Où Fanette tente de comprendre ce qui se passe avec Hedwige

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Suite du précédent (lui même faisant suite à d’autres précédents…)

Durant le trajet, le téléphone a sonné ; c’était Hedwige ; elle ne voulait pas que je vienne. J’ai crié « Allo? Allo? ‘tain la connexion, marre de cette compagnie de merde ! » et j’ai coupé.

(Hé hé).

Pas très tranquille, je me demandais ce que j’allais faire et de quoi il allait s’agir ; Gaël était-il en cause ? malgré sa goujaterie, ça me paraissait peu probable ; il semblait bêtement amoureux, avec l’absence d’originalité des garçons difficiles qui se disent que puisqu’ils ont tant tardé à faire leur choix, c’est bien la preuve de leur bon goût.  Par ailleurs, comme tout emmerdeur amoureux, il était devenu tout gentil. Voire niais. Avec Hedwige. (Et quelque peu agaçant). Mi- niais, mi -ailleurs (c’est-à-dire que soit il perdait une heure pour trouver le bon pot de confiture, soit il ne voyait rien de ce qu’il avait sous le nez : un homme, quoi, et toujours prêt à protester qu’il avait TOUT fait ce qui était humainement possible pour le pot de confiture – exact – alors pourquoi on s’énervait qu’il ait mis la mauvaise nappe? – il y a un sketch d’un humoriste qui évoque un sujet voisin). Quoiqu’il en soit, ça ne devait pas être Gaël – mais quoi? Elle avait perdu son boulot?

Donc, j’arrivai en bas de l’immeuble, tapai le code en me trompant, retapai le code en ne me trompant pas, traversai le hall, appuyai sur le bouton de l’ascenseur qui se mit en route tout en haut avec un pfiou-bonk de mauvais augure (ascenseur en grève du zèle), m’engageai dans l’escalier en pestant – j’ai l’habitude des escaliers – et arrivai au troisième étage, la porte d’Hedwige, une porte simple, à côté d’une autre, mais en face c’est une porte double – ça fait toujours classe les doubles portes.

Sonnai et tambourinai sur la porte, prête, si tout allait bien, à m’écrier que ah la la je m’étais drôlement inquiétée, quelle nouille.

Oui, parce que en cours de route je m’étais dit que peut-être j’avais rêvé et que l’impression très négative que j’avais eu en écoutant la voix d’Hedwige n’était peut-être qu’une illusion.

Illusion qui se dissipa dès l’ouverture de la porte. Celle-ci s’ouvrit, mais à peine. Je la poussai, le couloir était dans le noir. (Car, comme la photo ne le donne pas à penser, nous étions le soir).

-Pourquoi es-tu venue? ronchonna Hedwige en refermant la porte derrière moi. Je t’ai dit que ça allait.

– Mais ça ne va pas. Pourquoi es-tu dans le noir?

– Je ne veux pas que tu me voies. Je vais me remaquiller.

– Pourquoi?

– J’ai pleuré. Je n’aime pas ça. Attends moi dans le salon.

Mon défaut, c’est l’absence de répartie (affreux), donc j’allais dans le salon, où mes pensées se bousculèrent, en sorte que je revins dans la salle de bain et expliquais les choses à Hedwige en termes clairs.

– Peut-être, lui dis-je derrière la porte, que tu ne veux pas que je te vois avec des larmes, mais je voudrais bien voir ton visage parce que je me dis que peut-être, enfin, ce sont des traces de, euh, coups et…

Hedwige fit un bruit bizarre derrière la porte et l’entrouvrit. Ses larmes coulaient et elle riait. C’était assez curieux. Il n’y avait pas de traces de coups.

– Tu es rassurée?

Je lui fis remarquer qu’elle ferait aussi bien d’attendre un peu. Le maquillage ne prendrait pas sur les larmes.

– Merde, cria Hedwige, mais pas à moi. Elle regardait le lustre du plafond du couloir, et je fis de même, machinalement. Le lustre n’avait rien. Il était juste poussiéreux.

– C’est drôlement sale, dit Hedwige en pleurant. Je ne m’en suis jamais rendu compte.

– Moi non plus. Chez moi c’est pareil, je ne lève pas la tête. (Par association d’idées, je pensais au rebord de mes vélux : crasseux).

– Je vais nettoyer, dit Hedwige en larmes.

– Mais écoute, c’est ridicule.

– Par rapport à quoi?

– Ce n’est pas une urgence.

– Rien n’est urgent, de toute façon.

– Eh bien, tout de même; si tu arrêtais de pleurer…

Hedwige me regarda :

– On pourrait alors nettoyer le lustre – si tu y tiens, continuai-je. C’était complètement idiot. En essayant de trouver quelle aurait été la bonne phrase appropriée au contexte, je m’écriai avec agacement :

– Enfin écoute c’est débile, on ne va pas nettoyer ça maintenant.

Du coup, Hedwige éclata de rire nerveusement et je la poussai dans le salon. J’étais obligée de la pousser, le couloir était étroit et elle me barrait le passage : et elle semblait partie pour rester là.

(A suivre, c’est déjà trop long, le prochain je coupe avant).

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5 réponses à “Où Fanette tente de comprendre ce qui se passe avec Hedwige

  1. c’est terrible ce suspense que tu laisses, je suis sûr que tu le fais expres parce que c’etait pas si long que ça et ça se buvait comme du petit lait.
    Avez vous nettoyé le lustre ou t’a-t-elle appris qu’elle avait une périostose cubitale pseudotumorale ? (je regarde trop dr house, je sais bien)

  2. La suite, la suite, la suiiiite!!!!!!

  3. Ce n’est pas du suspens, mais je VEUX raccourcir mes posts, donc j’ai une base de 500 mots. Valà. Bon, si, accessoirement, mais vraiment accessoirement, ça donne à certains envie de lire la suite : c’est pas mal non plus. Mais 500 mots. (Compte).

  4. ouii la suite !

  5. Je pense que tu as raison d’avoir coupé le texte, au bout d’un certain nombre de caractères, même si le texte est intéressant, le lecteur a du mal à s’accrocher (lire sur un écran, ça fatigue…)
    Mais j’attends la suite avec impatience !