Les désaccords du coeur

Je me suis retrouvée soudain seule en été, enfin pas seule, mais fortement menacée de l’être. En plus, j’ai eu un été chargé, et pas le temps de voir tout le monde, juste celui de m’écrouler dans mon lit avant de repartir au boulot.

Déprimant.

A plusieurs reprises, revenant d’un endroit en avion (pour le boulot) et crevée, je pensais à un verre dans un endroit chic et sympa avec Pierre-Henri (voir catégories…), et je ne le voyais plus du tout de la même façon, le Pierre-Henri. Je nous voyais dans le luxe, dans le calme, attendant la volupté, et ça me faisait rêver. A peine avais-je atterri, un certain jour, que je l’ai appelé, dans les couloirs interminables d’un aéroport, et il a répondu tout de suite:

– j’en ai marre, lui ai-je dit. Je pense à toi. Je voudrais bien être avec toi.

Et tout était exact, même si je débordais d’une émotion surtout due à la fatigue : j’aurais en effet voulu être avec lui, car j’étais en train d’attendre ma valise, en me disant, avec une autre partie de mon esprit, que la prochaine fois je remplis un bagage à main, et c’est tout, mais pourquoi ne l’ai-je pas fait ce coup ci, alors que j’y ai pensé??? (Il y a une raison : peu habituée des voyages, le seul truc qui peut me servir de bagages à main, c’est un sac à dos ; mais je trouve que ça manque de chic professionnel, le sac à dos). Vous savez, tous ces gens avec des chariots qui scrutent le tapis roulant pour voir arriver leur valise, moi je m’étais mise à l’écart, psychologiquement incapable de fendre la foule pour récupérer ma valise.

Et en même temps que je parlais, je me disais que j’exagérais. Que je savais bien qu’il allait m’inviter ; que le jour où il ne le ferait plus, je serais super vexée ; que ce garçon me traitait comme une fille formidable, que j’aimais bien ça, sans être amoureuse de lui, alors que lui, un peu sûrement, et que là, je voulais le beurre, et l’argent du beurre, les oeufs et le fromage : mais paf, il m’a dit « demain soir? » en me donnant une adresse – et une que j’aime, un bar genre chic et cosy où l’on peut parler et justement j’avais envie de me vautrer un brin dans le luxe élégant, ça repose.

J’y suis donc allée, après la récup du bagage, le taxi jusque chez moi, la facture du taxi (je la demande parce que j’ai pas de sous mais ce que ça fait mesquin…), l’arrivée chez moi, en désordre, car je n’avais pas eu le temps de ranger avant mon départ. Je me suis mise au lit avec rage (j’aime pas ranger, mais j’aime pas le désordre). J’ai dormi, rangé un peu le lendemain matin, été au boulot et le soir en allant au rendez-vous, j’avais atterri psychologiquement et plus du tout envie de voir Pierre-Henri même dans du luxe.

Les désaccords du coeur…

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12 réponses à “Les désaccords du coeur

  1. ah !! ? mince alors !! je pensais que tu aurais bien au contraire une furieuse et soudaine envie de le voir !! le beurre , l’argent du beurre et le crémier ! non ?

  2. hehehehehehehhehehe il y a plusieurs manières d’interpréter cela, oui je suis souvent rongée par ce besoin de comprendre!

    Hypothèse 1 : Si tu étais amoureuse de lui je t’aurai dit que c’est monnaie courante ce qui t’est arrivé, or tu n’es pas amoureuse!

    Hypothèse 2 : dès qu’on a ce qu’on veut on n’en veut plus. Très courant aussi chez notre égo.

    Hypothèse 3 : tu n’étais plus aussi fatiguée que la veille, ce vide qu’il était sensé remplir n’existait plus et donc, lui, ne servait plus à rien.

  3. Je vote pour la fatigue ou l’envie passagère, celle que l’on n’éprouve plus le lendemain ou le surlendemain.

  4. oulalala ce que tu es compliquée

  5. Et moi qui m’attendais à ce que tu lui sautes dessus, lui arrache ses vêtements, et….

  6. pauvre Pierre-Henri !

    Mais nous n’avons pas la suite !!! Or, j’ai souvent remarqué que les soirées où on n’avait pas la moindre envie d’aller étaient les meilleures.
    Finalement la soirée a été merveilleuse et tu es tombée follement amoureuse de Pierre-Henri …

  7. Ben t’est pas compliquée toi! Pôvre Pierre-Henri qui doit se mourir d’amour…tout court…Pffff!

  8. Il y a un peu de fanette chez willykean. La différence c’est que moi je ne laisse au doute de s’installer. Je fuis toute tentative, tout semblant de relation « sérieuse »… jusqu’à ce que je trouve mon homme évidemment et maintenant quand j’en vois un s’approcher de façon sournoise, j’annonce la couleur en même temps.

    « mariée, comblée et mère de trois enfants »

    Ma meilleure amie dit souvent que j’ai ma  » carte d’identité » sur le front.

    Je crois que de pouvoir être « libre » malgré l’attache, c’est ça le bonheur….

  9. aaaaaah le cœur a décidément ses raisons 😉

  10. Ceci dit, ce Pierre-Henri, tout délaissé qu’il est , il a quand même droit à une catégorie à lui tout seul !

  11. Pffffff les filles … Mais comment vous voulez qu’on s’y retrouve nous ???