Le jour où y a Rien Qui Va

cour-interieure

Oui, c’est un jour comme ça.

ça commence le matin, en descendant pour le métro (d’ailleurs, je vais de nouveau arrêter de le prendre). Un extraterrestre invisible mais malintentionné m’enfonce une lame ultra fine dans le front, à un endroit précis, et ça va jusque profond dans ma tête, en touchant des nerfs reliés à l’oeil et au nez (qui pleurent). J’ai donc un point douloureux, et des pulsations qui en partent et vont jusqu’au nez et à l’oeil. J’ai pitié de tous les migraineux du monde. Chez moi, ça passe avec du paracétamol. Donc, une pharmacie, une fois arrivée à destination près du boulot.

Mais, distraite et la tête douloureuse, je tourne la tête au moment d’ouvrir la porte, et je ne vois pas la dame qui en sort (si, c’est possible). Je lui rentre dedans et on vacille toutes les deux. On ne tombe pas, mais elle me jette un regard furieux. Je recule, désolée, que puis-je dire? Je l’ai percutée vraiment fort, sa tête a heurté la vitre de la petite entrée de la pharmacie. J’ai honte, et ça m’enlève tous mes moyens, je balbutie que je suis désolée et elle s’éloigne comme ça. En plus, les autres clients nous ont vu et sourient.  J’ai l’air con. Je connais. J’aime pas. Je ne peux pas dire, « ben quoi, ça vous arrive jamais?  » parce qu’à certains ça n’arrive jamais, mais moi je percute parfois les poteaux dans la rue, déclenchant des fous-rires chez les gens qui m’accompagnent : « Naaaaan, mais spa vré, tu l’as fait exprès? Naaaaaa, pas possible.  » SI C’EST POSSIBLE.

Comme je suis furieuse envers moi-même, quand mon tour arrive, je ne sais plus ce que je suis venue chercher. Je regarde donc la pharmacienne, qui s’efforce de ne pas sourire, en lui disant : « ecoutez, je ne sais plus, servez la dame, là ». Ah oui, du paracétamol.

Je suis rouge, j’ai honte, j’ai chaud. Quand je ressors, je chope un courant d’air. Celui-là, ce courant d’air, dans des conditions psychologiques comme ça, c’est LE courant d’air qui rend malade.

Toujours perturbée, je ressors dans la mauvaise direction, et je me retrouve dans le métro. Je fais donc demi tour devant les bornes. La nana de la RATP, dans son bocal, me regarde avec surprise.

Dans la rue, je me ressaisis. Je pense tout haut pour me reconcentrer. Il est huit heures, tu t’appelles Fanette, tu es à paris, tu sors du métro, tu as loupé le début, mais ça va aller après. Il faut attendre pour traverser la rue, là, et tu la voies la grande porte cochère, là? Ben c’est là que tu vas. Tu te concentres, tu te motives, tu fais ça tous les jours sans difficulté.

J’ai réussi. J’ai traversé la rue comme il faut, poussé la porte cochère, suis entrée, bien, ai dit bonjour sur mon ton habituel (entrain, sourire, dire bonjour au boulot c’est pour les autres et pour moi aussi, je refuse d’être morose et je lutte pour ne pas l’être, pour mon confort perso, donc être aimable avec les gens c’est pour moi une forme d’égoïsme d’autant plus facile à pratiquer qu’être gentille par égoïsme, c’est quand même le nec plus ultra, et d’ailleurs ça marche, on dit que je suis geeeeeeeentille, très geeeeentille, et je ne me fais pas marcher sur les pieds car j’ai fait deux ou trois esclandres, moyen sympa, donc ils ont vu que je peux AUSSI être détestable), je suis allée à mon bureau, puis dans le recoin alimentaire, j’ai pris de l’eau, mon paracétamol, et je suis revenue m’asseoir.

Bien, bien. Zénitude et concentration.

Et puis j’ai ouvert un tiroir du bureau, me suis levée, ai pris le coin du tiroir dans le gras du genou en déchirant et filant mes bas.

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14 réponses à “Le jour où y a Rien Qui Va

  1. Ahaha, j’adore le coup du coin du tiroir. Je me prends le coin du bureau dans la cuisse chaque semaine, ce qui fait hurler de rire mes élèves. Une bonne béquille pour commencer la journée, il n’y a que ça de vrai pour rester djeunz.

  2. aie le tiroir…

    allez, ce soir on se recouche et demain tout ira mieux, hein?

  3. Bon, d’un autre côté ça aurait pu être pire…

    Euh…

    La femme que tu as percutée aurait pu finir aux urgences… ou le métro en grève… ou tu aurais pu marcher sur le trottoir sur la « chose indélicate et dégoûtante » qui s’insinue si bien dans les rainures de ta chaussure…
    Ou tu aurais pu te filer tes bas au boulot… Ah, zut, c’est fait, ça !

    Positive ! Je trouve même que tu as eu de la chance… …. presque !

  4. tu serais pas très fatiguée toi en ce moment? il paraît que quand on se tape partout c’est ça 🙂

  5. Eh ben, qu’est-ce que ça serait si t’étais milicienne dans les jungles birmanes…
    (Je dis ça, moi c’est les chevilles que je me pète).

  6. moi aussi je me tape de partout, courage !!

  7. Constantin : Milicienne dans les jungles birmanes….

  8. Visiblement tu as un problème avec ton schéma corporel.

  9. Les orteils, 1 jours sur 2 en ce moment. Le matin pour bien me niquer ma journée.

  10. Les orteils, 1 jour sur 2 en ce moment. Le matin pour bien me niquer ma journée.

  11. c’est fourbe les tiroirs…

  12. Désolée, ne m’en veux pas mais je ris. je ne me moque pas mais c’est tellement cocasse 😉

  13. ô j’aime bien cette photo ? Où l’as-tu prise ?
    Ce genre de matin, c’est chaussettes trouées, glissade sur la savonnette, prise de pieds dans les fils (oui y’a des fils électriques, cable internet qui traînent partout me demande pas pourquoi), thé renversé, voire bol cassé, crotte de chien ou autre qui me fait glisser sur le trottoir, coup de parapluie dans l’œil, claquements de strapontins qui me rendent sourde, marche ratée dans l’escalator…
    Bref, une journée ordinaire surtout lorsqu’après arrivée au lieu des réjouissances tu subis comme toute réponse à ton bonjour tout sourire la mauvaise humeur des autres incapables de la laisser chez eux !
    Tiens et si je partais sur une île déserte ?

  14. Oui, je confirme, il y a des jours comme ça….