Flannie, Fanny, Catherine Noury, Alexandre, Bergman, Proust et Alix

Bon, mon post d’aujourd’hui va concerner le post de Flannie sur son nouveau blog le théorème de l’escarpin, dont j’avais déjà parlé.

Allez y, il s’agit des créations de Catherine Noury, que je trouve extraordinaires, mais je vais juste les évoquer un tout petit peu pour ne pas empiéter sur ce que fait Flannie.

Si les oeuvres de Catherine Noury me plaisent tant, voilà pourquoi : les créations vestimentaires délirantes me font rêver, je me retrouve dans un autre monde, je ne peux pas l’expliquer autrement qu’en faisant appel à des ambiances visuelles :

Pensez, pour ceux qui connaissent, à certaines images de Fanny et Alexandre, le film d’Ingmar Bergman, l’univers de Fanny et Alexandre est convenable, bourgeois, cossu, chaleureux. Mais dans cet univers, on trouve une part onirique et merveilleuse, liée à des marionnettes (et j’adore ces marionnettes) avec le personnage d’Ismael, le neveu magicien d’Aaron, l’amant de la grand-mère de Fanny et Alexandre.

De même, à la fin de la recherche du temps perdu, de Proust, le narrateur, invité à une fête, se trouve devant des êtres étranges qui ressemblent à des masques, et il met quelque temps à comprendre que ces êtres étranges sont les gens qu’il a connu, mais déformés, transformés par le temps. Bon, je sais, Proust a la réputation d’être illisible, mais il faut juste rentrer dans ses phrases comme dans un bain chaud, moussant, dans une salle de bain éclairées par des bougies ; si on fait cela, le texte devient beaucoup plus abordable, on bascule dans un autre monde, en l’occurence dans cette partie du roman, un monde de masques, très élégant, très cossu encore, mais fatigué, poussiéreux, détruit.

Je pense aussi à certains tableaux, soit des vanités, avec les têtes de mort et la décomposition qui touche tout, soit au contraire les tableaux ultra lumineux des impressionnistes.

A l’autre bout de ce qui me touche, il y a par exemple, l’esthétique d’Alix, The cherry blossom girl. Fruits, jardins, vergers, chemins, fleurs, dentelles, je dirais – mais je suis nulle pour mettre cela en mots.

Mais d’où cela nous mène à Catherine Noury? Eh bien, il y a, disons, une ombre, une poudre magique d’un peu tout ça sur ses créations : du cassé, du déchiré, de l’abîmé, du transformé, du lumineux, de l’arlequin, du théâtral, je ne ne sais quoi qui donne à toutes ces oeuvres un caractère magique, onirique, proustien, bergmanien : je pense aux marionnettes et à la lanterne magique de Bergman, à la fin de la recherche du temps perdu, et à Alix.

Oui, on est d’accord, je mélange un peu tout, mais je m’en moque : ce qui permet de reconnaître une oeuvre d’art, comme un bon vin, c’est la saveur qu’elle laisse en soi-même quand on la regarde. Quand je regarde les oeuvres de Catherine Noury, voilà ce qu’elles laissent en moi ( qui s’y trouvait déjà, mais l’art réactive ce qu’on a au fond de soi), donc allez lire l’article de Flannie et foncez voir l’expo, et vous verrez alors ce que Catherine Noury réactive au fond de vous.

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7 réponses à “Flannie, Fanny, Catherine Noury, Alexandre, Bergman, Proust et Alix

  1. Ton article donne envie d’aller y jeter un oeil

  2. Cherry blossom girl, je connais oui, c’est sympa, mais au point d’y aller tous les jours par contre.

    Tin l’expo à l’air très chouette! mais comme d’hab, c’est à Paris 😦

  3. j’aime bien Proust et je vais aller voir sa « filleule » sur ta recommandation!

  4. Ben moi, c’est pas trop Proust et Bergman qui vont me donner envie, j’avoue, mais j’ai cliqué et c’est pas mal!!!

  5. marrant, ça, si peu de comm. ça doit être Proust et Bergman, ils font peur…

  6. Proust et Bergman !!!! Aaaaaaaaah, j’ai peur !

  7. Oh merci, Fanette !
    Excellent article en plus !
    Je t’attends très vite sur le théorème 😉