Où, après son week end, Fanette s’interroge avec perplexité

Je glisse sur le repas, sur la soirée (très ennuyeuse, conversation rasoir) et sur la nuit (une nuit, quoi).

Je ne veux penser qu’aux choses agréables et conclure, le détail de mon week end on s’en moque.

La Chapelle du 12ème siècle.

Vive le douzième siècle.

Il m’a permis de sortir tôt, dans la fraîcheur humide du matin. J’ai suivi une petite route de campagne, toute petite, dans la direction que m’avait indiqué Claire.

Arbres ; champs ; c’était l’été donc ils étaient plein d’épis. Ça sentait bon. Je me disais que je voudrais vivre là toute ma vie, travailler par internet, et aller me promener là tous les jours, en respirant les odeurs.

J’ai vu un lièvre. Des oiseaux. Ça sentait la bouse. J’aime l’odeur de la bouse de vache…

Marcher me réchauffait.

La chapelle : toute jolie toute mignonne, moussue, herbeuse, comme tassée dans le sol depuis huit siècle à attendre que je vienne la regarder.

Je me sentais bien j’avais l’impression de voler.

Je suis rentrée, Pierre-Henri me cherchait, je suis tombée dans ses bras, j’étais dans une super humeur.

A midi barbecue : subir la conversation de KE était moins pénible car j’étais devenue la Référence Culturelle, dont il me parlait, c’est fou? KE est donc resté ennuyeux, mais son amabilité me l’a fait découvrir sous un jour plus flatteur.

Et là, je voudrais en venir à une remarque générale : suis-je seule à trouver qu’un personne antipathique dans un premier temps peut, si on réussir à la faire vous apprécier alors qu’elle avait eu un mauvais a priori sur vous, devenir tout d’un coup nettement plus sympa alors qu’elle était désagréable avec vous, et donc vous apparaissait désagréable?

Il me semble ne pas être claire…

Mais il me faudra y revenir, car au début de ce blog, j’ai plusieurs fois pensé à aborder ce sujet, et je ne l’ai jamais fait.

Bon, là, personne ne comprend rien, mais on verra plus tard.

Donc, KE s’humanise, et pontifie moins, dialogue plus, certes il fait partie de la race antipathique de ceux qui SAVENT et qui t’expliquent, mais il est plus dans la dialogue, donc nous dirons que le repas en devient plus agréable.

Je me lance à parler de trucs que j’aime et qui passent toujours, par ex : l’humour. Donc, j’évoque finement la série H qui est l’un des seuls que je connaisse bien parce que j’avais la télé à l’époque, et tout le monde se met à parler d’humour ; Claire aime Bourvil, ça nous fait un point commun, tout ça pour vous dire que ça se passe plutôt bien.

L’après midi : sieste.

Puis le retour.

Bon, au total c’était un excellent week end, mais j’y pense encore, et voilà pourquoi.

J’ai passé une 40aine d’heures avec des gens que j’apprécie moyennement ; cependant, ayant décidé de suivre Pierre-Henri, je ne pouvais, sous peine de me montrer grossière, leur dire que je ne les appréciais pas tant que ça. Les riches ont le droit de vivre aussi. Les pauvres…

Ces gens ont été fort aimables dans l’ensemble, bien que j’aie eu besoin un peu de m’imposer, sans quoi j’aurais été à la traîne. Pierre-Henri est extrêmement attentionné et respectueux. Je ne vais pas dire que c’est désagréable. Pourtant, au bout d’un moment, il est ennuyeux.

Au sortir de ce week end, je n’avais qu’une idée : me faire une soirée à la con avec Ben ou Gaël, pour compenser.

Pourquoi ne puis-je être de ceux qui apprécient entièrement, de A à Z, ce qu’ils vivent?

Pourquoi ne puis-je me transformer intégralement en bourgeoise ?

Pourquoi, alors, ne puis-je tomber à 100 % dans les bras de Ben, mec tout simple?

Vous connaissez un médecin qui vous arrange le cerveau et vous le met en modèle de base, sans options incohérentes?????

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14 réponses à “Où, après son week end, Fanette s’interroge avec perplexité

  1. euh!!!non !!!
    mais t inquietes suit tes envies avant de regretter!

  2. Ouais, j’en connais un, perdu dans la campagne justement. C’est un peu cher mais ça vaut le coup.
    Courage. On est tous un peu pareil au fond.
    Take care

  3. C’est peut-être parce que tu ne peux pas être complètement toi même avec lui?
    Et puis c’est comme ça, y’a des personnes qui nous font pas vibrer, c’est tout.

  4. Moi j’aime bien les incohérences, et j’aime me balader et fréquenter des types de gens jusqu’à ne plus pouvoir les voir en peinture, et changer, puis recommencer… La vie est tellement riche, ce serait bête de se mettre dans une case pour ne plus en sortir… Encore pire si c’est la case de l' »intégralement bourgeoise » ;).

  5. Bon bon bon, alors je ne m’inquiète pas, tout va bien?

  6. Les choses naturelles arrivent naturellement. Pour le reste, mieux vaut ne pas s’y forcer parce que de toutes façons, à plus ou moins long terme, ça ne marchera pas …

  7. Une bonne soirée à la con, il n’y a que ça de vrai. Rien de plus ennuyant que des bourgeois qui se croient intéressants!!! Après il y a le bon bourgeois et le mauvais bourgeois!

  8. Va ou le vents t’emporte… Avec le soleil et les orages… Mais va y.

  9. si tu veux des coordonnées de spécialiste, je peux peut-être t’aider… mais écriras-tu encore après ?

  10. T’aime pas les dissertes sur le capitalisme à l’heure de l’apéro ?
    Je trouve ça super, t’as toujours un mec qui t’explique le monde comme à un demeuré pour éblouir l’assistance…

  11. quand ce sera le moment M, avec la bonne personne P, tu ne te poseras plus ces questions. tu auras fait le bon choix sans le savoir!

  12. Que de questions… Mais je suis un peu comme toi. Je me sens toujours légèrement en porte à faux.

  13.  » Les riches ont le droit de vivre aussi. Les pauvres… » 🙂

  14. ça s’appelle être une fille, ma pauvre fanette, on passe notre temps à vouloir ce qu’on n’a pas et rejeter ce qu’on a (surtout si c’est acquis sans la plus petite difficulté)
    Mais c’est aussi pour ça qu’on nous aime, non ?
    Vive les chieuses !