Je rêvais d’un autre monde…

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… bon, c’est Hugues qui m’a soufflé ce titre …

Côté Tim, on plane toujours mais différent. Vitesse de croisière.

Hier, j’ai réalisé un truc.

Tout d’un coup comme ça, pouf, une illumination.

I was in the subway. Pourquoi je parle anglais? On se demande. ça doit être parce que je suis euphorique.

Et pourquoi suis-je euphorique? Parce que hier, dans le métro, j’ai eu une illumination.

J’étais assise côté vitre, la tête sur la fenêtre et avec les cahots, ma tête cognait sur les vitres, doucement. Je précise ça uniquement pour ceux que les circonstances de l’illumination intéressent. J’essaie de suggérer que les cahots dans le métro génèrent des illuminations.
Donc, moi, assise, métro, cahots et entrain de penser. Je me dis « ah, pff, je vais voir Tim, c’est nul quand même ma relation avec ce type est nulle, on ne fait rien, il faut que j’arrête ».

Et là, la fameuse illumination.

Mais tu crains! me dis-je. Mais tu crains carrément. Voyons, tu n’es jamais contente. ce garçon est sympa, farfelu, loufoque, il te fait voyager sans bouger et tu te plains? Voyons, quel âge as-tu? Vas-y, assume, lance-toi à fond dans le truc et quand tu en auras marre tu arrêteras.

Je me suis souvenue, assez vaguement mais tout de même, de circonstances de ma vie durant lesquelles j’avais à la fois vécu et déploré les situations que je vivais (je me souviens d’une en particulier, que je voudrais bien raconter ici) et cet état d’esprit qui fait à la fois vivre, et déplorer les choses ne permet pas de les apprécier réellement: quand je vis le truc, je me dis que c’est nul, condamné à merder, ou que les problèmes ne vont pas tarder à surgir ; quand les problèmes surgissent, je me dis  » ah, pourtant avant c’était bien, non? » alors que je ne faisais qu’attendre l’échec de l’évènement ; et quand l’évènement est bel et bien achevé, alors il s’installe dans mon souvenir comme une époque merveilleuese et je le regrette.

Ne sois pas si stupide, me suis-je dit. Profite à fond de la relation, objectivement, et pas en la gâchant par des considérations somme toute conventionnelles. Après tout, si je veux être conventionnelle, je peux toujours épouser me taper Pierre-Henri, ou d’autres, en cherchant un peu. Un commentateur m’avait suggéré le bermuda, le polo lacoste et les cinq enfants, avec Pierre-Henri : là, rien à dire, j’ai tout bon, non? Mais je trouverai probablement le bermuda trop bermuda, le polo trop lacoste, les mocassins trop ring’, rien n’est jamais parfait. Il y a le yacht, mais le problème du yacht, c’est ce qui va autour et dedans.

Pour rester dans une ambiance maritime, je peux aussi essayer le pêcheur breton ou corse ; mais il n’est pas certain que j’ai mes chances. D’ailleurs, il n’y a pas de métro en Bretagne, ni en Corse, donc ça va pas non plus.

Pour l’instant, l’homme idéal pour moi c’est Gaël, mais je me dispute toujours avec lui et je l’ai déjà planté dans des cafés, les larmes aux yeus de rage et d’exaspération tant il m’énervait. Donc ça va pas non plus.

Après il y a Lui, mais il y a un truc avec Lui, et même plusieurs, l’un des trucs s’appelant Sandrine.

Donc pour l’instant, pourquoi pas Tim? je n’arrive même pas à concevoir mon homme idéal, alors rabattons-nous sur des hommes pas idéaux mais tout de même bien agréables.

Si tant est que Tim soit un homme, mais n’ergotons pas.

Du coup, après mon illumination j’étais toute gaîte, comme ça peut m’arriver. Je faisais des petits bonds. Les oiseaux chantaient. Je me demande si des petits lapins et des petits écureuils et de nombreuses petites bêtes charmantes et par ailleurs plus fréquemment rencontrées dans des forêts de dessins animées ne gambadaient pas partout dans les couloirs du métro, ainsi que dans les escaliers du l’immeuble pourtant assez lugubrement IIIème République de Tim. Je suis montée gaiement au sixième étage et nous avons gaiement fait l’amour. Il est extrêmement agréable de faire l’amour de bonne humeur. J’ai bien dormi. Je me suis douchée dans la douche cradoc en me disant de ne pas faire ma bourgeoise maniaque et que si j’étais partie dans l’Himalaya chercher les souterrains creusés par des extra-terrestres, comme je voulais le faire à 12 ans (à 12 ans, j’étais très branchée extra-terrestre et je lisais des bouquins qui disaient qu’en fait les extraterrestres étaient déjà là mais planqués, soient sous l’eau, sous au Pertuis Nanty en Bretagne, soit dans les Andes, soir dans l’Himamalya, ou sinon au milieu du désert de Gobi ou du Taklamakan, dans des endroits sympa montagneux glacés et dangereux comme là où Indiana Jones va chercher un truc dans le premier Indiana Jones) – eh bien j’aurais pas eu de douches car l’Himalaya est mal pourvu en douche, donc si on veut vivre des aventures on fait une croix sur la douche, ce que fait Indiana Jones, donc moi, je peux quand même me doucher donc je vis des aventures avec un minimum de confort, en plus je peux retourner au boulot le lendemain. Si on y réfléchit, c’est donc une occasion inespérée de vivre des heures insolites avec un minimum d’efforts.

Dans la bonne humeur la plus totale, je suis donc allé travailler ce matin, euphorique.

Donc là, je plane sereinement. Je suis arrivée au boulot en flottant et en souriant, réconciliée avec la vie. D’une humeur merveilleuse, avec tous mes merveilleux collègues, je m’attaque avec bonheur au rattrapage de mon retard, avec une sorte d’efficacité joyeuse.

Be cool…

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27 réponses à “Je rêvais d’un autre monde…

  1. Et bien voilà … il est là le parfait équilibre et ça s’appelle le bonheur … même que tu pensais pas que ce serait comme ça et avec cette personne là … après c’est sur ça dure le temps qu’il faut …

  2. yoyo le seul le vrai

    « …Il est extrêmement agréable de faire l’amour de bonne humeur… » savais pas qu’on pouvait le faire de maniere desagreable et de mauvaise humeur… faudra que j’explore ca! Chou je suis de super mauvaise humeur alors faisons l’amour… ouais, faut que j’essaye…

  3. zeste me retire les mots de la main, je persiste et signe en disant que tu trouves l’équilibre dans cette situation qui aurait pu dégénérer dans le portnawak.

    une question me turlupine, tu n’avais pas dit que la mère de tim envoyait une femme de ménage dans son appart? elle ne fait pas la salle de bain cette femme-là? ce n’est qu’un détail qui dans ton état d’euphorie doit être insignifiant je sais bien…

    et vive les écureuils, les lapins roses et les zoziaux, là j’ai une scène de roger rabbitt en tête qui doit bien représenter la situation :-).

    enjoy!

  4. C’est marrant, mais je comprends tout-à-fait ce coup de l’illumination.
    Parfois, sans réfléchir vraiment, tu as un flash sur un truc super profond de ta vie ; tu te mets à comprendre, à prendre du recul, à te dire : « Mais oui, c’est évident que c’est comme ça ! Pourquoi je ne l’avais pas vu avant ? ».
    Et c’est très agréable de trouver un schéma, un processus qui semble expliquer tout !

    Je suis sûr qu’Einstein a eu la même impression quand il a découvert sa théorie de la relativité !!

    Donc profite bien de ta journée ! J’espère juste que ta chef ne te fera pas une réflexion désobligeante comme elle semble savoir le faire. Ca serait dommage de gâcher une si belle journée

  5. profite alors mais moi les douches cradoc j’ai du mal quand même, mais le pire c’est les lavabos cradocs j’ose même pas poser ma brosse a dents dessus

  6. yoyo : marrant ta remarque. Moi je suis de meilleure humeur après qu’avant. J’aurais peut-être du écrire « d’humeur planante ». Ou : au bord du fou-rire. Enfin pas un état habituel.

    Didou : oui, ça prend parfois, hein? C’est vrai. COmme si on voyait clair tout d’un coup.

    Zeste de Citron : je ne sais pas si c’est le bonheur… Mais ça me fait penser à un post que je veux écrire depuis le début…

    Annick : elle vient une fois par semaine. Et c’est déjà bien. L’eau calcaire laisse des traces blanchâtres, très vite, plus les dégoulinades de savon mal rincé. De toute façon je suis vite dégoutée quand ce n’est pas chez moi.

    Lili : pareil. c’est pourquoi je préfère toujours chez moi, normalement.

  7. Tu as raison de prendre ce que tu as plutôt que d’attendre ce que tu n’as pas. Cette capacité s’acquiert probablement avec l’âge, et rend les choses plus agréables, à condition de ne pas perdre toutefois sa capacité de rêver, mais il ne s’agit là que d’une remarque très générale, je ne te crois pas en danger de cesser de rêver, Fanette…

  8. Comment tu passes du métro à l’Himalaya !!!! Et du sexe aux petites bêtes de dessins animés… Tu me fais rire, tu sais !

  9. Profites!!!

    et surtout: garde en mémoire ces bons moments!
    Comme m’a dit une des mes collègues: au pire, c’est un terrain de jeu, et c’est déjà pas si mal!

  10. faut laisser sa chance au produit.

  11. Des fois je pense qu’il ne faut pas trop se poser de questions, on a bien le temps après de se les poser ces questions là et même qu’avec un peu de chance et bien entre temps t’as les réponses à tes questions et du coup ya plus de questions à se poser !
    Tain j’devrai écrire un livre moi 🙂

  12. Le métro, trrrrès bon endroit pour les illuminations. Mais en heures creuses hein, parce que debout au milieu de plein de gens transpirants, ça marche moins bien que la joue accolée à la vitre. Et puis il faut que la vitre soit propre.
    Conséquence, les illuminations c’est rare, CQFD…

    « si tant est que Tim soit un homme »… huhu 🙂
    Quand il le deviendra pour de vrai, ça sera peut-être vraiment l’homme idéal pour toi, qui sait !

  13. Quelle chance, croiser tout un tas d’animaux des forêts dans les couloirs lugubres et puants du métro…
    Et bravo pour la douche crado, c’est quand même pas si facile que cela !

  14. C’est pire que Koh lanta la douche de Tim???
    Bah sa femme de ménage ne la nettoie pas?
    Tu as bien raison de profiter de l’instant présent, qui sait… 😉

  15. Ah ah ah ! Excellent, Domino ! Laisser sa chance au produit ! j’adhère !

  16. Tu voulais chercher des ET dans l’hymalaya ? Moi c’était des gnomes dans les forets 🙂 Bravo pour la douche. Et cool pour l’illumination !

  17. Tous les jours, je viens lire avec plaisir mon petit roman/feuilleton parisien. Merci, ça me change de la neige de Montréal !

  18. C’est bien de te voir comme ça. Et c’est bien d’avoir mis le lien sur Hugues aussi.
    Merci, merci d’être ainsi ce jour. J’suis comme Phil, ci dessus. J’aime suivre le fil de tes pérégrinations intérieures.

  19. Puisque la terre est ronde et la lune si blonde, pas besoin d’aller jusque dans l’Hymalaya: profite, profite et profite!

  20. tiens, moi aussi je voulais être Indiana Jones mais mon amour pour la nature n’a pas résisté aux insectes, à la boue, à la température qui est mal réglée…
    bah sinon, technolimit c’est du Rock’n’Roll, Babe!

  21. L’avantage avec une douche cracra, c’est qu’on hésite moins à faire pipi dedans. Oh, ça va, je ne suis pas la seule à faire pipi en même temps que je prends ma douche !!!

  22. Profite de ce bonheur! C’est si bon de se sentir flotter dans les airs!

  23. Tu vois que tout est dans le regard que tu portes sur lui…sur Vous !

  24. Hey! j’aodre cet article et j’adore ce genre d’illumination même si ça ne m’arrive pas souvent. Moi, c’est pas dans le métro, c’est plutôt dans mon lit quand je suis en train de me réveiller d’un coup jpense à un truc et hop, révélation. Pour une fois que je lis un article en entier, je ne le regrette pas, il m’a bien fais rire. Tu veux pas venir au boulot avec moi pour me faire rire quand la vieille me fait des misères ???? biz

  25. Bon, c’est décidé, je vais prendre le métro plus ssouvent ! 🙂

  26. Maintenant il faut avancer, comme tu le dis.. *donner sa chance*!
    Bon courage! 😉

  27. Ah Fanette,
    une fois de plus ton merveilleux bon sens me laisse rêveuse. J’ai des copines qui ont 10 ou 15 ans de plus que toi, et qui n’ont toujours pas réussi à se dire des choses aussi positives. T’as raison, si ça te plait, tu profites tant que ça dure, et quand tu as envie de changer, tu changes ! C’est tellement plus simple et agréable la vie comme ça.
    Et pour ce qui est d’avoir tout bon, le seul critère, c’est de se sentir profondément en accord avec soi-même. Vivre avec des objectifs qui ne sont pas les siens, ça ne fait que rendre malheureux. En fait, c’est à chacun de nous d’inventer sa façon d’avoir tout bon. Il n’y en a pas une unique, il y en a autant qu’il y a de gens sur terre. Sois ton propre modèle d’inspiration …
    Excellente journée ;o)