La maman des poissons

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Nous sommes en avril et ceci est un poisson mais ce n’est pas un poisson d’avril. C’est juste que j’ai pensé à Bobby Lapointe.

Au boulot je me « vide » en ce moment, c’est-à-dire que je ne sais pas, fatigue ou stress, Diva ou Lui, mystère ou boule de gomme, j’ai l’impression de m’arracher les idées et les mots de la tête. ça doit être la fatigue. Normalement je travaille comme en me jouant, enfin j’exagère, mais j’ai toujours la sensation agréable de jongler, alors que là je peine. Je traîne un âne mort.

Je n’ai pas envie de parler de ma chef et de ses manoeuvres, il me suffit de les voir, un jour viendra où je serais exaspérée et où j’en parlerai, là il me suffit de subir cette ambiance. le pire est que je m’en sors. C’est du à mon air : l’air gentil. J’ai augmenté mon amabilité envers mon chef, j’ai même travaillé un peu avec lui hier et je lui ai fait une sorte de compliment, c’est-à-dire que je ne lui ai pas dit « Oh, comme vous êtes intelligent! », c’est grossier, encore que je me dis que parfois, l’absence de finesse peut avoir du charme, mais je lui ai dit que l’on savait tout de suite reconnaître les professionnels. J’ai pas dit pro, mais bien le mot professionnel. Les mots ont résonné dans le bureau, ils ont rebondi doucement sur la moquette et je me suis pétrifiée intérieurement.

Car, hein franchement ça craint, non, ça fait faux cul?

J’ai tellement eu honte que j’ai rougi. Vraiment rougi. Je n’avais pas prémédité ce que j’ai dit, mais j’étais de bonne humeur et imprégnée de l’idée que je dois être en bon termes avec lui. D’où ces mots.

Du coup, après j’ai grogné « heu, je dis ça comme ça euh je veux dire heu » et il m’a jeté un coup d’oeil, il a vu que j’étais rouge, je me sentais misérable, et il m’a dit qu’il n’y avait pas de problèmes, il comprenait très bien dans quel esprit je le disais.

Eh bien il est fort c’est pour ça qu’il est chef, car moi je me demande encore dans quel esprit je disais ça.

En tout cas on s’est regardé et on a partagé Un Grand Moment D’Emotion. Il m’a dit qu’il appréciait aussi beaucoup mon professionnalisme. Argh.

J’ai horreur des étalages. Mais pourquoi je lui ai parlé de son profesionnalisme? Comment les mots peuvent m’échapper comme ça?

Dans un autre boulot, une fois, j’avais dit, pareil, en circonstances : « Oui, c’est pour ça qu’on est une équipe, quoi » et vu le contexte on s’est pas tous mis à pleurer mais on a aussi partagé Un Grand Moment d’Emotion.

Je dois être corporate à fond, mais en même temps tous ces baratins me font hurler de rire, quand j’y suis (j’ai bossé dans une boîte américaine, alors le corporate, j’en ai bouffé, à en vomir). Mais il y a toujours un moment où paf ! je sors un truc grandiloquent. Damned.

Du coup aujourd’hui quand Paaat était avec Marc, Marc m’a appelé et on a eu une conversation sur mon projet et là je me suis sentie mal. Oies du capitole. Roche tarpéienne, me suis-je dit. Petit Jésus délivre-moi de Paaat. Il fallait que je parle en pro. Pas de conneries possible. Pas possible de faire du deuxième degré sur le projet. Marc a parfois un peu de distance, mais Paaat prend trop les employés pour des cons pour leur laisser avoir l’humour de faire du deuxième degré sur les projets, même si c’est de la daube.

Oui je sais, c’est pareil pour tout le monde. Je commence à comprendre. Je suis moins jeune. Je croyais avant que j’avais vraiment pas de bol avec les boîtes dans lesquelles je bossais, mais c’est partout pareil, alors pourquoi on se barre pas tous dans le Larzac?

Des chefs pourris, des assistantes odieuses, des projets de daube, on travaille là dedans, plus pour gagner plus, et c’est ça la civilisation judéo-chrétienne?

Ouh la je file un mauvais coton. Resituons. Marc n’est pas si nul, Diva si, et là mon projet n’est pas pourri, j’écrivais en pensant à un autre projet que je ne gère pas mais si j’avais du en parler ce serait pareil…

Le travail libère la femme et l’homme. Euh. Le travail, c’est la santé. Travailler plus pour.. Non, celle-là, elle est usée. Une autre?

Ah, rien à voir, mais je concluerai, et avec aplomb, avec ça. J’adore le refrain de la chanson la maman des poissons. Rien à voir avec la choucroute.

La maman des poissons elle est bien gentille !

Elle ne leur fait jamais la vie
Ne leur fait jamais de tartine
Ils mangent quand ils ont envie
Et quand ça a dîné ça r’dîne

La maman des poissons elle a l’oeil tout rond
On ne la voit jamais froncer les sourcils
Ses petits l’aiment bien, elle est bien gentille
Et moi je l’aime bien avec du citron

La maman des poissons elle est bien gentille !

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21 réponses à “La maman des poissons

  1. j’adore la chanson de la maman des poissons, j’l’avais appris au collège!

    Pour le reste… y’a pas de mystere (enfin si mais bon) sur pourquoi les chefs sont des chefs. S’il arrive meme à te dire dans quel etat d’esprit tu es, c’est un grand chef (et toi une squaw… mouarfmouarfmouarf)

  2. Ca, ca sent la note de fin de semaine crevée, ou qui attend les vacances avec impatience !

    Courage, tiens, le coup !

  3. Tiens je ne connaissais pas cette chanson… 😦 Et je me reconnais bien dans ta phrase : « Je croyais avant que j’avais vraiment pas de bol avec les boîtes dans lesquelles je bossais, mais c’est partout pareil ». Après avoir changé 3 fois de boulot en 2 ans (et en démissionnant !), faudrait peut etre que j’arrete de croire que c’est les boites qui ont un problème, si ça se trouve, c’est juste moi, qui n’arrive pas à les supporter…

  4. Ca sent une envie de vacances tout cela, non ? ;)Sinon, je sors aussi des phrases que je rergrette quand je me trouve avec une personne qui me met mal à l’aise et avec qui je n’arrive pas à être moi-même. Et là, va savoir pourquoi (sûrement pour tenter de faire plaisir), je sors des trucs pas possible 😉

  5. Poissons, requins, morues et autres dangereux pyranhas… ‘Fait pas bon vivre dans le bocal.

  6. J’ai aimé travailler seule pas pour gagner plus mais pour gagner moins, j’ai adoré être libraire maintenant les livres je me contente de les lire…

  7. Pas de RTT aujourd’hui ? Je crois que cela te ferait le plus grand bien !

    Bon week end Fanette.

  8. Fanette j’adore ton professionnalisme si si !!

  9. Tous dans le Larzac ? ah non, on serait trop nombreux !!! (vive le Larzac vide !)
    (et courage, c’est vendredi)

  10. Si tu l’as sorti sans t’en rendre compte c’est que finalement tu le pensais … même si tu crois que ce n’était pas une bonne idée de le dire …

    Oui je fais de la psychologie de comptoir … je m’excuse =) …

  11. Et parfois, tu en arrives à décider, parce que tu as la chance de pouvoir le faire, de travailler plus pour gagner moins, mais avec un chef que tu supportes mieux : ta pomme soi-même !

  12. Ouh c’est bien d’avoir un blog.. Tout le monde me dit des trucs gentils…

  13. Ah moi aussi j’adore cette chanson !!!

  14. T’es en weekend ce soir?
    Moi j’envie tous ceux qui ne bossent pas le samedi, je crois que je suis aussi crevée que toi et je parle même pas de ma chef!
    Bon repose toi bien et pense aux vacances, ça fera du bien!

  15. Rhâ je ne connais pas la chanson de la maman des poissons …

  16. C’est vrai que c’est pénible les ambiances de travail.Surtout lorsqu’on est fatigué et que l’on cherche un peu de paix. Le poisson est mignon…

  17. ssssss, si tu savais come je compatis pour le Croporate!! J’en ai bouffé, j’en ai vomi et maintenant je suis en train de la quitter.. chouette!!

  18. Ithaa : tu bosses le samedi? c’est horrible??

    La maman des poissons est une chanson de Bobby Lapointe. A connaître.

  19. j’allais te demander de qui est cette chanson??? et v’là t’y pas que la réponse est donnée là, par toi, juste avant moi. Elle est pas belle la vie??
    Bon week-end Fanette!!!

  20. Bon courage choupette… Je compatis à fond.

  21. arf arf j’adore la chanson mais ‘jadore encore plus tonr écit du Grand Moment d’Emotion, c’est aussi ma spécialité de rougir au boulot… 😉
    merci pour ton passage chez moi 🙂