Des escarpins, une veste et les cheveux relevés

Bon alors, maintenant qu’on respire, enfin chez moi on respire, reprenons les bases.

Les bases, c’est que je suis partie pas mal de Paris pour le boulot, et puis dernièrement je suis partie en vacances. Mes vacances à moi, le plus souvent c’est une sorte de rallye dans toute la France, j’en parlerai à l’occasion, mais le sujet qui m’intéresse, quoique ça commence à faire long, c’est Lui.

Oui, parce que la grande question c’est quand même : est-ce que ça avance avec Lui?

Je ne saurais trop répondre, donc je suppose que non.

En fait ça n’avance pas, on se voit, mais sans plus, et puis il est très occupé avec Sandrine et contrairement à ce qui se passe ordinairement, où je ne me pose aucune question et où les choses avancent toutes seules comme animée d’une vie propre, donc je n’ai rien à faire, sauf à réagir, là les choses n’avancent pas, donc j’ai quelque chose à faire – agir – oui mais quoi?

Je pourrais me dire que s’il ne me saute pas dessus je ferai mieux de laisser tomber ; ce serait une stratégie. C’est celle que Coco me recommande, laisse tomber s’il n’est pas intéressé par toi maintenant il ne le sera jamais. En plus il a une copine, ça n’arrange rien.

Mais cette stratégie-là ne me plait pas et depuis mes grandes activités de juin, j’ai réfléchi à des trucs, j’ai pris plus confiance en moi, j’ai décidé de m’accrocher.

Il y a la méthode dite de la danse des sept voiles, mais je ne sais pas danser et en séductrice je ne suis pas top.

En fait, en juin, il s’est passé un petit truc qui m’a frappé.

Le petit truc : pour des raisons trop longues à expliquer aujourd’hui, j’y reviendrai, je me suis trouvé un jour dans une situation professionnelle plutôt positive. Il y avait un Repas d’Affaire et j’y participais car j’allais Travailler sur un Projet.

J’étais habillée bien, tendance plus Working Woman que d’habitude, j’avais fait gaffe aux escarpins, ils étaient chics, et j’avais mis une veste. Au lien de mon habituelle queue de cheval torchée fissa, j’avais relevé mes cheveux. Pour le reste, pantalon et t-shirt, mais on le sait, l’importance de l’accessoire n’est plus à démontrer, même si jusqu’à présent je n’ai jamais été forte en accessoire.

Et j’attendais dans la courette, à côté des pots de fleurs, car Diva était en retard, enfin pas en retard, hein, elle avait tout préparé ses papiers mais elle les trouvait pas. Viviane me faisait des mines par la fenêtre, genre « la classe » ou « tu fais peur du dis donc ». Il n’est pas à exclure que j’aie fait peur, car j’ai habituellement l’air gentil, mais quand je me tire les cheveux en arrière je fais institutrice allemande.

Et tandis que nous attendions, Ben et Lui sortent de leurs bureaux. Marc les salue de son air « les mecs là je suis sur un gros coup » donc Marc et Ben avec leurs T-shirts d’ado attardés, hum, nous subissons mais nous ne cautionnons pas, c’est pas de notre faute ils louent le local d’à côté.

Manquait plus que Hichem sortant et hurlant « Mabrouk mabrouk » et ç’aurait été complet.

On voyait que Marc trouvait que Diva elle tardait et que la présence des deux zigotos d’à côté était lourde, et donc vu la froideur polie de Marc (d’un côté, il n’a jamais été super pote avec eux, il nous laisse ça, au petit personnel, enfin je me souviens de quelques débuts de soirée au café… bon), Ben reste en retrait, mais Lui vient me voir et me dire – donc il m’a vue, vraiment vue – que là mon look est super. Heureusement que nos Associés (oui, on a des Associés, même qu’ils sont d’une boîte anglaise, si c’est pas la classe) regardaient ailleurs.

Et c’est là que ça devient intéressant, en fait. Pour la première fois depuis qu’on se connaît, sauf les fois où il parle gentiment, mais ça il le fait à tout le monde, Ben m’a regardé, pas comme d’habitude. Chignon vite torché, veste, escarpin. J’ai noté. Ça crée en moi des sentiments divers, pas tous positifs, mais j’ai noté.

Puis Diva est arrivée, pouffante et minaudante. « Oh vous m’attendez oh je suis confuse, mais j’avais égaré les papiers »

Marc : très bien, Diva.

Et du coup Diva continue à me raconter : « Tu sais quand je suis sortie du bureau j’ai été à la machine à café et après dans le local des fournitures, et là, j’ai posé le dossier, alors c’est pour ça tu vois je ne comprenais pas, je le cherchais je le cherchais et il était pas près de la machine à café. Et ça m’inquiétait bon je pouvais le réimprimer hein, mais quand même et puis bon là tout va bien. Mais tu vois il était pas près de la machine à café parce que sans réfléchir absolument sans réfléchir je l’avais mis dans le local à fourniture et je l’avais fermé en suite, tu imagines, à clef. J’ai du retrouver les clefs et en plus je ne pensais pas à le chercher là tu penses. «

Voilà. Et on est parti pour notre Repas d’Affaire offert gracieusement par le client.

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8 réponses à “Des escarpins, une veste et les cheveux relevés

  1. Il t’a regardée !

    Alors là, c’est carrément le grand tournant que tu attendais, non ?

    Courage Fanette ! Reprise tes filets de pêche et lance-les !

  2. oh la la…. j’erspere que c’était un bon signe hein!!!

  3. Ah ben bravo… Depuis quand le client invite le presta ?? 😉

  4. Je croise les doigts hin, et je veux la suite!!!!!

  5. moi je suis nulle en seduction et tralala – je ne sais pas minauder bref je crois que de changer un truc tout simple, la coiffure, mettre une simple jupe si on est toujours en pantalon ou des talons et bien cela peut changer le regard, creer une etincelle….
    moi aussi j’ai l’air gentille alors quand j’ai besoin de faire serieuse, je mets mes lunettes !

  6. Bonsoir!
    Je te découvre aujourdhui et j’ai drolement hâte de connaitre la suite!

  7. un regard, un compliment, ouuaaaaahhhh !!!!

  8. Mon petit coeur fait boum !!!
    (on est peu de choses, hein??)