’a fait le coup ; après, la fille part sans me regarder, sans croiser mes yeux, pour l’affronter il faut, comment dire, lui courir derrière et tout ça.

La deuxième fois, Isabelle m’a vue.

Elle est venue vers moi en criant : Mais te laisse pas faire ! Elle est gonflée celle-là !

Genre j’étais une grosse cruche qui se faisait passer devant. Comme avec la Diva, au bureau. Il faut montrer les dents, ne pas se laisser faire.

Donc, je me mets en quête d’une robe, je tends vite la main pour l’attraper, une main se tend à côté de moi et je dis, super agressive : « Je vous signale que celle-là m’intéresse ».

Mais la fille, au bout de la main, prend une robe voisine en me regardant de côté (toujours pas dans les yeux) et en murmurant : « Y en a qui perdent tout bon sens ».

Moi ! Alors que justement…

Je fais mine de regarder la robe chosie avec concentration et intérêt, alors que je suis vexée d’être passée pour une furie de la solde.

Je n’arrive même pas à voir si la robe m’intéresse, je le repose.

Je re-farfouille. Tiens, un manteau. Le cole est bien, je tends la main pour le sais… et hop, une autre main s’en empare.

Ah ! je ne vais pas laisser faire. Sans réfléchir, je pousse un cri : « Eh! » et j’attrape le manteau, et la fille ne le lâche pas.

JE SUIS DONC DANS UN MAGASIN, IL FAIT SUPER CHAUD ET JE SUIS ACCROCHEE A UN MANTEAU ET UNE FILLE AUSSI, ET ON VA BIENTOT TIRER DESSUS CHACUNE DE NOTRE COTE.

J’ai un blanc. Certes, la fille m’a pris le manteau que j’allais prendre et ça ne se fait pas. Bien sûr, je n’ai pas trouvé LA phrase percutante qui soulagera mon exaspération face à ce genre de comportement. N’empêche que là, de quoi j’ai l’air, accrochée à mon manteau que de toute façon je n’achèterai pas parce que j’ai vu le prix voleter sur l’étiquette?

De quoi j’ai l’air?

Je suis prise entre la honte de me battre pour un vêtement et l’exaspération provoquée par le sans-gêne de la fille. Réflexivement, je ne peux pas tirer sur un vêtement genre c’est-à moi c’est pas-t-à toi, donc je le lâche, et la fille s’éloigne sans demander son reste.

L’autre fille, celle que j’ai engueulé deux minutes avant, un peu plus loin, me jette un regard méprisant.

Voilà. J’ai fait vingt minutes de soldes et je me sens comme une merde.

Je me rapproche d’Isabelle qui a trouvé un pantalon et une jupe. Je pourrais partir en émettant des remarques malaimables sur le concept de soldes mais je me force à rester : c’est ma collègue, j’ai accepté d’aller avec elle, je tiens à avoir de bons rapports avec tout le monde au bureau, je ne vais pas lui dire qu’avec ses idées de soldes je viens de passer un super mauvais moment. Après elle va me faire la gueule et j’ai horreur de ça. Oui, je gère très mal les conflits larvés. Je viens blindée au bureau, et je réussis assez bien à répondre tout de suite aux gens, mais quand on me fait la gueule, vous savez, je parviens à gérer, j’ai trouvé les trucs, mais j’ai horreur de ça parce que je suis obligée de « penser  » à mon comportement et de le calculer. Il faudra que j’explique ça.

Donc, je biaise, et je soupire auprès d’Isabelle : « rien à faire, je ne peux pas me battre pour une fringue » ce qui est exact, et pas vexant. Elle me fait remarquer que j’ai tort, car on fait de super bonnes affaires, et je lui réponds, abruptement, en utilisant la colère que j’ai contre moi-même et celle qui m’a piqué le manteau, que je ne peux changer mon caractère. Elle n’a rien à me répondre, donc ça va, je n’ai pas l’air trop niaise, mais je suis fachée de tout cela, parce que je ne suis pas dans mon élément. Etre obligée de jouer le jeu du bureau, pas décontractée, parce que je me suis laissé aller à suivre cette collègue que je n’apprécie qu’à moitié (et, en fait, pas en dehors du travail – au travail, elle est agréable), le tout dans un grand magasin surchauffé et plein de femme en folie – autant pour moi, pourquoi ai-je accepté?

Je me transforme en porte-manteau des fringues d’Isabelle, pour m’occuper et voilà. Plutôt marrant d’ailleurs.

Je ne suis pas faite pour les soldes – c’est tout. Je voudrais bien l’être, Isabelle s’est trouvé des trucs sympas. Mais je n’y parviens pas.

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22 réponses à “les soldes ou la folie du shopping

  1. Cette scène me rappelle un épisode de Grey’s Anatomy où deux filles se retrouvent aux urgences pour s’être quasi entre-tuées pour une robe de mariée. Je te comprends, je déteste les soldes…ok, repérer UN ou DEUX trucs avant, et aller les acheter moins cher, c’est logique et intelligent. Mais avoir une enveloppe plein de cash, que l’on va claquer sur des fringues, pour la simple et bonne raison qu’il y a une étiquette -50% dessus, c’est surréaliste. D’autant que le pull en question vaut 10 fois moins cher, qu’il a été fait au BenglaDesh et que dans six mois, il sera démodé et nous sortira par les yeux.

  2. Quel tableau!
    je n’ai jamais vu des soldes comme ça…il faut dire que je n’y vais jamais les 1ers jours.
    Et peut être quen province c’est différent?

  3. Oh là là tu décris exactement mon sentiment quant aux soldes, voire même aux magasins quand il y a la foule. Ca m’insupporte, le monde,la chaleur, la musique forte, tout le monde est stressé. Ca me dépasse de se mettre dans des états pareils. Tu as été bien courageuse.

    @pivoine : pour avoor fait Paris et province, oui c’est différent en province. beaucoup plus calme!

  4. oulala rien pour moi cela .. je déteste faire les soldes !!!!! Quel courage tu as eu !!!

  5. quand je lis les comportements que peuvent avoir les filles pendant les soldes j’ai honte d’en être une… comment peut-on être aussi agressive pour un bout de tissu???? n’importe quoi…
    ne change pas ton comportement, surtout pas! reste toi-même et si ça plait pas ben tant pis 😉

  6. hihihi, ca m’a fait rire ton post ! En fait, j’ai jamais eu a faire face a ce genre de comportement pendant les soldes, et heureusement. Des filles qui se jettent sur ce que tu es en train de regarder. Je crois que je suis pareil que toi, pas prete a me battre pour une fringue, sauf si c’est LA piece que j’avais reperee et qui est a ma taille ! 😉

  7. C’est tellement vrai ce que tu décris. En même temps, pendant les soldes, je ne me déplace que si j’ai vu quelque chose qui me plaisait et qui se trouve en boutique (j’appelle avant pour savoir et pour éviter les coups de coude inutiles) mais autrement, c’est vraiment insupportable. Et ces filles qui se battent le morceau de tissu … arf

  8. Mdr!
    Bah hier j’ai fait un peu les soldes avec ma meilleure amie qui s’est transformée en porte cintres 😛 mais je n’ai pas croisé de furies dans le style que tu décris… Ouf ! Parce que j’ai horreur de ça!
    C’était assez calme où je suis allée 🙂

  9. J’aime pas les soldes typiquement pour ce genre d’ambiance : ça fait resortir les instincts les plus primaires des filles et c’est pas beau à voir…
    Le pire ? Sans être en période de solde, dès qu’on s’intéresse à un vêtement dans un magasin, on peut parier sur l’arrivée rapide d’une ou deux filles qui vont, comme de par hasard, s’intéresser exactement au même et se dépêcher de trouver leur taille avant nous. il suffit juste de faire semblant de s’intéresser à autre chose et les demoiselles feront pareil.

  10. Les soldes c’est pour les matérialistes pingres.

  11. hihi… je préfère faire les soldes avec ma souris ! moins risqué …

  12. C’était peut-être si hystérique parce que c’étaient les Grands Magasins. Peut-être que dans les boutiques c’est plus calme. D’un autre côté, j’ai parfois un côté planante lymphatique énervant. Je reste là à regarder une super robe (pour la fille) et je lève une main molle pour la prendre en pensant « Euuuuh… » et là la fille craque? et se jette dessus en pensant : mais c’est quoi cette gourdasse?
    Moi, si je vais dans un boutique de video discount et que je trouve, mettons, Gilda à 1.99 euros et la fille le regarde d’un air mou en se disant Euuuuh? j’ai envie de la tuer et je lui pique le DVD. Put the blame on me, boys…

  13. L’incivilité a son charme (pas quand j’en suis victime, évidemment…). Mais envoyons des cartes de voeux aux grands-mères, hein.

  14. Très drôle cette histoire! Je compatis tout à fait, étant donné que je suis aussi du genre à ne pas pouvoir me battre pour un vêtement…

    Par contre, à force d’essuyer des échecs, j’ai développé le « regard qui tue ». Quand je tends la main vers la robe, mon regard se durcit, genre serial killer et le message envoyé aux autres filles est clair: « Vous n’oserez pas ». C’est assez dissuasif.

    Ca marche bien.

  15. Hou! Comme je te comprends! Ca m’exaspère tout autant ce genre de comportement ridicule!
    Tu as été forte! Bravo! ^^

  16. Oh mon Dieu dire que demain je fais les soldes. Et que j’entraine le Chéri avec moi. En France en plus. J’espère qu’on va revenir vivants!

  17. Ça! ça c’est pile la raison pour laquelle je ne fais pas les soldes à Paris (en dehors du fait que mon porte monnaie est plus que vide…).
    En fait si je me trouve dans une boutique au moment des soldes et que je trouve un truc et qu’en plus il est soldé tant mieux mais c’est tout. Je n’irai surtout pas juste parce que c’est les soldes même si oui, surement, ya moyen de faire de bonnes affaires. Voilà aussi pourquoi j’ai préfère faire les soldes à Montréal à Noël, c’est moins violent, moins cher, et c’est pas des euros!

  18. Alors, pour toutes celles qui vont aller faire les soldes : il faut essayer le « regard qui tue » d’Eugénie.
    Je suis sûre que ça marche. Moi, je vais essayer. Je ne sais pas quand, là, parce que je suis un peu dégoutée des soldes, mais si l’occasion se présente…

  19. Tu sais Fanette, moi, aux soldes, j’y vais pas où alors c’est un hasard que je m’y trouve quand y a personne puisque la grande majorité travaillent à ces heures…alors, je me bats pas, sauf avec ma fille qui me fait tourner en bourrique….

  20. Je ne vais jamais aux soldes car je suis du genre à devenir agressive quand je veux quelque chose loll

  21. Euh dis moi, t’as pas eu l’impression que ton esprit se détachait de ton corps et que tu te voyais faire toutes ces choses horribles d’au dessus? C’est l’effet que ça me fait….
    A Fortfort Lointain, ce n’est pas les soldes, alors je ne peux que vivre ça par procuration…

    Bisous

  22. moi aussi c’est pas pour Moi !!!!!!!!!!