Au boulot, encore.

Illustration de Hugues Hausman

Situation actuelle au travail : tout va bien, mais ça n’est que superficiel.

Grâce à mes post précédents, j’ai compris quelque chose, cette situation que je vis nous la vivons tous. Ou du moins beaucoup de gens. C’est important pour moi de le comprendre car j’ai souvent pensé que je n’avais pas de chance ou alors que j’étais a-sociale.

Ce qui me trouble le plus est ce sentiment de « politique » interne.

Je récapitule : Ma chef est passablement incompétente, mais elle a un chef aussi dessus d’elle et d’ailleurs elle n’est pas entièrement ma chef puisqu’elle est en fait l’assistante de mon patron.

Comme je décris les choses clairement! mais je n’ai pas le temps de modifier.

Or, cette dame connaît pas mal de personne du boulot et apparemment l’entente est bonne entre eux, au moins avec certains d’entre eux.

Donc : je dois rester zen avec elle par rapport à mon chef et par rapport à mes collègues.

Mais pas tous mes collègues. Certains ne l’aiment pas, et sont en conflit plus ou moins larvés avec elle. Si j’observe les raisons du conflit, j’y vois des torts partagés (je voudrais dire que Diva est cause de tout mais ce n’est pas toujours vrai).

certaines personnes, parce qu’elles n’aiment pas Diva, partent du principe qu’il faudrait s’en débarrasser dans l’instant. Ne font donc aucun effort de diplomatie avec elle. l’une l’ignore. L’autre alterne les remarques aimables mais perfides par en dessous, et les critiques. Diva est souvent incapable de faire objectivement face aux critiques. Et s’il y a un piège dans la remarque, elle ne le voit pas.

Du coup elle m’attendrit, et j’en veux à certaines personnes qui abusent de leur intelligence pour piéger Diva; qui est bête.

Mais elle est aussi méchante.

Donc on peut comprendre qu’il faille la piéger.

mais c’est immoral.

J’ai des jours immoraux, où je voudrais bien l’humilier.. et des jours corrects, où j’ai honte de mes mauvais sentiments.

Je donne un exemple.

Dans un cadre professionnel, nous devons nous interroger à propos de Gdansk.

Soit Gaby, vieille peau pro (je suis méchante, mais Gaby est hard – mais terriblement pro, terriblement utile, terriblement compétente et sous-employée mais elle s’en fout elle est au delà, une vie hallucinante, 14 divorces, 23 cancers, des amants, et si tu lui dis réussite professionnelle elle ne répond me^me pas mais ses yeux brillent tels ceux de Cruella et tes mots explosent comme un verre projeté sur un mur de glace et retombe nt à tes pieds ; d’ailleurs tu ne dis rien de tel ; tu essaies jsute de continuer à croire que, euh, hm, un jour tu seras aussi compétente qu’elle ET reconnue pour^’etre et PAYEE pour ça; essayer de croire ça en sa présence, c’est déjà super challenging).

Gaby sucrée, à Diva violette et pimpante, sûre d’elle comme une courge : Diva ma belle, dis moi, Gdansk tu sais où c’est? Tu as une carte de la Lituanie?

Gdansk est une ville polonaise. Je suis fatiguée et d’humeur hello Kitty pas tueuse. Plutôt thé petit beurre. je regarde piteusement Viviane, qqui fait un geste de la main genre j’y peux rien et articule : « Ecoute, si elle veut une carte de la Lituanie. »

La voix de la sagesse parle par la bouche de Viviane.

Diva prend un air il faut que je fasse tout ici et cherche une carte de la Lituanie.

viviane dit rêveusement : ça doit être beau la Lituanie…

je tape sur mon clavier.

Diva trouve la carte. Et cherche Gdansk. Tout en se dirigeant vers Gaby. Qui boit un café, debout près de la machine à café, absorbée par une fascinante conversation sur sa soirée de la veille, avec JD.

JD, fourbe également. Ils parlent de Gdansk.

Diva arrive près d’eux, attentive, et dit :  » c’est marrant, pourtant je sais où c’est … » – les yeux fixés sur la carte.

JD : Tu cherches GDansk sur une carte de la Lituanie, ben tu peux chercher longtemps…. »

Ils se regardent en rigolant, Françoise, aussi pro que Gaby mais moins vache, dit doucement :

– Gaby, tu as besoin d’une carte de la Lituanie pour trouver Gdansk?

Gaby, sifflante : Non. Pour le dossier bidule. Pour Gdansk, je regarderai la carte de la Pologne.

Echange de regards. Françoise : c’est en bord de mer, je te dis ça pour que tu ailles plus vite à trouver.

Diva regarde toujours la carte, elle ne dit plus rien.

Demain elle dira à Marc : gaby a besoin de carte pour situer Gdansk !!! Petite vengeance.

Marc doit l’écouter d’une oreille. Même si’il la croit, il s’en fout, Gaby est une encyclopédie, même si c’est une encyclopédie avec carte, il a besoin d’elle. En plus elle fait son boulot impec et elle est mal payée.

Diva a regardé Gdansk sur Wikipédia.

(Vous noterez, si vous ne l’avez déjà fait, la simple juxtaposition des questions de gaby, qui donne l’impression nullement affirmée par elle-même, que les deux questions ont un rapport, alors qu’elle n’en ont d’autre que celui d’être juxtaposées. Gaby n’a pas dit que Gdansk était en Lituanie. Diva tombe systématiquement dans ce genre de panneau. Moi-même, j’ai failli, à mon arrivée ;heureusement j’ai croisé le regard de Gaby à ce moment et j’ai esquivé ; ça a plu à Gaby. Elle m’aime bien…)

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19 réponses à “Au boulot, encore.

  1. Alors fanette ? Tes billets sont super sympa, et le temps que tu prends pour y donner suite bien agréable ! il est vivant ton blog et ça c’est rare ! Tu écris au fil de ta plume , alerte et rigolote… Ne va pas trop vite quand même… Car si on reconnaît ta drôlerie, ta rigoloterie, ta vision du monde de ton travail super affutée… tu devrais aller un peu moins vite… mais c’est vrai, on attend le plaisir de te lire…. mais gaffe à pas te perdre dans trop de publications !

  2. « Where we are, there are daggers in men’s smiles ».
    C’est une fan de Shakespeare ta collègue …
    Lol.

  3. J’ADORE !!!

    On dirait que tu as écrit tout ça en retenant ta respiration et sans te relire, mais ça a une pêche du tonnerre…

    D’une drôlerie extrême, et surtout : brillant !

    « Tes mots explosent comme un verre projeté sur un mur de glace et retombent à tes pieds »

    Tu as un style unique et génial je trouve !

    Continue de nous faire rire comme ça (mais relis-toi quand même un peu 😉 )

  4. Un sujet inépuisable, le boulot… le pire, je crois, c’est de constater qu’avec les années on devient comme les autres, on met son masque, on joue un rôle, on refoule des rancœurs et un jour on se surprend en train de penser « je me prendrais bien un petit arrêt maladie pour dépression, moi… »

  5. Eh bien je suis furax… Furax.. j’ai tout relu hier et mis l’image, puis enregistré.. mais quand j’ai regardé la page, l’image avait disparu… je l’ai replacée, sans penser que les modifs que j’avais faites avaient forcément été perdues aussi!!! Et j’avais un peu arrangé le texte !!! Flûte. Pas le temps là. Plus tard. Désolée. Vous lisez mon brouillon, c’est nul…

  6. Moi, j’aime bien ton brouillon, tes fautes de frappe… j’aime bien le bordel que ça implique, que ça décrit, comme ton histoire, ça va avec, en fait…

  7. Une française dans l’avion pour Pékin: « Tu crois que les chinois vont nous comprendre quand on va parler? »

  8. Quelle fourbe cette Gaby !

  9. Pour un brouillon, ce n’est franchement pas nul ! 🙂 J’ai l’impression de lire un épisode dUgly Betty 😉

  10. Faut pas te vexer… c’est parce que c’est bien que j’ai dit ce j’ai dit… et pi c tout !!!! il faut continuer…. « La critique est facile mais l’art est difficile ».

  11. Terrible cruauté au travail, le pire des mondes. Je crois que le pire pour Diva c’est le « Pourtant je sais où c’est »…
    Faut pas finir comme ça – ni comme la vieille peau Gaby ni comme la naïve Diva…

  12. et puis un jour, on est tellement lasse de tout cela, qu’on ne remarquera même plus ces bourdes des collègues.
    en attendant, heureusement qu’ils sont là pour nous amuser … parfois !

  13. Oh oh je crois que je pratique de temps en temps la technique de la juxtaposition de Gaby, c’est bas mais jouissif.

  14. Bonjour fanette

    Hélas le bête et méchant va de pair.
    Poour la gentillesse, c’est plus difficile, il faut y mettre de l’intelligence.
    Je suis heureuse d’avoir évité, une grande partie de mon existence le côté « raz moquette « de certains de vos personnages, qui je l’espère pour vous ne sont que de fiction.
    Douce journée
    Bernadette

  15. Fanette, je n’ai pas le temps de laisser des commentaires en ce moment mais je lis ton blog avec délice.
    Je t’ai tagguée par ici : http://lartdevivreselonyoyo.blogspot.com/2008/04/tag-en-images.html
    Evidemment, je ne t’en voudrai pas si tu ne suis pas le tag§
    bises

  16. C’est officiel, tes collègues de bureau sont épuisants !

  17. Bonsoir Fanette.
    Non, c’est vachement bien, mais c’est sûr que ça devait être mieux avec les corrections. Tu dois être déçue de t’être donné du mal pour rien, mais c’est super bien quand même. Bon dis donc, elles font un concours les deux !!! Elle est top mesquine la Gaby … Je veux bien croire que l’autre ne soit pas un ange, mais pour moi, ce n’est plus vraiment de l’intelligence si on s’en sert pour mettre en place un climat aussi pourri … C’est sûr qu’en étant performante et sous-payée, il y a des chances pour qu’on la garde parce qu’on a besoin d’elle, mais on peut aussi garder son job en étant « appréciée », donc pas par besoin mais parce que les gens sont contents de te voir venir bosser avec eux tous les matins ! Mais bref … Dis donc, ça doit être lourd certains jours ! Courage … Tu verras, on peut aussi trouver bien mieux que ça quand même ;o)

  18. Eh bien je n’ai pas eu le courage de m’y recoller… Tant pis…
    En fait, cette ambiance-là, oui c’est pourri mais c’est pas tout le temps..

  19. Gdansk, personne n’a jamais su, au fond, où c’était (en Prusse, en Pologne…). Diva ne serait pas allée « mourir pour Dantzig ». Et comment l’en blâmer, hein !