Le chat de Shrödinger

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Après l’ambiance un peu légère de samedi, je voudrais finir le week-end en élevant tout de suite le débat et parler du chat de Schrödinger.

Qu’est-ce que le chat de Schrödinger? Et pourquoi je me préoccupe de trucs comme ça?

En fait, je n’en sais rien. C’est lié à la science fiction, mais c’est tellement vieux que je ne sais plus quand j’ai entendu parler de ce fichu chat. Disons que je lisais des bouquins sur les photons et la mécanique quantique, sans y comprendre grand chose (mais avec admiration pour ceux qui comprennent). Et là j’ai entendu parler du chat.

Je n’ai fait aucune étude scientifique, donc je vais expliquer ça comme je peux parce que je trouve ça vraiment génial. Les premiers types qui ont étudié la lumière (dont Newton, fréquemment assis sous un pommier, dit-on, de façon à recevoir des pommes sur la tête et à en déduire la théorie de la gravitation universelle) ont pensé que la lumière était une particule. Imaginez des tas de petites particules dorées se précipitant dans l’air en voletant.

Ensuite, d’autres types on dit que non, la lumière était une onde. Là, je vous suggère d’imaginer des petites vaguelettes toutes jolies, dorées aussi, que se précipitent aussi dans l’air.

Elles ne sont pas obligatoirement jolies, mais comme j’aime la lumière, je préfère penser à de mignonnes particules plutôt qu’à des moches particules vulgaires et banales.

Voilà. Deux théories : il faut les départager. Nous en étions là dans les années 20-30.

Imaginons une boîte fermée dans laquelle les scientifiques (ils sont trop, trop forts ; vous pouvez donner au scientifique l’allure de Brad Pitt ; ou de Patrick Bruel ; ou d’un autre ; visualisez vous, vous êtes Audrey Hepburn ou quelqu’un d’autre et avec votre fiancé scientifique vous faites une expérience ; c’est beau) ne laissent passer qu’un seul photon. Ne nous soucions pas des détails techniques. C’est des scientifiques, ils sont super forts, ils arrivent à attraper les photons et à les enfermer dans une cage.

Donc le photon est dans sa cage. Plein d’énergie. On va le faire sortir. Il devra traverser une boîte et aller impressionner un écran. Sauf qu’au milieu de la boîte il y a une cloison percée de deux trous. Deux (2).

Vous inclinez votre tête sur l’épaule de Brad/Patrick/un autre et vous lui dites avec enthousiasme (car vous êtes scientifique donc ça vous enthousiasme) :

– Quand je pense qu’on va enfin savoir si la lumière est une onde ou une particule !!!

Et Brad/Patrick/un autre vous embrasse sans pouvoir trouver une parole tellement il est ému.

Il est scientifique aussi, donc la nature corpusculaire ou ondulatoire de la lumière, ça l’interpelle.

Donc on va lâcher le photon, qui est une particule. Comme il y a deux trous, le photon va passer par l’un ou par l’autre pour aller toucher l’écran (dire chat et revenir) .

Ou alors on s’est trompé, on va voir une jolie onde dorée qui va se propager par vagues concentriques et passer par les deux petits trous.

(Jamais ils n’envisagent le cas où le photon sort, ne passe par aucun orifice et revient dormir dans sa cage).

Ayé, on lâche le photon.

Brad/Patrick/un autre et vous/Audrey Hepburn/une autre regardent de tous leurs yeux chacun un orifice. Ils voient le photon sortir en furie et chacun d’entre eux le voit passer par l’orifice qu’il regarde.

Non.

Si.

Un seul photon, mais il passe par deux orifices en même temps.

Trop deg’. Tout ça pour ça. Vos mains se séparent. Vos coeurs se dérobent. Vos genoux tremblent. Quoi? Un truc qui passe par deux endroits en même temps? Pas possible.

Ben si. C’est la physique quantique. Le monde est compliqué. Comme les relations humaines.

Mais bon votre couple résiste, vous /Audrey Hepburn et Brad/Patrick/un autre. Vous consacrez votre vie à l’étude du photon.

Et vous vous rendez compte (je raccourcis) que le photon passe la où on le regarde. C’est l’observation qui créé le comportement du photon. Jusqu’à ce qu’on l’ait observé, le photon est passé par les deux orifices.

Schrödinger est un scientifique allemand des années 30 qui a inventé une expérience imaginaire (je dis ça pour les amoureux des chats) pour permette à des gens comme moi de comprendre et de m’émerveiller devant la complexité des choses.

On met donc par la pensée un chat dans une boîte avec un dispositif aléatoire destiné à le tuer, mais à un moment indéterminable. Donc le chat est dans sa boîte, et il va peut-être mourir, ou pas. Au bout de cinq minutes, pour savoir s’il est mort ou pas, il faut ouvrir la boîte. En attendant qu’elle soit ouverte, le chat est à la fois mort et vivant.

Voilà. C’est ce qui me plonge dans le ravissement. Pourtant j’aime les chats, mais on peut prendre si vous voulez pour l’expérience un tyrannausaurus rex, comme c’est une expérience de pensée, on s’en fout.

De même que le photon est passé par les deux orifices en même temps, le chat est à la fois mort et vivant. Moi, le chat mort et vivant (et non pas mort-vivant, rien à voir), ça me le fait grave.

C’est pour ça que j’aime quand même la SF, même si je n’en lis plus. Et c’est pour ça que j’aime le chat de Shrödinger.

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19 réponses à “Le chat de Shrödinger

  1. Eh bien. Je ne comprends pas non plus mais j’ai déjà entendu parler de ça, quoique sans chat, et tu racontes ça de façon pas très scientifique, mais drôle.

  2. Pour la physique de la lumière, j’ai aimé lire Blake et Mortimer (« L’Étrange Rendez-vous ») !

    Dis, tu sais, y a pas qu’en SF qu’on parle de Schrödinger… Le mec est surtout connu pour une énorme équation abstraite que personne ne comprend à part les passionnés et les surdoués (je me souviens d’avoir été dégoûtée par un article de journal paru au moment où on me faisait apprendre Schrödinger (pour les orbitales atomiques en chimie), disant qu’un Corée de 8 ans avait compris l’équation et savait la redémontrer je crois…)

    En tout cas, tu as formidablement bien raconté tout ça, je suis épatée ! Je me visualisais dans le labo avec Chéri, blouse de chimiste et lunettes de protection sur la figure, illuminés par la Science. C’était beau.

  3. pfff je comprends rien moi… peut etre parcequ’on est lundi et en plus le matin??? bon je réessaye plus tard alors 🙂

  4. yoyo le seul le vrai

    comment te dire, j’ai plusieurs pensees…
    petit a (a) l’abus de ce que tu consommes pour le moment est dangereux, petit b (b) l’abus de ce que tu consommes pour le moment te rend un rien plus ole ole, et j’aime ca, petit c (c) qu’arrive t il si le chat en tombant de sa boite mange la pomme de Newton? Newton a t il le droit d’achever le chat pour vol??

    Plus serieusement, j’ai bcp aime ce post…

  5. Yoyo : je n’aime pas être olé olé. Quand je commence, je ne sais pas où je finis. Donc je me surveille. Sinon ça part en vrille…

    Laure : merci!

    Julie : Courage, et recommence plus tard.

  6. yoyo le seul le vrai

    Ca part en vrille ? tu vas essayer de nous faire croire que tout est under control dans ta vie la??? Mon dieu, que j’ai hate de voir la vrille…

  7. Non mais ça tient à la façon dont je raconte. Je t’assure que je suis sérieuse. Enfin j’essaie. Tu sais j’ai porté une veste Burberry bleu marine jusqu’à mes 20 ans. Et des mocassins.

  8. Je ne connaissais pas l’histoire de ce chat. J’ai lu ton texte avec beaucoup d’intérêt et je l’ai trouvé très instructif, merci.

    Bon lundi et bisous de ta p’tite cousine du Québec.

  9. Il me semble que j’ai déjà entendu parler de ça, mais moi un lundi, un jour ou je ne travaille pas et ou je n’ai pas encore bu mon café, j’ai envie de penser à autre chose qu’au chat de shrodinger!;))
    Sérieux, j’ai trouvé ce post très drôle! 🙂
    bises

  10. Comment ça tu ne travailles pas le lundi????

  11. Quand je suis venue sur ton blog tout à l’heure, je n’avais pas lu cet article, trop long que je m’étais dit, j’avais pas le courage.

    et là, ce midi, tranquille en pause dèj, je lis enfin.

    Bin j’ai bien fait.

  12. Tu as décidé de tout plaquer pour étudier la mécanique quantique?

  13. C’est ma foi joliement raconté. Pour l’équation horrible, c’est juste l’évolution de la fonction d’onde associée à n’importe quel corps. (dans les trucs rigolos, en fait il est aussi possible d’associer à n’importe quel corps de masse connue une onde qui lui est propre. Si on en venait à changer la constante de plank on pourrait ainsi s’amuser à faire de la quantique à notre echelle ^^).

    Heu.. ok on oublie, ma maîtrise de chimie théorique de quand j’étais jeune vient de me jouer des tours 😀

  14. Dès que l’on prononce le mot science, je n’ai plus de conscience!

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  17. C’est Kamizole qui m’envoie ici et je ne regrette pas…
    J’adore cette histoire de chat !

  18. Bienvenue aux envoyés de Kamizole !!!!
    Oui, moi aussi j’adore le chat de Shrödinger. C’est obsessionnel. Et je trouve super l’illustration de Hugues.

  19. Pingback: Rions ensemble en attendant.. euh… « le journal de Fanette