Marc, homme important, mais pas que

ça fait longtemps que je ne parle pas du bpoulot, j’ai du mal : ils font tellement partie de moi, et j’en ai tellement marre, que je ne peux pas plus en parler que de mamain ou de mon genou.

Je voudrais raconter ce que nous faisons, je le ferai peut-être.. ça n’a aucune importance, j’ai de plus en plus l’impression déroutante que nous empilons du vent.

Mais peu importe : là, je pense à quelque chose, de précis.

Tous les matins, nous arrivons au travail. Une grande baie vitrée nous sépare de l’extérieur. Quand je suis arrivée, moi, je vois donc tout le monde arriver.

Marc arrive très tpot, abvant tout le monde, mais parfois il arrive plus tard, et parfois il revient de rendez-vous. Alors je le vois arriver en marchant : je le repère quand il a poussé la porte covhère pour entrer sous le porche qui précède la cour ; lorsque la porte cochère s’ouvre, on voit un clarté au fond de la cour, puis cette clarté diminue : alors, mécaniquement, je trourne la tête, et je cherche qui est entré. Et souvent c’est Marc.

Marc est plutôt grand, et longiligne. Il a souvent ses mains dans les poches. Il traverse la cour, tête baissée, d’un pas dynamique. Même quand il marche il est chef. Même quand il marche il semble dynamique.

Il entre, pousse la porte, et s’adresse à moi. je sais qu’il veut me prouver qu’il est dans le boulot tout le temps. Donc, quand la porte est entrain de se refemer, il me pose une question sur ce que je suis en train de faire. genre, le chef est là, hop hop hop, on rebosse. Je lui réponds, il m’écoute en faisant sauter ses clefs dans ses mains, pensifs et il fait mm-mm, en mode ; je suis extrêmement attentif. Ses yeux regardent au delà de moi : l’intensité de la concentration. Il conclut par un « bien. Très bien. Je n’ai rien à dire. Si vous le défendez » (l’idée, c’est qu’on a des « projets », qu’on y croit, voyez, et qu’on les défend, bec et ongles). Je prend un air tonique et martial. Oui, je défends mon projet. Je bosse. Je donne ma vie mon sang mon temps pour ta boîte, oui, chef. C’est terrible : il me fait de la peine : je sais, je ne devrais pas. j’ai envie de lui avouer que je m’en fous, mais j’ai honte… Enfin pas trop. J’arrive pas à savoir : il s’en fout ou pas?

Après il va faire pareil avec d’autres et je le vois de dos. Il est tendu. On voit son énergie dans son dos. Frémissement des jambes. Mains dans les poches. Le battant immobile. Qui réfrène son énergie. L’autre lui dit des trucs comme moi. Saule Diva lui parle de sa voix de crécelle. Bien sûr Marc. Certainement. Ah mais bien sûr non mais hein non mais évidemment eh oh quoi.

Puis il monte dans son bureau.

Je sais qu’ila du boulot, mais je me demande toujours : pourquoi faut-il qu’il en rajoute? La raideur? Le plissement de la bouche? Cette façon « homme qui sait » de hocher la tête? D’où ça vient? c’est génétique? Il imite son père?  Il imite Sarko? C’est le nouveau staïle? On dirait que même s’il se sert un café, il se sert le café ouinneur.

Pourtant, ce n’est pas si simple : je connais d’autres types qui se la pêtent vraiment. Je n’arrive pas à savoir à quel endroit de Marc réside le petit truc qui fait que, contrairement à son frère, il n’est pas, ou beaucoup moins, un sale con.

Son regard? parfois, il nous regarde comme s’il nous voyait, nous, je veux dire, les gens que nous sommes ; alors que pour Paaat, nous ne sommes que des éléments du décor : les employés de la boîte (sans employés pas de boîte qui fait bien).

Une façon rêveuse, de temps à autre, de laisser traîner ses yeux là où il n’y a rien à voir? Sur les murs, sur les papiers?

Le fait qu’il aime Queen? et de l’avoir déjà vu en jean pourri et T-shirt à message idiot?

Qu’est-ce rend certaines personnes un tout petit peu plus humaines qu’elles ne le veulent elles-mêmes?

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7 réponses à “Marc, homme important, mais pas que

  1. Et zut, à peine j’ai lu le titre, je m’y croyais déjà ! haha…

    Ben nan ça parle pas de moi. Quoique… toute ressemblance avec un personnage existant ou ayant existé serait fortuite et indépendante de la volonté de l’auteur, hein… **siffle**

  2. Non, Marc, ce n’est pas toi.. Mais la vie des gnous du Sérengheti, tu me fais rêver, là…

  3. à te lire, on a l’impression que ce Marc s’embête à 100 sous de l’heure et qu’il se demande bien ce qu’il fait ici. C’est peut-être ça qui le rend humain ?

  4. Il y a beaucoup plus de fautes de frappe que d’habitude, tu étais fatiguée ? 😉

  5. Leur vulnérabilité ?

  6. sympa ce post ! bon, sinon ce marc là, il ne m’inspire pas du tout, du tout ! Et puis, ça me fait penser que demain, je reprends le taf aprés une année de break, et je n’ai vraiment pas envie d’y voir les « Marc », nonnnnn, j’veux passssss ! nonnnnnn !

  7. C’est bien aussi, un chef qui s’intéresse à ce que tu fais. Au moins, il n’est pas dans sa tour d’ivoire, à ne donner des instructions que par chefs interposés…

    Il serait presqu’humain, non ?