Fanette dépitée

(Suite du précédent)

Oui, le film était un navet, Inju, ça s’appelait, enfin je crois que selon mes critères, c’en était un, sauf que comme je flottais dans les fleurs et les oiseaux, tout était bien.

Je vous rassure tout de suite : il ne s’est rien passé. Enfin, si mais rien dans la série « amours ». Hélas. Mais j’y viendrai.

Racontons avec ordre : l’avant cinéma, le pendant, l’après, OK?

Avant : café, discussion. En effet, ça ne va pas entre Sandrine et Lui. Sandrine, selon Lui, veut un battant, ou alors qu’il entre dans la boîte de son père pour faire des armes (c’est l’expression utilisée par Lui, qui, je suppose, est celle de Sandrine). Lui, se voit comme un créateur, actif, il veut bosser ça et là, gagner des sous, il en gagne plus ou moins, mais ça lui va comme ça, il ne veut pas structurer le truc, il veut être libre.

Je l’écoute, toute rêveuse, et complètement inhibée.

Un jour, alors que Pierre-Henri me regardait avec des yeux qui appelaient (et m’énervaient), j’ai rigolé, mais je l’ai embrassé, c’est venu comme ça, c’était normal, ça été le moment. Comme ça, paf.

Sauf que je me moque de Pierre-Henri, il est sympa, mais je ne me transforme pas en nuage devant lui. J’agis.

Mais pas avec Lui. J’ai l’impression, alternativement, d’être en plomb ; ou en coton. je me dis frénétiquement : dans d’autres circonstances, je ferais quoi? je gèrerais comment? D’habitude je fais quoi? Et impossible de trouver.

Donc en fait, et avec un affreux sentiments de nullité, je suis là. Je reste là comme une niaise, je cherche quoi dire et je ne trouve pas. Je réussis juste à prendre l’air intéressée et bienveillant, plutôt que confise et béate devant Lui, ce qui serait atroce, au moins pour mon orgueil.

J’exhale juste, à un moment : Pfff, Sandrine ! Mon pfff n’est pas exempt de désapprobation. c’est violent, n’est-ce pas?

Pendant le film : on regarde le film. Je suis en état d’apesanteur, et soit je me demande comment le héros va s’en sortir, soit je me demande comment je vais m’en sortir.

Après le film :

On retourne au café. Je bois du vin blanc. On parle de trucs. Je me déconstruis intérieurement, toujours incapable de trouver quoi dire. C’est hallucinant. En plus je suis bavarde, normalement. Qu’est-ce qui m’arrive? j’ai le coeur qui bat. Je ne me tords pas les mains parce qu’elles sont agrippées à mes genoux. Normalement, mes mains, je les mets où? Avez-vous un plan pour le positionnement des mains? Et du reste? vous vous penchez, quand vous êtes assise au café avec des gens? ou vous restez droite? Vous posez le coude sur la table? Ou pas? Si je m’appuie sur la table, est-ce que ça diminue mes chances avec lui? Et comment respirer? la bouche entrouverte? par le nez? Et si je renifle? Qu’est-ce que je fais quand je suis avec des gens normalement? Est-ce que quelqu’un dispose d’une liste de sujets de conversations types?

Bref, c’est atroce. Je continue de tenter d’avoir l’air détachée. Et ce n’est pas facile, car je ne suis qu’une enveloppe, et le reste de moi-même flotte dans le café, mais heureusement ils ne s’en rendent pas compte, sinon qu’est-ce que j’aurais l’air con.

Après, on dit qu’on va rentrer chez nous.

On rentre chez nous.

Je me rassemble peu à peu. Je me maudis. Qui dispose d’une explication rationnelle? Aurais-je du lui sauter dessus en hurlant ? Je n’ai jamais fait ça : pas en hurlant ; ni même en parlant : chaque fois que je me suis rapprochée d’un garçon dans une intention évidente, il y avait un contexte de sympathie/tendresse/complicité préalable, qui rendait les choses plus logiques ; ou alors on dansait. Enfin il y avait un truc. Je ne me suis jamais posé la question, ou alors une ou deux fois. Là, le contexte n’y était pas. Mais moi, je n’y étais pas non plus. Alors que fais-je? je guette l’occasion? je la crée, mais comment?

Mon humeur : je suis triste et folle de joie.

Demain, je réanalyse la situation.

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22 réponses à “Fanette dépitée

  1. C’est tellement mignon de te voir amoureuse comme ça.

    Et de voir que Ben était complètement inexistant (il était toujours là, non ?).
    Raconte comment tu as résolu les questions que tu te posais dans le billet précédent : tu t’es assise entre eux deux ?etc …

    Sinon, ne te brusque pas, ne le brusque pas…Ouvre lui tes grands yeux verts et il tombera amoureux à son tour.
    (pourquoi tu n’aurais pas les yeux verts ? J’ai le droit d’imaginer ce que je veux, non ?)

  2. oui.. il et où Ben ? mdrmdr

  3. arf… il « est » où Ben…

  4. C’est que j’apprécie dans tes récits … c’est que tu racontes comme tu le vis … pour ça que j’étais vraiment dedans …

  5. Hor-mones, chère amie : hormones. On ne peut plus rationnel et on ne peut moins frustrant.

  6. rhé ben. C’est le crush…

  7. il n’y a pas d’âge pour tomber amoureuse…

  8. reinedespommes

    Bon Fanette, je ne vois qu’une solution : tu lui files discrétement l’adresse de ce billet.
    S’il ne craque pas, je ne comprends plus rien moi !
    (tu es excellente !)

  9. achète un bouquin de psycho : il y en a un qui vient juste de sortir (je ne connais pas son titre) et qui analyse notre gestuelle. Peut-être que la prochaine fois cela t’aidera à créer le fameux contexte favorable ?
    Bonne chance Fanette !

  10. C’est une bonne idée ça…. l’adresse du billet…

  11. Respire Fanette, respire. Et fais toi un bon thé bien chaud, les choses vont se clarifier petit à petit.

    Je croise les doigts pour qu’il y ait d’autres occasions et que tu t’y sentes assez à l’aise pour en profiter et les savourer vraiment.

    Aaaahhhh les papillons dans l’estomac…

  12. Mais et Sandrine alors ?

  13. C’est mignon en effet.

  14. Bonjour Fanette. Bon ben, dit comme ça, t’as l’air bien accro du garçon. Mais maintenant, le suspens est insoutenable … En attendant, je vais faire un petit retour arrière pour vérifier que j’ai bien suivi tous les épisodes ! Très bonne journée à toi ;o)

  15. ma pauvre Fanette! je comprends ton mal-être qui m’est déjà arrivé. on ne sait pas comment attaquer le fruit. je crois que tu devrais laisser faire. ignore-le un peu, juste un peu, pour que lui soit en manque, et soit toujours gaie et souriante; à force, il va tomber dans le panneau, c’est sûr!! enfin je dis ça…. mais rien n’est si simple!

  16. On avance, on avance… jusqu’où irons-nous????

  17. Le contexte. LE CONTEXTE. Tout est dans le contexte en effet… 100% d’accord. Et parfois le contexte ne vient pas aussi vite qu’on voudrait… il faut persevérer, se dire que peut etre, la prochaine fois… (vous sentez le vécu, la ?).

  18. Nouveau post chez moi !
    Bisous fanette 😉

  19. Si quelqu’un a une recette de création de contexte, je prends !

  20. Mais t’as tes chances pourtant, non ?

  21. ton truc -ça ressemble à du Woody Allen donc c’est universel et pourtant pas de réponse prête à l’emploi – mon avis faut que tu te tapes quelques Woddy A. – il y a peut-être une solution ……

  22. Je découvre ton blog grace à ton commentaire. J’aime bien ta façon d’écrire et je reviendrai pour te lire un peu plus. J’ai d’autres blogs, et cela donne beaucoup de travail. Bises et à bientôt
    Merci de ton passage