Paris, Paris, Paris ET Paris

Shaun Garrity

J’ai peut-être trouvé une solution à mon problème. je cherche souvent des photos de paris, mais j’ai des angoisses à l’idée de les mettre en ligne. J’en fais aussi, mais elles ne sont pas extra.

Là, j’ai eu une idée, je ne crois pas avoir de soucis avec. On verra. Sur Flickr il y a de bons photographes, je vais les présenter et comme ça je montre une photo.. Héhé.

J’aime Paris, je trouve que c’est beau. Je l’ai déjà dit, et je le redis. Très souvent, et quand j’en ai parlé j’ai lu dans les commentaires que d’autres ressentaient cela aussi, je me sens portée par Paris quand je marche dans le rue. C’est peut-être un film, l’idée que je m’en fais, l’image de Paris, l’image fausse, je veux dire, mais c’est vrai : parfois, à Paris, je plane en me disant : je suis à Paris.

Chacun son truc.

Bon, là, la photo est en Creative Commons. je vais contacter d’autres gens pour leur autorisation.

Pourquoi cette photo?

C’est une bête photo de rue.

Une rue de Paris. Je passe tout le temps dans ces rues. pas spécialement celle-ci, mais toutes les rues. Je marche, je marche, je descends dans le métro, je remonte, je redescends…

J’ai toujours un à trois livres dans mon sac pour lire au cas où, dans le bus, dans le métro.

Quand je sors du boulot, je ne pense qu’à l’endroit où je vais ensuite, rarement chez moi ; même si je n’ai rien à faire, je trouve quelque chose : au besoin, je vais marcher au Marché Saint Pierre, je regarde les machins dans les boutiques ; il faut que je marche.

Paris est un univers. Un jour, en marchant, je me suis retrouvé en Afrique, ou dans les Antilles, je ne sais pas trop ; dans un lieu, justement, improbable, mi Afrique mi Antilles. Je n’ai pas été loin , j’ai seulement marché. J’ai traversé l’Afrique et les Antilles, et je me suis ensuite retrouvé en France.

D’accord ; vous allez dire comme les gens à qui je dis ça : « ben, on le sait, et alors? »

Paris est rempli de Parisiens blasés qui ne voient rien d’extraordianire à se retrouver, en plein Paris, en Afrique.

Ben moi, je suis nouille : ça me le fait.

paris-petites-ecuries

Là, une photo du quartier en question (petites écuries, photo avec Google map ou images ou je ne sais quoi), probablement prise un dimanche ou 25 décembre à 9 heures du matin : la rue est vide.

Je cherche, et je dois trouver le moyen de parler de ça : de Paris, de ses rues, et de ce que ça veut dire pour moi. Je sens bien que je suis confuse. Mais tant pis : je dois trouver.

Alors j’essaie.

Le matin, après un samedi soir ; j’ai peu dormi, et sur un lit qui n’est pas le mien ; peu importe chez qui. Je n’ai pas envie de rester. Peu importe pourquoi ; je me douche mlieux chez moi, mon café est meilleur, j’ai mal dormi et envie de me poser dans mon cocon.

Je sors, il fait froid, même s’il ne fait pas très froid, le manque de sommeil me donne froid.

Il n’y a personne dans la rue. Je marche, et j’entends mes pas si j’ai des escarpins. Sinon, je ‘entends rien. je flotte, dans un univers cotonneux.

Je suis chez moi. Je suis en moi. Toute la rue est moi. Comme j’ai mal dormi, ça accentue ce sentiment. Paris m’entoure doucement, les maisons, les façades, je suis dans Paris et en meêm temps je suis Paris.

Je marche jusquau métro.

Le quai. Moche, dans l’ensemble. mais il est au delà du moche ou du pas moche : c’est Paris, c’est le métro, mon métro, je suis, là encore, chez moi.

SI je regarde Paris avec mes yeux d’avant, je le trouve laid.

Si je le regarde maintenant, c’est familier et doux comme mon studio.

Je prends le métro , pas grand monde. Je dors à moitié.

Je change ; couloirs ; plus de gens, car on est dans le centre ; il y a toujours du monde. D’où viennent-ils? Où vont-ils? On ne sait pas. On les croise. On ne les voit pas, on les perçoit.

Re-métro.

Ma station. Je descends. Chaque poteau, chaque graffiti, chaque devanture m’est familière. Coucou à l’épicier tunisien, tiens je prends un truc chez lui. Je monte. Rhha, il y a des jours où c’est plus haut que d’autres. Et là, je suis chez moi.

Je n’ai absorbé aucune substance illégale avant de rédiger ce post. Je n’arrive pas à trouver les mots pour parler de ça. tant pis : j’insiste, et je finirai par trouver le fil.

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29 réponses à “Paris, Paris, Paris ET Paris

  1. Elles sont très belles tes photos. Je comprends ce que tu ressens.

  2. Ben moi je ne suis pas parisien, mais je comprends très bien ce que tu décris……… Je suis capable un dimanche de faire un saut dans la capital au petit matin juste pour déambuler dans les rues vides de gens…… C’est un truc que j’ai déjà fait quand je travaillais à Bastille…..

  3. Merci, Silv1, ça me fait d’autant plus plaisir que tu n’es pas parisien. La magie de Paris, il y a des gens (dans ma famille) qui ne la ressente pas du tout – ce que je comprends, car la magie de la campagne, elle existe aussi, mais ils sont archi anti-Paris, et ça, je n’admets pas. C’est comme les Parisiens, et il y en a des très cons, qui te parlent de la campagne en plissant le nez. Moi, Paris me fait un effet boeuf, mais les photos de campagne et de nature, aussi.

  4. Je connais trop peu Paris pour ressentir ça dans cette ville, mais j’ai ressenti ça à Berlin, et ça me le fait à Nantes aussi …

    C’est très bien décrit !!!

  5. Euh dis donc, la photo est Creative Commons, mais ça veut pas dire que tu as le droit d’oublier de citer le nom de son auteur… (et accessoirement de mettre le lien direct vers son compte flickr)(à défaut d’expliquer sous quelle licence CC il s’est vraiment placé).
    Vilaine.

  6. Dans un lit qui n’est pas le tien…elle est en Creative Commons la citation de Delerm aussi ? (joke, hein).

  7. J »adore Paris. Tu mets de jolies photos, Fanette. Merci. Moi aussi j’aimais marcher dans Paris… surtout dans mon quartier, Bastille, rue d’aligre, le faubourg St Antoine, Bercy…
    Mais je suis aussi accro au 18ème, là où vit toujours mon frère…
    Ca fait trop longtemps que je n’ai pas marché dans ces rues-là…
    Mais bon, on voulait la Province, pour la qualité de vie des enfants…
    En vieillissant, je ne suis pas sûre d’avoir fait le bon choix en quittant Paris…
    bye

  8. J’ose copier les supporteurs de Paris en clamant Paris est magique car c’est tellement vrai. Cette ville me manque bien parfois…

  9. merci de ton passage sur notre blog !
    Je découvre le tien, avec plaisir. Beaucoup de lecture à y faire !
    Au plaisir !

    😉

  10. Sébi : mais tu as raison, ma parole. Attends, je rectifie.

  11. (Il n’apparaît pas avec la même License, mais zut, hein, s’il proteste je retirerai).

  12. c’était un post très joli et poétique! paris le valait bien.

  13. Je ressens la même chose que toi, à Paris, ailleurs aussi.

  14. paris, paris, paris, est et sera toujours paris !
    (comm’ phatique, mais pas que !)

  15. j’y suis née à Paris, mais pour l’aimer, il faut que je la quitte et je redécouvre les immeubles haussmaniens magnifiques, les rues, les ponts…
    Je ne vois plus la pollution, les gens énervés qui s’engulent en voiture etc…

  16. C’est marrant, quand tu parles de ton changement de sentiment par rapport à Paris – avant, quand tu y étais étrangère, tu aurais trouvé ça laid, maintenant c’est chez toi – pour moi, c’est exactement l’inverse. J’ai toujours vécu à Paris , je m’y étais toujours sentie chez moi, jusqu’à ce que, je ne sais pas pourquoi, j’y devienne étrangère… Bizarre.

  17. fanette> Eeeeh oui, toutes les photos qui sont sur Flickr ne sont pas Creative Commons… il est fort possible que tu aies utilisé une photo qui ne l’est pas. Auquel cas tu es dans l’illégalité la plus totale.
    (et attention, Big Brother etc.)

  18. c’est quand je vais en province que je retrouve intact, au retour, le plaisir de paris. Paris restera paris, avec ses milliards de possibilité, sa variété infinie, sa beauté non discutée. Pourtant quand cela fait des mois que je ne suis pas partie (comme là avec la grossesse et le bébé) ,j’en peux plus de paris, je ne vois plus que les côté négatifs : les gens inciviques, les voitures partout, les cons qui klaxonnent, le temps pourri. Mais quitter Paris? trop dur…

  19. Je me retrouve dans tes sentiments parisiens – je reve d’une maison pleine de livres et de tableaux, d’un jardin et puis Paris me prend aux tripes et je ne sais plus quoi faire ! Paris est mon amant marié depuis trop longtemps à une autre ; jamais vraiment à moi, j’en suis folle mais le prix à payer est si lourd…amour presque impossible, le plus beau ?

  20. Tout pareil. Ceci dit il n’y a pas que Paris qui me fasse cet effet, enfin si, il n’y a que Paris qui me le fasse tout autant (sauf peut-être San Francisco mais San Francisco manque de vieilles pierres) ; ton billet m’a fait me souvenir de quand j’habitais à Fontainebleau (bouh le Versailles du 77 !) à dix minutes à pied du boulot et que ça me prenait toujours un minimum d’une demi-heure pour rentrer chez moi, parce que j’aimais ça, flâner devant les vitrines et prendre les petites rues. (Pas d’Antilles au coin d’un carrefour cependant, faut pas déconner non plus je parle de Fontainebleau.)

    Et c’est ça qui me manque le plus dans ce coin très artificiel des États-Unis où j’habite.

  21. je crois avoir fait ce qu’il faut pour les commentaires sur mon blog, merci de m’avoir signaler le problème et la solution!!!Je ne suis pas parisienne mais mes deux filles y vivent et nous y allons assez souvent mais on ne voit pas paris de la même façon quand on y vit et quand on le visite.
    je pense que tu n’as aucun complexe à avoir du côté des photos je les trouve très réussies.

  22. Ah … des photos de Paris !!! Quelle bonne idée ;o)

  23. I love Paris too !
    so much ……..

  24. Comme tu le sais, je déteste Paris 😉
    Donc moi aussi je peux te filer des photos si tu veux!

  25. Je trouve ça étrange cette fascination pour Paris (attention c’est pas une critique), ça fait drôle en fait 🙂

  26. Ahhh… la rue des petites écuries, la rue château d’eau… De quoi voyager aux quatre coins de la planète : un peu d’Asie, un peu de Moyen-orient et beaucoup d’Afrique.
    J’y suis 5 jours par semaine alors je voyage très souvent sans prendre l’avion. ;-)))

  27. Bien que née à Paris, je n’ai jamais spécialement portée cette ville dans mon coeur. Peut être à cause de la grisaille, de l’odeur du métro, de la saleté, des parisiens stressés et blasés… mais je peux totalement comprendre ce que tu ressens, car j’ai le même sentiment pour Munich. Munich c’est moi, c’est ma ville, mais je vais devoir la quitter…. ce sera un déchirement!

  28. Ah oui. Oui,oui,oui. Moi aussi ça me le fait. Je marche dans la rue, je regarde les pavés. Tout d’un coup, je lève le nez, et je me dit « je suis à Paris ». Et là, ça ne rate jamais, je souris bêtement. C’est tout con, mais c’est comme ça. Surement un truc que les Parisiens blasés ne pourront jamais comprendre. Tant pis pour eux. Moi, j’adore.