Suite de l’histoire de Gaël

épuisé

On se rappelle : j’étais chez Gaël, pour me réconforter, si tant est que ce soit un réconfort, et voilà qu’il me dit qu’il doit me raconter un truc, et il me raconte qu’il a rencontré quelqu’un qui s’appelle Hedwige. Cette personne est sympa et il voudrait bien que je la rencontre.

Et donc, comme je l’ai signalé en utilisant brillamment les signes de ponctuations, je reste coite (imaginez un peu mon trouble) ; coite, mais je communique mes impressions à Gaël par une mimique appropriée. Si je suis coite, ce n’est pas que je n’ai rien à dire, mais plutôt trop.

Quelque chose comme :

– Hedw… Mais?!?! Non. Si? Mais tu veux dire que … euh… Avec un H? Elle est comment?

Non, parce que ordinairement, Gaël porte un décourageant regard sur les fille. Par ex :

– Celle là est pas mal, elle a de gros seins, mais je n’aime pas ses genoux.

Moi : – Mais ça va pas !! Il n’y a pas que les seins et les genoux !

Lui : Elle est con, alors il faut bien qu’elle compense.

Moi : Ben alors, elle a de gros seins, ça va? C’est le genre de truc qui compense, normalement.

Lui : Non. A cause de ses genoux, elle a des jambes vulgaires. Je ne suis pas obsédée par les seins, contrairement à ce que tu penses (NDA : Si, il l’est). Et puis ses mains. Les mains sont le reflets de l’âme.

Moi : Pas les seins?

(Etc)

Donc, ordinairement, vu la façon dont Gaël décortique les femmes, je m’attends toujours à le voir arriver avec des top models, enfin des top model à qui on a donné à manger. A mon propos, il m’a juste fait quelques remarques perso, mais heureusement que je l’ai coupé et que je sais qu’il est con sur ce plan là, c’est le mec qui te démolit si tu l’écoutes ; enfin, avec moi il finit par me dire : « Mais toi tu es ma petite Fanette !! » – mais je ne sais pas si ce n’est pas, aussi, un peu traitre ; comme je suis sa petite fanette, je suis moche, grosse là où il ne faut pas pas et maigre là où il ne faut pas non plus, je me coiffe mal et m’habille comme un sac, mais tout ça est transcendé par l’affection qu’il me porte ; merci Gaël : si ce n’était pas mon Gaël, je le détesterai.

Or, à part une peste très classe avec laquelle il est sorti huit mois (et qui l’a viré), il n’a eu de femme affichée que tout à fait normale. L’une d’elle tendait  même à la culotte de cheval, mais elle avait de jolies mains, et elle était maître assistante à la fac (il n’y en effet pas que les seins et le cul qui compte : le CV aussi : Gaël aime le culturel, même tendance scientifique , ou le juridique).

Bon, et Hedwige avec un H? Alors? Alors?

Alors (je rappelle qui j’avais très mal dormi la nuit précédente) je vais dormir un moment et il appelle Hedwige, et farfouille dans le frigo pour préparer un truc (on va encore se taper du mauvais saumon et du champagne ; mais je m’en fous, j’ai mauvais goût, j’adore ça).

Je ne dors pas, je somnole, je suis dans cet état curieux mi veille mi sommeil, où l’on coule dans un coma qui ne repose pas, le cerveau pétrifié, le temps aboli.

Je perçois des bruits, des portes, des voix.

Puis Gaël vient me chercher. M’ordonne de faire quelque chose pour mes cheveux et mes yeux. ça m’énerve, mais dans le miroir de la salle de bains, il a raison, je suis monstrueuse : les yeux gonflés, les cheveux dressés au dessus de la tête, l’air hagard. Bravo. Avec un peigne, de l’eau froide et un peu de maquillage, on peut faire des trucs pas mal.

Hedwige m’attend dans le salon. Un truc me fait tout drôle : j’arrive par la porte de la salle à manger, passe la double porte entre le salon et la salle à manger. Hedwige était assise sur le canapé qui tourne le dos à cette double porte, elle se lève en nous entendant et se retourne. Avant même d’avoir vu son visage, je sais, à sa façon de bouger, l’aisance et la familiarité de ses gestes, qu’elle est ici chez elle. j’ai le coeur qui se serre, égoïstement  : je n’ai pas vu Gaël depuis six ou huit mois, mais je sais que je suis toujours chez moi quand je suis chez lui : mais l’attitude d’hedwige me fait comprendre que je me trompe : maintenant, c’est elle qui est chez elle.

Hedwige est blonde et grande et je n’ose pas baisser les yeux sur sa poitrine. Elle a un visage large et long, avec une grande bouche qui sourit, et des yeux incroyablement joyeux et rieurs. ça, plus Gaël, plus mon état, me laisse bredouillante et muette. Je bredouille un bonjour embarrassé. Elle a l’air sportive. En fait, tandis que Gaël s’assied et qu’elle parle, je la regarde avec hébétude et je ne comprends pas qu’elle soit avec Gaël : elle a l’air normale, drôle et sympa. pas du tout comme Sandrine, qui avait un côté faux dans sa sympathie. hedwige déborde littéralement de bonne humeur et de sympathie. Elle me pose une question.

– Hein? fais-je.

– Elle est fatiguée, dit Gaël. Je sens à sa voix qu’il est agacé ; s’il a dit à Hedwige qu’il lui présentait sa super copine, il doit être furieux de récupérer un zombie qui bredouille. Après concetration, il s’avère qu’Hedwige me demande si j’aime la bière. Je fais un effort pour ne pas avoir l’air ahuri, et je dis que non.

– Je m’en doutais !! dit-elle joyeusement (je ne mens pas : elle parle joyeusement). Les Parisiennes n’aiment pas beaucoup la bière. Enfin, certaines si, ajoute-t-elle, désireuse de ne vexer aucune catégorie de parisiennes. « Alors, pour toi, j’ai amené du Gewurztraminer. Ce n’est pas très original, mais il ne me dit rien !!!

J’y suis. L’Alsace. D’accord. Ah bien, va pour le Gewurz.

(Questions aux lecteurs/trices : qui aime la bière, et quelle bière,  et dans quelle région habitez-vous? Non mais ça m’intrigue, y a-t-il vraiment un goût moins fort pour la bière hors du Nord et de l’Est?)

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43 réponses à “Suite de l’histoire de Gaël

  1. Bah moi je suis en allemagne, alors la bière ça me connaît 😉 j’aime bien ça, quand je suis sur paris j’aime d’ailleurs bien aller faire un tour du côté d’un bar à bière vachement sympa, station Luxembourg!

  2. J’adore la bière mais je viens du Nord – ça compte quand même ?

    Quelle bière, oulala faudrait mettre ça au pluriel ! J’aime bien varier, je les prends par pays histoire d’avoir un ptit goût d’ailleurs.

  3. moi j’aime la bière, et pourtant je suis de l’Ouest 😉

    quelle genre de bière? plutôt blonde ou blanche dans le temps (ça avait un ptit côté plus classe que la blonde basique, non?)

    et en tout cas je suis toujours contente si je me balade dans le nord ou en belgique de pouvoir déguster de nouvelles bières de la même façon que certains déguste le vin.

  4. Je suis normande et je n’aime pas la bière mais vraiment pas. J’aime surtout le vin rouge et aussi le blanc. Le rosé n’est pas du vin pour moi.

  5. j’habite à Paris et je déteste la bière…

  6. Je m’appelle Fanette et j’aime pas la bière sauf la blanche avec du citron et un tout petit peu de Guiness, mais uniquement dans l’ambiance pub, sorties, copains. Sinon, dans un salon, je ne peux pas.

  7. Hein????????????

    Mon PC voyage dans le temps !!! J’ai mis mon comm après celui de Lena, mais mon PC marque 12.06 et mon comm s’est mis en deuxième catégorie…
    (j’ai mis ce comm parce que les comm me faisaient penser à une réunion des AA).
    (Attends, je vais voir où se met ce comm)
    Léna a écrit j’habite Paris et je déteste la bière.
    Je ne suis pas folle

  8. Aaaaaaah.
    Que se passe-t-il?

  9. Ca y est, j’ai catégorisé Edwige dans les pétasses. Sympa ET drôle ET jolie ET sportive, c’est louche.

    Sinon, je viens de Genève & habite Paris et je n’aime pas la bière.

  10. Parisienne, je n’aime pas la bière… Je préfère le champagne et le vin rouge!

  11. ou Hedwige avec un H, peu importe.

  12. Piip?

  13. (Marion, rien à voir avec toi, je remettais l’heure sur mon blog).

  14. Ploum?

  15. Bip bip.

  16. ça y est.

  17. Marionfizz et Julie : donc on a une de l’Ouest qui aime la bière et une de l’Est que ne l’aime pas. ça fait un partout.

  18. aie, il faut absolument rentrer dans une catégorie?
    ALors si c’est le cas, j’habite paris et je n’aime pas la bière… ! Le cliché quoi !

  19. Moi j’aime bien la bière. Et j’habite Toulouse. Mais je suis née dans l’Hérault et j’ai passé mon adolescence en Essonne. Je suis comptabilisée Sud-Ouest ?
    Cela dit, on peut aimer la Kro, et puis aimer la bière, la vraie comme dirait Cherétendre. Ca change tout.

  20. Je n’aime pas la bière alors je ne peux pas t’aider.

  21. Je suis belge et j’aime la bière (cliché aussi ça…). Laquelle? Plein! La Leffe, la Duvel, la blanche avec le citron, la Grimbergen, la Cuvée des Trolls, la Westmalle Triple…. je me rends compte en écrivant que je suis assez chauvine niveau bière… ah non, j’aime la Carlsberg aussi 🙂

  22. Psst je suis originaire de Paris mais j’habite dans l’Est et j’aime beaucoup la bière. Mais la bière de filles faut dire, des trucs tendant vers le sucré, enfin pas du tout amer quoi. C’est pas du tout compliqué ce que je viens d’écrire. On comprends tout.

  23. Bretagne = bière = Kronenbourg = n’importe qu’elle marque en fait, tant ça fait un truc.

    PS : je connais des Parisiennes qui boivent la bière par seau entier. C’est franchement un cliché à la con. Comme si les Bretons ne buvaient que du chouchen et les Belges ne bouffaient que des frites.

  24. Bernie : tu as raison, c’est cliché, mais comme je ne connais que des gens qui n’aiment pas, sauf s’ils sont du Nord ou de l’Est, je me suis vraiment convaincu que c’était un truc du Nord ou de l’Est. Et par bière, je veux dire « vrais bières ». En fait, Gaël boit aussi de la bière, mais de la Kro. Même moi qui n’aime pas, je sens nettement la différence de qualité.

    Camille G : Et ils n’ont rien dit dans le Sud Ouest, quand ils ont vu que tu buvais de la bière?

  25. Camille G, tu triches. C’est l’Allemagne qui t’a converti à la bière.

  26. quand j’habitais en Normandie, je détestais la bière, quand je vais en Bretagne, je déteste la Bière, maintenant que je vis à Paris, je déteste toujours la bière.
    Moi, c’est le champagne : avec du saumon si tu veux, avec un type qui m’aide à faire une chiffonnade assurément !

  27. Louise : je te vois venir, avec la chiffonnade… Mais tu n’as pas vécu dans l’Est, donc tu n’as pas été convertie.

  28. J’aime Paris mais j’aime pô la bière !!

  29. Que des femmes? Tant pis, je dis que j’aime la bière et puis je file. Donc, je l’aime, la bière, mais uniquement quand j’ai très très soif. Sinon, non: je ne l’aime pas assez.

  30. Le coucou : n’aie pas peur !!!

  31. Bon, moi, la bière, aura des noms comme Löwenbräu, Franziskaner, Berliner Weisse, Pils, les sortes seront Dunkles, Helles ou bien Weissbier (ma préférée, encore vivante…)

    Pardon à le coucou, je suis encore une fille 😉

  32. Je salue Matt, Bernie et le coucou.

  33. je n’aime pas la bière non plus et ne connais pas ce gwurzjesaispasquoi…

  34. Fanette, avec tous ces comms que tu as postés n’importe où alors que d’habitude tu ne donnes qu’une réponse bien organisée, on dirait que tu es complètement bourrée c’est très drôle 😀

    Moi je suis Parisienne et J’ADORE la bière ! Je me suis gravement offusquée en lisant l’assertion d’Hedwige.
    (En plus Romain, mon ex, était un peu un psychopathe de la bière, il ne jurait que par la bière d’abbaye… (la Leffe surtout))
    Et quand je vais en Belgique je suis super contente, je teste toutes les bières que je peux, c’est génial ! (rien que d’y penser…)
    En Belgique ils ne sont pas comme chez nous, avec notre monomanie de la Stella, de la 1664 ou de la Kro… Ils les aromatisent avec plein de trucs différents, il y en a vraiment pour tous les goûts (en plus les degrés d’alcool varient aussi).
    Sinon, les bières corses (à la châtaigne ou à l’arbouse) sont super aussi.

    (et on peut aimer la bière ET le vin blanc d’Alsace !)

  35. Dans le Sud Ouest aussi, on boit de la bière. Au pub, en regardant le rugby, en rando, dans le Pays Basque, à la plage (il y a même une bière basque gouteuse, brassée à Licq Atherey, Akerbeltz – ça veut dire le « bouc noir » : tu as le choix entre ambrée, blonde et blanche).

    A part ça, quand j’habitais Paris, je n’aimais pas la bière (il y a très très longtemps, en 1985) et depuis que j’ai quitté Paris, j’aime la bière. Et j’ai des amis qui aiment aussi la bière, à Dijon, à Clermont- Ferrand, à Montpellier, à Toulouse, et maintenant à Bordeaux).

    J’espère que ça t’aidera dans ta quête de caractérisation et de différentiation géographique des amateurs de bière.

    Bonne année à toi, Fanette

  36. tu fais une enquête sociologique sur les buveurs de bière, c’est ça, si j’ai bien compris…
    je me reconnais pas mal dans ta curiosité (pas forcément sur le thème de la bière d’ailleurs).

  37. Je suis française d’afrique. Je ne suis pas une grosse buveuve de bière mais quand il y en a de bonnes j’aime les essayer. Et puis, prendre de la bière pour moi, c’est comme manger des frites: de temps en temps je me fais un petit plaisir.

    J’ai gouté aux bières allemandes, j’aime le Gewurzstraminer, et aussi les nombreuses petites bières belges dont je ne retiens pas le nom. Chaque abbaye ou chaque bourg a sa bière alors…

    Ma préférence va au vin et au champagne.

  38. Pas du tout, j’aimais la bière avant l’Allemagne :p Et puis ce n’est pas la Kölsch (bweeek) qui m’aurait convertie !
    Dans le Sud Ouest, figure-toi qu’ils sont très contents que je boive de la bière. Surtout mon copain, toulousain pur jus, qui vénère la bière. A condition, donc, que ce soit de la bonne.

  39. Laure : j’essayais de voir à quelle heure mes comm passait, et je ne savais pas quoi écrire, alors j’écrivais n’importe quoi.

    Conclusion : mes prémisses (la bière dans l’est et le nord) étaient donc non seulement fausses mais entachés d’horribles idées reçues et de clichés. C’est affreux.

    Il y a des gens qui aiment la bière partout.

    On trouve de la bière basque (qu’est-ce que le monde moderne est créatif).

    Faut pas être sectaire.

  40. biere – et gewurtz hein- je suis en alsace pour 4 jours encore, après je viendrais remonter les stats des filles qui aiment la biere en region parisienne 🙂

  41. moi je suis du centre, et j’aime pas du tout la bière !

  42. Je suis du Nord Est, j’aime pas la bière, je n’en ai pas dans mon frigo, mon mari n’en boit pas non plus et nos potes ne descendent que des bouteilles de coca…
    A part ça on a tous dépassés les 30, voire les 35 ans pour la plupart….
    Et on est (presque) tous passé par une période bière quand on était (beaucoup plus) jeune (et con ?), parce que ce n’est pas cher etc… genre on va se saouler au Pub, comme les Rosbiff !
    L’âge doit y être aussi pur quelque chose ? L’environnement CSP ? etc.. je pousse un peu là, non ?

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