L’amour est-il soluble dans les conventions socio-culturelles?

( Suite de ça ; ouais, le titre est… bbbb. Je sais, mais j’ai rien trouvé, j’étais de mauvais poil).

Ce qui me perturbe, au fond, c’est que ça marche : oh, il n’est pas venu me tomber dans les bras, mais il s’est mis à me voir. Il ne s’est peut-être pas mis à ne voir que moi ; j’ai l’impression qu’il nous voit tous un peu plus (par tous, j’entends ceux de ma boîte). Mais il me fait des remarques ironiques qui disent très bien ce qu’elles veulent dire : quelle élégance, me dit-il en me regardant d’un air que je ne saurais qualifier. Elle est où, la petite Fanette?

Elle est où? Je lui ai répondu ce jour-là que la petite Fanette était devenue grande.Mais la petite Fanette n’est pas devenue grande ; c’est plus subtil que ça. Dans mon ancien boulot, et plus encore dans celui-là, j’ai pris conscience de l’importance des apparences dans la vie, et dans les entreprises. Il faudrait que j’en parle (mais Brad Pitt m’occupe beaucoup, je dois dire), mais j’ai fait très attention à ma façon de me comporter ; et plus encore ; j’ai réussi, au prix d’un certain effort sur moi-même, à me mettre en valeur aux yeux de Marc (effort non pas pour me convaincre de le faire, mais pour avoir ce comportement arriviste – bon, j’en reparlerai) ; mais ce qui me démonte, et plus que cela, c’est que cela semble fonctionner aussi pour Lui.

Du coup, il y a deux choses là dedans : ça donne raison aux filles qui se soignent et se font belles, sauf que certaines apparemment ne trouvent pas toujours chaussures à leur ped, mais bon, ça leur donne raison. Et puis ça veut dire que toutes ces conneries du genre « sois toi-même », eh bien c’est vraiment des conneries. D’abord, je suis un peu moi-même en working woman, ça m’amuse de me déguiser ; ça me donne l’air plus sérieux dans mon boulot. Tout le monde est content. Mais je suis quand même plus moi-même en pull et en jean. Mais simple et en quelque sorte négligée ; vraiment négligée. Ainsi, je deviens invisible. Mais si je suis invisible, personne ne fait attention à moi ou n’imagine que peut-être je puis être intéressante. Sauf mes amis.

Je sais : si Lui était un mec vraiment bien et tout, il serait tombé amoureux de moi avec mes vêtements qui me rendent transparente. Il aurait détecté la perle rare en moi, vu mon âme sous le pull, et paf. C’eut été l’amour, au premier regard, voire au deuxième.

Pourquoi je fais chier le monde d’ailleurs? j’ai Pierre-Henri, il est super Pierre-Henri, il m’emmène en week end, au restau, on s’amuse, c’est le bonheur. Mais il est bien, mais pour un temps défini. Trop de Pierre-Henri tue le Pierre-Henri. Il finit toujours par ma dire un truc qui me glace le sang. ça ne l’empêche pas d’être gentil ; mais je ne pourrais pas vivre vraiment longtemps avec quelqu’un qui ne prend jamais le bus, par exemple. je ne dis pas que prendre le bus me transporte (ah ah ah, il y a une plaisanterie super fine, vous avez vu?), mais c’est la vie, quoi. Il ne peut pas aller dans un chinois. Bon, OK, la qulaité laisse le plus souvent à désirer, mais ça fait partie des petits trucs, l’expression de son visage quand je suggère un chinois. « Pas ça » – ben si, ça, Fanette elle aime les chinois. Oui, il y a plein de gens, et parfois ils crient et ils font du bruit. Alors que dans les restau où je vais parfois avec Pierre-Henri, tout le monde parle doucement. Tiens, ça me rappelle un film, ah oui, les Blues Brothers, quand ils vont faire chier leur copain au restau.  On s’égare.

Ce que je veux dire, là, c’est que le conformisme social vaut dans les relations hommes femmes. Habillée comme une grosse nulle, j’ai plu à Pierre-Henri qui doit croire qu’avec moi il se frotte (ce n’est pas un jeu de mot, mais une allsuion suggestive, pas hyper fine du reste, mais je n’avais plus de fin en stock), oh comme c’est troublant, avec la France Profonde, une vraie aventure par delà les barrières culturelles. Moi, la farfelue, lui, des beaux quartiers et on s’aime, enfin on passe des moments agréables, je n’en disconviens aucunement (rendons à Pierre-Henri ce qui est à Pierre-Henri). Dès que je lui parle de Proust (aaaaaaah la culture c’est bien), de Philip Dick (la science-fiction quelle aventure) de Djamel Laroussi (un musicien arabe !!! comme c’est exotique), il voyage. Je lui fais faire des économies. Je pense qu’il me trouve divertissante. Et relativement bien élevée : le bon plan, quoi.

Quant à Ben j’ai très bien compris que tout le monde aime bien Ben. Moi aussi, je vous rassure. Mais le genre ado éternel, c’est super sympa, mettons, jusqu’à 30 ans. Mais au delà, ça cesse d’être mignon. Qu’on ne me dise pas que je suis difficile : déjà, je ne baguenaude pas avec lui (je le sens potentiellement collant) ; et puis j’ai quand même le droit de vouloir sortir avec quelqu’un qui mange autre chose que des pâtes fraîches (excellentes) et des pizzas. Car lui non plus n’aime pas trop les chinois, ça sent bizarre. Le Français est pénible, je vous jure. Et les grands restaurants, ça calle pas. Bin non. Quand il a faim et pas le temps, Ben ouvre une baguette en deux et y met le contenu d’une boîte de lentilles-saucisses froides et de la moutarde. Alors croyez-moi, d’ici à ce qu’il aime le champagne, on y est pas.

(Lui aime le champagne ; on pourra toujours en boire).

(La prochane fois, je serai de bonne humeur)

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18 réponses à “L’amour est-il soluble dans les conventions socio-culturelles?

  1. Quand je parlais d’être soi-même l’autre fois, je voulais dire mettre des vêtements dans lesquels on se sente bien. Je me trouve ridicule en tailleur jupe donc je n’en mets pas. Je trouve que ça se voit quand les gens mettent des vêtements qu’ils n’ont pas envie de porter. Pour moi l’élégance est associée à une certaine simplicité.

  2. La premier soir, l’homme m’a surprise en training et relativement pas maquillée, juste ce qu’il faut, et ben, il m’a épousée. Et j’étais absolument pas moi-même, le training c’est juste pour faire le ménage ou trainer à la maison le dimanche en faisant passer la gueule de bois du samedi…

  3. ça veut surtout dire dire « sois toi-même mais avec des artifices » ^^ …

  4. « Sois toi-même », c’est surtout pour le long terme je crois…
    Personne n’est vraiment soi-même quand il séduit. Ça se révèle au fur et à mesure, pendant la relation qui suit.

    Qu’importe ta mauvaise humeur, tu as écrit « baguenaude », je suis comblée 🙂

  5. mouias pas facile d’être soi-même… bon courage!

  6. L’homme, le vrai, tu te poseras pas de question et il saura voir en toi tes qualités et pas l’aspect. tout vient à point…

  7. Je vais te faire un petit résumé de mes débuts avec « Jules ». J’ai d’abord commencé par inviter un deuxième prétendant qui nous a fait « C » toute la soirée, ce qui aurait dû être notre première soirée en tête à tête, non contente de la gaffe, j’ai failli mettre le feu à son appartement le premier week end que j’ai passé chez lui. Puis ce n’est pas tout, il m’a demandé en mariage et je lui ai réservé une surprise dans sa région que je ne connaissais pas encore très bien à l’époque, et nous nous sommes égarés, l’escapade en amoureux s’est achevée dans un hôtel pourri où un énorme chien me térrorisait tellement que nous sommes restés planqués dans notre chambre.

    Bref le tout avec tout de même des tenues « aguichantes » qui ne laissent pas indifférent même le plus énervé des hommes. Alors je dirais être soi même par moment, oui mais savoir faire un peu de teasing.

  8. Tu sais quand on est vraiment soi même on peut l’être quel que soit les vêtements qu’on porte. Moi je suis une vraie femme caméléon et je suis toujours étonnée du regard des autres qui change en fonction de ma tenue, ça me fait marrer ! Au fond, je suis toujours la même mais ceux qui grattent pas, ben ils ne le voient pas, ils se contentent de l’enveloppe. Ben ouais ,mais dans une noix, le meilleur, c’est tout de même un peu autre chose que la coquille !

  9. L’habit ne fait pas le moine mais il y contribue. Ce qui importe c’est la folie avec lequel on le porte (je pense).

  10. Les conventions, pffff, moi, je fais comme je le sens, mais ne va pas croire que je suis un rustre, ah ben non alors…
    bon week end fanette, merci de ta visite…

  11. La naturel vient avec le temps, fait ce que tu peux je dirais.

    Les gens naturels, c’est bien, parce qu’en plus ça devient rare 🙂

  12. reinedespommes

    Bon, je ne vois qu’une solution : demandez à Lui si il aime le chinois…
    (le fond du sujet a été traité largement et je suis en passe d’être d’accord avec toi : les apparences sont souvent trompeuses)

  13. Sois naturelle mais avec profondeur … De toute façon tu ne pourras jamais savoir quel fille idéale un homme a dans sa tête quand tu en croises un. (On ne peut pas plaire à tous ces hommes en même temps). Il faut correspondre à ce qu’il attend mais c’est comme une loterie.

  14. Je visite après ton commentaire chez Narvic.

    Très bonne ambiance dans tes commentaires et j’ai bien aimé ce billet. Je m’abonne…

  15. Jean-Baptiste : Waouh !!! Un client de Narvic qui passe et qui reste !! La classe !
    Je le savais. C’est la veste et le pantalon. ça fait décidément meilleur effet que le pull et les cheveux dans la figure.

  16. Commentaire qui n’a rien à voir avec la note (très agréable à lire, cela dit)

    Je suis très étonnée car il me semblait t’avoir dans ma liste de blogs à lire il y a quelque temps et que tu avais arrêté. Ce n’est pas du tout le souvenir que j’avais de ton blog mais peu importe.
    J’aime beaucoup ce que j’ai lu jusqu’à présent, et donc je suis contente de t’avoir trouvée ou re-trouvée, je ne sais pas trop.

    Voilà sinon personnellement j’ai toujours séduit les hommes de ma vie avec les cheveux gras et habillée n’importe comment. A priori y’en a un qui va même m’épouser… en fait c’est quand je cherche pas à les séduire, que ça marche… je suis pas sûre que ça va t’aider mais c’était mon témoignage extrêmement intéressant sur le sujet !

  17. mais qu’est ce quils on tous contre les chinois hein ?? 🙂

  18. Ah bon faut d’abord lire « Où Fanette s’interroge sur l’amour » !
    J’y vais…