Les MIB sont nos amis

En fait, les men in black (ici et ) avaient un objectif. Non pas conquérir la terre, mais conquérir le marché français. La question, c’est pourquoi ils nous ont choisi, mais là, c’est le talent de vendeur de Paaat. Et il en a. Il a du commencer sa vie sur les marchés, c’est pas possible. Ça ne peut pas être que l’école de commerce.

Enfin ils nous ont choisis. Peu importe pourquoi au fond. Le dossier est gros. C’est sérieux et important. Isabelle y va à fond dans l’air préoccupé et agité. Ce qui est épatant chez elle, c’est la façon dont elle s’y prend pour, sans lâcher un mot, donner l’impression qu’elle sait tout. Même moi j’ai un doute. Sait-elle tout? De quoi s’agit-il? On restructure ou quoi? Il va y avoir des morts?

On sent tout de suite la différence depuis qu’on bosse avec les anglais.

Le projet. Le truc. Le dossier. Tout le monde est stressé, agité, tendu. C’est grave, mais on ne sait pas pourquoi. Les men in black sont repartis, mais leur spirit (avec l’accent des tête à claques) flotte comme un spectre sur nos bureaux.

Le projet c’est de se positionner comme il faut pour gagner des sous. Enfin, gagner; avec Marc et son frère, on ne sait plus trop…

Mais nous suivons un processus. Une méthode. Non parce que on ne peut plus travailler à la papa. Faut du vocabulaire, de préférence anglais. Et de la structure.

Donc on :                                                                                           

  • Définit des objectifs, donc on se réunit pour bien trouver notre objectif. Non parce que si on se trompe d’objectif? Hein? Ou qu’on le définit pas comme il faut? Eh ben il y a tout qui fout le camp. Valà. Et après on n’est pas les rois du marchés. On a l’air de cons. Et Fanette perd son job. Alors Fanette elle est top à donf dans le projet.
  • passe ensuite à la phase d’évaluation. Ben oui. On calcule, on compte, on se demande les sous que ça va coûter et tout, le temps, le nombre de personne et tout. Du graphique, du camembert multicolore, de la courbe, toussa toussa.
  • met en place, mais après, ça, on y est pas.
  • contrôle, parce que Marc l’a dit : le défaut, souvent, c’est que les projets ne sont pasassez suivis. Eh oui. Et tout part en vrille mais personne le voit. (Ou tout le monde le voit mais personne le dit). Mais nous on est pas comme ça. On contrôle.

C’est la méthode DEMC. C’est américain, mais traduit. Quand on me dit méthode américaine, je pense aux types qui se baladaient dans les villes, dans les films américains (dans Little Big Man, peut-être?) et qui vendent des médicaments miracles. D’ailleurs, le mec qu’a inventé le Coca, ça devait être ça, non? Enfin, c’est l’élixir du révérend Père Gaucher. Du fordisme d’entreprise. Et de la communication : on se réunit comme des furieux et on communique. Car seuls, nous ne pouvons rien. L’union fait la force. Nous nous réunissons, nous communiquons, nous nous dévouons, de toutes nos petites énergies, à la survie de notre boîte qui nous donne à bouffer chaque jour que Dieu fait. Et c’est de cette synergie formidable que naîtra le succès. Et nous gagnerons plus, car nous aurons travaillé plus. Comme nous serons heureux.

Publicités

11 réponses à “Les MIB sont nos amis

  1. C’est généralement à ce moment que je commence à m’ennuyer dans les boites où je bosse et que je m’en vais.

  2. Tu as l’air formidablement heureuse d’être en plein synergie avec la Diva et Paaat, c’est fou !
    En tout cas, je me souviendrai de la méthode DEMC… L’avantage (ou l’inconvénient ?) avec ces trucs qui sortent droit des cerveaux des profs d’école de commerce, c’est que ça reste incrusté très facilement dans le crâne ! (Même si tu sembles avoir eu de légers problèmes de mise en page pour les insertions de graphiques…)

  3. A te lire, on a l’impression que tu découvres tout ça. Un projet, quelqu’il soit demande une organisation et une plannification rigoureuse. Que ce soit avec des anglais, des américains ou des français !

  4. s’ils sont repartis… alors il faut retourner faire la sieste comme avant et mettre tous ces DEMC avec le carton d’archives spécial « étudiants-stagiaires ».
    moi ce que je trouve sympa en tous cas, c’est la photo! trop belle cette oeuvre d’art placé sous un immeuble futuriste!

  5. Aaaaah… je reconnais bien là le truc !! Quand tout d’un coup la rationalisation s’empare de la boîte qui s’en sortait très bien sans !!! mais, en fait, une fois qu’il y a des procédures, je trouve que l’on peut se cacher derrière. ça compense le manque de spontanéité.

  6. Vive les américains !!

  7. Encore une fois, retour sur le monde du travail que j’ai quitté… Pour une fois, retour sans regret. Il y a tellement d’hypocrisie dans ces pratiques, que c’en est fatigant : non qu’elles soient mauvaises : mais elles ne valent que pour lé théorie. Elles sont prises trop souvent comme prétexte au pouvoir ou aux critiques de petits chefs, et j’ai souvent aussi remarqué que chacun remplit sa part du contrat, sans se soucier vraiment de ce que les autres font à côté : il y a des choses à faire, on les fait, sans aller au delà, puisqu’au delà, on sort de son domaine propre selon la procédure, et on déplaît à celui qui organise le système. Dommage. heureusement, tu sembles prendre tout cela avec la distance qui convient. Tu as raison, car si l’on s’investit trop, on peut s’y user.

  8. Moi, je trouve que c’est bien de s’appuyer sur une méthode, moi ça m’aide à mieux gérer. Mais c’est vrai que parfois, c’est un peu exagéré. Les chefs ou les responsables en font trop.

  9. Tu te moques, hein? La coquine…

  10. Toujours aussi drôle.

  11. Mais je connais très bien, c’est la gare Lille Europe !! Chouette souvenir, un rendez vous amoureux à 56 ans!