Pierre-Henri au cinéma

La première fois que nous sommes allés au cinéma ensemble, il y a un an, j’ai parlé à Pierre-Henri d’un film à l’Action Ecoles. Je voulais voir un vrai film, en l’occurrence Rosemary’s baby,  pas le dernier machin sorti, entre autres parce que j’avais déjà vu pas mal de machins sortis, et aussi pour éprouver un peu Pierre-Henri. je m’explique : si dès le début vous donnez dans le tout venant, à quel moment vous imposez vos gouts dans ce qu’ils peuvent avoir de particuliers? Moi, quand on me parle d’Akira Kurosawa, outre le fait que je ‘nai pas du tout envie de voir au pied levé un film d’Akira Kurosawa, enfin aps forcément, je parle tout de suite d’aller voir Die hard. Oui, car si le mec ou la nana fait la grimace, aaaaaah, Die Hard, aaaaah, quelle horreur, mais coment peux-tu regarder ça, je sais que ça ne va pas le faire. Je dis Die Hard, mais ça marche aussi avec les films de Bourne, ou même avec Prête moi ta main. Je déteste les gens qui n’aiment qu’une seule chose, ou qui sont intolérants. Ils sont nombreux. Donc, parier sur les gouts de quelqu’un et lui proposer l’inverse, ça permet de mesurer sa tolérance. Après, vous pouvez vous mettre à adorer un intégriste de la musique électro, du cinéma d’art et d’essai, de la littérature du XVIIème siècle ; ou un type qui abomine la campagne, les restaurants, le champagne, ou les cinémas d’art et d’essai ; il ne s’agit pas là d’amour, mais de sociabilité : c’est valable aussi pour les copines. Val déteste l’action écoles et me trouve snob. N’empêche que je l’ai traîné à deux ou trois trucs, et elle reconnu qu’il n’y a pas que du japonais sous titré où les mecs se regardent pendant des heures. Par exemple, elle a aimé Lily La Tigresse. Alors qu’elle a décidé de haïr Woody Allen. Selon elle, Woody Allen ne fait que des films d’intellectuels new yorkais chiant. Ah ouais. Escroc mais pas trop c’est vraiment un film chiant et intello. Bon, cela dit je m’engueule avec tout le monde sur Woody Allen (je serais plutôt une intégriste de Woody Allen) – donc je me tais. Je me connais, si je continue, je vais faire les questions et les réponses et m’engueuler toute seule.

Je m’égare. Donc, Rosemary’s baby. Un film que je peux toujours regarder. Dans n’importe quelles circonstances. Dans le pire des cas, je r egarde les robes de Mia F arrow. Je les veux toutes. J’aime bien aussi sa coupe de cheveux. Et ne parlons pas de Cassavetes, je suis intégriste aussi, et je vais aussi me disputer avec les cases de mon interface. D’ailleurs le film n’est pas de lui. Mais de Polanski. Ah, bien que j’aime beaucoup, je ne suis pas intégriste de Polanski. En tout cas, il y a du suspens et des trucs maléfiques, donc ça va si on veut aller regarder ça avec une personne pas très branchée cinéma d’auteur, sauf si la personne en question n’aime que le sang qui dégouline, vu que ça dégouline particulièrement peu. Mais disons que ça passe.

Et le lendemain matin, je me suis réveillée en me disant mais quelle conne, je suis dans Paris pendant la journée. Vous savez, le petit détail qui vous bouffe? Pierre-Henri avait proposé de venir me chercher, ce qui m’avait paru étrange, et j’avais bataillé pour qu’il ne vienne pas, aprce que ça me paraissait surréaliste qu’un mec vienne me chercher en voiture à Paris. Finalement j’ai accepté, mais c’est donc le lendemain que j’ai réalisé l’erreur fatale : j’allais passer le début de l’après midi avec une copine près du canal Saint Martin (ou dans le Marais, pour trouver des machins dans les boutiques de grossistes), donc c’était pas pratique DU TOUT donc il me fallait rappeler Pierre-Henri pour lui dire, donc j’ai d’abord attendu parce qu’il était tôt, puis oublié de l’appeler, m’en suis souvenu en fin de matinée, mais il ne répondait pas, j’envoyais des SMS, puis j’ai arrêté d’en envoyer en me sentant nulle, du coup partie de chez moi énervée sans avoir tout fait, mes courses en vrac au milieu de la pièce, j’ai retrouvé la copine, on cherchait des bricoles pour cadeaux de petites filles, et chez les grossistes par là il y a des trucs.. pour petites filles, voire grandes. Enervée de ne pas savoir s’il avait eu mes SMS, j’étais, pas concentrée, le jour où vous vous focalisez sur le petit détail qui cloche ; et en suite tout cloche. Mal aux pieds. Froids aux pieds. Eternuements. Veux une soupe, un gâteau au chocolat, un truc pour me consoler. La copine qui saoule. Bref. Enfin le sms. Ah, il l’a reçu mais il confirme qu’il vient chez moi. Grr. N’a pas l’esprit vif. Echange de SMS. Il finit par accepter le rendez vous devant le cinéma. Grr. ça va me prendre la tête, ça me prend déjà la tête.

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12 réponses à “Pierre-Henri au cinéma

  1. Quelle excellente description et retranscription de cet état d’agacement total et fébrile qui peut nous prendre quand une petite chose (souvent ridicule) dérape .
    C’est dingue les dégâts que cela peut produire!

    Et sinon, oui c’est vraiment super space de vouloir venir chercher quelqu’un qui habite Paris pour l’emmener quelque part dans Paris… un peu vieille école. Mais ça peut avoir du charme.

    Tu continues à te prendre la tête, non? 😦

  2. habiter Paris et venir te chercher en voiture ça me laisse pensive…
    est-ce au moins une très belle voiture ? (parce que sinon…)

  3. J’ai lu tout le billet en me concentrant mais je restais accrochée à un mot : Cassevetes. Je pense à lui et j’oublie tout le reste.

  4. Pauvre Pierre-Henri… Quoi qu’il fasse, il fera mal.

  5. le pauvre… il va passer une mauvaise séance…

  6. ben moi aussi je suis une intégriste de W.Allen. J’ai du voir Manhattan et Hannah et ses soeurs 30 fois chacun. C’est possible de ne pas aimer Woody Allen? je suis entourée d’amateurs du type.

  7. Bonjour .

    Qui sait ce que devient Marieke du blog marieke-et- compagnie ???

  8. Woody Allen, c’est pas négociable. Si on n’aime pas on se tait et puis c’est tout.

  9. Et moi aussi je suis une intégriste de Woody Allen !!! Et me dispute souvent à ce sujet avec un de mes amis … qui le trouve très snobe … je ne comprend pas!!! Enfin bref, si je me met à parler de notre ami woody, je crois que je ne suis pas couchée … 😉

  10. et moi aussi je suis une intégriste de woody allen … et me dispute souvent avec un de mes amis qui le trouve très snobe … je ne comprend !!! enfin bref, je vais m’arrêter là , parce que si je commence à parler de notre ami woody, je ne suis pas couchée !!!

  11. Damned que d’intégristes ici ! Sûr que W.A. apprécierait de savoir qu’il représente à lui tout seul un intégrisme ! D’autant qu’il est sans doute évident que des schismes devraient apparaître dès lors qu’on évoque sa carrière : Et le W.A. écrivain ? Comment trouvez-vous Bananas ? Le Woody du scorpion de jade vaut-il celui d’Annie Hall ?

    Et là, paf, schisme, donc deux intégrismes pour le prix d’un !

    Sinon, le dernier OSS117 s’annonce comme très bien.

    Pour ce qui est de Pierre Henri, il est visiblement entré dans la zone « il m’éneeeeervvve ! » J’espère qu’il va se sauver (dans les deux sens du mot) !

    Vivement la suite

  12. J’ai eu du mal à suivre ton histoire, mais j’ai beaucoup aimé les films et les réalisateurs cités 🙂 Un kurosawa au pied levé, c’est vrai que ça ne s’improvise pas : si on part sur un bon moment, c’est néanmoins un moment qui dure entre deux et trois heures. C’est comme allé au ciné en sortant directement du boulot, c’est « dur ». Enfin, pour un film normal 😉 Pour Die Hard, c’est bon. comprendre