Diva, ma copine

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Rien à faire, j’aime bien Diva. Enfin je ne l’aime pas avec affection, mais je suis contente de connaître quelqu’un comme elle.

Soyons ENCORE plus subtil : je suis contente de connaître quelqu’un comme elle et de ne pas me sentir inquiétée par elle.

Oui, contente, car ça veut dire que j’ai plus de confiance en moi qu’avant, et c’est important pour moi.

Diva a dernièrement une nouvelle copine, la nouvelle employée de chez Hichem, Hélène. Hélène est une petite femme assez marrante, toute petite mais avec un caractère très affirmé, bien qu’elle ne parle pas beaucoup. (Hichem est le type de la boîte d’à côté, il a une vitrine sur le rue mais le fond de ses bureaux communiquent aussi avec le cour, il travaillait avant dans l’immobilier, mais maintenant il est agent de voyage ; enfin il liquide encore des appart’, si je comprends bien, il a une épouse bavarde et charmante, que j’ai appelé je ne sais plus comment dans les autres posts).

Donc, Hélène travaille chez Hichem depuis disons deux mois. On l’a connue parce qu’elle sort fumer dans la cour.

En la voyant, Diva s’est écrié : « Oh, il faut aller lui souhaiter la bienvenue! ». Car notre Diva est conviviale. En fait, elle a du se dire que ça fleurait bon la source supplémentaire de potins (Hichem est arabe ; pas sa femme ; Diva soupçonne donc Hichem de toute sorte de turpitudes ; Hichem, qui a un physique à la Danny De Vito, et dont la transparence comptable est douteuse, ne semble par ailleurs pas du tout doué pour les turpitudes ; ou alors il ne dort jamais, et sa femme, qui ne le quitte pas, est aveugle ; par ailleurs, Hichem est terriblement drôle).

Donc Diva s’est précicpité pour aller saluer la petite Hélène, et n’a pas tardé à nous la présenter. ça n’a pas plu des masses à Isabelle, laissez-moi vous le dire, car Diva l’a complètement coiffé au poteau socialement. Mais Isabelle est au mieux avec la femme d’Hichem (qui n’aime pas Diva) et elle a contre attaqué en organisant une séance shopping dont l’utilité m’échappe, à laquelle j’ai d’ailleurs été conviée – mais j’ai décliné, eu égard à ma vie sociale trépidante (Hedwige) qui commence entre la porte vitrée du bureau et la porte cochère de la cour. Il s’agissait d’aller repérer des bottes. C’est la mode. Enfin, je crois que ça passe, mais elles ne lisent pas des blogs modes comme moi, les malheureuses, elles vont être out of the tendance, ça va être affreux. En même temps, ça me va bien de dire ça. Vu que je suis out tout le temps (mais dans le out tout le temps, il y a une forme de cohérence, et je préfère être out tout le temps qu’en retard ; c’est mon petit snobisme ; j’ai été très ennuyée quand Punky b. s’est passionné pour les chemises à carreaux de bucheron canadien, j’aime ça depuis toujours. Mais je crois que l’hiver prochain ça sera plus du tout fashion, je pourrais les remettre ). Donc, il fallait aller acheter des bottes. j’ai fait comme si les bottes, je ne savais même pas ce que c’était et elles ont fait pff.

Sans Diva, le shopping.

Bien organisé, Isabelle, je suis assez contente d’elle. A midi, Hélène avait été monopolisée par le femme d’Hichem, Isabelle, la secrétaire d’Hichem et moi (j’ai capté le piège après). Repas à la brasserie. Diva, avec sa soupe, a fait comme si elle s’en foutait, elle avait mieux à faire, soigner sa ligne pour l’été qui venait. Mais en fait elle enrageait. Pendant le repas, Isabelle a envisagé l’hypothèse de se rendre toutes ensemble, super sympa, non? aux halles pour faire les boutiques (ouééééééééé), idée qu’Hélène a semblé considérer avec bienveillance (ah ouais-euh, ouais-euh, pourquoi pas- euh, cool). Dans le courant de l’après midi, Isabelle a laissé planer un doute (aurait-elle le temps? Etait-ce approprié? Etait-ce raisonnable? Non, raisonnable, pas, car avec toutes ces choses à faire, pff, qu’en pensai-je moi-même? je lui ai cité Oscar Wilde, un peu de culture dans un monde obsédé par la consommation, « les folies sont les seules choses qu’on ne regrette jamais« , ça l’a surpris, Oscar Wilde avait-il dit ça? Je crois qu’elle pense qu’Oscar Wilde a écrit Emma, la littérature anglaise c’est pas trop son truc, mais l’argument a porté) , puis vers 15 h 30, alors que Diva avait déjà annoncé que l’Amour de Sa Vie, son deuxième mari, l’homme le plus merveilleux de Tous Les Hommes, le sublime, le grand, l’unique Vincent venait la chercher, hop, Isabelle a réuni ses troupes et mis sur pied la virée aux Halles.

Et toc. Diva, qui nous avait déjà vendu sa Merveilleuse Soirée D’Amour avec Cet Homme Merveilleux, en tout cas vachement plus merveilleux que son salaud de premier mari (qui file le parfait amour avec une jeune fille nommée Fadila quelque chose, d’où l’antipathie de Diva envers Hichem), ne pouvait plus reculer. Elle était condamnée à la soirée d’Amour, alors qu’Isabelle allait s’acheter des bottes, avec la nouvelle employée d’Hichem et sa femme.

– Tu y vas aussi? vint-elle me demander d’un air léger.

– Ah non, moi j’ai rendez vous avec des amis on doit tous aller chez une copine et après on va peut-être aller chez une copine , une autre, et je dois aussi dîner avec quelqu’un mais je ne sais pas si ça va se faire.

Et le portable sonne, Pierre-Henri (mon amour !!! ) qui me demande si je suis libre, je lui dis la même chose, mais demain OK : ouf, si c’est pas de la vie sociale, merdalors. Donc les bottes non.

– Mais j’aurais bien aimé, dis-je, le regard innocent.

Diva me  regarde.

– ma chérie -non.

– Ah non?

– Les Halles.

– T’aimes pas les Halles? (Le regard de Hello Kitty, zentille).

– C’est vulgaire.

Il est vrai que Diva se confond littéralement avec l’élégance. Je ne m’étouffe pas dans mon café, et j’ai du mérite.

– Ah tu trouves. Ben moi j’ai acheté des pompes à 5 euros, j’étais bien contente.

Diva s’éloigne, désespérée par ma non-hypitude absolue. Des pompes à 5 euros. Et je n’ai même pas honte (non, car quoique plastiques, elles faisaient leur effet, et quand on n’a pas trop de sous, eh bien voilà).

Mais Diva n’a pas dit son dernier mot avec Hélène.

(Raté pour 500 mots… Désolée. J’en ai marre).

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5 réponses à “Diva, ma copine

  1. Je l’imagine si bien, si parfaitement bien… Diva… je crois la connaître…?

  2. J’aime beaucoup ton portrait ! C’est tout à fait ça ! Je vois très bien le genre de personne, j’ai connu ça !

  3. Le retour de Diva !

  4. oopps j’ai pas tout suivi ! bon qui couche avec qui ? 🙂

  5. Pingback: Sauvages luttes d’influences au boulot « le journal de Fanette